Chapitre
أَبِی ره قَالَ حَدَّثَنِی مُحَمَّدُ بْنُ یَحْیَی الْعَطَّارُ قَالَ حَدَّثَنِی مُحَمَّدُ بْنُ أَحْمَدَ بْنِ یَعْقُوبَ بْنِ یَزِیدَ عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرٍو عَنْ صَالِحِ بْنِ سَعِیدٍ عَنْ أَبِیهِ سَعِیدٍ الْحُلْوَانِیِّ عَنْ أَبِی عَبْدِ اللَّهِ ع قَالَ: بَیْنَا عِیسَی ابْنُ مَرْیَمَ ع فِی سِیَاحَتِهِ إِذْ مَرَّ بِقَرْیَهٍ فَوَجَدَ أَهْلَهَا مَوْتَی فِی الطَّرِیقِ وَ الدُّورِ فَقَالَ إِنَّ هَؤُلَاءِ مَاتُوا بِسَخَطٍ وَ لَوْ مَاتُوا بِغَیْرِهَا تَدَافَنُوا قَالَ فَقَالَ أَصْحَابُهُ وَدِدْنَا تُعَرِّفُنَا قِصَّتَهُمْ فَقِیلَ لَهُ نَادِهِمْ یَا رُوحَ اللَّهِ فَقَالَ یَا أَهْلَ الْقَرْیَهِ فَأَجَابَهُ مُجِیبٌ مِنْهُمْ لَبَّیْکَ یَا رُوحَ اللَّهِ قَالَ مَا حَالُکُمْ وَ مَا قِصَّتُکُمْ قَالَ أَصْبَحْنَا فِی عَافِیَهٍ وَ بِتْنَا فِی الْهَاوِیَهِ فَقَالَ مَا الْهَاوِیَهُ فَقَالَ بِحَارٌ مِنْ نَارٍ فِیهَا جِبَالٌ مِنَ النَّارِ قَالَ وَ مَا بَلَغَ بِکُمْ مَا أَرَی قَالَ حُبُّ الدُّنْیَا وَ عِبَادَهُ الطَّاغُوتِ قَالَ وَ مَا بَلَغَ بِکُمْ مِنْ حُبِّ الدُّنْیَا قَالَ کَحُبِّ الصَّبِیِّ لِأُمِّهِ إِذَا أَقْبَلَتْ فَرِحَ وَ إِذَا أَدْبَرَتْ حَزِنَ قَالَ وَ مَا بَلَغَ مِنْ عِبَادَتِکُمُ الطَّاغُوتَ قَالَ کَانُوا إِذَا أَمَرُونَا أَطَعْنَاهُمْ قَالَ فَکَیْفَ أَجَبْتَنِی مِنْ دُونِهِمْ قَالَ لِأَنَّهُمْ مُلْجَمُونَ بِلُجُمٍ مِنْ نَارٍ عَلَیْهِمْ مَلائِکَهٌ غِلاظٌ شِدادٌ وَ إِنَّنِی کُنْتُ فِیهِمْ وَ لَمْ أَکُنْ مِنْهُمْ فَلَمَّا أَصَابَهُمُ الْعَذَابُ أَصَابَنِی مَعَهُمْ فَأَنَا مُعَلَّقٌ بِشَعْرَهٍ أَخَافُ أَنْ أَنْکَبَّ فِی النَّارِ قَالَ فَقَالَ عِیسَی ع لِأَصْحَابِهِ النَّوْمُ عَلَی دُبُرِ الْمَزَابِلِ وَ أَکْلُ خُبْزِ الشَّعِیرِ یَسِیرٌ مَعَ سَلَامَهِ الدِّینِ.
IsnādMon père (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : m’a rapporté Muḥammad b. Yaḥyā al-ʿAṭṭār, il a dit : m’a rapporté Muḥammad b. Aḥmad b. Yaʿqūb b. Yazīd, d’après Muḥammad b. ʿAmr, d’après Ṣāliḥ b. Saʿīd, d’après son père Saʿīd al-Ḥulwānī, d’après Abū ʿAbd Allāh (l’imam Ṣādiq, que la paix soit sur lui).
Il (l’imam Ṣādiq) a dit : «Alors que Jésus, fils de Marie (sur lui la paix) était en voyage, il passa par un village et trouva ses habitants morts sur la route et dans les maisons. Il dit : “Ceux-ci sont morts sous la colère [divine] ; s’ils étaient morts autrement, ils se seraient enterrés les uns les autres.” Ses compagnons dirent : “Nous aimerions que tu nous fasses connaître leur histoire.” Il lui fut dit : “Appelle-les, ô Esprit de Dieu !” Il dit : “Ô habitants du village !” Un d’entre eux lui répondit : “Me voici, ô Esprit de Dieu !” Il dit : “Quel est votre état et quelle est votre histoire ?” Il dit : “Nous avons passé le matin dans l’aisance et nous avons passé la nuit dans l’Hāwiya (l’abîme).” Il dit : “Qu’est-ce que l’Hāwiya ?” Il dit : “Des mers de feu où se trouvent des montagnes de feu.” Il dit : “Et qu’est-ce qui vous a conduits à ce que je vois ?” Il dit : “L’amour de ce monde (ḥubb al-dunyā) et l’adoration du ṭāghūt (idole ou tyran).” Il dit : “Et jusqu’où vous a conduits l’amour de ce monde ?” Il dit : “Comme l’amour d’un enfant pour sa mère : quand elle vient, il se réjouit ; quand elle s’éloigne, il s’attriste.” Il dit : “Et jusqu’où vous a conduits l’adoration du ṭāghūt ?” Il dit : “Quand ils nous ordonnaient, nous leur obéissions.” Il dit : “Alors comment as-tu répondu à mon appel, à l’exclusion d’eux ?” Il dit : “Parce qu’ils sont bridés avec des mors de feu ; sur eux [veillent] des anges rudes et sévères. Quant à moi, j’étais parmi eux mais je n’étais pas des leurs. Quand le châtiment les a frappés, il m’a frappé avec eux ; me voici suspendu par un cheveu, craignant de tomber dans le feu.” Jésus (sur lui la paix) dit alors à ses compagnons : “Dormir sur des tas d’ordures et manger du pain d’orge est chose aisée, accompagné de la préservation de la religion (salāmat al-dīn).”»