ومن كلام له (عليه السلام) وقد سأله سائل عن أحاديث البدع وعما في أيدي الناس من اختلاف الخبر فقال (عليه السلام)
Extrait de son propos (que la paix soit sur lui) alors qu'un questionneur l'interrogeait au sujet des hadiths relatifs aux innovations (bidaʿ) et de ce que les gens possèdent comme divergences dans les récits. Il dit (que la paix soit sur lui) :
إنَّ فِي أَيْدِي النَّاسِ حَقّاً وَبَاطِلاً، وَصِدْقاً وَكَذِباً، وَنَاسِخاً وَمَنْسُوخاً، وَعَامّاً وَخَاصّاً، وَمُحْكَماً وَمُتَشَابِهاً، وَحِفْظاً وَوَهْماً، وَقَدْ كُذِبَ عَلَى رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله وسلم) عَلَى عَهْدِهِ، حَتَّى قَامَ خَطِيباً، فَقَالَ: «مَنْ كَذَبَ عَلَيَّ مُتَعَمِّداً فَلْيَتَبَوَّأْ مَقْعَدَهُ مِنَ النَّارِ».
Certes, il y a dans les mains des gens le vrai et le faux, la vérité et le mensonge, l’abrogeant et l’abrogé, le général et le particulier, les versets clairs (muḥkamāt) et les versets ambigus (mutashābihāt), ce qui est retenu avec exactitude et ce qui est entaché d’erreur. On a prêté des mensonges au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille) de son vivant même, au point qu’il se leva comme prédicateur et dit : « Que celui qui ment délibérément sur mon compte prenne sa place dans le Feu ! »
وَإِنَّمَا أَتَاكَ بِالْحَدِيثِ أَرْبَعَةُ رِجَال لَيْسَ لَهُمْ خَامِسٌ:
Et voici que seuls quatre hommes — sans cinquième — t'apportent le hadith :
[المنافقون :] رَجُلٌ مُنَافِقٌ مُظْهِرٌ لِلاْيمَانِ، مُتَصَنِّعٌ بِالاْسْلاَمِ، لاَيَتَأَثَّمُ وَلاَ يَتَحَرَّجُ، يَكْذِبُ عَلَى رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) مُتَعَمِّداً، فَلَوْ عَلِمَ النَّاسُ أَنَّهُ مُنَافِقٌ كَاذِبٌ لَمْ يَقْبَلُوا مِنْهُ، وَلَمْ يُصَدِّقُوا قَوْلَهُ، وَلكِنَّهُمْ قَالُوا: صَاحِبُ رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) رآهُ، وَسَمِعَ مِنْهُ، وَلَقِفَ عَنْهُ، فَيَأْخُذُونَ بِقَوْلِهِ،
Un homme hypocrite qui affiche la foi, qui feint l'islam, qui ne craint ni le péché ni la transgression, ment délibérément au nom du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa Famille). Si les gens savaient qu'il est un hypocrite menteur, ils n'accepteraient rien de lui et ne croiraient pas sa parole. Mais ils disent : « C'est un compagnon du Messager de Dieu, il l'a vu, il a entendu de lui et a recueilli de lui. » Alors ils adoptent sa parole.
وَقَدْ أَخْبَرَكَ اللهُ عَنِ الْمُنَاقفِقِينَ بِمَا أَخْبَرَكَ، وَوَصَفَهُمْ بِمَا وَصَفَهُمْ بِهِ لَكَ، ثُمَّ بَقُوا بَعْدَهُ (عليه السلام)، فَتَقرَّبُوا إِلَى أَئِمَّةِ الضَّلاَلَةِ، وَالدُّعَاةِ إِلَى النَّارِ بِالزُّورِ وَالْبُهْتَانِ، فَوَلَّوهُمُ الاْعْمَالَ، وَجَعَلُوهُمْ عَلَى رِقَابِ النَّاسِ، وَأَكَلُوا بِهِمُ الدُّنْيَا، وَإِنَّمَا النَّاسُ مَعَ الْمُلُوكِ وَالدُّنْيَا، إِلاَّ مَنْ عَصَمَ اللهُ، فَهذَا أَحَدُ الاْرْبَعَةِ.
Or Dieu t'a déjà informé au sujet des hypocrites de ce dont Il t'a informé, et te les a décrits comme Il te les a décrits. Puis, après lui (que la paix soit sur lui), ils demeurèrent et se rapprochèrent des imams de l'égarement et des appels vers le Feu par le mensonge et la calomnie. Ils leur confièrent alors les charges (gouvernementales), les placèrent à la tête des gens, et par eux ils dévorèrent les biens de ce bas monde. Or les gens ne suivent que les rois et le bas monde, sauf ceux que Dieu préserve. Tel est l'un des quatre.
[الخاطئون :] وَرَجُلٌ سَمِعَ مِنْ رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) شَيْئاً لَمْ يَحْفَظْهُ عَلَى وَجْهِهِ، فَوَهِمَ فِيهِ، وَلَمْ يَتَعَمَّدْ كَذِباً، فَهُوَ فِي يَدَيْهِ، يَرْوِيهِ وَيَعْمَلُ بِهِ، وَيَقُولُ: أَنَا سَمِعْتُهُ مِنْ رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله)، فَلَوْ عَلِمَ الْمُسْلِمُونَ أَنَّهُ وَهِمَ فِيهِ لَمْ يَقْبَلُوهُ مِنْهُ، وَلَوْ عَلِمَ هُوَ أَنَّهُ كَذلِكَ لَرَفَضَهُ.
[Les fautifs :] Et un homme qui a entendu du Messager de Dieu (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille) une chose qu'il n'a pas retenue correctement, et a commis une erreur à son sujet sans intention de mentir : cette parole est entre ses mains, il la rapporte et agit selon elle, et il dit : « Je l'ai entendue du Messager de Dieu (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille). » Or, si les musulmans savaient qu'il a commis une erreur à son sujet, ils ne l'accepteraient pas de lui ; et si lui-même savait qu'il en est ainsi, il la rejetterait.
[اهل الشبهة :] وَرَجُلٌ ثَالِثٌ، سَمِعَ مِنْ رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) شَيْئاً يَأْمُرُ بِهِ، ثُمَّ نَهَى عَنْهُ وَهُوَ لاَ يَعْلَمُ، أَوْ سَمِعَهُ يَنْهَىُ عَنْ شَيْء، ثُمَّ أَمَرَ بِهِ وَهُوَ لايَعْلَمُ، فَحَفِظَ المَنسُوخَ، وَلَمْ يَحْفَظِ النَّاسِخَ، فَلَوْ عَلِمَ أَنَّهُ مَنْسُوخٌ لَرَفَضَهُ، وَلَوْ عَلِمَ الْمُسْلِمُونَ إذْ سَمِعُوهُ مِنْهُ أَنَّهُ مَنْسُوخٌ لَرَفَضُوهُ.
Et un troisième homme : il a entendu du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui et sur sa Famille) une chose qu'il ordonnait, puis il l'a interdite sans qu'il le sache ; ou il l'a entendu interdire une chose, puis il l'a ordonnée sans qu'il le sache. Il a donc retenu l'abrogé (al-mansūkh) et n'a pas retenu l'abrogeant (al-nāsikh). S'il avait su qu'il était abrogé, il l'aurait rejeté ; et si les musulmans, lorsqu'ils l'ont entendu de lui, avaient su qu'il était abrogé, ils l'auraient rejeté.
[الصادقون الحافظون :] وَآخَرُ رَابِعٌ، لَمْ يَكْذِبْ عَلَى اللَّهِ، وَلَا عَلَى رَسُولِهِ، مُبْغِضٌ لِلْكَذِبِ، خَوْفاً مِنَ اللَّهِ، وَتَعْظِيماً لِرَسُولِ اللَّهِ (صلى الله عليه وآله)، وَلَمْ يَهِمْ، بَلْ حَفِظَ مَا سَمِعَ عَلَى وَجْهِهِ، فَجَاءَ بِهِ عَلَى مَا سَمِعَهُ، لَمْ يَزِدْ فِيهِ وَلَمْ يَنْقُصْ مِنْهُ، وَ حَفِظَ النَّاسِخَ فَعَمِلَ بِهِ، وَحَفِظَ الْمَنْسُوخَ فَجَنَّبَ عَنْهُ، وَعَرَفَ الْخَاصَّ وَالْعَامَّ، وَالْمُحْكَمَ وَالْمُتَشَابِهَ، فَوَضَعَ كُلَّ شَيْءٍ مَوْضِعَهُ.
Et un quatrième [type de transmetteur] : il n’a pas menti contre Dieu ni contre Son messager ; il a en horreur le mensonge, par crainte de Dieu et par vénération du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa Famille) ; il ne s’est pas trompé, mais il a conservé exactement ce qu’il avait entendu, et l’a rapporté tel qu’il l’avait entendu, sans y rien ajouter ni en rien retrancher ; il a retenu le verset abrogeant (nāsikh) et a agi par lui, il a retenu le verset abrogé (mansūkh) et s’en est écarté ; il a connu le particulier (khāṣṣ) et le général (ʿāmm), le clair (muḥkam) et l’ambigu (mutashābih) ; et il a remis chaque chose à sa juste place.
وَقَدْ كَانَ يَكُونُ مِنْ رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) الْكَلاَمُ لَهُ وَجْهَانِ: فَكَلاَمٌ خَاصٌّ، وَكَلاَمٌ عَامٌّ، فَيَسْمَعُهُ مَنْ لاَ يَعْرِفُ مَا عَنَى اللهُ بِهِ، وَلاَ مَا عَنَى بِهِ رَسُولُ اللهِ (صلى الله عليه وآله) فَيَحْمِلُهُ السَّامِعُ، وَيُوَجِّهُهُ عَلَى غَيْرِ مَعْرِفَة بِمَعْنَاهُ، وَمَا قُصِدَ بِهِ، وَمَا خَرَجَ مِنْ أَجْلِهِ،
Or il arrivait que la parole du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) eût deux aspects : une parole spécifique et une parole générale. Alors celui qui ignore ce que Dieu a voulu par elle et ce que le Messager de Dieu a voulu par elle l'entend ; il la saisit et l'oriente sans connaître son sens véritable, ce qui a été visé par elle et dans quel but elle a été proférée.
وَلَيْسَ كُلُّ أَصْحَابِ رَسُولِ اللهِ (صلى الله عليه وآله) مَنْ كَانَ يَسْأَلُهُ وَيَسْتَفْهِمُهُ، حَتَّى إِنْ كَانُوا لَيُحِبُّونَ أَنْ يَجِيءَ الاْعْرَابِيُّ أَوْ الطَّارِىءُ، فَيَسَأَلَهُ (عليه السلام) حَتَّى يَسْمَعُوا، وَكَانَ لاَ يَمُرُّ بِي مِنْ ذلِكَ شَيْءٌ إِلاَّ سَأَلْتُ عَنْهُ وَحَفِظْتُهُ.
Or, tous les Compagnons de l’Envoyé de Dieu (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille) n’étaient pas de ceux qui l’interrogeaient et cherchaient à comprendre chez lui, au point qu’ils aimaient voir arriver un bédouin ou un nouveau venu, qui l’interrogeait (que la paix soit sur lui) afin qu’ils puissent entendre. Et il ne se passait rien de cela devant moi sans que je ne l’interroge à ce sujet et ne le retienne.
فَهذِهِ وَجُوهُ مَا عَلَيْهِ النَّاسُ فِي اخْتِلاَفِهِمْ، وَعِلَلِهِمْ فِي رِوَايَاتِهِمْ.
Voilà donc les aspects sur lesquels les gens se fondent dans leurs divergences, ainsi que leurs motivations dans leurs récits.