ومن خطبة له (عليه السلام) في عظمة الله وحمده وذكر الأنبياء
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) sur la grandeur de Dieu, Sa louange et la mention des Prophètes
Chapitre
ومن خطبة له (عليه السلام) في عظمة الله وحمده وذكر الأنبياء
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) sur la grandeur de Dieu, Sa louange et la mention des Prophètes
[عظمة اللّه :] أَمْرُهُ قَضَاءٌ وَحِكْمَةٌ، وَرِضَاهُ أَمَانٌ وَرَحْمَةٌ، يَقْضِي بِعِلْم، وَيَعْفُو بحِلْم.
Son commandement est décret et sagesse, et Son agrément est sécurité et miséricorde. Il décrète avec science et pardonne avec clémence.
[حمد اللّه :] اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ عَلَى مَا تَأْخُذُ وَتُعْطِي، وَعَلَى مَا تُعَافي وَتَبْتَلي. حَمْداً يَكُونُ أَرْضَى الْحَمْدِ لَكَ، وَأَحَبَّ الْحَمْدِ إِلَيْكَ، وَأَفْضَلَ الْحَمْدِ عِنْدَكَ. حَمْداً يَمْلاَ مَا خَلَقْتَ، وَيَبْلُغُ مَا أَرَدْتَ. حَمْداً لاَ يُحْجَبُ عَنْكَ، وَلاَ يُقْصَرُ دُونَكَ. حَمْداً لاَ يَنْقَطِعُ عَدَدُهُ، وَلاَ يَفْنَى مَدَدُهُ.
Ô Allah ! À Toi la louange pour ce que Tu prends et ce que Tu donnes, et pour ce dont Tu guéris et ce par quoi Tu éprouves. Une louange qui soit la plus agréable des louanges pour Toi, la plus aimée des louanges auprès de Toi, et la plus excellente des louanges devant Toi. Une louange qui emplit ce que Tu as créé et atteint ce que Tu as voulu. Une louange qui ne soit pas voilée de Toi et qui ne soit pas arrêtée avant Toi. Une louange dont le nombre ne s'interrompt pas et dont la durée ne s'épuise pas.
فَلَسْنَا نَعْلَمُ كُنْهَ عَظَمَتِكَ إِلاَّ أَنَّا نَعْلَمُ أَنَّكَ: حَيٌّ قَيُّومٌ، لاَ تَأْخُذُكَ سِنَةٌ وَلاَ نَوْمٌ، لَمْ يَنْتَهِ إِلَيْكَ نَظَرٌ، وَلَمْ يُدْرِكْكَ بَصَرٌ، أَدْرَكْتَ الاْبْصَارَ، وَأَحْصَيْتَ الاْعْمَالَ، وَأَخَذْتَ ﴿بِالنَّوَاصِي وَالْأَقْدَامِ﴾،
Nous ne connaissons pas l'essence intime de Ta grandeur, si ce n'est que nous savons que Tu es : le Vivant, l'Éternel Subsistant par Lui-même (al-Qayyūm), que ne saisissent ni somnolence ni sommeil, qu'aucun regard ne peut atteindre, qu'aucune vue ne peut percevoir ; Tu saisis les regards, Tu dénombres les actions, et Tu tiens « par les toupets et les pieds ».
وَمَا الَّذِي نَرَى مِنْ خَلْقِكَ، وَنَعْجَبُ لَهُ مِنْ قُدْرَتِكَ، وَنَصِفُهُ مِنْ عَظِيمِ سُلْطَانِكَ، وَمَا تَغَيَّبَ عَنَّا مِنْهُ، وَقَصُرَتْ أَبْصَارُنَا عَنْهُ، وَانْتَهَتْ عُقُولُنَا دُونَهُ، وَحَالَتْ سَوَاتِرُ الْغُيُوبِ بَيْنَنَا وَبَيْنَهُ أَعْظَمُ.
Ce que nous voyons de Ta création, ce qui nous émerveille de Ta puissance, ce que nous décrivons de Ton immense souveraineté, et ce qui en est occulté pour nous, ce que nos regards ne peuvent atteindre, ce que nos intellects ne peuvent embrasser et ce dont les voiles des mondes invisibles (ghuyūb) nous séparent, est encore plus grand.
فَمَنْ فَرَّغَ قَلْبَهُ، وَأَعْمَلَ فِكْرَهُ، لِيَعْلَمَ كَيْفَ أَقَمْتَ عَرْشَكَ، وَكَيْفَ ذَرَأْتَ خَلْقَكَ، وَكَيْفَ عَلَّقْتَ فِي الْهَوَاءِ سمَـاوَاتِكَ، وَكَيْفَ مَدَدْتَ عَلى مَوْرِ الْمَاءِ أَرْضَكَ، رَجَعَ طَرْفُهُ حَسِيراً، وَعَقْلُهُ مَبْهُوراً، وَسَمْعُهُ وَالَهِاً، وَفِكْرُهُ حَائِراً.
Quiconque vide son cœur et met en œuvre sa réflexion pour savoir comment Tu as établi Ton Trône, comment Tu as dispersé Tes créatures, comment Tu as suspendu dans les airs Tes cieux, et comment Tu as étendu sur le bouillonnement de l'eau Ta terre, son regard revient épuisé, son intellect ébloui, son oreille stupéfaite, et sa pensée confuse.
منها كيف يكون الرجاء : يَدَّعِي بِزُعْمِهِ أَنَّهُ يَرْجُو اللهَ، كَذَبَ وَالْعَظِيمِ! مَا بَالُهُ لاَ يَتَبَيَّنُ رَجَاؤُهُ فِي عَمَلَهِ؟ فَكُلُّ مَنْ رَجَا عُرِفَ رَجَاؤُهُ فِي عَمَلِهِ، وَكُلُّ رَجَاء ـ إلاَّ رَجَاءَ اللهِ ـ فَإِنَّهُ مَدْخُولٌ، وَكُلُّ خَوْف مُحَقَّقٌ، إِلاَّ خَوْفَ اللهِ فَإِنَّهُ مَعْلُولٌ.
Parmi elles [les questions], comment est l'espoir (rajâ') : Il prétend, par son opinion, qu'il espère en Dieu. Par le Très-Grand, il ment ! Qu'a-t-il donc à ne pas faire apparaître son espoir dans son œuvre ? Car quiconque espère, son espoir se reconnaît dans son œuvre. Et tout espoir — hormis l'espoir en Dieu — est entaché [de défaut], et toute crainte est authentique, sauf la crainte de Dieu qui, elle, est affectée [par l'imperfection].
يَرْجُو اللهَ فِي الْكَبِيرِ، وَيَرْجُو الْعِبَادَ فِي الصَّغِيرِ، فَيُعْطِي العَبْدَ مَا لاَ يُعْطِي الرَّبَّ! فَمَا بَالُ اللهِ جَلَّ ثَنَاؤُهُ يُقَصَّرُ بِهِ عَمَّا يُصْنَعُ بِهِ بِعِبَادِهِ؟ أَتَخَافُ أَنْ تَكُونَ فِي رَجَائِكَ لَهُ كَاذِباً؟ أَوْ تَكُونَ لاَ تَرَاهُ لِلرَّجَاءِ مَوْضِعاً؟
Il espère de Dieu (les bienfaits importants), alors qu'il n'espère des créatures que des choses insignifiantes ; pourtant il accorde au serviteur (créature) ce qu'il n'accorde pas au Seigneur ! Qu'a donc Dieu — exaltée soit Sa louange — pour qu'on Lui préfère Ses serviteurs ? Crains-tu d'être menteur en ton espoir en Lui ? Ou bien ne considères-tu pas Dieu comme digne d'espérance ?
وَكَذلِكَ إِنْ هُوَ خَافَ عَبْداً مِنْ عَبِيدِهِ، أَعْطَاهُ مِنْ خَوْفِهِ مَا لاَ يُعْطِي رَبَّهُ، فَجَعَلَ خَوْفَهُ مِنَ الْعِبَادِ نَقْداً، وَخَوْفَهُ مِنْ خَالِقِهِ ضِماراً وَوَعْداً، وَكَذلِكَ مَنْ عَظُمَتِ الدُّنْيَا في عَيْنِهِ، وَكَبُرَ مَوْقِعُهَا مِنْ قَلْبِهِ، آثَرَهَا عَلَى اللهِ، فَانْقَطَعَ إِلَيْهَا، وَصَارَ عَبْداً لَهَا.
Et de même, s'il craint un serviteur parmi Ses serviteurs, il lui donne de sa crainte ce qu'il ne donne pas à son Seigneur ; il fait alors de sa crainte envers les créatures une réalité présente (naqdan), et de sa crainte envers son Créateur une chose différée et une promesse (ḍimāran wa waʿdan). De même, celui pour qui le bas-monde (dunyā) devient grand à ses yeux et dont la place dans son cœur s'accroît, le préfère à Dieu, s'attache à lui et devient son serviteur.
[رسول الله (صلى الله عليه وآله وسلم) :] وَلَقَدْ كَانَ فِي رَسُولِ اللهِ(صلى الله عليه وآله) كَاف لَكَ فِي الاْسْوَةِ، وَدَلِيلٌ لَكَ عَلَى ذَمِّ الدُّنْيَا وَعَيْبِهَا، وَكَثْرَةِ مَخَازِيهَا وَمَسَاوِيهَا، إِذْ قُبِضَتْ عَنْهُ أَطْرَافُهَا، وَوُطِّئَتْ لِغَيْرِهِ أَكْنَافُهَا، وَفُطِمَ مِنْ رَضَاعِهَا، وَزُوِيَ عَنْ زَخَارِفِهَا.
Certes, en la personne du Messager d'Allah (que la paix et les bénédictions soient sur lui et sa famille) tu as un modèle suffisant, une preuve pour blâmer ce bas monde (dunyā) et en montrer les défauts, l'abondance de ses vices et de ses tares. Car ses extrémités furent retirées de lui, ses horizons furent aplatis pour d'autres, il fut sevré de son allaitement et éloigné de ses ornements trompeurs (zakhārif).
[موسى (عليه السلام) :] وَإِنْ شِئْتَ ثَنَّيْتُ بِمُوسى كَلِيمِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) إذْ يَقُولُ: ﴿رَبِّ إِنِّي لِمَا أَنزَلْتَ إِلَيَّ مِنْ خَيْرٍ فَقِيرٌ﴾، وَاللهِ، مَا سَأَلَهُ إِلاَّ خُبْزاً يَأْكُلُهُ، لاِنَّهُ كَانَ يَأْكُلُ بَقْلَةَ الاْرْضِ، وَلَقَدْ كَانَتْ خُضْرَةُ الْبَقْلِ تُرَى مِنْ شَفِيفِ صِفَاقِ بَطْنِهِ، لِهُزَالِهِ وَتَشَذُّبِ لَحْمِهِ
[Moïse (que la paix soit sur lui) :] Et si tu veux, je mentionnerai également Moïse, l'Interlocuteur de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille), lorsqu'il dit : « Seigneur, je suis nécessiteux de tout bien que Tu feras descendre vers moi » (Coran 28:24). Par Dieu, il ne Lui demanda que du pain à manger, car il se nourrissait des herbes de la terre. Et certes, la verdure de ces herbes était visible à travers la transparence de la membrane de son ventre, tant il était émacié et sa chair décharnée.
[داوود (عليه السلام) :] وَإِنْ شِئْتَ ثَلَّثْتُ بِدَاوودَ صَاحِبِ الْمَزَامِيرِ، وقَارِىءِ أَهْلِ الْجَنَّةِ، فَلَقَدْ كَانَ يَعْمَلُ سَفَائِفَ الْخُوصِ بِيَدِهِ، وَيَقُولُ لِجُلَسَائِهِ: أَيُّكُمْ يَكْفِينِي بَيْعَهَا! وَيَأْكُلُ قُرْصَ الشَّعِيرِ مِنْ ثَمَنِهَا.
Et si tu veux, je cite en troisième David (que la paix soit sur lui), le maître des psaumes, le lecteur par excellence des habitants du Paradis. Il travaillait de ses mains les feuilles de palmier tressées en nattes, puis il disait à ses compagnons : « Lequel d'entre vous peut me les vendre ? » Et il mangeait une galette d'orge du produit de cette vente.
[عيسى (عليه السلام) :] وَإِنْ شِئْتَ قُلْتُ فِي عِيسَى بْنِ مَرْيَمَ(عليه السلام)، فَلَقَدْ كَانَ يَتَوَسَّدُ الْحَجَرَ، وَيَلْبَسُ الْخَشِنَ، و يَاْكُلُ الجَشِبَ، وَكَانَ إِدَامُهُ الْجُوعَ، وَسِرَاجُهُ بَاللَّيْلِ الْقَمَرَ، وَظِلاَلُهُ في الشِّتَاءِ مَشَارِقَ الاْرْضِ وَمَغَارِبَهَا، وَفَاكِهَتُهُ وَرَيْحَانُهُ مَا تُنْبِتُ الاْرْضُ لِلْبَهَائِمِ، وَلَمْ تَكُنْ لَهُ زَوْجَةٌ تَفْتِنُهُ، وَلاَ وَلَدٌ يَحْزُنُهُ، وَلاَ مَالٌ يَلْفِتُهُ، وَلاَ طَمَعٌ يُذِلُّهُ، دَابَّتُهُ رِجْلاَهُ، وَخَادِمُهُ يَدَاهُ!
Et si tu le veux, je parlerai de Jésus, fils de Marie (que la paix soit sur lui). Il prenait la pierre comme oreiller, portait des vêtements rudes, mangeait une nourriture grossière ; son accompagnement (au repas) était la faim, son luminaire la nuit était la lune, son ombre en hiver était les levers et les couchers de la terre, ses fruits et son basilic étaient ce que la terre fait pousser pour les bêtes. Il n'avait pas d'épouse pour le tenter, ni d'enfant pour l'affliger, ni de bien pour le distraire, ni de convoitise pour l'humilier. Sa monture était ses deux pieds, et son serviteur ses deux mains !
[الرسول الاعظم (صلى الله عليه وآله) :] فَتَأَسَّ بِنَبِيِّكَ الاْطْيَبِ الاْطْهَرِ(صلى الله عليه وآله) فَإِنَّ فِيهِ أُسْوَةً لِمَنْ تَأَسَّى، وَعَزَاءً لِمَنْ تَعَزَّى ـ وَأَحَبُّ الْعِبَادِ إِلَى اللهِ الْمُتَأَسِّي بِنَبِيِّهِ، وَالْمُقْتَصُّ لاِثَرِهِ ـ قَضَمَ الدُّنْيَا قَضْما، وَلَمْ يُعِرْهَا طَرْفاً، أَهْضَمُ أَهْلِ الدُّنْيَا كَشْحاً، وَأَخْمَصُهُمْ مِنَ الدُّنْيَا بَطْناً، عُرِضَتْ عَلَيْهِ الدُّنْيَا فَأَبَى أَنْ يَقْبَلَهَا، وَعَلِمَ أَنَّ اللهَ سُبْحَانَهُ أَبْغَضَ شَيْئاً فَأَبْغَضَهُ، وَحَقَّرَ شَيْئاً فَحَقَّرَهُ، وَصَغَّرَ شَيْئاً فَصَغَّرَهُ. وَلَوْ لَمْ يَكُنْ فِينَا إِلاَّ حُبُّنَا مَا أَبْغَضَ اللهُ، وَتَعْظِيمُنَا مَا صَغَّرَ اللهُ، لَكَفَى بِهِ شِقَاقاً للهِ، وَمُحَادَّةً عَنْ أَمْرِ اللهِ.
وَلَقَدْ كَانَ (صلى الله عليه وآله) يَأْكُلُ عَلَى الاْرْضِ، وَيَجْلِسُ جِلْسَةَ الْعَبْدِ، وَيَخْصِفُ بَيَدِهِ نَعْلَهُ، وَيَرْقَعُ بِيَدِهِ ثَوْبَهُ، وَيَرْكَبُ الْحِمَارَ الْعَارِيَ، وَيُرْدِفُ خَلْفَهُ، وَيَكُونُ السِّتْرُ عَلَى بَابِ بَيْتِهِ فَتَكُونُ فِيهِ التَّصَاوِيرُ فَيَقُولُ: «يَا فُلاَنَةُ ـ لاِحْدَى أَزْوَاجِهِ ـ غَيِّبِيهِ عَنِّي، فَإِنِّي إِذَا نَظَرْتُ إِلَيْهِ ذَكَرْتُ الدُّنْيَا وَزَخَارِفَهَا». فَأَعْرَضَ عَنِ الدُّنْيَا بِقَلْبِهِ، وَأَمَاتَ ذِكْرَهَا مِنْ نَفْسِهِ، وَأَحَبَّ أَنْ تَغِيبَ زِينَتُهَا عَنْ عَيْنِهِ، لِكَيْلاَ يَتَّخِذَ مِنْهَا رِيَاشاً، وَلاَ يَعْتَقِدَهَا قَرَاراً، وَلاَ يَرْجُو فِيهَا مُقَاماً، فَأَخْرَجَهَا مِنَ النَّفْسِ، وَأَشْخَصَهَا عَنِ الْقَلْبِ، وَغَيَّبَهَا عَنِ الْبَصَرِ. وَكَذلِكَ مَنْ أَبْغَضَ شَيْئاً أَبْغَضَ أَنْ يَنْظُرَ إِلَيْهِ، وَأَنْ يُذْكَرَ عِنْدَهُ.
وَلَقَدْ كَانَ فِي رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) مَا يَدُلُّكَ عَلَى مَسَاوِىءِ الدُّنْيَا وَعُيُوبِهَا: إِذْ جَاعَ فِيهَا مَعَ خَاصَّتِهِ، وَزُوِيَتْ عَنْهُ زَخَارِفُهَا مَعَ عَظِيمِ زُلْفَتِهِ. فَلْيَنْظُرْ نَاظِرٌ بِعَقْلِهِ: أَكْرَمَ اللهُ مُحَمَّداً (عليه السلام) بِذلِكَ أَمْ أَهَانَهُ! فَإِنْ قَالَ: أَهَانَهُ، فَقَدْ كَذَبَ ـ وَاللهِ الْعَظِيمِ ـ وَإِنْ قَالَ: أَكْرَمَهُ، فَلْيَعْلَمْ أَنَّ اللهَ قَدْ أَهَانَ غَيْرَهُ حَيْثُ بَسَطَ الدُّنْيَا لَهُ، وَزَوَاهَا عَنْ أَقْرَبِ النَّاسِ مِنْهُ.
En vérité, il y a dans le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui et sur sa Famille) ce qui t'indique les vices de ce bas monde et ses défauts : lorsqu'il y connut la faim avec ses proches, et que ses ornements furent écartés de lui malgré l'immensité de sa proximité (auprès de Dieu). Que celui qui réfléchit considère donc par son intellect (ʿaql) : Dieu a-t-Il honoré Muhammad (que la paix soit sur lui) par cela, ou l'a-t-Il avili ? S'il dit : « Il l'a avili », alors il a menti — par Dieu le Très Grand — et s'il dit : « Il l'a honoré », qu'il sache que Dieu a avili l'autre, là où Il a étendu pour ce dernier les biens de ce monde, et les a écartés de celui qui est le plus proche parmi les gens de Lui.
فَتَأسَّى مُتَأَسٍّ بِنَبِيِّهِ، وَاقْتَصَّ أَثَرَهُ، وَوَلَجَ مَوْلِجَهُ، وَإِلاَّ فَلاَ يَأْمَنِ الْهَلَكَةَ، فَإِنَّ اللهَ عزّوجلّ جَعَلَ مُحَمَّداً (صلى الله عليه وآله) عَلَماً لِلسَّاعَةِ، وَمُبَشِّراً بِالْجَنَّةِ، وَمُنْذِراً بِالعُقُوبَةِ. خَرَجَ مِنَ الدُّنْيَا خَمِيصاً، وَوَرَدَ الاْخِرَةَ سَلِيماً، لَمْ يَضَعْ حَجَراً عَلَى حَجَر، حَتَّى مَضَى لِسَبِيلِهِ، وَأَجَابَ دَاعِيَ رَبِّهِ، فَمَا أَعْظَمَ مِنَّةَ اللهِ عِنْدَنَا حِينَ أَنْعَمَ عَلَيْنَا بِهِ سَلَفاً نَتَّبِعُهُ، وَقَائِداً نَطأُ عَقِبَهُ.
Que celui qui cherche à suivre un modèle suive son Prophète, marche sur ses traces et emprunte la voie par laquelle il est passé. Sinon, qu'il ne se croie pas à l'abri de la perdition. Car Dieu — Puissant et Majestueux — a fait de Muhammad (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui et sa Famille) un signe de l'Heure, un annonciateur de la bonne nouvelle du Paradis et un avertisseur du châtiment. Il quitta ce monde le ventre vide (khāmīṣan) et parvint dans l'autre monde sain et sauf, sans jamais avoir posé pierre sur pierre, jusqu'à ce qu'il poursuive sa voie et réponde à l'appel de son Seigneur. Qu'elle est grande la grâce de Dieu envers nous, lorsqu'Il nous a gratifiés de lui comme prédécesseur (salaf) que nous suivons, et comme guide dont nous foulons les traces.
وَاللهِ لَقَدْ رَقَّعْتُ مِدْرَعَتِي هذِهِ حَتَّى اسْتَحْيَيْتُ مِنْ رَاقِعِهَا، وَلَقَدْ قَالَ لِي قَائِلٌ: أَلاَ تَنْبِذُهَا؟ فَقُلْتُ: اغْرُبْ عَنِّي، فَعِنْدَ الصَّبَاحِ يَحْمَدُ الْقَوْمُ السُّرَى.
Par Dieu ! J'ai rapiécé cette tunique de laine au point d'avoir honte de celui qui la rapièce. Quelqu'un m'a dit : « Ne la jettes-tu pas ? » Je répondis : « Éloigne-toi de moi ! Car au matin, les gens louent la marche de nuit. »
« Prends donc pour modèle ton Prophète, le plus pur, le plus immaculé (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui et sur sa famille), car en lui se trouvent un exemple pour quiconque prend modèle, et une consolation pour quiconque cherche consolation. Or, le serviteur le plus aimé de Dieu est celui qui prend son Prophète pour modèle et qui suit fidèlement ses traces. Il a mordu le bas monde à pleines dents, sans lui accorder un seul regard. Il était le plus détaché des gens du monde par le flanc, et le plus vide du bas monde par le ventre. Le bas monde lui fut offert, mais il refusa de l'accepter. Il savait que Dieu — gloire à Lui — avait pris en haine une chose, alors il la prit en haine ; Il avait méprisé une chose, alors il la méprisa ; Il avait rabaissé une chose, alors il la rabaissa. Et si, en nous, il n'y avait rien d'autre que notre amour pour ce que Dieu hait et notre vénération pour ce que Dieu a rabaissé, cela suffirait comme opposition à Dieu et comme déviation par rapport à Son ordre. »
Il était (qu'Allah prie sur lui et sa Famille) qui mangeait à même le sol, s'asseyait comme s'assoit un serviteur, ravaudait de sa main sa sandale, raccommodait de sa main son vêtement, montait un âne nu (sans selle), faisait monter quelqu'un en croupe derrière lui, et il arrivait qu'un rideau orné d'images soit sur la porte de sa maison, alors il disait : « Ô une telle — à l'une de ses épouses — cache-le-moi, car lorsque je le regarde, je me souviens du monde ici-bas et de ses ornements trompeurs. » Il détourna donc son cœur du bas-monde, fit mourir son souvenir en lui-même, et aima que sa parure disparaisse de ses yeux, afin de n'en tirer aucun apparat, de ne pas le considérer comme une demeure stable, et de n'y espérer aucune résidence durable. Il le chassa donc de son âme, l'écarta de son cœur, et le cacha à sa vue. Et ainsi, quiconque déteste une chose déteste la regarder et l'entendre mentionner auprès de lui.