ومن خطبة له (عليه السلام) في ذم الدنيا
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) blâmant ce bas monde (al-dunyā).
Chapitre
ومن خطبة له (عليه السلام) في ذم الدنيا
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) blâmant ce bas monde (al-dunyā).
وَأُحَذّرُكُمُ الدُّنْيَا، فَإِنَّهَا مَنْزِلُ قُلْعَة، وَلَيْسَتْ بِدَارِ نُجْعَة، قَدْ تَزَيَّنَتْ بَغُرُورِهَا، وَغَرَّتْ بِزِينَتِهَا، دَارُهَا هَانَتْ عَلَى رَبِّهَا، فَخَلَطَ حَلاَلَهَا بِحَرَامِهَا، وَخَيْرَهَا بِشَرِّهَا، وَحَيَاتَهَا بِمَوتِهَا، وَحُلْوَهَا بِمُرِّهَا، لَمْ يُصْفِهَا اللهُ لاَوْلِيَائِهِ، وَلَمْ يَضِنَّ بِهَا عَلَى أَعْدَائِهِ، خَيْرُهَا زَهِيدٌ، وَشَرُّهَا عَتِيدٌ، وَجَمْعُهَا يَنْفَدُ، وَمُلْكُهَا يُسْلَبُ، وَعَامِرُهَا يَخْرَبُ. فَمَا خَيْرُ دَار تُنْقَضُ نَقْضَ الْبِنَاءَ، وَعُمُر يَفْنَى فَنَاءَ الزَّادِ، وَمُدَّة تَنْقَطِعُ انْقِطَاعَ السَّيْرِ!
Et je vous mets en garde contre ce bas monde (al-dunyā), car c’est une demeure de passage, non une demeure stable. Il s’est paré de sa séduction et a trompé par sa parure. Sa maison a été méprisée par son Seigneur, qui a mêlé son licite (ḥalāl) à son illicite (ḥarām), son bien à son mal, sa vie à sa mort, son doux à son amer. Dieu ne l’a pas réservée purement à Ses saints (awliyā’), ni ne l’a refusée à Ses ennemis. Son bien est chétif, son mal est présent, son accumulation s’épuise, sa possession est ôtée, son lieu habité devient ruine. Quel bien y a-t-il donc dans une demeure qui se défait comme se défait la construction, une vie qui s’éteint comme s’éteint la provision de voyage, une durée qui se rompt comme se rompt la marche ?
فاجْعَلُوا مَا افْتَرَضَ اللهُ عَلَيْكُمْ مِنْ طَلِبَتِكُمْ، وَاسْأَلُوهُ مِنْ أَدَاءِ حَقِّهِ مَا سَأَلَكُمْ، وَأَسْمِعُوا دَعْوَةَ الْمَوْتِ آذَانَكُمْ قَبْلَ أَنْ يُدْعَى بِكُمْ. إِنَّ الزَّاهِدِينَ في الدُّنْيَا تَبْكِي قُلُوبُهُمْ وَإِنْ ضَحِكُوا، وَيَشْتَدُّ حُزْنُهُمْ وَإِنْ فَرِحُوا، وَيَكْثُرُ مَقْتُهُمْ أَنْفُسَهُمْ وَإِنِ اغْتُبِطُوا بِمَا رُزِقُوا.
Faites donc de ce que Dieu vous a imposé [l’accomplissement des obligations religieuses] votre requête principale, et demandez-Lui de vous accorder de vous acquitter de Son droit comme Il vous l’a demandé. Que l’appel de la mort résonne à vos oreilles avant que vous ne soyez appelés [à y répondre]. En vérité, ceux qui mènent une vie d’ascèse (zuhd) en ce monde : leurs cœurs pleurent, même s’ils rient ; leur tristesse s’intensifie, même s’ils se réjouissent ; et leur mépris envers eux-mêmes est grand, même s’ils sont enviés pour ce dont ils ont été pourvus.
قَدْ غَابَ عَنْ قُلُوبِكُمْ ذِكْرُ الاْجَالِ، وَحَضَرَتْكُمْ كَوَاذِبُ الاْمَالِ، فَصَارَتِ الدُّنْيَا أَمْلَكَ بِكُمْ مِنَ الاْخِرَةِ، وَالْعَاجِلَةُ أَذْهَبَ بِكُمْ مِنَ الاْجِلَةِ، وَاِنَّمَا أَنْتُم إِخْوَانٌ عَلَى دِينِ اللهِ، مَا فَرَّقَ بَيْنَكُمْ إِلاَّ خُبْثُ السَّرَائِرَ، وَسُوءُ الضَّمائِرِ، فَلاَ تَوَازَرُونَ، وَلاَ تَنَاصَحُونَ، وَلاَ تَبَاذَلُونَ، وَلاَ تَوَادُّونَ. مَا بَالُكُمْ تَفْرَحُونَ بِالْيَسِيرَ مِنَ الدُّنْيَا تُدْرِكُونَهُ، وَلاَ يَحْزُنُكُمُ الْكَثِيرُ مِنَ الاخِرَةِ تُحْرَمُونَهُ! وَيُقْلِقُكُمُ الْيَسِيرُ مِنَ الدُّنْيَا يَفُوتُكُمْ، حَتَّى يَتَبَيَّنَ ذلِكَ فِي وُجُوهِكُمْ، وَقَلَّةِ صَبْرِكُمْ عَمَّا زُوِيَ مِنْهَا عَنْكُمْ! كَأَنَّهَا دَارُ مُقَامِكُمْ، وَكَأَنَّ مَتَاعَهَا بَاق عَلَيْكُمْ.
وَمَا يَمْنَعُ أَحَدَكُمْ أَنْ يَسْتَقْبِلَ أَخَاهُ بِمَا يَخَافُ مِنْ عَيْبِهِ، إِلاَّ مَخَافَةُ أَنْ يَسْتَقْبِلَهُ بِمِثْلِهِ، قَدْ تَصَافَيْتُمْ عَلَى رَفْضِ الاْجِلِ وَحُبِّ الْعَاجِلِ، وَصَارَ دِينُ أَحَدِكُمْ لُعْقَةً عَلَى لِسَانِهِ، صَنِيعَ مَنْ قَدْ فَرَغَ مِنْ عَمَلِهِ، وَأَحْرَزَ رِضَى سَيِّدِهِ.
Qu’est-ce qui empêche l’un d’entre vous de se présenter face à son frère avec [le rappel de] ce dont il craint [être] un défaut, sinon la crainte qu’il se présente à lui avec un [défaut] semblable ? Vous avez fait alliance entre vous sur le rejet de l’avenir et l’amour de l’immédiat. La religion de l’un d’entre vous est devenue comme une bouchée [facile] sur sa langue, à la manière de celui qui a achevé son œuvre et obtenu la satisfaction de son Maître.
Le souvenir des termes (de la mort) a disparu de vos cœurs, et les promesses trompeuses des espoirs vous ont investis. Ainsi, ce bas monde (al-dunyā) a pris plus d'empire sur vous que l'Au-delà (al-ākhira), et la vie présente vous a détournés plus que la vie future. Vous n'êtes pourtant que des frères dans la religion de Dieu (dīn Allāh) ; rien ne vous sépare sinon la malice des consciences secrètes et la perversité des for intérieurs. Aussi ne vous soutenez-vous pas mutuellement, ne vous conseillez-vous pas sincèrement, ne vous donnez-vous pas réciproquement, ne vous aimez-vous pas. Qu'avez-vous donc ? Vous vous réjouissez du peu de ce bas monde que vous obtenez, et ne vous afflige-t-il pas du beaucoup de l'Au-delà dont vous êtes privés ? Et le peu de ce bas monde qui vous échappe vous trouble, au point que cela se manifeste sur vos visages et dans la petitesse de votre patience pour ce qui vous en a été retiré ! Comme si elle était votre demeure permanente, et comme si ses biens vous resteraient à jamais.