ومن خطبة له (عليه السلام) وفيها مواعظ للناس
Et parmi ses sermons (que la paix soit sur lui) contient des exhortations pour les gens.
Chapitre
ومن خطبة له (عليه السلام) وفيها مواعظ للناس
Et parmi ses sermons (que la paix soit sur lui) contient des exhortations pour les gens.
الْحَمْدُ للهِ الْوَاصِلِ الْحَمْدَ بِالنِّعَمِ وَالنِّعَمَ بِالشُّكْرِ، نَحْمَدُهُ عَلَى آلاَئِهِ كَمَا نَحْمَدُهُ عَلَى بَلاَئِهِ، وَنَسْتَعِينُهُ عَلَى هذِهِ النُّفُوسِ الْبِطَاءِ عَمَّا أُمِرَتْ بِهِ، السِّرَاعِ إِلَى مَا نُهِيَتْ عَنْهُ، وَنَسْتَغْفِرُهُ مِمَّا أَحَاطَ بِهِ عِلْمُهُ، وَأَحْصَاهُ كِتَابُهُ: عِلْمٌ غَيْرُ قَاصِر، وَكِتَابٌ غَيْرُ مُغَادِر، وَنُؤْمِنُ بِهِ إِيمَانَ مَنْ عَايَنَ الْغُيُوبَ، وَوَقَفَ عَلَى الْمَوْعُودِ، إِيمَاناً نَفَى إِخْلاَصُهُ الشِّرْكَ، وَيَقِينُهُ الشَّكَ،
Louange à Dieu, Celui qui attache la louange aux bienfaits et les bienfaits à la gratitude. Nous Le louons pour Ses faveurs comme nous Le louons pour Ses épreuves. Nous implorons Son aide contre ces âmes qui tardent à accomplir ce qui leur a été ordonné et se hâtent vers ce qui leur a été interdit. Nous Lui demandons pardon pour ce que Sa science embrasse et que Son Livre recense : une science qui ne manque de rien, un Livre qui n’omet rien. Et nous croyons en Lui de la foi de celui qui contemple les mystères et se tient face à ce qui a été promis, d’une foi dont la sincérité dissipe le polythéisme (shirk) et dont la certitude (yaqīn) dissipe le doute.
وَنَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلهَ إِلاَّ اللهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ، وَأَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، شَهَادَتَيْنِ تُصْعِدَانِ الْقَوْلَ، وَتَرْفَعَانِ الْعَمَلَ، لاَيَخِفُّ مِيزَانٌ تُوضَعَانِ فِيهِ، وَلاَ يَثْقُلُ مِيزَانٌ تُرْفَعَانِ مِنُهُ.
Et nous témoignons qu'il n'y a de dieu que Dieu (Allāh), l'Unique, sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son messager — deux témoignages qui élèvent la parole et haussent l'action ; nulle balance ne s'allège lorsqu'ils y sont placés, et nulle balance ne s'alourdit lorsqu'ils en sont retirés.
أُوصِيكُمْ، عِبَادَ اللهِ، بَتَقْوَى اللهِ الَّتي هِيَ الزَّادُ وَبِهَا الْمَعَاذُ: زَادٌ مُبْلِغٌ وَمَعَاذٌ مُنْجِحٌ، دَعَا إِلَيْهَا أَسْمَعُ دَاع، وَوَعَاهَا خَيْرُ وَاع، فَأَسْمَعَ دَاعِيهَا، وَفَازَ وَاعِيهَا.
Je vous recommande, ô serviteurs de Dieu, la crainte révérencielle de Dieu (taqwā), qui est la provision et par laquelle se trouve le refuge : une provision qui permet d’atteindre [le but] et un refuge salutaire. Y a appelé celui dont l’appel est le plus entendu, et l’a comprise le meilleur de ceux qui comprennent. Ainsi, celui qui y a appelé s’est fait entendre, et celui qui l’a comprise a réussi.
عِبَادَ اللهِ، إِنَّ تَقْوَى اللهِ حَمَتْ أوْلِيَاءَ اللهِ مَحَارِمَهُ، وَأَلْزَمَتْ قُلُوبَهُمْ مَخَافَتَهُ، حَتَّى أَسهَرَتْ لَيَالِيَهُمْ، وَأَظْمَأَتْ هَوَاجِرَهُمْ; فَأَخَذُوا الرَّاحَةَ بِالنَّصَبِ، وَالرِّيَّ بِالظَّمَإِ، وَاسْتَقْرَبُوا الاْجَلَ فَبَادَرُوا الْعَمَلَ، وَكَذَّبُوا الاْمَلَ فَلاَحَظُوا الاْجَلَ.
Ô serviteurs de Dieu ! En vérité, la crainte révérencielle de Dieu (taqwā) a protégé les alliés de Dieu (awliyā’ Allāh) de Ses interdits, et a imposé à leurs cœurs Sa crainte, au point qu’elle a rendu leurs nuits éveillées et a altéré leurs journées de soif. Ils ont donc pris le repos par la fatigue, et l’abondance par la soif. Ils ont considéré le terme (de la vie) comme proche et se sont hâtés vers l’œuvre ; ils ont traité l’espérance de mensonge et ont observé le terme (fixé).
ثُمَّ إِنَّ الدُّنْيَا دَارُ فَنَاء، وَعَنَاء، وَغِيَر، وَعِبَر: فَمِنَ الْفَنَاءِ أَنَّ الدَّهْرَ مُوتِرٌ قَوْسَهُ، لاَ تُخْطِىءُ سِهَامُهُ، وَلاَ تُؤْسَى جِرَاحُهُ، يَرْمِي الْحَيَّ بِالْمَوْتِ، وَالصَّحِيحَ بِالسَّقَمِ، وَالنَّاجِيَ بِالْعَطَبِ، آكِلٌ لاَ يَشْبَعُ، وَشَارِبٌ لاَ يَنْقَعُ. وَمِنَ الْعَنَاءِ أَنَّ الْمَرْءَ يَجْمَعُ مَا لاَ يَأْكُلُ، وَيَبْني مَا لاَ يَسْكُنُ، ثُمَّ يَخْرُجُ إِلَى اللهِ، لاَ مَالاً حَمَلَ، وَلاَ بِنَاءً نَقَلَ!
Ensuite, certes, ce bas monde est une demeure de perdition, de peine, de vicissitudes et de leçons. Parmi les aspects de la perdition : le temps tend son arc dont les flèches ne manquent jamais leur cible et dont les blessures ne sont jamais pansées ; il frappe le vivant par la mort, le bien-portant par la maladie et le sauf par la ruine. Il est un mangeur jamais rassasié, un buveur jamais désaltéré. Parmi les aspects de la peine : l'homme amasse ce qu'il ne mangera pas et bâtit ce qu'il n'habitera pas ; puis il part vers Dieu sans avoir emporté de richesse ni transporté de construction.
وَمنْ غِيَرِهَا أَنَّكَ تَرَى الْمَرْحُومَ مَغْبُوطاً، والْمَغْبُوطَ مَرْحُوماً، لَيْسَ ذلِكَ إِلاَّ نَعِيماً زَلَّ، وَبُؤْساً نَزَلَ. وَمِنْ عِبَرِهَا أَنَّ المَرْءَ يُشْرِفُ عَلَى أَمَلِهِ فَيَقْتَطِعُهُ حُضُورُ أَجَلِهِ، فَلاَ أَمَلٌ يُدْرَكُ، وَلاَ مُؤَمَّلٌ يُتْرَكُ. فَسُبْحَانَ اللهِ، مَا أَعَزَّ سُرُورَهَا! وَأَظْمَأَ رِيَّهَا! وَأَضْحَى فَيْئَهَا! لاَ جَاء يُرَدُّ، وَلاَ مَاض يَرْتَدُّ. فَسُبْحَانَ اللهِ، مَا أَقْرَبَ الْحَيَّ مِنَ المَيِّتِ لِلَحَاقِهِ بِهِ، وَأَبْعَدَ الْمَيِّتَ مِنَ الْحَيِّ لاِنْقِطَاعِهِ عَنْهُ!
Parmi ses vicissitudes [les vicissitudes du monde], tu vois celui qui est digne de pitié être envié, et celui qui est envié être digne de pitié. Cela n'est rien d'autre qu'un bienfait qui a glissé, et un malheur qui est descendu. Parmi ses leçons, l'homme s'approche de son espoir, mais la venue de son terme le retranche : nul espoir n'est atteint, et nul objet d'espoir n'est laissé. Gloire à Allah ! Combien sa joie est éphémère, combien son abondance est assoiffante, combien son ombre est exposée au soleil ! Rien de ce qui vient n'est repoussé, rien de ce qui passe ne revient. Gloire à Allah ! Qu'il est proche le vivant du mort, pour le rejoindre, et qu'il est loin le mort du vivant, pour en être séparé !
إِنَّهُ لَيْسَ شَيْءٌ بِشَرٍّ مِنَ الشَّرِّ إِلاَّ عِقَابُهُ، وَلَيْسَ شَيْءٌ بِخَيْر مِنَ الْخَيْرِ إِلاَّ ثَوَابُهُ، وَكُلُّ شَيْء مِنَ الدُّنْيَا سَمَاعُهُ أَعْظَمُ مِنْ عِيَانِهِ، وَكُلُّ شَيْء مِنَ الاْخِرَةِ عِيَانُهُ أَعْظَمُ مِنْ سَمَاعِهِ، فَلْيَكْفِكُمْ مِنَ الْعِيَانِ السَّمَاعُ، وَمِنَ الْغَيْبِ الْخَبَرُ. وَاعْلَمُوا أَنَّ مَا نَقَصَ مِنَ الدُّنْيَا وَزَادَ في الاْخِرَةِ خَيْرٌ مِمَّا نَقَصَ مِنَ الاْخِرَةِ وَزَادَ فِي الدُّنْيَا: فَكَمْ مِنْ مَنْقُوص رَابح وَمَزِيد خَاسِر!
En vérité, rien n’est pire que le mal, si ce n’est son châtiment ; et rien n’est meilleur que le bien, si ce n’est sa récompense. Toute chose de ce bas monde (dunyā), en entendre parler est plus impressionnant que de la voir ; et toute chose de l’au-delà (ākhira), la voir est plus impressionnant que d’en entendre parler. Que donc l’ouïe vous suffise pour ce qui est de la vision, et la nouvelle pour ce qui est de l’invisible. Et sachez que ce qui diminue de la vie présente et augmente dans l’au-delà est meilleur que ce qui diminue de l’au-delà et augmente dans la vie présente. Que d’êtres diminués sont gagnants, et que d’êtres comblés sont perdants !
إنَّ الَّذي أُمِرْتُمْ بِهِ أَوْسَعُ مِنَ الَّذِي نُهِيتُمْ عَنْهُ، وَمَا أُحِلَّ لَكُمْ أَكْثَرُ مِمَّا حُرِّمَ عَلَيْكُمْ، فَذَرُوا مَا قَلَّ لِمَا كَثُرَ، وَمَا ضَاقَ لِمَا اتَّسَعَ. قَدْ تُكُفِّلَ لِكُمْ بِالرِّزْقِ، وَأُمِرْتُمْ بَالْعَمَلِ، فَلاَ يَكُونَنَّ الْمَضْمُونُ لَكُمْ طَلَبُهُ أَوْلَى بِكُمْ مِنَ الْمَفْرُوضِ عَلَيْكُمْ عَمَلُهُ،
Certes, ce qui vous a été ordonné est plus large que ce qui vous a été interdit, et ce qui vous a été rendu licite (ḥalāl) est plus abondant que ce qui vous a été rendu illicite (ḥarām). Délaissez donc ce qui est peu pour ce qui est beaucoup, et ce qui est étroit pour ce qui est vaste. La subsistance (rizq) vous a été garantie, tandis que vous avez reçu l'ordre d'agir. Que la quête de ce qui vous est garanti ne l'emporte donc pas sur vous sur l'accomplissement de ce qui vous est prescrit.
مَعَ أَنَّهُ واللهِ لَقَدِ اعْتَرَضَ الشَّكُّ، وَدَخِلَ الْيَقِينُ، حَتَّى كَأَنَّ الَّذِي ضُمِنَ لَكُمْ قَدْ فُرِضَ عَلَيْكُمْ، وَكَأَنَّ الَّذِي قَدْ فُرِضَ عَلَيْكُمْ قَدْ وُضِعِ عَنْكُمْ. فَبَادِرُوا الْعَمَلَ، وَخَافُوا بَغْتَةَ الاْجَلِ، فَإِنَّهُ لاَ يُرْجَى مِنْ رَجْعَةِ الْعُمُرِ مَا يُرْجَى مِنْ رَجْعَةِ الرِّزْقِ، مَا فَاتَ الْيَوْمَ مِنَ الرِّزْقِ رُجِيَ غَداً زِيَادَتُهُ، وَمَا فَاتَ أَمْسِ مِنَ الْعُمُرِ لَمْ يُرْجَ الْيَوُمَ رَجْعَتُهُ. الرَّجَاءُ مَعَ الْجَائِي، وَالْيَأْسُ مَعَ الْمَاضِي، فـَ ﴿اتَّقُوا اللهَ حَقَّ تُقَاتِهِ وَلَا تَمُوتُنَّ إِلَّا وَأَنتُم مُّسْلِمُونَ﴾
Bien qu'il en soit ainsi, par Dieu ! le doute s'est interposé et la certitude a pénétré, jusqu'à ce que ce qui vous était garanti (al-maḍmūn lakum : la subsistance promise) semble vous être imposé, et que ce qui vous était imposé (al-mafrūḍ ʿalaykum : les obligations religieuses) semble vous avoir été retiré. Hâtez-vous donc vers l'œuvre (al-ʿamal : les bonnes actions) et craignez la soudaineté du terme (al-ajal : la mort). Car on n'espère pas, du retour de la vie (al-ʿumr : l'âge), ce que l'on espère du retour de la subsistance (al-rizq). Ce qui a échappé aujourd'hui comme subsistance, on peut en espérer l'accroissement demain ; mais ce qui a échappé hier comme durée de vie, on n'en espère plus le retour aujourd'hui. L'espoir (ar-rajā') est avec ce qui vient (al-jā'ī), et le désespoir (al-ya's) avec ce qui est passé (al-māḍī). Donc « Craignez Dieu d'une crainte qui Lui est due, et ne mourez qu'en étant musulmans (muslimūn : soumis à Dieu) » (Coran, Āl ʿImrān, 3:102).