Abû Tharr Al-Ghifârî Un Compagnon modèle

Al-Chahîd al-Thâlith, al-`Allâmah al-Chustarî écrit à propos d’Abû Tharr:

«Il était l’un des plus grands Compagnons et reconnu comme étant parmi les premiers d’entre eux à avoir embrassé l’Islam. En effet, il était la troisième personne à épouser l’Islam, après la Mère des Croyants, Khadijah al-Kubrâ et le Commandeur des Croyants, l’Imam `Ali Ibn Abî Tâlib. Selon l’auteur de « Isti`âb », ses traits distinctifs étaient sa vaste connaissance, son austérité, sa piété et sa véracité. L’Imam `Ali disait qu’Abû Tharr avait atteint une position dans l’acquisition et la compréhension des enseignements islamiques que personne d’autre n’avait pu atteindre. Le Saint Prophète disait qu’Abû Tharr était semblable à `Isâ dans ma Nation et qu’il avait l’austérité du Prophète `Isâ».

Selon une tradition, quiconque voudrait voir l’humilité du Prophète `Isâ (Jésus) doit observer le caractère d’Abû Tharr. Dans son livre « `Uyûn Akhbâr al-Redhâ », al-Chaykh al-Çadûq écrit que l’Imam `Ali al-Redha rapporta de ses grands-pères que le Prophète avait dit: «Abû Tharr est le véridique de cette Ummah (Nation Musulmane)».

L’Imam `Ali Ibn Abi Tâlib prédisait qu’Abû Tharr serait le seul homme à ne pas transiger avec les ordres et les Commandements d’Allah, c’est-à-dire qu’il dirait ce qui est vrai et qu’il le suivrait d’acte, sans se soucier d’aucune menace qui en découlerait, ni des intimidations du pouvoir en place.

Des théologiens ont fait remarquer qu’Abû Tharr avait prêté serment devant le Prophète de ne craindre aucun reproche lorsqu’il s’agit de sa foi en Allah et de dire la vérité, si amère soit-elle.

La véracité et le courage sont des qualités que même les plus grandes personnalités ne peuvent s’en doter facilement. Mais le Saint Prophète avait prédit que ces qualités seront les traits saillants d’Abû Tharr, en ajoutant que ce dernier jouera un grand rôle sur ce plan et qu’il préservera ces qualités même lorsqu’il subira des persécutions difficilement supportables.

Le Prophète (Ç) dit: «Il n’y a entre le baldaquin du ciel et le tapis de la terre, personne qui dépasse Abû Tharr quant à sa véracité»(9).

Expliquant ce hadith, al-`Allâmah al-Subaytî écrit: «Le Saint Prophète, s’adressant à ses Compagnons dit: « Qui parmi vous me rencontrera le Jour des Comptes dans la même condition que je l’aurai quitté dans ce monde? ». A cette question tout le monde se tut sauf Abû Tharr qui dit que ce serait lui. Le Saint Prophète approuva: «Il n’y a pas de doute. Tu as raison», avant d’ajouter, en s’adressant à ses Compagnons: «O mes Compagnons! Rappelez-vous bien ce que je vais vous dire. Il n’y a personne entre la terre et le ciel qui soit plus véridique qu’Abû Tharr»(10).

Dans son livre « Hayât al-Qulûb », Al-`Allâmah al-Majlici a mentionné ce Hadith en le faisant suivre par d’autres récits dans le même sens.

Ibn Bâbawayh, citant des sources dignes de foi, écrit: «Quelqu’un a demandé à l’Imam al-Çâdiq si Abû Tharr était meilleur que les Gens de la Maison du Prophète ou si c’est bien le contraire? L’Imam répondit: « Combien de mois y a-t-il dans une année? ». « Douze », répondit l’interlocuteur. « Parmi ces douze mois, combien quel est le nombre des mois sanctifiés? »demanda encore l’Imam. « Quatre », répondit l’interlocuteur. « Le mois de Ramadhân fait-il partie de ces quatre mois? » poursuit l’Imam. « Non », dit l’homme. « Ramadhân est-il meilleur que les quatre mois sanctifiés ou le contraire? »continua l’Imam. « Le mois de Ramadhân est meilleur », fit l’interlocuteur. « Tel est aussi notre cas nous les Ahl-ul-Bayt. On ne peut comparer personne à nous »».

Un jour Abû Tharr était assis en compagnie d’autres personnes qui étaient en train d’évoquer les mérites des notables de la Ummah. Abû Tharr dit: «`Ali (Ibn Abi Tâlib) est le meilleur de cette Nation, il est celui qui répartit les gens entre le Paradis et l’Enfer; il est le Çiddîq (le véridique) et le Faroûq (celui qui distingue le vrai du faux) de la Ummah, et la preuve d’Allah auprès d’elle». En entendant ces éloges, les Hypocrites de l’assemblée se détournèrent la face, et le traitèrent de menteur. Abû Amâmah se leva sur-le-champ, alla voir le Prophète et lui rapporta l’incident. Le Prophète dit alors: «Il n’y a personne entre le ciel et la terre qui soit plus véridique qu’Abû Tharr».

Le même livre, se référant à d’autres sources parfaitement crédibles, relate que quelqu’un demanda un jour à l’Imam J`afar al-Çâdiq si le Hadith du Prophète ci-dessus cité était authentique, l’Imam répondit par l’affirmative. L’interlocuteur demanda alors: «Quelle est dans ce cas la position du Saint Prophète, de l’Imam `Ali, de l’Imam al-Hassan et de l’Imam al-Hussayn». L’Imam al-Çâdiq répondit: «Nous sommes comme le mois de Ramadhân qui renferme une nuit pendant laquelle l’adoration d’Allah est égale à celle accomplie durant mille mois, alors que les autres Compagnons sont comme les mois sanctifiés par rapports aux autres mois de l’année. Personne ne peut être comparé à nous, les Ahl-ul-Bayt».

Il ressort clairement du Hadith susmentionné du Saint Prophète qu’Abû Tharr n’avait pas d’égal dans sa véracité. Le commentaire et l’explication de ce même Hadith, faits par al-Subaytî, nous indiquent qu’Abû Tharr aurait quitté ce monde dans la même condition dans laquelle le Saint Prophète l’avait quitté, et qu’il le rencontrera dans cette même condition le Jour de la Résurrection. En fait, la persévérance d’Abû Tharr dans la voie qu’avait tracée le Saint Prophète révèle son incomparable vertu. Les théologiens s’accordent pour dire qu’Abû Tharr ne s’était écarté, même pas d’un petit pouce, de la ligne du Prophète. Après la disparition du Messager d’Allah, même un Compagnon comme Salmân était contraint de prêter serment d’allégeance au pouvoir, et il fut tellement battu un jour dans le masjid que son cou en devint ballonné. Mais Abû Tharr ne consentit jamais à se taire.

Al-`Allâmah al-Subayti écrit: «Abû Tharr était l’un de ces adeptes du Saint prophète, qui collèrent sur leur voie et restèrent fermement fidèles à leur convention avec Allah. Il obéit au Saint Prophète très sincèrement, suivit ses traces et imita sa conduite. Il ne quitta l’Imam `Ali même pas l’espace d’une seconde, le suivit jusqu’à la fin et reçut les bénéfices de la lumière de son savoir »».

Al-`Allâmah al-Majlicî écrit: «Ibn Bâbwayh rapporte le récit suivant de l’Imam al-Çadiq: « Un jour Abû Tharr passa chez le Prophète à un moment où il parlait en privé avec Jibrâ’îl (l’archange Gabriel) qui avait pris la forme de Dahyah al-Kalbî. Abû Tharr se retira, présumant que Dahyah al-Kalbî tenait une conversation privée avec le Messager d’Allah. Après son départ Jibrâ’îl dit au Prophète: « O Mohammad! Abû Tharr vient d’arriver, mais il est reparti tout de suite sans me saluer. Crois-moi que s’il m’avait salué, j’aurais certainement répondu à sa salutation. O Mohammad! Abû Tharr porte sur lui une Invocation que les habitants du Paradis connaissent bien. Ecoute! Quand je retourne au Ciel, interroge-le sur cette invocation ». Le Prophète (P) dit: « D’accord ». Lorsque Jibrâ’îl repartit et qu’Abû Tharr revint chez le Prophète, celui-ci lui demanda: « O Abû Tharr! Pourquoi ne nous as-tu pas salués quand tu es venu tout à l’heure? ». Abû Tharr répondit: « Quand je suis venu, Dahyah al-Kalbî était assis à côté de toi et tu tenais une conversation avec lui. Je pensais que vous aviez des choses privées à vous dire et j’ai estimé qu’il n’était donc pas convenable de vous interrompre. Aussi, ai-je rebroussé chemin ». Le Saint Prophète lui dit: « Ce n’était pas Dahyah al-Kalbî, mais Jibrâ’îl éguisé en ce personnage. O Abû Tharr! Il m’a dit que si tu l’avais salué, il aurait répondu à ta salutation. Il m’a informé aussi que tu possèdes une invocation bien connue parmi les gens du Ciel ». Abû Tharr se sentit très gêné et exprima son regret. Puis le Saint Prophète lui dit: « O Abû Tharr! J’aimerais connaître la prière que tu récites et dont parlent les gens des ciels ». Abû Tharr lui récita alors la prière suivante:

« Allâhumma innî As’aluka-l-amna wa-l-îmâna bika wa-t-taçdîqa bi-nabiyyika wa-l-`âfiyata min jamî`-il-balâ’i wach-chukra `ala-l-`âfiyati wa-l-ghinâ `an chirâr-in-nâss» (= O Allah, Je Te demande de m’accorder la sécurité et la foi en Toi, la croyance à Ton Prophète, l’évitement de tous les malheurs, la reconnaissance pour la bonne santé, le non-besoin des méchants parmi les gens) »(11).

Il y a d’innombrables traditions, aussi bien Chiites que Sunnites, qui affirment que le Prophète avait ordonné que les Musulmans doivent aimer quatre Compagnons. Les théologiens disent que ces quatre Compagnons sont: `Ali Ibn Abi Tâlib, Abû Tharr, Al-Miqdâd et Salmân al-Faricî.

`Omar Kachi dans son « Rijâl », Abû Ja`far al-Qummî dans « Al-Khaçâ’il », `Abdullâh al-Humayrî dans « Qurb-ul-Asnad », Al-Chaykh al-Mufîd dans « Al-Ikhtiçâç », Al-Ayâchî dans son « Commentaire », Al-Çadûq dans « `Uyûn Akhbâr al-Redhâ », `Abdul Barr dans « Al-Isti`âb », Ibn Sa`d dans son « Tabaqât » et l’auteur de « Usud al-Ghâbah » dans son livre, ont rapporté le Hadith suivant:

«Le Saint Prophète a dit: « Allah m’a ordonné de préserver et d’aimer mes quatre Compagnons et amis, et j’ai été également informé qu’Allah aussi les considère comme des amis. Ces Compagnons sont:

1- `Ali Ibn Abi Tâlib

2- Abû Tharr al-Ghifârî

3- Al-Miqdâd Ibn Aswad

4- Salmân al-Farecî »»

(voir « Michkât Charîf », p. 572).

Selon un autre Hadith ces quatre Compagnons étaient: Salmân al-Farecî, Abû Tharr al-Ghifârî, Al-Miqdâd et Ammâr Ibn Yâcir. Les théologiens sont d’avis que ce sont ces quatre noms qui font l’objet de l’affection des cieux et de leurs habitants. Il est dit dans une tradition (hadith) que lorsqu’un crieur proclamera le Jour du Jugement: « Où sont ces Compagnons de Mohammad Ibn `Abdullâh qui n’ont pas trahi leur promesse d’aimer les Ahlu Bayt al-Risâlah (les Gens de la Maison du Messager = la famille du Prophète), et qui sont restés fidèles à cet engagement? », Salmân al-Farecî, Al-Miqdâd et Abû Tharr se lèveront».

Al-`Allâmah Nûrî écrit, citant « Rawdh-ul-Wâ’idhîn » de Cheikh al-Chahîd Mohammad Ibn Ahmad Ibn `Ali Ibn Fital Nîchâpûrî que l’Imam Mohammad al-Bâqir a dit: «Il y a dix degrés de foi. Al-Miqdâd en avait atteint huit, Abû Tharr neuf et Salmân al-Fârecî dix».

« Le lien de fraternité » fait référence à l’événement historique pendant lequel le Saint Prophète établit la fraternité entre chaque deux individus de ses compagnons, avant et après son Emigration à Médine. Avant l’Emigration, il avait établi le lien de fraternité entre chaque deux compagnons afin que chacun d’eux, ainsi lié, reste attaché à l’autre. Le choix des deux partenaires tenait compte du tempérament de chacun. Il choisissait, pour la fraternisation, deux compagnons, de nature et de caractère semblables. C’est sur cette base qu’il avait établi la fraternité entre Abû Bakr et `Omar, Talhah et al-Zubayr, `Othmân et `Abdul-Rahmân Ibn `Awf, Hamzah et Zayd Ibn Hârithah, Salmân et Abû Tharr, lui-même et `Ai.

Puis, cinq ou huit mois (selon des versions différentes) après l’Emigration, le Saint Prophète établit de nouveau des liens de fraternité de la même façon. Il était nécessaire d’établir des liens de fraternité entre les Emigrants (Muhâjirîn) et les Partisans (qui sont les autochtones) afin qu’ils sympathisent entre eux. Il établit ainsi des liens de fraternité entre cinquante personnes.

Al-`Allâmah Chibli al-No`mânî écrit: «L’Islam possède les meilleures moeurs et les vertus les plus parfaites. Il a tenu compte de la nécessité de la compatibilité des goûts et des tempéraments lorsqu’il a établi la fraternité entre chaque deux compagnons. L’unité du goût entre l’instituteur et l’élève est nécessaire pour l’assimilation du savoir. L’étude de l’événement de la fraternisation nous permet de constater que le facteur de l’unicité du goût entre chaque deux compagnons appelés à fraterniser était pris en compte. Et lorsqu’on sait qu’il est quasiment impossible de juger et de déterminer avec précision, et en si peu de temps, les tempéraments, les goûts et les caractères de centaines de personnes, on doit reconnaître que le jugement du Saint Prophète était un exemple spécifique des attributs de la prophétie»(12) .

En outre, l’étude de la fraternisation et du choix de deux compagnons pour être liés par un lien de fraternité nous fournit des indications supplémentaires importantes sur la personnalité et la position de chacun de ces compagnons. Il est notable de remarquer ici que le Saint Prophète n’avait trouvé personne ni parmi les Emigrants, ni parmi les Partisans qui fût du goût de `Ai Ibn Abi Tâlib. Et lorsque celui-ci demanda au Saint Prophète: «O Messager d’Allah! A qui m’as-tu lié par alliance de fraternité?», ce dernier répondit: «Tu es mon frère dans ce monde et dans l’Autre». Ce qui autorisa l’Imam Ali à proclamer par la suite du haut de sa chaire au Masjid de Kûfa, et à diverses reprises: «Je suis le serviteur d’Allah et le frère du Prophète d’Allah»(13) .

Il est à noter dans ce contexte que le Saint Prophète disait à propos de Salmân al-Farecî: «Salmân est l’un de nos Ahl-ul-Bayt (la Famille du Prophète)». Or, ce n’est sûrement pas par hasard que le Saint Prophète choisit pour Salmân, Abû Tharr comme « frère ».

Al-`Allâmah al-Subaytî cite à ce propos la déclaration de Çâleh al-Ahwal selon laquelle il avait entendu l’Imam Ja`far al-Çadiq dire que le Saint Prophète avait établi le lien de fraternité entre Salmân et Abû Tharr et demandé à celui-ci de ne pas s’opposer à celui-là» (« Abû Tharr al-Ghifârî », p.86, cité par Uçûl al-Kâfî).

La position d’Abû Tharr dans l’Islam était telle, que des versets coraniques furent révélés en ses louanges. L’un de ces versets est: «Ceux qui auront cru et qui auront accompli des oeuvres bonnes habiteront les Jardins du Paradis où ils demeureront immortels sans désirer aucun changement» (Sourate al-Kahf, 18: 107-108).

L’Imam Ja`far al-Çadiq dit que ce verset faisait allusion à Abû Tharr, al-Miqdâd, `Ammâr Ibn Yâcir et Salmân al-Farecî. Selon une Tradition, le Prophète (P) dit qu’Allah lui avait ordonné d’aimer Salmân, Abû Tharr, al-Miqdâd et `Ammâr, en ajoutant qu’il les tient, lui-même, pour des amis. Selon une autre Tradition le Prophète dit: «Le Paradis est heureux de recevoir ces gens»(14).

Al-`Allâmah al-Guilânî écrit que l’honneur et le prestige d’Abû Tharr s’affirmaient, jour après jour, dans le cercle du Prophète, à tel point que lorsque le Messager d’Allah partit pour livrer la Bataille de Thât al-Ruqa`(15), il le nomma chef de Médine, et il élevait même d’autres membres de sa tribu, à cette dignité, pour marquer son estime pour lui et les siens. Par exemple, le Saint Prophète nomma Saya` Ibn `Urfah al-Ghifârî, chef de Médine lors de la Bataille de Dawmat al-Jandal » (voir Zâd al-Ma`âd).

Il était courant en Arabie que chaque fois que quelqu’un monte sur un chameau, il demandait à son ami le plus cher de servir de « dossier » pour lui. Le « dossier » s’asseyait normalement derrière lui et le tenait par la taille. Conformément à cette coutume générale, le Prophète, aussi, avait un homme-« dossier ». Au cours du dernier pèlerinage son « homme-dossier » était Al-Fadhl Ibn `Abbâs Ibn `Abdul Muttalib.

Les Compagnons considéraient que le fait de se servir de « dossier » au Saint Prophète était un grand honneur. Le « dossier »du Prophète était appelé « Radif al-Nabî ». Les théologiens disent que le Prophète conférait cet honneur, la plupart du temps à Abû Tharr. Le Messager d’Allah montait non seulement sur les chameaux, mais souvent aussi, sur des animaux plus petits, tels que les ânes. Il avait l’habitude de mettre Abû Tharr derrière lui et de converser avec lui tout au long du trajet (Tabaqât Ibn Sa`d).

Châh Walyyullâh Delhavi, décrivant la période de troubles pendant l’événement de Harrah, écrit: «Abû Dâwûd a cité le récit suivant relaté par Abû Tharr: « Un jour, j’étais assis derrière le Prophète sur un âne. Lorsque nous avons quitté le quartier populaire de Médine, il m’a demandé quelle sera mon attitude lorsque la famine sévira à Médine et qu’il me sera difficilement supportable même de quitter mon lit pour aller jusqu’au masjid? J’ai répondu: « Allah et Son Messager le savent mieux que moi ». Il dit: « O Abû Tharr! N’essaie pas de mendier pendant ces temps difficiles ». Et de me demander encore: « Quelle sera ton attitude lorsque le prix d’un tombeau sera égal à celui d’un esclave en raison du très haut taux de mortalité? ». J’ai répondu: « Allah et Son Messager le savent mieux que moi ». Il a dit: « O Abû Tharr! Pratique la patience en ce moment-là ». Il m’a demandé encore: « O Abû Tharr! Quelle sera ton attitude lorsqu’il y aura à Médine un génocide tel que les pierres et le sable seront rouges de sang? ». J’ai répondu: « Allah et Son Messager le savent mieux que moi. » Il m’a commandé alors: « Tu dois rester chez toi ». Je lui ai demandé: « Ne dois-je pas porter l’épée en ce moment-là? », il a répondu: « Tu seras alors considéré comme le complice des assassins ». J’ai demandé encore: « O Messager d’Allah! Que dois-je faire alors? ». Il a répondu: « Même si tu craignais que l’éclat du sabre aveugle tes yeux, tu devras te contenter de couvrir ton visage avec ton vêtement. Ne te bats pas et garde le silence »».

Enfin, on peut lire à la page 176, Vol. 5 de « Musnad Ahmad Ibn Hanbal » (Edition d’Egypte) que le Saint Prophète avait l’habitude de confier ses secrets à Abû Tharr et de dire qu’il avait une confiance totale en lui. Abû Tharr, quant à lui, montra qu’il était digne de cette confiance, et il sut effectivement, garder pour lui les confidences que le Prophète lui avait faites. Chaque fois qu’on lui demandait quelque chose sur une Tradition, il répondait: «A l’exception des secrets que le Saint Prophète m’avait confiés pour que je les garde pour moi, je vous dis tout, volontiers. Vous pouvez me demander tout ce que vous voulez».

Traduit et édité par
Abbas Ahmad al-Bostani

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