ومن كتاب له (عليه السلام) إلى بعض عماله
Extrait d’une lettre de lui (que la paix soit sur lui) à l’un de ses gouverneurs
Chapitre
ومن كتاب له (عليه السلام) إلى بعض عماله
Extrait d’une lettre de lui (que la paix soit sur lui) à l’un de ses gouverneurs
أَمَّا بَعْدُ، فَإِنِّي كُنْتُ أَشْرَكْتُكَ فِي أَمَانَتِي، وَجَعَلْتُكَ شِعَارِي وَبِطَانَتِي، وَلَمْ يَكُنْ رَجُلٌ مِنْ أَهْلِي أَوْثَقَ مِنْكَ فِي نَفَسِي، لِمُوَاسَاتِي وَمُوَازَرَتِي وَأَدَاءِ الْأَمَانَةِ إِلَيَّ. فَلَمَّا رَأَيْتَ الزَّمَانَ عَلَى ابْنِ عَمِّكَ قَدْ كَلِبَ، وَالْعَدُوَّ قَدْ حَرِبَ، وَأَمَانَةَ النَّاسِ قَدْ خَزِيَتْ، وَهذهِ الْأُمَّةَ قَدْ فَتَنَتْ وَشَغَرَتْ، قَلَبْتَ لِابْنِ عَمِّكَ ظَهْرَ الْمجَنِّ، فَفَارَقْتَهُ مَعَ الْمُفَارِقِينَ، وَخَذَلْتَهُ مَعَ الْخَاذِلِينَ، وَخُنْتَهُ مَعَ الْخَائِنِينَ، فَلَا ابْنَ عَمِّكَ آسَيْتَ، وَلَا الْأَمَانَةَ أَدَّيْتَ.
Ceci dit : Je t'avais associé à mon dépôt (amāna), je t'avais pris comme confident intime (shiʿār) et familier (biṭāna), et nul parmi les miens n'était plus digne de confiance à mes yeux pour me soutenir, m'assister et remettre le dépôt. Mais lorsque tu vis que le temps était devenu hostile au fils de ton oncle, que l'ennemi s'était déchaîné, que la confiance des gens était avilie, et que cette communauté était éprouvée et vacillante, tu tournas le dos au fils de ton oncle, tu le quittas avec ceux qui le quittent, tu l'abandonnas avec ceux qui l'abandonnent, et tu le trahis avec les traîtres. Ainsi, tu n'as secouru ni le fils de ton oncle, ni remis le dépôt.
وَكَأَّنكَ لَمْ تَكُنِ اللهَ تُرِيدُ بِجِهَادِكَ، وَكَأَنَّكَ لَمْ تَكُنْ عَلَى بَيِّنَةٍ مِنْ رَبِّكَ، وَكَأَنَّكَ إِنَّمَا كُنْتَ تَكِيدُ هذِهِ الْأُمَّةَ عَنْ دُنْيَاهُمْ، وَتَنْوِي غِرَّتَهُمْ عَنْ فَيْئِهِمْ! فَلَمَّا أَمْكَنَتْكَ الشِّدَّةُ فِي خِيَانَةِ الْأُمَّةِ، أَسْرَعْتَ الْكَرَّةَ، وَعَاجَلْتَ الْوَثْبَةَ، وَاخْتَطَفْتَ مَا قَدَرْتَ عَلَيْهِ مِنْ أَمْوَالِهِمُ الْمَصُونَةِ لِأَرَامِلِهِمْ وَأَيْتَامِهِمُ، اخْتِطَافَ الذِّئْبِ الْأَزَلِّ دَامِيَةَ الْمِعْزَى الْكَسِيرَةَ، فَحَمَلْتَهُ إِلَى الْحِجَازِ رَحيِبَ الصَّدْرِ بِحَمْلِهِ، غَيْرَ مُتَأَثِّم مِنْ أَخْذِهِ، كَأَنَّكَ ـ لَا أَبَا لِغَيْرِكَ ـ حَدَرْتَ إِلَى أَهْلِكَ تُرَاثَكَ مِنْ أَبِيكَ وَأُمِّكَ.
Comme si tu ne cherchais pas Dieu par ton jihad (combat dans la voie de Dieu) ! Comme si tu n’étais pas muni d’une preuve évidente de ton Seigneur ! Comme si tu n’avais fait que tromper cette communauté à propos de ses affaires mondaines, et méditer de les abuser au sujet de leur butin (fayʾ) ! Dès que l’occasion te fut offerte de trahir la communauté, tu accéléras le coup, tu précipitas l’attaque, et tu ravis ce que tu pus de leurs biens, préservés pour leurs veuves et leurs orphelins, — razzia du loup aux pattes écartées sur la chèvre blessée. Puis tu transportas le tout au Ḥijāz, le cœur large de l’avoir emporté, sans te sentir coupable de l’avoir pris ; comme si — que nul père ne soit pour toi ! — tu avais apporté à ta famille l’héritage de ton père et de ta mère.
فَسُبْحَانَ اللهِ! أَمَا تُؤْمِنُ بِالْمَعَادِ؟ أَوَ مَا تَخَافُ نِقَاشَ الْحِسَابِ؟
Gloire à Allah ! Ne crois-tu donc pas à la résurrection (al-maʿād) ? Et ne crains-tu pas l'examen rigoureux du compte (niqāsh al-ḥisāb) ?
أَيُّهَا الْمَعْدُودُ كَانَ عِنْدَنَا مِنْ ذَوِي [أُولِي] الْأَلْبَابِ، كَيْفَ تُسِيغُ شَرَاباً وَطَعَاماً، وَأَنْتَ تَعْلَمُ أَنَّكَ تَأْكُلُ حَرَاماً، وَتَشْرَبُ حَرَاماً، وَتَبْتَاعُ الْإِمَاءَ وَتَنْكِحُ النِّسَاءَ مِنْ مَالِ [أَمْوَالِ] الْيَتَامَى وَالْمَسَاكِينِ وَالْمُؤْمِنِينَ وَالْـمُجَاهِدِينَ، الَّذِينَ أَفَاءَ اللهُ عَلَيْهِمْ هذِهِ الْأَمْوَالَ، وَأَحْرَزَ بِهِمْ هذِهِ الْبِلَادَ.
Ô toi qui étais compté parmi nous comme étant doué d'intelligence, comment peux-tu avaler boisson et nourriture, alors que tu sais que tu manges de l'illicite (ḥarām), que tu bois de l'illicite (ḥarām), que tu achètes des esclaves et que tu épouses des femmes avec les biens des orphelins, des pauvres, des croyants et des combattants (mujāhidīn), auxquels Dieu a attribué ces biens et par lesquels Il a préservé ces contrées ?
فَاتَّقِ اللهَ، وَارْدُدْ إِلَى هَؤُلَاءِ الْقَوْمِ أمَوَالَهُمْ، فإِنَّكَ إِنْ لَمْ تَفْعَلْ ثُمَّ أَمْكَنَنِي اللهُ مِنْكَ لَأُعْذِرَنَّ إِلَى اللهِ فِيكَ، وَلَأَضْرِبَنَّكَ بِسَيْفِي الَّذِي مَا ضَرَبْتُ بِهِ أَحَداً إِلَّا دَخَلَ النَّارَ!
Crains Dieu, restitue leurs biens à ces gens ! Car si tu ne le fais pas, puis Dieu me donne pouvoir sur toi, je présenterai certes mon excuse à Dieu à ton sujet, et je te frapperai de mon épée — celui que j'ai frappé de mon épée n'est entré qu'en Enfer !
وَوَاللهِ لَوْ أَنَّ الْحَسَنَ وَالْحُسَيْنَ فعَلاَ مِثْلَ الَّذِي فَعَلْتَ، مَا كَانَتْ لَهُمَا عِنْدِي هَوَادَةٌ، وَلَا ظَفِرَا مِنِّي بِإِرَادَةٍ، حَتَّى آخُذَ الْحَقَّ مِنْهُمَا، وَأُزِيحَ الْبَاطِلَ عَنْ مَظْلَمَتِهِمَا.
Par Allah ! Si al-Ḥasan et al-Ḥusayn commettaient ce que tu as commis, ils n'auraient auprès de moi aucune faveur et n'obtiendraient de moi aucune volonté (indulgente) avant que je ne reprenne d'eux le droit et que je n'écarte le faux de leur injustice.
وَأُقْسِمُ بِاللهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ مَا يَسُرُّنِي أَنَّ مَا أَخَذْتَهُ مِنْ أَمْوَالِهِمْ حَلاَلٌ لِي، أَتْرُكُهُ مِيرَاثاً لِمَنْ بَعْدِي،
Et je jure par Dieu, Seigneur des mondes, qu’il ne me réjouit pas que ce que tu as pris de leurs biens me soit licite, et que je le laisse en héritage à ceux qui viendront après moi.
فَضَحِّ رُوَيْداً، فَكَأنَّكَ قَدْ بَلَغَتَ الْمَدَى، وَدُفِنْتَ تَحْتَ الثَّرَى، وَعُرِضَتْ عَلَيْكَ أَعْمَالُكَ بِالْـمَحَلِّ الَّذِي يُنَادِي الظَّالِمُ فِيهِ بِالْحَسْرَةِ، وَيَتَمَنَّى الْمُضَيِّعُ فِيهِ الرَّجْعَةَ، ﴿وَلَاتَ حِينَ مَنَاصٍ﴾.
Agis donc avec pondération, car il te semble déjà avoir atteint le terme [de ta vie], avoir été enseveli sous la terre, et que tes œuvres te sont présentées dans ce lieu où l’oppresseur crie de regret, et où le négligent souhaite le retour [à la vie] : « Il n’est plus temps d’en réchapper » (Coran, 38:3).