ومن كتاب له (عليه السلام) إلى أخيه عقيل بن أبي طالب في ذكر جيش أنفذه إلى بعض الأعداء، وهو جواب كتاب كتبه إليه عقيل
Extrait d’une lettre de lui (que la paix soit sur lui) adressée à son frère ʿAqīl ibn Abī Ṭālib, au sujet d’une armée qu’il avait envoyée contre certains ennemis ; il s’agit de la réponse à une lettre que ʿAqīl lui avait écrite.
فَسَرَّحْتُ إِلَيْهِ جَيْشاً كَثِيفاً مِنَ الْمُسْلِمِينَ، فَلَمَّا بَلَغَهُ ذلِكَ شَمَّرَ هَارِباً، وَنَكَصَ نَادِماً، فَلَحِقُوهُ بِبَعْضِ الطَّرِيقِ، وَقَدْ طَفَّلَتِ الشَّمْسُ لِلْإِيَابِ، فَاقْتَتَلُوا شَيْئاً كَلَا وَلَا، فَمَا كَانَ إِلَّا كَمَوْقِفِ سَاعَةٍ حَتَّى نَجَا جَرِيضاً بَعْدَمَا أُخِذَ مِنْهُ بِالْـمُخَنَّقِ، وَلَمْ يَبْقَ مِنْهُ غَيْرُ الرَّمَقِ، فَلَأْياً بِلَأْيٍ مَا نَجَا.
J'envoyai donc contre lui une troupe nombreuse de musulmans. Lorsque la nouvelle lui parvint, il s'enfuit en toute hâte, fit marche arrière, plein de regrets. Ils le rejoignirent sur la route, alors que le soleil déclinait vers son coucher. Ils combattirent un peu, ni plus ni moins, et cela ne dura que le temps d'une halte d'une heure, jusqu'à ce qu'il s'échappe, haletant, après avoir été saisi à la gorge — il ne lui restait plus que le souffle de vie. Ce fut à grand-peine et difficilement qu'il s'en sortit.
فَدَعْ عَنْكَ قُرَيْشاً وَتَرْكَاضَهُمْ فِي الضَّلَالِ، وَتَجْوَالَهُمْ فِي الشِّقَاقِ، وَجِمَاحَهُمْ فِي التِّيهِ، فَإِنَّهُمْ قَدْ أَجْمَعُوا عَلَى حَرْبِي كَإِجْمَاعِهِمْ عَلَى حَرْبِ رَسوُلِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) قَبْلِي، فَجَزَتْ قُرَيْشاً عَنِّي الْجَوَازِي! فَقَدْ قَطَعُوا رَحِمِي، وَسَلَبُونِي سُلْطَانَ ابْنِ أُمِّي.
« Délaisse donc les Quraysh et leur galop dans l’égarement, leurs errances dans la discorde et leur obstination dans l’orgueil. Car ils se sont unanimement ligués contre moi, comme ils s’étaient unanimement ligués avant moi contre le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui et sur sa famille). Puisse Allah rétribuer les Quraysh à ma place comme ils le méritent ! Ils ont rompu les liens de ma parenté (rahim) et m’ont dépouillé de l’autorité (sulṭān) du fils de ma mère (ibn ummī). »
وَأَمَّا مَا سَأَلْتَ عَنْهُ مِنْ رَأيِي فِي الْقِتَالِ، فَإِنَّ رَأْيِي قِتَالُ الْـمُحِلِّينَ حَتَّى أَلْقَى اللهَ، لَا يَزِيدُنِي كَثْرَةُ النَّاسِ حَوْلِي عِزَّةً، وَلَا تَفَرُّقُهُمْ عَنِّي وَحْشَةً، وَلَا تَحْسَبَنَّ ابْنَ أَبِيكَ وَلَوْ أَسْلَمَهُ النَّاسُ مُتَضَرِّعاً مُتَخَشِّعاً، وَلَا مُقِرّاً لِلضَّيْمِ وَاهِناً، وَلَا سَلِسَ الزِّمَامِ لِلْقَائِدِ، وَلَا وَطِيءَ الظَّهْرِ لِلرَّاكِبِ المُقْتَعِدَ، وَلَكِنَّهُ كَمَا قَالَ أَخُو بَنِي سَلِيمٍ:
Quant à ce que tu m’as interrogé au sujet de mon avis concernant le combat, mon avis est de combattre ceux qui violent le caractère sacré (al-muḥillūn) jusqu’à ce que je rencontre Dieu. L’affluence des gens autour de moi n’accroît pas ma force, ni leur éloignement ne m’inspire de crainte solitaire. Ne pense pas que le fils de ton père — même si les gens l’abandonnent — soit suppliant et humble, ni acceptant l’injustice avec faiblesse, ni docile à la bride pour celui qui le mène, ni de dos facile pour le cavalier bien assis. Mais il est plutôt comme l’a dit le frère des Banū Sulaym.
فَإِنْ تَسْأَلِينِي كَيْفَ أَنْتَ فَإِنَّنِي * صَبُورٌ عَلَى رَيْبِ الزَّمَانِ صَلِيبُ يَعِزُّ عَلَيَّ أَنْ تُرَى بِي كَآبَةٌ * فَيَشْمَتَ عَادٍ أَوْ يُسَاءَ حَبِيبُ
Si tu me demandes comment je vais, je suis patient et endurant face aux vicissitudes du temps. Il m'est insupportable qu'on aperçoive en moi une affliction, qu'un ennemi s'en réjouisse ou qu'un ami en soit attristé.