حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ مُحَمَّدٍ، حَدَّثَنَا أَبُو مُعَاوِيَةَ، حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ كَانَ يَدْخُلُ مَكَّةَ مِنَ الثَّنِيَّةِ الْعُلْيَا وَإِذَا خَرَجَ خَرَجَ مِنَ الثَّنِيَّةِ السُّفْلَى .
IsnādIbrâhîm ibn Hamza > Ibrâhîm ibn Saʿd > Ṣâliḥ ibn Kaysân > Ibn Shihâb (al-Zuhrî) > ʿUbaydullâh ibn ʿAbdullâh ibn ʿUtba > ʿAbdullâh ibn ʿAbbâs (radiyallâhu ʿanhum) — rapporté dans al-Bukhârî (chap. 1).
Résumé de la discussion et du contenu principal :
- Introduction de la chaîne : on explique que le Prophète écrivit à César et envoya Dihya avec la lettre, demandant qu'on la fasse parvenir à Héraclius via le grand de Bosra.
- Situation de César : après la dispersion des armées perses, il s'était rendu de Hims à Aelia pour exprimer sa gratitude.
- Interrogatoire d'Abû Sufyân : César, entouré des grands de Rome, demanda à son interprète d'interroger qui parmi eux était le plus proche parent de cet homme (celui qui se prétend prophète). Abû Sufyân répondit qu'il était le plus proche parente et déclara qu'il n'y avait aucun autre de la tribu de Banu ʿAbd Manaf dans le convoi.
Les questions et réponses principales furent les suivantes :
• «Avant qu'il ne dise ce qu'il a dit, quelqu'un parmi vous tenait-il déjà ces propos?» — Non. (Pas d'antériorité de cette doctrine parmi eux.)
• «L'accusiez‑vous de mensonge avant qu'il parlât?» — Non. (Il ne fabriquait pas des mensonges connus de son peuple.)
• «Y a‑t‑il eu, dans sa lignée, des rois?» — Non. (S'il en avait eu, il aurait recherché le pouvoir de ses ancêtres.)
• «Les notables le suivent‑ils ou ses gens sont‑ils des faibles?» — Ce sont plutôt des faibles qui le suivent.
• «Leur nombre augmente‑t‑il ou diminue‑t‑il?» — Ils augmentent. (L'augmentation est une caractéristique de la foi qui mûrit.)
• «L'un d'eux peut‑il apostasier après avoir adhéré?» — Non. (Une fois la foi établie dans les cœurs, on ne la renie pas.)
• «Peuvent‑ils trahir?» — Non. (Les messagers ne trahissent pas.)
• «Ont‑ils combattu ou vous ont‑ils combattus?» — Oui. (Il y eut des combats réciproques.)
• «Comment étaient vos guerres?» — Elles furent des alternances : parfois ils l'emportaient sur nous, parfois nous sur eux.
• «Que vous commande‑t‑il?» — Il nous ordonne d'adorer Dieu seul, de ne rien Lui associer, de renoncer aux divinités de nos ancêtres, de pratiquer la prière, la charité, la chasteté, la fidélité aux traités et l'acquittement des dépôts (la confiance).
- Lecture de la lettre : César fit lire alors la lettre du Messager d'Allah. La lettre commençait ainsi (traduction) :
«Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, serviteur et messager d'Allah, à Héraclius, grand des Romains. Paix à quiconque suit la guidée. Ensuite : Je t'invite à l'appel de l'islam : accepte l'islam et tu seras en sécurité ; si tu acceptes l'islam Allah te donnera ta récompense deux fois. Si tu te détournes, le péché incombera aux Arisiens. [Et : Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous — que nous n'adorions que Dieu, que nous ne Lui associions rien, et que certains d'entre nous ne prennent pas d'autres seigneurs en dehors d'Allah ; s'ils se détournent, dites : témoignez que nous sommes musulmans.]»
- Réaction et suite : Après la lecture, les grands de Rome élevèrent la voix et discutèrent ; Abû Sufyân et ses compagnons furent renvoyés. Abû Sufyân confessa qu'il fut intérieurement persuadé de la vérité des propos du Prophète — il admit que si l'exposé avait été mensonger, il aurait pu le démentir ce jour‑là, mais par pudeur il préféra dire la vérité et ne pas inciter ses compagnons à mentir pour lui. Il ajouta qu'il avait conscience que ce que le Prophète prêchait était la parole d'un prophète et que, bien qu'il ne pensât pas au départ que ce prophète fût des leur, il finit par être envahi par la conviction : il resta humilié mais Allah fit entrer l'islam dans son cœur alors qu'il n'en était pas disposé.