ومن خطبة له (عليه السلام) يذكر فيها عجيب خلقه الطاووس
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) dans lequel il mentionne la merveilleuse création du paon.
Chapitre
ومن خطبة له (عليه السلام) يذكر فيها عجيب خلقه الطاووس
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) dans lequel il mentionne la merveilleuse création du paon.
[خلقة الطيور :] ابْتَدَعَهُمْ خَلْقاً عَجِيباً مِنْ حَيَوَان وَمَوَات، وَسَاكِن وَذِي حَرَكَات، وَأَقَامَ مِنْ شَوَاهِدِ الْبَيِّنَاتِ عَلَى لَطِيفِ صَنْعَتِهِ، وَعَظِيمِ قُدْرَتِهِ، مَا انْقَادَتْ لَهُ الْعُقُولُ مُعْتَرِفَةً بِهِ، وَمُسْلِّمَةً لَهُ، وَنَعَقَتْ فِي أَسْـمَاعِنَا دَلاَئِلُهُ عَلَى وَحْدَانِيَّتِهِ، وَمَا ذَرَأَ مِنْ مُخْتَلِفِ صُوَرِ الاْطْيَارِ الَّتِي أَسْكَنَهَا أَخَادِيدَ الاْرْضِ، وَخُرُوقَ فِجَاجِهَا، وَرَوَاسِي أعْلاَمِهَا
Il les a créés d'une création merveilleuse : [êtres] de vie et de mort, immobiles et doués de mouvement. Il a établi, parmi les signes manifestes de Sa manufacture subtile et de Son immense puissance, ce devant quoi les intellects (ʿuqūl) se sont inclinés, Lui reconnaissant [Ses attributs] et se soumettant à Lui. Et Ses preuves de Son unicité (tawḥīd) ont retenti à nos oreilles, [de même que] ce qu'Il a disséminé parmi les diverses formes d'oiseaux qu'Il a installées dans les crevasses de la terre, les fentes de ses défilés et les sommets de ses montagnes.
مِنْ ذَوَاتِ أَجْنِحَة مُخْتَلِفَة، وَهَيْئَات مُتَبَايِنَة، مُصَرَّفَة فِي زِمَامِ التَّسْخِيرِ، وَمُرَفْرِفَة بِأَجْنِحَتِهَا فِي مَخَارِقِ الْجَوِّ المُنفَسِحِ وَالْفَضَاءِ المُنفَرِجِ. كَوَّنَهَا بَعْدَ إِذْ لَمْ تَكُنْ فِي عَجائِبِ صُوَر ظَاهِرَة، وَرَكَّبَهَا فِي حِقَاقِ مَفَاصِلَ مُحْتَجِبَة، وَمَنَعَ بَعْضَهَا بِعَبَالَةِ خَلْقِهِ أَنْ يَسْمُوَ فِي الْهَوَاءِ خُفُوفاً، وَجَعَلَهُ يَدِفُّ دَفِيفاً،
Parmi les êtres pourvus d’ailes diverses, de formes variées, soumis aux rênes de la subjugation, et agitant leurs ailes dans les percées de l’espace aérien déployé et de la vaste étendue. Il les a constituées après qu’elles n’étaient pas, au sein d’apparences merveilleuses de formes manifestes, et les a assemblées dans les gaines d’articulations voilées. Il a empêché certains d’entre eux, par la lourdeur de leur constitution, de s’élever dans l’air en volant légèrement, et l’a fait voler en battant des ailes.
وَنَسَقَهَا عَلَى اخْتِلاَفِهَا فِى الاْصَابِيغِ بِلَطِيفِ قُدْرَتِهِ، وَدَقِيقِ صَنْعَتِهِ؛ فَمِنْهَا مَغْمُوسٌ فِي قَالَبِ لَوْن لاَ يَشُوبُهُ غَيْرُ لَوْنِ مَا غُمِسَ فِيه، وَمِنْهَا مَغْمُوسٌ فِي لَوْنِ صِبْغ قَدْ طُوِّقَ بِخِلاَفِ مَا صُبِغَ بِهِ.
Il les a disposées, malgré leur diversité dans les teintes, par la subtilité de Sa puissance et la délicatesse de Son art. Parmi elles [les créatures], il en est qui sont plongées dans un moule de couleur que ne trouble aucune autre couleur que celle dans laquelle elles ont été immergées ; et parmi elles, il en est qui sont plongées dans une couleur de teinture qui a été entourée d'une couleur différente de celle dont elles ont été teintes.
[الطاووس :] وَمِنْ أَعْجَبِهَا خَلْقاً الطَّاوُوسُ، الَّذِي أَقَامَهُ فِي أَحْكَمِ تَعْدِيل، وَنَضَّدَ أَلْوَانَهُ فِي أَحْسَنِ تَنْضِيد، بِجَنَاح أَشْرَجَ قَصَبَهُ، وَذَنَب أَطَالَ مَسْحَبَهُ. إذَا دَرَجَ إلَى الاْنْثَى نَشَرَهُ مِنْ طَيِّهِ، وَسَمَا بِهِ مُطِلاًّ عَلَى رَأْسِهِ كَأَنَّهُ قِلْعُ دَارِيّ عَنَجَهُ نُوتِيُّهُ. يَخْتَالُ بِأَلْوَانِهِ، وَيَمِيسُ بِزَيَفَانِهِ، يُفْضِي كَإفْضَاءِ الدِّيَكَةِ، وَيَؤُرُّ بِمَلاَقِحِهِ أَرَّ الْفُحُولِ الْمُغْتَلِمَةِ لِلضِّرَابِ
Parmi les créatures les plus étonnantes par leur conformation se trouve le paon, que Dieu a établi dans la plus parfaite symétrie et dont il a disposé les couleurs dans le plus bel agencement. Il lui a donné une aile aux pennes tressées et une queue au long sillage. Lorsqu'il s'avance vers la femelle, il déploie celle-ci de son pli et l'élève au-dessus de sa tête, telle une voile de navire que son marin hisse. Il parade avec ses couleurs et se pavane avec orgueil. Il s'accouple à la manière des coqs et excitre ses organes génitaux comme le font les étalons en rut pour l'accouplement.
أُحِيلُكَ مِنْ ذلِكَ عَلَى مُعَايَنَة، لاَ كَمَنْ يُحِيلُ عَلى ضَعِيف إسْنَادُهُ، وَلَوْ كَانَ كَزَعْمِ مَنْ يَزْعُمُ أَنَّهُ يُلْقِحُ بِدَمْعَة تَسْفَحُهَا مَدَامِعُهُ، فَتَقِفُ في ضَفَّتَي جُفُونِهِ، وأَنَّ أُنْثَاهُ تَطْعَمُ ذلِكَ، ثُمَّ تَبِيضُ لاَ مِنْ لِقَاحِ فَحْل سِوَى الدَّمْعِ الْمُنبَجِسِ، لَمَا كَانَ ذلِكَ بَأَعْجَبَ مِنْ مُطَاعَمَةِ الْغُرَابِ!. تَخَالُ قَصَبَهُ مَدَارِىَ مِنْ فِضَّة، وَمَا أُنْبِتَ عَلَيْهَا مِنْ عَجِيبِ دَارَاتِهِ وَشُمُوسِهِ خَالِصَ الْعِقْيَانِ، وَفِلَذَ الزَّبَرْجَدِ.
Je te renvoie, pour cela, à l'observation directe — non pas comme celui qui renvoie à une chaîne de transmission faible. Si cela était tel que le prétend celui qui affirme qu'il féconde par une larme que ses yeux versent, laquelle s'arrête sur les bords de ses paupières, et que sa femelle ingère cela, puis pond sans l'accouplement d'un mâle, uniquement par la larme jaillissante, cela ne serait pas plus étonnant que le nourrissage du corbeau. Tu prendrais ses roseaux (plumes) pour des baguettes d'argent, et ce qui y pousse, de ses étonnants cercles et soleils, pour de l'or pur et des éclats d'émeraude.
فَإنْ شَبَّهْتَهُ بِمَا أَنْبَتَتِ الاْرْضُ قُلْتَ: جَنِىٌّ جُنِىَ مِنْ زَهْرَةِ كُلِّ رَبِيع، وَإنْ ضَاهَيْتَهُ بِالْملابِسِ فَهُوَ كَمَوْشِىِّ الْحُلَلِ أَوْ كَمُونِقِ عَصْبِ الَيمَنِ، وَإنْ شَاكَلْتَهُ بِالْحُلِيِّ فَهُوَ كَفُصُوص ذَاتِ أَلْوَان، قَدْ نُطِّقَتْ بِاللُّجَيْنِ الْمُكَلَّلِ.
Si tu le compares à ce que la terre fait pousser, tu diras : il est un fruit cueilli de la fleur de chaque printemps. Si tu l'assimiles aux vêtements, il est comme les étoffes brodées ou comme les élégantes étoffes rayées du Yémen. Si tu le rapproches des parures, il est comme des chatons aux multiples couleurs, rehaussés d'argent ciselé.
يَمْشِي مَشْيَ الْمَرِحِ الْـمُخْتَالِ، وَيَتَصَفَّحُ ذَنَبَهُ وَجَنَاحَهُ، فَيُقَهْقِهُ ضَاحِكاً لِجَمَالِ سِرْبَالِهِ، وَأَصَابِيغِ وِشَاحِهِ؛ فَإذَا رَمَى بِبَصَرِهِ إِلَى قَوَائِمِهِ زَقَا مُعْوِلاً بِصَوْت يَكَادُ يُبِينُ عَنِ اسْتِغَاثَتِهِ، وَيَشْهَدُ بِصَادِقِ تَوَجُّعِهِ، لاِنَّ قَوَائِمَهُ حُمْشٌ كَقَوَائِمِ الدِّيَكَةِ الْخِلاَسِيَّةِ. وَقَدْ نَجَمَتْ مِنْ ظُنْبُوبِ سَاقِهِ صِيصِيَةٌ خَفِيَّةٌ، وَلَهُ فِي مَوْضِعِ الْعُرْفِ قُنْزُعَةٌ خَضْرَاءُ مُوَشَّاةٌ، وَمَخْرَجُ عَنُقِهِ كالاْبْرِيقِ، وَمَغَرزُهَا إلَى حَيْثُ بَطْنُهُ كَصِبْغِ الْوَسِمَةِ الْـيَـمَانِيَّةِ، أَوْ كَحَرِيرَة مُلْبَسَة مِرْآةً ذَاتَ صِقَال، وَكَأَنَّهُ مُتَلَفِّعٌ بِمِعْجَر أَسْحَمَ؛ إلاَّ أنَّهُ يُخَيَّلُ لِكَثْرَةِ مَائِهِ، وَشِدَّةِ بَرِيقِهِ، أَنَّ الْخُضْرَةَ النَّاضِرَةَ مُمْتَزِجَةٌ بِهِ، وَمَعَ فَتْقِ سَمْعِهِ خَطٌّ كَمُسْتَدَقِّ الْقَلَمِ فِي لَوْنِ الاْقْحُوَانِ، أَبْيَضُ يَقَقٌ، فَهُوَ بِبَيَاضِهِ فِي سَوَادِ مَا هُنَالِكَ يَأْتَلِقُ.
وَقَلَّ صِبْغٌ إلاَّ وَقَدْ أَخَذَ مِنْهُ بِقِسْط، وَعَلاَهُ بِكَثْرَةِ صِقَالِهِ وَبَرِيقِهِ، وَبَصِيصِ دِيبَاجِهِ وَرَوْنَقِهِ، فَهُوَ كَالاْزَاهِيرِ الْمَبْثُوثَةِ، لَمْ تُرَبِّهَا أَمْطَارُ رَبِيع، وَلاَ شُمُوسُ قَيْظ. وَقَدْ يَنْحَسِرُ مِنْ رِيشِهِ، وَيَعْرَى مِنْ لِبَاسِهِ، فَيَسْقُطُ تَتْرَى، وَيَنْبُتُ تِبَاعاً، فَيَنْحَتُّ مِنْ قَصَبِهِ انْحِتَاتَ أَوْرَاقِ الاْغْصَانِ، ثُمَّ يَتَلاَحَقُ نَامِياً حَتَّى يَعُودَ كَهَيْئَتِهِ قَبْلَ سُقُوطِهِ، لاَ يُخَالِفُ سَالِفَ أَلْوَانِهِ، وَلاَ يَقَعُ لَوْنٌ فِي غَيْرِ مَكَانِهِ! وَإذَا تَصَفَّحْتَ شَعْرَةً مِنْ شَعَرَاتِ قَصَبِهِ أَرَتْكَ حُمْرَةً وَرْدِيَّةً، وَتَارَةً خُضْرَةً زَبَرْجَدِيَّةً، وَأَحْيَاناً صُفْرَةً عسْجَدِيَّةً
Il n'est guère de teinture dont elle (la plume) n'ait pris une part, et qu'elle n'ait surpassée par l'abondance de son poli et de son éclat, par la splendeur de sa brocart et par son lustre. Elle est comme les fleurs éparpillées que n'ont nourries ni les pluies du printemps ni les soleils de l'été. Il arrive que sa plume se dénude et se dépouille de son vêtement : elle tombe alors en succession rapide et repousse en continuité ; elle se détache de son calame comme se détachent les feuilles des branches, puis elle se reforme en croissant jusqu'à revenir à l'aspect qu'elle avait avant sa chute, sans que ses couleurs antérieures diffèrent et sans qu'une couleur se pose ailleurs qu'à sa place. Et si tu examines un seul brin des plumes de son calame, il te montrera tantôt un rouge rosé, tantôt un vert émeraude, et parfois un jaune doré.
فَكَيْفَ تَصِلُ إلَى صِفَةِ هذَا عَمَائِقُ الْفِطَنِ، أَوْ تَبْلُغُهُ قَرَائِحُ الْعُقُولِ، أَوْ تَسْتَنْظِمُ وَصْفَهُ أَقْوَالُ الْوَاصِفِينَ؟! وَأَقَلُّ أَجْزَائِهِ قَدْ أَعْجَزَ الاْوهَامَ أَنْ تُدْرِكَهُ، وَالاْلْسِنَةَ أَنْ تَصِفَهُ!
Comment donc les profondeurs des intelligences atteindraient-elles la description de Celui-ci, ou les élans des esprits parviendraient-ils à L’atteindre, ou les paroles de ceux qui Le décrivent pourraient-elles ordonner Sa description ?! La moindre de Ses parties a déjà rendu les imaginations impuissantes à Le saisir et les langues impuissantes à Le décrire !
فَسُبْحَانَ الَّذِي بَهَرَ الْعُقُولَ عَنْ وَصْفِ خَلْق جَلاَّهُ لِلْعُيُونِ، فَأَدْرَكَتْهُ مَحْدُوداً مُكَوَّناً، وَمُؤَلَّفاً مُلَوَّناً، وَأَعْجَزَ الاَْلْسُنَ عَنْ تَلْخِيصِ صِفَتِهِ، وَقَعَدَ بِهَا عَنْ تَأْدِيَةِ نَعْتِهِ!
Gloire donc à Celui dont l'éclat a confondu les intellects incapables de décrire la créature qu'Il a rendue visible aux yeux, si bien qu'ils l'ont perçue comme limitée, constituée, composée et colorée, et qu'Il a réduit les langues à l'impuissance de résumer Sa description et les a empêchées d'exprimer Son attribut !
[صغار المخلوقات :] فَسُبْحَانَ مَنْ أَدْمَجَ قَوَائِمَ الذَّرَّةِ وَالْهَمَجَةِ إلَى مَا فَوْقَهُمَا مِنْ خَلْقِ الْحِيتَانِ وَالاْفْيِلَةِ! وَوَأَى عَلَى نَفْسِهِ أَلاَّ يَضْطَرِبَ شَبَحٌ مِمَّا أَوْلَجَ فِيهِ الرُّوحَ، إِلاَّ وَجَعَلَ الْحِمَامَ مَوْعِدَهُ، وَالْفَنَاءَ غَايَتَهُ.
Gloire à Celui qui a façonné les pattes de la fourmi et du vermisseau (al-hamaja) jusqu’à ce qui est au-dessus d’eux, parmi les créatures que sont les baleines et les éléphants ! Il a décrété sur Lui-même qu’aucune forme (shabah) dans laquelle Il a insufflé l’esprit (al-rūḥ) ne s’agite, sans qu’Il fasse de la mort (al-ḥimām) son rendez-vous et de l’anéantissement (al-fanāʾ) son aboutissement.
[منها في صفة الجنة :] فَلَوْ رَمَيْتَ بِبَصَرِ قَلْبِكَ نَحْوَ مَا يُوصَفُ لَكَ مِنْهَا لَعَزَفَتْ نَفْسُكَ عَنْ بَدَائِعِ مَا أُخْرِجَ إِلَى الدُّنْيَا مِنْ شَهَوَاتِهَا وَلَذَّاتِهَا، وَزَخَارِفِ مَنَاظِرِهَا، وَلَذَهِلَتْ بِالْفِكْرِ فِي اصْطِفَاقِ أَشْجَار غُيِّبَتْ عُرُوقُهَا فِي كُثْبَانِ الْمِسْكِ عَلَى سَوَاحِلِ أَنْهَارِهَا، وَفِي تَعْلِيقِ كَبَائِسِ اللُّؤْلُؤِ الرَّطْبِ فِي عَسَالِيجِهَا وَأَفْنَانِهَا، وَطُلُوعِ تِلْكَ الِّثمارِ مُخْتَلِفَةً فِي غُلُفِ أَكْمَامِهَا، تُجْنَى مِنْ غَيْرِ تَكَلُّف فَتأْتي عَلَى مُنْيَةِ مُجْتَنِيهَا، وَيُطَافُ عَلَى نُزَّالِهَا فِي أَفْنِيَةِ قُصُورِهَا بِالاْعْسَالِ الْمُصَفَّقَةِ، وَالْخُمُورِ الْمُرَوَّقَةِ.
Si tu dirigeais le regard de ton cœur vers ce qui t'est décrit du Paradis, ton âme se détournerait des merveilles produites dans le bas monde en fait de passions et de jouissances, ainsi que des ornements de ses spectacles ; elle serait saisie d'extase en méditant l'ondulation des arbres dont les racines sont enfouies dans les collines de musc au bord de ses fleuves ; les grappes de perles humides suspendues à leurs rameaux et à leurs branches ; l'éclosion de ces fruits, variés dans leurs enveloppes, cueillis sans peine, qui satisfont le désir de celui qui les cueille ; les breuvages offerts à leurs hôtes dans les cours de leurs palais : miels clarifiés et vins purs.
قَوْمٌ لَمْ تَزَلِ الْكَرَامَةُ تَتَمادَى بهِمْ حَتَّى حَلُّوا دَارَ الْقَرَارِ، وَأَمِنُوا نُقْلَةَ الاْسْفَارِ. فَلَوْ شَغَلْتَ قَلْبَكَ أَيُّهَا الْمُسْتَمِعُ بِالْوُصُولِ إلَى مَا يَهْجُمُ عَلَيكَ مِنْ تِلْكَ الْمَنَاظِرِ الْمُونِقَةِ، لَزَهِقَتْ نَفْسُكَ شَوْقاً إِلَيْهَا، وَلَتَحَمَّلْتَ مِنْ مَجْلِسِي هذَا إِلَى مُجَاوَرَةِ أَهْلِ الْقُبُورِ اسْتِعْجَالاً بِهَا.
Ce sont des gens que la dignité n'a cessé d'élever jusqu'à ce qu'ils aient atteint la Demeure de l'Éternité et qu'ils aient été mis en sécurité contre le transfert d'un séjour à un autre. Si tu occupais ton cœur, ô toi qui écoutes, à contempler ce qui, de ces paysages enchanteurs, fond sur toi, ton âme s'exhalerait d'ardeur pour eux, et tu te transporterais, dès cette assemblée-ci, jusqu'au voisinage des habitants des tombes, par hâte d'y parvenir.
جَعَلَنَا اللهُ وَإِيَّاكُمْ مِمَّنْ يَسْعَى بِقَلْبِهِ إِلى مَنَازِلِ الاْبْرَارِ بِرَحْمَتِهِ.
Que Dieu nous fasse, à nous et à vous, être de ceux qui aspirent par leur cœur vers les demeures des pieux, par Sa miséricorde.
[تفسير بعض ما في هذه الخطبة من الغريب :] قال السيد الشريف: قَوْلُهُ (عليه السلام): «ويَؤُرُّ بِمَلاقِحِهِ» الاْرُّ: كِنَايَةٌ عَنِ النّكَاح، يُقَالُ: أرّ المَرْأةَ يَؤُرّهَا، إذَا نَكَحَهَا. وَقَوْلُهُ (عليه السلام): «كَأنّهُ قلْعُ دَارِيّ عَنَجَهُ نُوتيّهُ» الْقلْعُ: شِرَاعُ السّفِينَةِ، وَدَارِيّ: مَنْسُوبٌ إلى دَارِينَ، وَهِيَ بَلْدَةٌ عَلَى الْبَحْرِ يُجْلَبُ مِنْهَا الطّيبُ. وَعَنَجَهُ: أَيْ عطفه. يُقَالُ: عَنَجْتُ النّاقَةَ أَعْنُجُهَا عَنْجاً إذَا عَطَفْتُهَا. وَالنّوتي: الْمَلاّحُ. وَقَوْلُهُ: «ضَفّتَيْ جُفُونِهِ» أَرَادَ جَانِبَيْ جُفُونِهِ. وَالضّفّتَانِ: الجانِبَانِ. وَقَوْلُهُ: «وَفِلَذَ الزّبَرْجَدِ» الْفِلَذُ: جَمْعُ فِلْذَة، وَهِيَ القِطْعَةُ. وَقَوْلُهُ: «كَبَائِسِ اللّؤْلُؤِ الرّطْبِ» الْكِبَاسَة: الْعِذْقُ. وَالْعَسَالِيجُ: الْغُصُونُ، وَاحِدُهَا عُسْلُوجٌ.
Il marche de la démarche d'un joyeux plein d'orgueil, et inspecte sa queue et son aile, riant aux éclats de la beauté de sa parure et des teintes de son collier. Lorsqu'il jette son regard vers ses pattes, il pousse un cri plaintif d'une voix qui manque de révéler son appel au secours et qui témoigne de sa douleur sincère, car ses pattes sont maigres, comme les pattes des coqs hybrides (khilāsiyya). Une petite excroissance (ṣīṣiya) discrète a poussé du tibia de sa jambe, et il a, à l'emplacement de la crête, une houppe verte ornée de motifs. La sortie de son cou est comme une aiguière, et son insertion jusqu'à son ventre est comme la teinture du pastel yéménite (al-wasima al-yamāniyya), ou comme une étoffe de soie (ḥarīra) recouvrant un miroir bien poli. On dirait qu'il est enveloppé d'un voile noir (miʿjar asḥam), sauf que, à cause de l'abondance de son eau et de l'intensité de son éclat, on imagine que le vert éclatant s'y mêle. Et avec l'ouverture de son oreille est une ligne fine comme la pointe d'une plume, de la couleur de la camomille (uqḥuwān), d'un blanc pur : par sa blancheur dans la noirceur de ce qui se trouve là, elle resplendit.
[Explication de certains termes rares de ce sermon :] Le Sayyid al-Sharīf a dit : Sa parole (que la paix soit sur lui) : « il pénètre par ses organes générateurs » — al-árr est une métaphore pour le coït ; on dit : arra l-mar'ata ya'urruhā, lorsqu'il a eu un rapport avec elle. Sa parole (que la paix soit sur lui) : « comme une voile de Dārīn que son marin a détournée » — al-qalʿu est la voile du navire ; Dāriyy : relatif à Dārīn, une ville côtière d'où l'on importe le parfum ; ʿanajahu signifie « il l'a détournée » ; on dit : ʿanajtu l-nāqata aʿnujuhā ʿanjan, lorsque je l'ai détournée ; al-nūtiyy est le marin. Sa parole : « les deux bords de ses paupières » — il veut dire les deux côtés de ses paupières ; al-ḍaffatāni sont les deux côtés. Sa parole : « et des morceaux de chrysolithe » — al-filadhu est le pluriel de filidha, qui signifie le morceau. Sa parole : « comme des grappes de perles humides » — al-kibāsa est la grappe (de dattes). Al-ʿasālīju sont les rameaux, dont le singulier est ʿuslūj.