ومن خطبة له (عليه السلام) [يحث الناس على الجهاد للعودة إلى صفين] : رُوِيَ عَنْ نَوْفٍ الْبَكَالِيِّ قَالَ خَطَبَنَا بِهَذِهِ الْخُطْبَةِ أَمِيرُ الْمُؤْمِنِينَ عَلِيٌّ (عليه السلام) بِالْكُوفَةِ وَهُوَ قَائِمٌ عَلَى حِجَارَةٍ نَصَبَهَا لَهُ جَعْدَةُ بْنُ هُبَيْرَةَ الْمَخْزُومِيُّ وَعَلَيْهِ مِدْرَعَةٌ مِنْ صُوفٍ وَحَمَائِلُ سَيْفِهِ لِيفٌ وَفِي رِجْلَيْهِ نَعْلَانِ مِنْ لِيفٍ وَكَأَنَّ جَبِينَهُ ثَفِنَةُ بَعِيرٍ فَقَالَ (عليه السلام) :
IsnādRapporté d'après Nawf al-Bakālī
Et parmi les sermons de lui (que la paix soit sur lui) [incitant les gens au jihād pour le retour à Ṣiffīn] : Il [Nawf] dit : Le Prince des Croyants ʿAlī (que la paix soit sur lui) nous fit ce sermon à Kūfa, debout sur des pierres que Jaʿda b. Hubayra al-Makhzūmī avait dressées pour lui. Il portait une mante de laine (midraʿa min ṣūf), les attaches du fourreau de son épée étaient en fibres de palmier (līf), à ses pieds des sandales en fibres de palmier, et son front ressemblait à la callosité d'un chameau. Puis il dit (que la paix soit sur lui) :
[حمد اللّه و استعانته :] الْحَمْدُ لله الَّذِي إلَيْهِ مَصَائِرُ الْخَلْقِ، وَعَوَاقِبُ الاْمْرِ، نَحْمَدُهُ عَلَى عَظِيمِ إِحْسَانِهِ، وَنَيِّرِ بُرْهَانِهِ، وَنَوَامِي فَضْلِهِ وَامْتِنَانِهِ، حَمْداً يَكُونُ لِحَقِّهِ قَضَاءً، وَلِشُكْرِهِ أَدَاءً، وَإلَى ثَوَابِهِ مُقَرِّباً، وَلِحُسْنِ مَزِيدِهِ مُوجِباً.
Louange à Dieu vers qui convergent les destinées des créatures et les aboutissements de toute chose. Nous Le louons pour l'immensité de Sa bienfaisance, l'éclat de Sa preuve, l'abondance de Sa grâce et de Ses faveurs ; une louange qui s'acquitte de Son droit, qui rend dûment grâce, qui rapproche de Sa récompense et qui mérite l'accroissement de Ses bienfaits.
وَنَسْتَعِينُ بِهِ اسْتِعَانَةَ رَاج لِفَضْلِهِ، مُؤَمِّل لِنَفْعِهِ، وَاثِق بِدَفْعِهِ، مُعْتَرِف لَهُ بِالطَّوْلِ، مُذْعِن لَهُ بِالْعَمَلِ وَالْقَوْلِ. وَنُؤْمِنُ بِه إِيمَانَ مَنْ رَجَاهُ مُوقِناً، وَأَنَابَ إِلَيْهِ مُؤْمِناً، وَخَنَعَ لَهُ مُذْعِناً، وَأَخْلَصَ لَهُ مُوَحِّداً، وَعَظَّمَهُ مُمَجِّداً، وَلاَذَ بِهِ رَاغِباً مُجْتَهِداً.
Nous implorons Son secours de la manière de celui qui espère Sa grâce, qui aspire à Son bienfait, qui a confiance qu'Il repousse (le mal), qui Le reconnaît comme le Détenteur de la faveur, qui se soumet à Lui en acte et en parole. Et nous croyons en Lui de la croyance de celui qui L'espère avec certitude, qui revient vers Lui avec foi, qui s'humilie devant Lui en se soumettant, qui Lui rend un culte exclusif en proclamant Son unicité (tawḥīd), qui Le magnifie en Le glorifiant, et qui cherche refuge auprès de Lui, désireux et assidu.
[اللّه الواحد :] لَمْ يُولَدْ سُبْحَانَهُ فَيَكُونَ فِي الْعِزِّ مُشَارَكاً، وَلَمْ يَلِدْ فَيَكُونَ مُوْرُوثاً هَالِكاً، وَلَمْ يَتَقَدَّمْهُ وَقْتٌ وَلاَ زَمَانٌ، ولَمْ يَتَعَاوَرْهُ زِيَادَةٌ وَلاَ نُقْصَانٌ، بَلْ ظَهَرَ لِلْعُقُولِ بِمَا أَرَانَا مِنْ عَلاَمَاتِ التَّدْبِيرِ الْمُتْقَنِ، وَالْقَضَاءِ الْمُبْرَمِ.
[Dieu l'Unique :] Il n'a pas été engendré — gloire à Lui — car Il serait alors associé dans la puissance ; et Il n'a pas engendré, car Il serait alors un héritage périssable. Aucun temps ni aucune durée ne L'a précédé, et aucune augmentation ni diminution ne L'affecte. Bien plutôt, Il s'est manifesté aux intellects par ce qu'Il nous a montré comme signes de la disposition parfaite (al-tadbīr al-mutqan) et du décret irrévocable (al-qaḍāʾ al-mubram).
فَمِنْ شَوَاهِدِ خَلْقِهِ خَلْقُ السَّماوَاتِ مُوَطَّدَات بِلاَ عَمَد، قَائِمَات بِلاَ سَنَد، دَعَاهُنَّ فَأَجَبْنَ طَائِعَات مُذْعِنَات، غَيْرَ مُتَلَكِّئَات وَلاَ مُبْطِئَات، وَلَوْ لاَ إقْرَارُهُنَّ لَهُ بِالرُّبُوبِيَّةِ وَإِذْعَانُهُنَّ بِالطَّوَاعِيَةِ، لَمَا جَعَلَهُنَّ مَوْضِعاً لِعَرْشِهِ، وَلاَ مَسْكَناً لِمَلائِكَتِهِ، وَلاَ مَصْعَداً لِلْكَلِمِ الطَّيِّبِ وَالْعَمَلِ الصَّالِحِ مِنْ خَلْقِهِ.
Parmi les preuves de Sa création : la création des cieux, affermis sans colonnes, debout sans appui. Il les appela et ils répondirent, obéissants et soumis, sans réticence ni retard. Et s'ils n'avaient confessé Sa seigneurie (rubūbiyya) et adhéré à l'obéissance, Il ne les aurait pas établis comme lieu de Son trône ('arsh), ni comme demeure pour Ses anges, ni comme lieu d'ascension pour les paroles pures et les œuvres pies de Ses créatures.
جَعَلَ نُجُومَهَا أَعْلاَماً يَسْتَدِلُّ بِهَا الْحَيْرَانُ فِي مُخْتَلِفِ فِجَاجِ الاْقْطَارِ، لَمْ يَمْنَعْ ضَوْءَ نُورِهَا ادْلِهْمَامُ سُجُفِ اللَّيْلِ الْمُظْلِمِ، وَلاَ اسْتَطَاعَتْ جَلاَبِيبُ سَوَادِ الْحَنَادِسِ أَنْ تَرُدَّ مَا شَاعَ فِي السَّماوَاتِ مِنْ تَلاَلُؤِ نُورِ الْقَمَرِ.
Il a fait de leurs étoiles des repères par lesquels l'égaré se guide à travers les diverses étendues des régions. L'obscurité épaisse des voiles de la nuit ténébreuse n'a pu empêcher l'éclat de leur lumière, et les manteaux de ténèbres n'ont pu refouler la splendeur de la lune qui s'est répandue dans les cieux.
فَسُبْحَانَ مَنْ لاَ يَخْفَى عَلَيْهِ سَوَادُ غَسَق دَاج، وَلاَ لَيْل سَاج، فِي بِقَاعِ الاْرَضِينَ الْمُتَطَأْطِئَاتِ، وَلاَ في يَفَاعِ السُّفْعِ الْمُتَجَاوِرَاتِ، وَمَا يَتَجَلْجَلُ بِهِ الرَّعْدُ فِي أُفُقِ السَّماءِ، وَمَا تَلاَشَتْ عَنْهُ بُرُوقُ الْغَمَامِ، وَمَا تَسْقُطُ مِنْ وَرَقَة تُزِيلُهَا عَنْ مَسْقَطِهَا عَوَاصِفُ الاْنْوَاءِ وَانْهِطَالُ السَّماءِ ! وَيَعْلَمُ مَسْقَطَ الْقَطْرَةِ وَمَقَرَّهَا، وَمَسْحَبَ الذَّرَّةِ وَمَجَرَّهَا، وَمَا يَكْفِي الْبَعُوضَةَ مِنْ قُوتِهَا، وَمَا تَحْمِلُ مِنْ أُنْثَى فِي بَطْنِهَا.
Gloire donc à Celui que n'échappe point l'obscurité d'une nuit profonde ni la nuit silencieuse, dans les vallées les plus basses des terres ni sur les hauteurs des collines escarpées qui se touchent, ni ce dont le tonnerre gronde dans l'horizon du ciel, ni ce que les éclairs des nuages dévoilent en s'effaçant, ni la moindre feuille que les tempêtes des pluies et la chute du ciel arrachent de sa place ! Et Il connaît le lieu où tombe la goutte et son gîte, le chemin de la fourmi et sa piste, ce qui suffit au moustique comme nourriture, et ce que toute femelle porte dans son ventre.
[عود إلى الحمد :] وَالْحَمْدُ لله الْكَائِنِ قَبْلَ أَنْ يَكُونَ كُرْسِيٌّ أَوْ عَرْشٌ، أَوْ سَمَاءٌ أَوْ أَرْضٌ، أَوْ جَانٌّ أَوْ إنْسٌ، لاَ يُدْرَكُ بِوَهْم، وَلاَ يُقَدَّرُ بِفَهْم، وَلاَ يَشْغَلُهُ سَائِلٌ، وَلاَ يَنْقُصُهُ نَائِلٌ، وَلاَ يَنْظُرُ بِعَيْن، وَلاَ يُحَدُّ بِأَيْن، وَلاَ يُوصَفُ بِالاْزْوَاجِ، وَلاَ يُخْلَقُ بِعِلاَج، وَلاَ يُدْركُ بِالْحَوَاسِّ، وَلاَ يُقَاسُ بِالنَّاسِ، الَّذِي كَلَّمَ مُوسى تَكْلِيماً، وَأَرَاهُ مِنْ آيَاتِهِ عَظيماً، بِلاَ جَوَارِحَ وَلاَ أَدَوَات، وَلاَ نُطْق وَلاَ لَهَوَاتٍ.
[Retour à la louange :] Louange à Dieu, Celui qui existe avant qu'il n'y ait un Trône ou un Piédestal, un Ciel ou une Terre, un djinn ou un être humain. Il ne peut être saisi par une imagination, ni mesuré par une intelligence. Nul demandeur ne L'occupe, nul don ne L'amoindrit. Il ne regarde pas avec un œil, Il n'est pas limité par un « où ? », Il n'est pas décrit par des épouses, Il n'est pas créé par un façonnage. Il n'est pas perçu par les sens, Il n'est pas comparé aux humains. C'est Lui qui parla à Moïse par une vraie parole, et lui montra l'un de Ses grands signes, sans organes ni instruments, sans voix ni cordes vocales.
بَلْ إِنْ كُنْتَ صَادِقاً أَيُّهَا الْمُتَكَلِّفُ لِوَصْفِ رَبِّكَ، فَصِفْ جَبْرَئيلَ وَمِيكَائِيلَ وَجُنُودَ الْمَلاَئِكَةِ الْمُقَرَّبِينَ، فِي حُجُراتِ الْقُدُسِ مُرْجَحِنِّينَ، مُتَوَلِّهَةً عُقُولُهُمْ أَنْ يَحُدُّوا أَحْسَنَ الْخَالِقينَ. وَإنَّمَا يُدرَكُ بِالصِّفَاتِ ذَوُوالْهَيْئَاتِ وَالاْدوَاتِ، وَمَنْ يَنْقَضِي إِذَا بَلَغَ أَمَدَ حَدِّهِ بِالْفَنَاءِ، فَلاَ إلهَ إلاَّ هُوَ، أَضَاءَ بِنُورِهِ كُلَّ ظَلاَم، وَأَظْلَمَ بِظُلْمَتِهِ كُلَّ نُور.
Au contraire, si tu es véridique, ô toi qui prétends décrire ton Seigneur, décris donc Gabriel, Michel et les armées des anges rapprochés, tandis qu'ils oscillent dans les sanctuaires de la sainteté, leurs esprits éperdus de pouvoir circonscrire le Meilleur des créateurs. Car on ne peut saisir par les attributs que ce qui possède une forme et des instruments, et ce qui, lorsqu'il atteint le terme de sa limite, s'évanouit par la finitude. Il n'y a de divinité que Lui : Il illumine de Sa lumière toute ténèbre, et Il assombrit par Son obscurité toute lumière.
[الوصية بالتقوى :] أُوصِيكُمْ عِبَادَ اللهِ بِتَقْوَى اللهِ الَّذِي أَلْبَسَكُمُ الرِّيَاشَ، وَأَسْبَغَ عَلَيْكُمُ الْمَعَاشَ; فَلَوْ أَنَّ أَحَداً يَجِدُ إلَى الْبَقَاءِ سُلَّماً، أَوْ لِدَفْعِ الْمَوْتِ سَبِيلاً، لَكَانَ ذلِكَ سُلَيْمانُ بْنُ دَاوُدَ(عليه السلام)، الَّذِي سُخِّرَ لَهُ مُلْكُ الْجِنِّ وَالاْنْسِ، مَعَ النُّبُوَّهِ وَعَظِيمِ الزُّلْفَةِ، فَلَمَّا اسْتَوْفَى طُعْمَتَهُ، وَاسْتَكْمَلَ مُدَّتَهُ، رَمَتْهُ قِسِيُّ الْفَنَاءِ بِنِبَالِ المَوْتِ، وَأَصْبَحَتِ الدِّيَارُ مِنْهُ خَالِيَةً، وَالْمَسَاكِنُ مُعَطَّلَةً، وَرِثَهَا قَوْمٌ آخَرُونَ، وَإِنَّ لَكُمْ فِي الْقُرُونِ السَّالِفَةِ لَعِبْرَةً!
[Recommandation de la piété :] Je vous recommande, ô serviteurs de Dieu, la piété (taqwā) envers Dieu, qui vous a revêtus de vos parures et a prodigué pour vous la subsistance. Si quelqu’un devait trouver une échelle vers l’immortalité, ou un moyen de repousser la mort, ce serait certes Salomon, fils de David (que la paix soit sur lui), à qui fut soumis le royaume des djinns et des hommes, en plus de la prophétie et de l’immense proximité (avec Dieu). Mais lorsqu’il eut épuisé sa part et accompli son terme, les arcs de la destruction le frappèrent des flèches de la mort : les demeures se vidèrent de lui, les habitations devinrent désertes, et d’autres peuples en héritèrent. Certes, il y a pour vous dans les siècles passés une leçon !
أَيْنَ الْعَمَالِقَةُ وَأَبْنَاءُ آلْعَمَالِقَةِ! أَيْنَ الْفَرَاعِنَةُ وَأَبْنَاءُ الْفَرَاعِنَةِ! أَيْنَ أَصْحَابُ مَدَائِنِ الرَّسِّ الَّذِينَ قَتَلُوا النَّبِيِّينَ، وَأَطْفَأُوا سُنَنَ الْمُرْسَلِينَ، وَأَحْيَوْا سُنَنَ الْجَبَّارِينَ! أَيْنَ الَّذِينَ سَارُوا بِالْجُيُوشِ، وَهَزَمُوا الاُلُوفَ، وَعَسْكَرُوا الْعَسَاكِرَ، وَمَدَّنُوا الْمَدَائِنَ؟!
Où sont les géants et les fils des géants ? Où sont les Pharaons et les fils des Pharaons ? Où sont les habitants des cités d’ar-Rass, qui tuèrent les prophètes, éteignirent les coutumes des messagers et ranimèrent les coutumes des tyrans ? Où sont ceux qui marchèrent avec les armées, mirent en déroute des milliers, établirent des camps et fondèrent des cités ?
[وَمِنْهَا :] قَدْ لَبِسَ لِلْحِكْمَةِ جُنَّتَهَا، وَأَخَذَهَا بِجَمِيعِ أَدَبِهَا، مِنَ الاْقْبَالِ عَلَيهَا، وَالْمَعْرِفِةِ بهَا، وَالتَّفَرُّغِ لَهَا، فَهِيَ عِنْدَ نَفْسِهِ ضَالَّتُهُ الَّتِي يَطْلُبُهَا، وَحَاجَتُهُ الَّتِي يَسْأَلُ عَنْهَا، فَهُوُ مُغْتَرِبٌ إِذَا اغْتَرَبَ الاْسْلاَمُ، وَضَرَبَ بِعَسِيبِ ذَنَبِهِ وَأَلْصَقَ الاْرْضَ بِجِرَانِهِ، بَقِيَّةٌ مِنْ بَقَايَا حُجَّتِهِ، خَلِيفَةٌ مِنْ خَلاَئِفِ أَنْبِيَائِهِ.
Et parmi elles (ces paroles) : Il a revêtu pour la sagesse sa cotte de mailles, et il l'a prise avec toute sa discipline : en s'y adonnant, en la connaissant et en s'y consacrant entièrement. Elle est à ses yeux la perte qu'il recherche et le besoin dont il s'enquiert. Il est un étranger lorsque l'Islam devient étranger, puis il frappe du bout de sa queue et colle son cou contre terre, vestige parmi les vestiges de la Preuve de Dieu (ḥujja), successeur parmi les successeurs de Ses prophètes.
ثم قال (عليه السلام) : أَيُّهَا النَّاسُ، إِنِّي قَدْ بَثَثْتُ لَكُمُ الْمَوَاعِظَ الَّتِي وَعَظَ بِهَا الاْنْبِيَاءُ أُمَمَهُمْ، وَأَدَّيْتُ إِلَيْكُمْ مَا أَدَّتِ الاْوصِيَاءُ إِلَى مَنْ بَعْدَهُمْ، وَأَدَّبْتُكُمْ بِسَوْطِي فَلَمْ تَسْتَقِيمُوا، وَحَدَوْتُكُمْ بالزَّوَاجِرِ فَلَمْ تَسْتَوْسِقُوا. لله أَنْتُمْ! أَتَتَوَقَّعُونَ إِمَاماً غَيْرِي يَطَأُ بِكُمُ الطَّرِيقَ، وَيُرْشِدُكُمُ السَّبِيلَ؟
Puis il (que la paix soit sur lui) dit : « Ô gens, je vous ai prodigué les exhortations par lesquelles les prophètes exhortèrent leurs nations, et je vous ai transmis ce que les légataires (awṣiyā’) ont transmis à ceux qui les suivirent. Je vous ai disciplinés avec mon fouet, mais vous n’avez pas été droits ; je vous ai poussés par des interdits, mais vous n’avez pas été cohérents. Par Dieu, qu’avez-vous donc ? Attendez-vous un Imam autre que moi pour vous faire parcourir le chemin et vous guider sur la voie ? »
أَلاَ إِنَّهُ قَدْ أَدْبَرَ مِنَ الدُّنْيَا مَا كَانَ مُقْبِلاً، وَأَقْبَلَ مِنْهَا مَا كَانَ مُدْبِراً، وَأَزْمَعَ التَّرْحَالَ عِبَادُاللهِ الاْخْيَارُ، وَبَاعُوا قَلِيلاً مِنَ الدُّنْيَا لاَ يَبْقَى، بِكَثِير مِنَ الاْخِرَةِ لاَيَفْنَى. مَا ضَرَّ إِخْوَانَنَا الَّذِينَ سُفِكَتْ دِمَاؤُهُمْ ـ وَهُمْ بِصِفِّينَ ـ أَلاَّ يَكُونُوا الْيَوْمَ أَحْيَاءً؟ يُسِيغُونَ الْغُصَصَ، وَيَشْرَبُونَ الرَّنْقَ! قَدْ ـ وَاللهِ ـ لَقُوا اللهَ فَوَفَّاهُمْ أُجُورَهُمْ، وَأَحَلَّهُمْ دَارَ الاْمْنِ بَعْدَ خَوْفِهمْ.
Sachez que ce qui, du monde, s’avançait a tourné le dos, et que ce qui tournait le dos s’est avancé. Les serviteurs d’Allah, les meilleurs, ont résolu le départ ; ils ont troqué le peu de ce bas monde, qui ne demeure pas, contre l’abondance de l’au-delà, qui ne périt pas. Quel mal y a-t-il pour nos frères dont le sang a été versé — alors qu’ils étaient à Siffīn — qu’ils ne soient plus aujourd’hui en vie ? Ils auraient à avaler des gorgées amères et à boire de l’eau trouble ! Par Allah ! Ils ont rencontré Allah, qui leur a octroyé leur pleine récompense et les a installés dans la Demeure de la sécurité, après leur crainte.
أَيْنَ إِخْوَانِي الَّذِينَ رَكِبُوا الطَّريقَ، وَمَضَوْا عَلَى الْحَقِّ؟ أَيْنَ عَمَّارٌ؟ وَأَيْنَ ابْنُ التَّيِّهَانِ؟ وَأَيْنَ ذُوالشَّهَادَتَيْنِ؟ وَأَيْنَ نُظَرَاؤُهُمْ مِنْ إِخْوَانِهِمُ الَّذِينَ تَعَاقَدُوا عَلَى الْمَنِيَّةِ، وَأُبْرِدَ بِرُؤوسِهِمْ إِلَى الْفَجَرَةِ؟
Où sont mes frères qui ont emprunté la voie et sont partis sur la vérité ? Où est ʿAmmār ? Où est Ibn al-Tayyhān ? Où est Dhū al-Shahādatayn ? Où sont leurs semblables parmi leurs frères qui ont scellé un pacte sur la mort, et dont les têtes ont été envoyées aux impies ?
قال: ثُمَّ ضَرَبَ (عليه السلام) بِيَدِهِ عَلَى لِحْيَتِهِ الشَّرِيفَةِ الْكَرِيمَةِ، فَأَطَالَ الْبُكَاءَ، ثُمَّ قَالَ (عليه السلام):
Il dit : Puis il (que la paix soit sur lui) frappa de sa main sur sa barbe noble et généreuse, et prolongea les pleurs. Puis il (que la paix soit sur lui) dit :
أَوْهِ عَلَى إِخْوَانِي الَّذِينَ تَلَوُا الْقُرْآنَ فَأَحْكَمُوهُ، وَتَدَبَّرُوا الْفَرْضَ فَأَقَامُوهُ، أَحْيَوُا السُّنَّةَ، وَأمَاتُوا الْبِدْعَةَ، دُعُوا لِلْجِهَادِ فَأَجَابُوا، وَوَثِقُوا بِالْقَائِدِ فَاتَّبَعُوا.
Hélas pour mes frères qui ont récité le Coran et l'ont maîtrisé, qui ont médité sur l'obligation (divine) et l'ont accomplie, qui ont fait revivre la Sunna et ont fait mourir l'innovation (bidʿa), qui ont été appelés au djihād (effort dans la voie de Dieu) et ont répondu, qui ont eu confiance en le guide (al-qāʾid) et l'ont suivi.
ثُمَّ نَادَى بِأَعْلَى صَوْتِهِ : الْجِهَادَ الْجِهَادَ عِبَادَ اللهِ! أَلاَ وَإِنِّي مُعَسْكِرٌ فِي يَوْمي هذَا، فَمَنْ أَرَادَ الرَّوَاحَ إِلَى اللهِ فَلْيَخْرُجْ.
Puis il s'écria de la voix la plus forte : « Au jihād ! Au jihād, serviteurs de Dieu ! Sachez que je me rassemble en camp aujourd'hui même ; que celui qui désire prendre le chemin vers Dieu (le Très-Haut) sorte donc ! »
قَالَ نَوْفٌ : وَعَقَدَ لِلْحُسَيْنِ (عليه السلام) فِي عَشَرَةِ آلَافٍ، وَلِقَيْسِ بْنِ سَعْدٍ رَحِمَهُ اللَّهُ فِي عَشَرَةِ آلَافٍ، وَلِأَبِي أَيُّوبَ الْأَنْصَارِيِّ فِي عَشَرَةِ آلَافٍ، وَلِغَيْرِهِمْ عَلَى أَعْدَادٍ أُخَرَ، وَهُوَ يُرِيدُ الرَّجْعَةَ إِلَى صِفِّينَ، فَمَا دَارَتِ الْجُمُعَةُ حَتَّى ضَرَبَهُ الْمَلْعُونُ ابْنُ مُلْجَمٍ لَعَنَهُ اللَّهُ فَتَرَاجَعَتِ الْعَسَاكِرُ، فَكُنَّا كَأَغْنَامٍ فَقَدَتْ رَاعِيهَا، تَخْتَطِفُهَا الذِّئَابُ مِنْ كُلِّ مَكَانٍ.
Nawf a dit : Il (ʿAlī, que la paix soit sur lui) désigna al-Ḥusayn (que la paix soit sur lui) à la tête de dix mille hommes, Qays ibn Saʿd (que Dieu lui fasse miséricorde) à la tête de dix mille hommes, Abū Ayyūb al-Anṣārī à la tête de dix mille hommes, et d'autres encore avec des effectifs différents, alors qu'il se préparait à retourner à Ṣiffīn. Mais avant même que la semaine ne se soit écoulée, le maudit Ibn Muljam — que Dieu le maudisse — le frappa ; les armées se dispersèrent alors en retraite, et nous fûmes comme des brebis ayant perdu leur berger, que les loups saisissent de toutes parts.