ومن خطبة له (عليه السلام) في ذم الدنيا
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) blâmant ce bas monde (al-dunyā).
Chapitre
ومن خطبة له (عليه السلام) في ذم الدنيا
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) blâmant ce bas monde (al-dunyā).
أَمَّا بَعْدُ فَإِنِّي أُحَذِّرُكُمُ الدُّنْيَا، فَإِنَّهَا حُلْوَةٌ خَضِرِةٌ، حُفَّتْ بِالشَّهَوَاتِ، وَتَحَبَّبَتْ بِالْعَاجِلَةِ، وَرَاقَتْ بِالْقَلِيلِ، وَتَحَلَّتْ بِالاْمَالِ، وَتَزَيَّنَتْ بِالْغُرُورِ، لاَ تَدُومُ حَبْرَتُهَا، وَلاَ تُؤْمَنُ فَجْعَتُهَا، غَرَّارَةٌ ضَرَّارَةٌ، حَائِلَةٌ زَائِلَةٌ، نَافِدَةٌ بَائِدَةٌ، أَكَّالَةٌ غَوَّالَةٌ، لاَ تَعْدُوـ إِذَا تَنَاهَتْ إِلَى أُمْنِيَّةِ أَهْلِ الرَّغْبَةِ فِيهَا والرضى بِهَا ـ أَنْ تَكُونَ كَمَا قَالَ اللهُ سُبْحَانَهُ وتعالى: ﴿كَمَاءٍ أَنزَلْنَاهُ مِنَ السَّمَاءِ فَاخْتَلَطَ بِهِ نَبَاتُ الْأَرْضِ فَأَصْبَحَ هَشِيمًا تَذْرُوهُ الرِّيَاحُ ۗ وَكَانَ اللهُ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ مُّقْتَدِرًا﴾.
Ceci dit, je vous mets en garde contre ce bas monde (al-dunyâ). Il est doux et verdoyant, paré de passions (shahawât), il se fait aimer par les choses immédiates, il séduit par peu de choses, il s'embellit d'espoirs, il se pare d'illusions. Sa joie ne dure pas, on n'est pas à l'abri de ses coups soudains. Il est trompeur et nuisible, changeant et éphémère, périssable et caduc, dévorant et perfide. Quand il atteint le vœu suprême de ceux qui le convoitent et s'en satisfont, il n'est rien d'autre que ce qu'a dit Dieu — gloire à Lui, le Très-Haut : « Comme une eau que Nous faisons descendre du ciel et par laquelle se mêlent les plantes de la terre, puis elles deviennent des brindilles desséchées que les vents dispersent. Et Dieu est sur toute chose Tout-Puissant. »
لَمْ يَكُنِ امْرُؤٌ مِنْهَا فِي حَبْرَةٍ إِلاَّ أَعْقَبَتْهُ بَعْدَهَا عَبْرَةً وَلَمْ يَلْقَ منْ سَرَّائِهَا بَطْناًئف إِلاَّ مَنَحَتْهُ مِنْ ضَرَّائِهَا ظَهْراً وَلَمْ تَطُلَّهُ فِيهَا دِيمَةُ رَخَاءٍ إِلاَّ هَتَنَتْ عَلَيهِ مُزْنَةُ بَلاَءٍ! وَحَرِيٌّ إِذَا أَصْبَحَتْ لَهُ مُنْتَصِرَةً أَنْ تُمْسِيَ لَهُ مُتَنَكِّرَةً، وَإِنْ جَانِبٌ مِنْهَا اعْذَوْذَبَ وَاحْلَوْلَى، أَمَرَّ مِنْهَا جَانِبٌ فَأَوْبَى. لاَ يَنَالُ امْرُؤٌ مِنْ غَضَارَتِهَارَغَباً إِلاَّ أَرْهَقَتْهُ مِنْ نَوَائِبِهَا تَعَباً! وَلاَ يُمْسِي مِنْهَا فِي جَنَاحِ أَمْنٍ، إِلاَّ أَصْبَحَ عَلَى قَوَادِمِ خَوْفٍ!
Il n'est point d'homme qui ait goûté à son aisance sans qu'elle ne lui ait fait verser, ensuite, des larmes ; point de bonheur qu'il ait reçu d'elle en son sein sans qu'elle ne lui ait accordé, de son malheur, le dos ; point de pluie bienfaisante de prospérité qu'elle ait fait pleuvoir sur lui sans qu'une nuée d'épreuves ne se soit déversée sur lui ! Il est bien possible que, si elle se montre, un matin, favorable à son égard, elle se montre, le soir, hostile à son encontre ; et si un côté d'elle devient doux et agréable, un autre côté devient amer et âpre. Nul homme n'obtient d'elle un désir de sa splendeur sans qu'elle ne l'accable, des rigueurs de ses calamités, de fatigue ! Et nul ne passe la soirée en elle sous l'aile de la sécurité sans qu'il ne se réveille, le matin, sur les plumes de la peur !
غَرَّارَةٌ، غُرُورٌ مَا فِيهَا، فَانِيَةٌ، فَانٍ مَنْ عَلَيْهَا، لاَ خَيْرَ في شَيْءٍ مِنْ أَزْوَادِهَا إِلاَّ التَّقْوَى. مَنْ أَقَلَّ مِنْهَا اسْتَكْثَرَ مِمَّا يُؤْمِنُهُ! وَمَنِ اسْتَكْثَرَ مِنْهَا اسْتَكْثَرَ مِمَّا يُوبِقُهُ وَزَالَ عَمَّا قَلِيلٍ عَنْهُ. كُمْ مِنْ وَاثِقٍ بِهَا قَدْ فَجَعَتْهُ، وَذِي طُمَأْنِينَةٍ إِلَيْهَا قَدْ صَرَعَتْهُ، وَذِي أُبَّهَةٍ قَدْ جَعَلَتْهُ حَقِيراً، وَذِي نَخْوَةٍ قَدْ رَدَّتْهُ ذَلِيلاً! سُلْطَانُهَا دُوَّلٌ وَعَيْشُهَا رَنِقٌ وَعَذْبُهَا أُجَاجٌ وَحُلْوُهَا صَبِرٌ وَغِذَاؤُهَا سِمَامٌ وَأَسْبَابُهَا رِمَامٌ حَيُّهَا بِعَرَضِ مَوْتٍ، وَصَحِيحُهَا بَعَرَضِ سُقْمٍ! مُلْكُهَا مَسْلُوبٌ، وَعَزِيزُهَا مَغْلُوبٌ، وَمَوْفُورُهَا مَنْكُوبٌ، وَجَارُهَا مَحْرُوبٌ.
أَلَسْتُمْ فِي مَسَاكِنِ مَنْ كَانَ قَبْلَكُمْ أَطْوَلَ أَعْمَاراً، وَأَبْقَى آثَاراً، وَأَبْعَدَ آمَالاً، وَأَعَدَّ عَدِيداً، وَأَكْثَفَ جُنُوداً! تَعَبَّدُوا لِلدُّنْيَا أَيَّ تَعَبُّدٍ، وَآثَرُوهَا أَيَّ إِيثَارٍ، ثُمَّ ظَعَفُوا عَنْهَا بَغَيْرِ زَادٍ مُبَلِّغٍ وَلاَ ظَهْرٍ قَاطِعٍ. فَهَلْ بَلَغَكُمْ أَنَّ الدُّنْيَا سَخَتْ لَهُمْ نَفْساً بِفِدْيَةٍ أَوْ أَعَانَتْهُمْ بِمَعُونَةٍ؟ أَوْ أَحْسَنَتْ لَهُمْ صُحْبَةً؟ بَلْ أَرْهَقَتْهُمْ بَالْفَوَادِحِ وَأوْهَنَتْهُمْ بِالْقَوَارِعِ وَضَعْضَعَتْهُمْ بِالنَّوَائِبِ، وَعَفَّرَتْهُمْ لِلْمَنَاخِرَ، وَوَطِئَتْهُمْ بَالْمَنَاسِمِ وَأَعَانَتْ عَلَيْهِمْ ﴿رَيْبَ الْمَنُونِ﴾.
N'êtes-vous pas dans les demeures de ceux qui vécurent avant vous, qui eurent des vies plus longues, des traces plus durables, des espoirs plus lointains, des multitudes plus nombreuses, et des armées plus denses ? Ils se soumirent à ce bas monde (dunyâ) d'une soumission totale, et le préférèrent d'une préférence absolue. Puis ils le quittèrent sans provisions suffisantes pour le voyage (vers l'au-delà), ni monture capable de franchir (le chemin). Vous est-il parvenu que le bas monde (dunyâ) leur fit don généreux d'une rançon, ou leur vint en aide par un secours, ou se montra envers eux d'une compagnie bienveillante ? Au contraire, il les accabla de calamités atroces, les affaiblit par des malheurs foudroyants, les ébranla par des infortunes, les jeta le visage contre terre (jusqu'aux narines), les piétina avec les sabots, et les laissa à la merci des « revers du destin » (rayb al-manūn).
فَقَدْ رَأَيْتُمْ تَنَكُّرَهَا لِمَنْ دَانَ لَهَا وَآثَرَهَا وَأَخْلَدَ إِلَيْهَا، حِينَ ظَعَنُوا عَنْهَا لَفِرَاقِ الاْبَدِ. هَلْ زَوَّدَتْهُمْ إِلاَّ السَّغَبَ أَوْ أَحَلَّتْهُمْ إِلاَّ الضَّنْكَ أوْ نَوَّرَتْ لَهُمْ إِلاَّ الظُّلْمَةَ؟ أَوْ أَعْقَبَتْهُمْ إِلاَّ النَّدَامَةَ؟ أَفَهذِهِ تُؤْثِرُونَ؟ أَمْ إِلَيْهَا تَطْمَئِنُّونَ؟ أَمْ عَلَيْهَا تَحْرِصُونَ؟ فَبِئْسَتِ الدَّارُ لَمَنْ لَمْ يَتَّهِمْهَا، وَلَمْ يَكُنْ فِيهَا عَلَى وَجَلٍ مِنْهَا! فَاعْلَمُوا ـ وَأَنْتُمْ تَعْلَمُونَ ـ بِأَنَّكُمْ تَارِكُوهَا وَظَاعِنُونَ عَنْهَا، وَاتَّعِظُوا فِيهَا بِالَّذِينَ ﴿قَالُوا مَنْ أَشَدُّ مِنَّا قُوَّةً﴾: حُمِلُوا إِلَى قُبُورِهِمْ فَلاَ يُدْعَوْنَ رُكْبَاناً وَأُنْزِلُوا الاْجْدَاثَ فَلاَ يُدْعَوْنَ ضِيفَاناً، وَجُعِلَ لَهُمْ مِنَ الصَّفِيحِ أَجْنَانٌ وَمِنَ التُّرَابِ أَكْفَانٌ، وَمِنَ الرُّفَاتِ جِيرَانٌ.
فَهُمْ جِيرَةٌ لاَ يُجِيبُونَ دَاعِياً، وَلاَ يَمْنَعُونَ ضَيْماً، وَلاَ يُبَالُونَ مَنْدَبَةً، إِنْ جِيدُوا لَمْ يَفْرَحُوا، وَإِنْ قُحِطُوا لَمْ يَقْنَطُوا، جَمِيعٌ وَهُمْ آحَادٌ، وَجِيرَةٌ وَهُمْ أَبْعَادٌ، مُتَدَانُونَ لاَ يَتَزَاوَرُونَ، وَقَرِيبُونَ لاَ يَتَقَارَبُونَ، حُلَمَاءُ قَدْ ذَهَبَتْ أَضْغَانُهُمْ، وَجُهَلاءُ قَدْ مَاتَتْ أَحْقَادُهُمْ، لاَ يُخْشَى فَجْعُهُمْ، وَلاَ يُرْجَى دَفْعُهُمْ، اسْتَبْدَلُوا بِظَهْرِ الاْرْضِ بَطْناً، وَبِالسَّعَةِ ضِيقاً، وَبِالاْهْلِ غُرْبَةً، وَبِالنُّورِ ظُلْمَةً، فَجَاؤُوهَا كَمَا فَارَقُوهَا، حُفَاةً عُرَاةً، قَدْ ظَعَنُوا عَنْهَا بِأَعْمَالِهِمْ إِلَى الْحَيَاةِ الْدَّائِمَةِ وَالدَّارِ الْبَاقِيَةِ، كَمَا قَالَ اللهُ سُبْحَانَهُ: ﴿كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُّعِيدُهُ ۚ وَعْدًا عَلَيْنَا ۚ إِنَّا كُنَّا فَاعِلِينَ﴾.
Trompeuse ! Illusion que tout ce qu’elle contient. Périssable ! Périssable est quiconque s’y trouve. Il n’y a de bien en rien de ses provisions, sinon la piété (taqwā). Celui qui en prend peu tient pour abondant ce qui le met en sûreté ; et celui qui en prend beaucoup tient pour abondant ce qui le perd, et il en sera bientôt séparé. Combien d’hommes confiants en elle a-t-elle frappés d’une calamité ! Combien d’hommes rassurés par elle a-t-elle jetés à terre ! Combien d’hommes pleins de majesté a-t-elle rendus vils ! Combien d’hommes orgueilleux a-t-elle ramenés à l’humiliation ! Sa souveraineté n’est que succession d’États ; sa vie n’est que trouble ; son eau douce n’est qu’amertume ; son miel n’est que fiel ; sa nourriture n’est que poisons ; ses attaches ne sont que ruines. Son vivant est en sursis de mort ; son homme sain est en sursis de maladie. Son royaume est ravi ; son puissant est vaincu ; son abondant est frappé de malheur ; son voisin est dépouillé.
Vous avez vu son dédain [de ce monde] pour quiconque s'y soumet, le préfère et s'y attache, lorsqu'ils l'ont quittée pour la séparation éternelle. Que leur a-t-elle donné en provision sinon la faim ? Que leur a-t-elle offert sinon l'angoisse ? Quelle lumière leur a-t-elle montrée sinon les ténèbres ? Leur a-t-elle laissé autre chose que le regret ? Est-ce donc elle que vous préférez ? Est-ce en elle que vous trouvez la quiétude ? Est-ce pour elle que vous brûlez de désir ? Quelle détestable demeure pour celui qui ne s'en méfie pas et qui n'y vit pas dans la crainte à son égard ! Sachez — et vous savez — que vous la quitterez et vous éloignerez d'elle ; tirez-en donc leçon à travers ceux qui [dirent : « Qui est plus fort que nous en puissance ? »] : ils furent portés vers leurs tombes sans être appelés cavaliers, descendus dans les fosses sans être appelés hôtes ; on leur donna pour berceaux des dalles de pierre, pour linceuls la poussière, et pour voisins les débris putrides.
Ils sont des voisins qui ne répondent à aucun appel, ne protègent de nulle injustice, ne se soucient d'aucune doléance. S'ils sont comblés de bienfaits, ils ne se réjouissent point ; s'ils sont frappés par la sécheresse, ils ne désespèrent point. Ensemble, et pourtant isolés ; voisins, et pourtant lointains ; proches, et ne se visitant guère ; intimes, et ne s'approchant point. Cléments — leurs rancœurs ont disparu —, ignorants — leurs haines sont mortes — : on ne craint pas leurs calamités, on n'espère pas leur secours. Ils ont troqué la surface de la terre pour ses entrailles, l'aisance pour l'étroitesse, les proches pour l'exil, la lumière pour les ténèbres. Ils viennent à elle comme ils l'ont quittée : pieds nus, dénudés ; ils s'en sont allés emportant leurs œuvres vers la vie éternelle et la Demeure qui demeure, comme l'a dit Dieu — gloire à Lui : « De même que Nous avons commencé la première création, Nous la ferons revenir : c'est une promesse qui Nous incombe ; oui, Nous l'accomplissons. »