Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) a dit : "Certes, Rajab est le mois de Dieu, le silencieux (al-aṣamm), et c'est un mois grandiose. Il n'a été appelé 'le silencieux' que parce qu'aucun autre mois ne l'égale en sainteté (ḥurma) et en mérite (faḍl) auprès de Dieu. Les gens de l'époque préislamique (al-jāhiliyya) le magnifiaient déjà durant leur jāhiliyya ; puis, quand l'Islam est venu, il n'a fait qu'augmenter en magnificence et en mérite. Certes, Rajab est le mois de Dieu, Shaʿbān est mon mois, et Ramaḍān est le mois de ma communauté.
— Quiconque jeûne un jour de Rajab avec foi et en espérant la récompense (īmānan wa-ḥtisāban) mérite la plus grande satisfaction (riḍwān) de Dieu ; son jeûne de ce jour éteint la colère de Dieu, ferme sur lui une des portes de l'Enfer, et même si on lui donnait de l'or remplissant la terre, cela ne serait pas plus excellent que son jeûne. Rien dans ce bas monde ne complétera sa récompense, sauf les bonnes œuvres (ḥasanāt), s'il le fait avec sincérité uniquement pour Dieu. Le soir venu, il aura dix invocations (daʿawāt) exaucées : s'il invoque pour une chose de ce monde immédiat, Dieu la lui accorde ; sinon, Il lui met en réserve ce qu'il y a de meilleur parmi les choses que tout ami, bien-aimé et élu de Dieu aura invoqué.
— Quiconque jeûne deux jours de Rajab, les descripteurs parmi les habitants du ciel et de la terre ne sauraient décrire la générosité (karāma) qu'il obtient auprès de Dieu. Il lui est écrit une récompense équivalente à celle de dix véridiques (ṣādiqīn) pour toute la durée de leur vie, aussi longue soit-elle. Au Jour de la Résurrection, son intercession (shafāʿa) sera acceptée pour autant de gens qu'ils intercèdent, et Dieu le ressuscitera avec eux, dans leur groupe, jusqu'à ce qu'il entre au Paradis et soit de leurs compagnons.
— Quiconque jeûne trois jours de Rajab, Dieu place entre lui et le Feu un fossé (khandaq) — ou un voile — dont la longueur équivaut à soixante-dix années de marche. Dieu (Puissant et Majestueux) dit au moment de sa rupture du jeûne : 'Ton droit sur Moi est assuré, et Mon amour (maḥabbatī) et Mon autorité (walāyatī) sont acquis pour toi. Je vous prends à témoin, ô Mes anges, que Je lui ai pardonné ses péchés passés et à venir.'
— Quiconque jeûne quatre jours de Rajab est préservé de toutes les calamités : de la folie (junūn), de la lèpre (judhām), de la gale (baraṣ), de la tentation de l'Antéchrist (fitnat al-dajjāl), est protégé du châtiment de la tombe, et il lui est écrit une récompense équivalente à celle des doués d'intelligence (ūlī l-albāb), de ceux qui se repentent (tawwābīn), de ceux qui reviennent sans cesse à Dieu (awwābīn). Il reçoit son livre dans sa main droite, parmi les adorateurs (ʿābidīn), au premier rang des adorateurs.
— Quiconque jeûne cinq jours de Rajab, il incombe à Dieu de lui donner satisfaction au Jour de la Résurrection. Il sera ressuscité le visage pareil à la lune dans la nuit de sa plénitude (laylat al-badr). Il lui sera écrit des bonnes actions en nombre égal aux grains de sable de ʿĀlij. Il entrera au Paradis sans être jugé, et on lui dira : 'Formule des vœux auprès de ton Seigneur pour tout ce que tu désires.'
— Quiconque jeûne six jours de Rajab sort de sa tombe avec, sur son visage, une lumière resplendissante d'une blancheur plus intense que celle du soleil. En outre, il lui est donné une lumière dont les gens rassemblés (ahl al-jamʿ) s'éclaireront le Jour de la Résurrection. Il sera ressuscité parmi ceux qui sont en sécurité jusqu'à traverser le Pont (al-ṣirāṭ) sans jugement, et il sera préservé de l'ingratitude envers les parents et de la rupture des liens de parenté.
— Quiconque jeûne sept jours de Rajab — l'Enfer a sept portes ; Dieu, par le jeûne de chaque jour, ferme sur lui l'une de ses portes, et Dieu interdit son corps au Feu.
— Quiconque jeûne huit jours de Rajab — le Paradis a huit portes ; Dieu, par le jeûne de chaque jour, lui ouvre l'une de ses portes, et Il lui dit : 'Entre par celle des portes des jardins que tu veux.'
— Quiconque jeûne neuf jours de Rajab sort de sa tombe en proclamant : 'Il n'y a de dieu que Dieu' (lā ilāha illā Llāh), et son visage n'est détourné de rien d'autre que le Paradis. Il sort de sa tombe avec, sur son visage, une lumière resplendissante pour les gens rassemblés, au point qu'ils disent : 'Celui-ci est un prophète élu (nabiyy muṣṭafā).' Le moindre de ce qui lui est accordé est d'entrer au Paradis sans jugement.
— Quiconque jeûne dix jours de Rajab, Dieu lui donne deux ailes vertes, incrustées de perles et de rubis, avec lesquelles il vole au-dessus du Pont comme un éclair fulgurant vers les Jardins. Dieu transforme ses mauvaises actions en bonnes actions, il est inscrit parmi les rapprochés (muqarrabīn), ceux qui se lèvent pour Dieu avec équité, et il est comme s'il avait adoré Dieu cent ans, avec patience, constance et dans l'espoir de la récompense.
— Quiconque jeûne onze jours de Rajab, Dieu ne rencontrera aucun serviteur meilleur que lui le Jour de la Résurrection, sauf quelqu'un qui aurait jeûné autant ou davantage.
— Quiconque jeûne douze jours de Rajab est revêtu le Jour de la Résurrection de deux habits verts (ḥullatayn khaḍrāwayn) de brocart (sundus) et de brocart épais (istabraq). Si l'un de ces habits était descendu vers le monde, il aurait illuminé tout l'espace entre l'Orient et l'Occident, et le monde serait devenu plus odorant que le musc.
— Quiconque jeûne treize jours de Rajab, une table (māʾida) de rubis vert lui est dressée le Jour de la Résurrection à l'ombre du Trône (al-ʿarsh). Ses pieds sont de perles, elle est plus vaste que le monde de soixante-dix fois. Sur elle se trouvent des feuilles (ṣaḥāʾif) de perle et de rubis ; chaque feuille contient soixante-dix mille variétés de nourriture, aucune ne ressemble à une autre, ni par la couleur ni par l'odeur. Il en mange alors que les gens sont dans une détresse extrême et une grande angoisse.
— Quiconque jeûne quatorze jours de Rajab, Dieu lui accorde une récompense qu'aucun œil n'a vue, qu'aucune oreille n'a entendue, et qui n'est jamais venue à l'esprit d'aucun être humain, parmi les palais des Jardins construits de perles et de rubis.
— Quiconque jeûne quinze jours de Rajab se tient au Jour de la Résurrection dans le rang de ceux qui sont en sécurité. Aucun ange, aucun messager, aucun prophète ne passera près de lui sans dire : 'Bienheureux es-tu ! Tu es en sécurité, rapproché, honoré, envié, comblé, habitant des Jardins.'
— Quiconque jeûne seize jours de Rajab est parmi les premiers à monter sur des montures de lumière qui les emportent dans l'esplanade des Jardins jusqu'à la Demeure du Tout-Miséricordieux (dār al-raḥmān).
— Quiconque jeûne dix-sept jours de Rajab, soixante-dix mille lampes (miṣbāḥ) de lumière sont placées pour lui sur le Pont le Jour de la Résurrection, afin qu'il traverse le Pont grâce à la lumière de ces lampes jusqu'aux Jardins, escorté par les anges avec bienvenue et salutation.
— Quiconque jeûne dix-huit jours de Rajab, il se tiendra aux côtés d'Abraham (Ibrāhīm) sous sa coupole (qubba), dans le Jardin de l'Éternité (jannat al-khuld), sur des lits (surur) de perles et de rubis.
— Quiconque jeûne dix-neuf jours de Rajab, Dieu lui construit un palais de perles humides, en face du palais d'Adam et d'Abraham (que la paix soit sur eux) dans le Jardin d'Éden (jannat ʿadn). Il leur adresse le salut, et ils lui rendent le salut, en son honneur et en reconnaissance de son droit. Dieu lui inscrit, pour chaque jour de jeûne, la récompense du jeûne de mille ans.
— Quiconque jeûne vingt jours de Rajab, c'est comme s'il avait adoré Dieu vingt mille ans.
— Quiconque jeûne vingt et un jours de Rajab, son intercession (shafāʿa) est acceptée le Jour de la Résurrection pour l'équivalent des tribus de Rabīʿa et de Muḍar, tous gens chargés de fautes et de péchés.
— Quiconque jeûne vingt-deux jours de Rajab, un héraut (munādī) crie du ciel : 'Annonce la bonne nouvelle, ô saint de Dieu (walī Allāh), de la générosité grandiose et de la compagnie de ceux que Dieu a comblés de bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les justes. Quels excellents compagnons que ceux-là !'
— Quiconque jeûne vingt-trois jours de Rajab, on proclame du ciel : 'Bienheureux es-tu, ô serviteur de Dieu ! Tu as peiné peu et joui longtemps. Bienheureux es-tu quand le voile sera levé pour toi et que tu parviendras à l'immense récompense de ton Seigneur Généreux, et que tu seras le voisin de l'Ami intime (al-khalīl) [Abraham] dans la Demeure de la Paix (dār al-salām).'
— Quiconque jeûne vingt-quatre jours de Rajab, lorsque l'Ange de la Mort (malak al-mawt) descend vers lui, il lui apparaît sous la forme d'un jeune homme vêtu d'un habit de brocart vert, monté sur l'un des chevaux des Jardins, tenant à la main un tissu de soie verte parfumé de musc noir (misk adhfar), et dans l'autre main une coupe d'or remplie de la boisson des Jardins. Il l'abreuve à l'instant où son âme sort, allégeant ainsi les affres de la mort (sakarāt al-mawt). Puis il recueille son âme dans ce tissu de soie, qui exhale un parfum que les habitants des sept cieux aspirent. Il restera dans sa tombe désaltéré (rayyān), sera ressuscité de sa tombe désaltéré, jusqu'à ce qu'il arrive au Bassin (ḥawḍ) du Prophète (que Dieu prie sur lui et sa famille).
— Quiconque jeûne vingt-cinq jours de Rajab, à sa sortie de la tombe, soixante-dix mille anges viennent à sa rencontre ; chaque ange tient une bannière (liwāʾ) de perle et de rubis, et ils portent avec eux des joyaux et des vêtements d'honneur rares. Ils disent : 'Ô saint de Dieu, hâte-toi vers ton Seigneur !' Il sera parmi les premiers à entrer dans les Jardins d'Éden, avec les rapprochés que Dieu agrée et qui L'agréent. Telle est la félicité suprême.
— Quiconque jeûne vingt-six jours de Rajab, Dieu lui construit à l'ombre du Trône cent palais de perle et de rubis. Au sommet de chaque palais, une tente rouge (khayma ḥamrāʾ) du tissu des Jardins, où il demeurera dans le bien-être tandis que les gens seront retenus pour le Jugement.
— Quiconque jeûne vingt-sept jours de Rajab, Dieu lui élargit la tombe de quatre cents années de marche, et la remplit tout entière de musc et d'ambre.
— Quiconque jeûne vingt-huit jours de Rajab, Dieu (Puissant et Majestueux) place entre lui et le Feu neuf fossés ; chaque fossé équivaut à la distance entre le ciel et la terre, soit cinq cents années de marche.
— Quiconque jeûne vingt-neuf jours de Rajab, Dieu lui pardonne, même s'il était un percepteur d'impôts injuste (ʿashshār), même s'il était une femme qui aurait forniqué soixante-dix fois après avoir cherché par son jeûne la Face de Dieu (wajh Allāh) et la délivrance de l'Enfer — Dieu lui pardonne assurément.
— Quiconque jeûne les trente jours de Rajab, un héraut crie du ciel : 'Ô serviteur de Dieu, ce qui est passé t'a été pardonné ; reprends donc les œuvres pour la suite.' Dieu (Puissant et Majestueux) lui donne dans tous les Jardins, dans chaque Jardin, quarante mille villes d'or ; dans chaque ville, quarante mille palais ; dans chaque palais, quarante mille millions de demeures ; dans chaque demeure, quarante mille millions de tables d'or ; sur chaque table, quarante mille millions de plats ; dans chaque plat, quarante mille millions de variétés de nourriture et de boisson, chacune ayant sa couleur distincte. Dans chaque demeure, quarante mille millions de lits d'or ; chaque lit a mille coudées de long sur deux mille coudées de large ; sur chaque lit, une houri (jāriya min al-ḥūr) avec trois cent mille mèches (dhuʾāba) de lumière ; chaque mèche est portée par mille millions de servantes (waṣīfa) qui la parfument de musc et d'ambre jusqu'à ce qu'elle rejoigne le jeûneur de Rajab.' Cela pour celui qui jeûne tout le mois de Rajab.
On dit : 'Ô Prophète de Dieu, que fait celui qui est incapable de jeûner Rajab par faiblesse, par maladie, ou la femme qui n'est pas en état de pureté, pour obtenir ce que tu as décrit ?' Il dit : 'Qu'il donne chaque jour en aumône (ṣadaqa) un pain aux pauvres. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, s'il donne cette aumône chaque jour, il obtiendra ce que j'ai décrit, et même davantage. Si tous les êtres créés, habitants des cieux et de la terre, se réunissaient pour estimer la valeur de sa récompense, ils n'atteindraient pas le dixième des faveurs et des degrés qu'il obtiendra dans les Jardins.'
On dit : 'Ô Messager de Dieu, que fait celui qui n'a pas les moyens de cette aumône pour obtenir ce que tu as décrit ?' Il dit : 'Qu'il glorifie Dieu chaque jour du mois de Rajab, jusqu'à la fin des trente jours, cent fois par cette formule de glorification : Subḥāna l-ilāhi l-jalīl, subḥāna man lā yanbaghī l-tasbīḥu illā lahu, subḥāna l-aʿazzi l-akram, subḥāna man labisa l-ʿizza wa huwa lahu ahlun. (Gloire au Dieu Majestueux, gloire à Celui à qui seule convient la glorification, gloire au Très-Puissant, au Très-Généreux, gloire à Celui qui a revêtu la puissance, et qui en est digne.)'"