ومن كتاب له (عليه السلام) إلى زياد بن أبيه وقد بلغه أن معاوية كتب إليه يريد خديعته باستلحاقه
Extrait d'une lettre de lui (que la paix soit sur lui) adressée à Ziyād ibn Abīh, après qu'il eut appris que Muʿāwiya lui avait écrit, cherchant à le tromper en le réclamant comme fils [par reconnaissance de paternité].
وَقَدْ عَرَفْتُ أَنَّ مُعَاويَةَ كَتَبَ إِلَيْكَ يَسْتَزِلُّ لُبَّكَ، وَيَسْتَفِلُّ غَرْبَكَ، فاحْذَرْهُ، فَإِنَّمَا هُوَ الشَّيْطَانُ يَأْتِي الْمَرْءَ مِنْ بَيْنِ يَدَيْهِ وَمِنْ خَلْفِهِ، وَعَنْ يَمينِهِ وَعَنْ شِمَالِهِ، لِيَقْتَحِمَ غَفْلَتَهُ، وَيَسْتَلِبَ غِرَّتَهُ.
J’ai appris que Muʿāwiya t’a écrit pour ébranler ta raison (lubb) et émousser ta vivacité (gharb). Méfie-toi de lui, car il n’est autre que le démon (shayṭān) : il vient à l’homme par-devant, par-derrière, par sa droite et par sa gauche, pour profiter de son inattention et lui ravir son imprudence.
وَقَدْ كَانَ مِنْ أَبِي سُفْيَانَ فِي زَمَنِ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ فَلْتَهٌ مِنْ حَدِيثِ النَّفْسِ، وَنَزْغَةٌ مِنْ نَزَغَاتِ الشَّيْطَانِ، لَا يَثْبُتُ بِهَا نَسَبٌ، وَلَا يُسْتَحَقُّ بِهَا إِرْثٌ، وَالْمُتَعَلِّقُ بِهَا كَالْوَاغِلِ الْمُدَفَّعِ، وَالنَّوْطِ الْمُذَبْذَبِ.
Il y eut de la part d'Abū Sufyān, à l'époque de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, une parole dite à lui-même, une suggestion parmi les suggestions de Satan : par elle, aucune filiation ne s'établit, ni aucun héritage ne se mérite ; celui qui s'y attache est pareil à l'intrus repoussé et à la outre ballottée.
فَلَمَّا قَرَأَ زِيَادٌ الْكِتَابَ قَالَ: شَهِدَ بِهَا وَرَبِّ الْكَعْبَةِ، وَلَمْ تَزَلْ فِي نَفْسِهِ حَتَّى ادَّعَاهُ مُعَاوِيَةُ.
Lorsque Ziyād eut lu la lettre, il dit : « Par le Seigneur de la Kaʿba, il en a témoigné ! » Et cela ne cessa de le ronger intérieurement jusqu'à ce que Muʿāwiya le revendiquât.
قال السيد الرضى: قوله (عليه السلام) الواغلُ: هو الذي يهجم على الشّرْب ليشرب معهم وَليس منهم، فلا يزال مُدفّعاً محاجزاً. و النّوْط المُذَبْذَب: هو ما يناط برحل الراكب من قعب أو قدح أو ما أشبه ذلك، فهو أبداً يتقلقل إذا حث ظهره واستعجل سيره.
Al-Sayyid al-Raḍī a dit : « Sa parole – que la paix soit sur lui – “al-wāghil” : c’est celui qui fait irruption dans un groupe de buveurs pour boire avec eux alors qu’il n’est pas des leurs ; il ne cesse d’être repoussé et retenu. Et “al-nawṭ al-mudhabdhab” : c’est ce qui est suspendu à la selle du cavalier, comme une écuelle, un gobelet ou quelque chose de semblable ; il ne cesse de ballotter lorsque [le cavalier] presse sa monture et hâte sa marche. »