ومن خطبة له (عليه السلام) في الاستسقاء
Extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) concernant la prière pour la pluie (istisqāʾ).
Chapitre
ومن خطبة له (عليه السلام) في الاستسقاء
Extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) concernant la prière pour la pluie (istisqāʾ).
اللَّهُمَّ قَدِ انْصَاحَتْ جِبَالُنَا، وَاغْبَرَّتْ أَرْضُنَا، وَهَامَتْ دَوَابُّنَا، وَتَحَيَّرَتْ في مَرَابِضِهَا وَعَجَّتْ عَجِيجَ الثَّكَالَى عَلَى أَوْلاَدِهَا، وَمَلَّتِ التَّرَدُّدَ في مَرَاتِعِهَا، وَالحَنِينَ إِلَى مَوَارِدِهَا . اللَّهُمَّ فَارْحَمْ أَنِينَ الاْنَّةِ وَحَنِينَ الْحَانَّةِ اللَّهُمَّ فَارْحَمْ حَيْرَتَهَا فِي مَذَاهِبِهَا، وَأَنِينَهَا في مَوَالِجِهَا.
Ô Dieu ! Nos montagnes se sont fendues, notre terre est devenue grise, nos bêtes ont erré, égarées dans leurs enclos, et elles ont poussé des cris comme les cris des mères en deuil pour leurs enfants ; elles se sont lassées d’aller et venir dans leurs pâturages, et de gémir vers leurs abreuvoirs. Ô Dieu ! Aie pitié du gémissement de celle qui geint et du soupir de celle qui soupire. Ô Dieu ! Aie pitié de leur égarement dans leurs chemins, et de leur plainte dans leurs gîtes.
اللَّهُمَّ خَرَجْنَا إِلَيْكَ حِينَ اعْتَكَرَتْ عَلَيْنَا حَدَابِيرُ السِّنِينَ، وَأَخْلَفَتْنَا مَخَايِلُ الْجُودِ فَكُنْتَ الرَّجَاءَ لِلْمُبْتَئِسِ، وَالْبَلاَغَ لِلْمُلْتَمِسِ. نَدْعُوكَ حِينَ قَنَطَ الاْنَامُ، وَمُنِعَ الْغَمَامُ، وَهَلَكَ الْسَّوَامُ أَلاَّ تُؤَاخِذَنَا بَأَعْمَالِنَا، وَلاَ تَأْخُذَنَا بِذُنُوبِنَا، وَانْشُرْ عَلَيْنَا رَحْمَتَكَ بِالسَّحَابِ الْمُنْبَعِقِ وَالرَّبِيعِ الْمُغْدِقِ وَالنَّبَاتِ الْمُونِقِ سَحّاً وَابِلاً تُحْيِي بِهِ مَا قَدْ مَاتَ، وَتَرُدُّ بِهِ مَا قَدْ فَاتَ.
Ô Allah ! Nous sommes sortis vers Toi lorsque les années de sécheresse se sont succédé sur nous et que les signes de l'abondance nous ont fait défaut. Tu es donc l'espoir de l'affligé et le recours de celui qui implore. Nous T'invoquons alors que les créatures ont désespéré, que la pluie a été retenue et que les troupeaux ont péri : ne nous châtie pas pour nos œuvres, ne nous saisis pas pour nos péchés, et répands sur nous Ta miséricorde par des nuages débordants, un printemps généreux et une végétation luxuriante, une pluie abondante et torrentielle par laquelle Tu ranimes ce qui est mort et Tu fais revenir ce qui a disparu.
اللَّهُمَّ سُقْيَا مِنْكَ مُحْيِيَةً مُرْوِيَةً، تَامَّةً عَامَّةً، طَيِّبَةً مُبَارَكَةً، هَنِيئَةً مَرِيعَةً زَاكِياً نَبْتُهَا، ثَامِراًفَرْعُهَا، نَاضِراً وَرَقُهَا، تُنْعِشُ بِهَا الضَّعِيفَ مِنْ عِبَادِكَ، وَتُحْيِي بِهَا الْمَيِّتَ مِنْ بِلاَدِكَ.
Ô Dieu, une pluie venant de Toi, vivifiante et désaltérante, complète et universelle, bonne et bénie, agréable et abondante, dont la pousse est florissante, dont la ramure est fructueuse, dont le feuillage est verdoyant, par laquelle Tu ranimes le faible parmi Tes serviteurs, et par laquelle Tu rends la vie à ce qui est mort de Ton pays.
اللَّهُمَّ سُقْيَا مِنْكَ تُعْشِبُ بِهَا نِجَادُنَا وَتَجْرِي بِهَا وِهَادُنَا وَيُخْصِبُ بِهَا جَنَابُنَا وَتُقْبِلُ بِهَا ثِمَارُنَا، وَتَعِيشُ بِهَا مَوَاشِينَا، وَتَنْدَى بِهَا أَقَاصِينَا وَتَسْتَعِينُ بِهَا ضَوَاحِينَا مِنْ بَرَكَاتِكَ الْوَاسِعَةِ، وَعَطَايَاكَ الْجَزِيلَةِ، عَلَى بَرِيَّتِكَ الْمُرْمِلَةِ وَوَحْشِكَ الْمُهْمَلَةِ. وَأَنْزِلْ عَلَيْنَا سَمَاءً مُخْضِلَةً مِدْرَاراً هَاطِلَةً، يُدَافِعُ الْوَدْقُ مِنْهَا الْوَدْقَ، وَيَحْفِزُ الْقَطْرُ مِنْهَا الْقَطْرَ، غَيْرَ خُلَّبٍ بَرْقُهَا وَلاَ جَهَامٍ عَارِضُهَا وَلاَ قَزَعٍ رَبَابُهَا، وَلاَ شَفَّانٍ ذِهَابُهَا حَتَّى يُخْصِبَ لاِمْرَاعِهَا الْمجْدِبُونَ، وَيَحْيَا بِبَرَكَتِهَا المُسْنِتُونَ فَإِنَّكَ تُنْزِلُ الْغَيْثَ مِنْ بَعْدِ مَا قَنَطُوا، وَتَنْشُرُ رَحْمَتَكَ، وَأَنْتَ الْوَلِيُّ الْحَميدُ.
قال السيد الشريف: تفسير ما في هذه الخطبة من الغريب. قولُهُ عَلَيْهِ السَّلامُ: «انْصاحَتْ جِبالُنا» اَىْ تَشَقَّقَتْ مِنَ الْمُحُولِ، يُقالُ: «انْصاحَ الثَّوْبُ» اِذا انْشَقَّ. وَ يُقالُ اَيْضاً: «انْصاحَ النَّبْتُ» وَ «صاحَ وَ صَوَّحَ» اِذا جَفَّ وَيَبِسَ. كلّه بمعنىً.
Le Sayyid al-Sharīf a dit : Explication des termes rares contenus dans ce sermon. Sa parole — que la paix soit sur lui — : « Nos montagnes se sont fissurées » (inṣāḥat jibālunā), c'est-à-dire qu'elles se sont fendues à cause de la sécheresse. On dit : « La tunique s'est fissurée » (inṣāḥa al-thawb) lorsqu'elle se déchire. On dit également : « La plante s'est desséchée » (inṣāḥa al-nabt) et « ṣāḥa » ou « ṣawwaḥa » lorsqu'elle est sèche et flétrie. Tout cela a le même sens.
وَقَوْلُهُ: «وَ هامَتْ دَوابُّنا» اَىْ عَطِشَتْ، وَالْهُيامُ: الْعَطْشُ.
Et Sa parole : « Et nos montures ont eu soif (hāmat dawābbunā) », c'est-à-dire : elles ont eu soif (ʿaṭishat), et al-huyām (الْهُيَامُ) signifie la soif (al-ʿaṭash).
وَ قَوْلُهُ: «حَدابيرُ السِّنينَ» جَمْعُ «حِدْبار» وَ هِىَ النّاقَةُ الَّتى اَنْضاها السَّيْرُ، فَشَبَّهَ بِهَا السَّنَةَ الَّتى فَشا فيها الْجَدْبُ. قالَ ذُوالرُّمَّةِ: حَدَابِيرُ ما تَنْفَكُّ إلاّ مُنَاخَةً *** عَلى الخَسْفِ أوْ نَرْمِي بِهَا بَلَدَاً قَفْرَا
Et Sa parole : « ḥadābīru s-sinīn » (les chamelles épuisées des années de sécheresse) est le pluriel de « ḥidbār », qui est la chamelle que la marche a exténuée. Il a donc comparé à elle l’année où la sécheresse s’est répandue. Dhū r-Rumma a dit : « Des chamelles épuisées qui ne cessent d’être accroupies — / dans l’humiliation — ou nous les lançons vers une contrée désertique. »
وَ قَوْلُهُ: «وَلا قَزَع رَبابُها» الْقَزَعُ: الْقِطَعُ الصِّغارُ الْمُتَفَرِّقَةُ مِنَ السَّحابِ.
Et Sa parole : « Et il n'y a pas de nuages épars (qazaʿ) ni de nuages cumuliformes (rabāb) en elle. » Al-qazaʿ : ce sont les petites portions dispersées des nuages.
وَ قَوْلُهُ: «وَلا شَفّان ذِهابُها» فَاِنَّ تَقْديرَهُ وَلا ذاتِ شَفّان ذِهابُها. وَالشَّفّانُ: الرَّيحُ الْبارِدَةُ، وَالذِّهابُ: الاْمْطارُ اللَّيِّنَةُ. فَحَذَفَ «ذاتَ» لِعِلْمِ السّامِعِ بِهِ.
Et Sa parole : « Ni un vent glacial, ses pluies fines. » Car sa construction sous-entendue est : « ni ayant un vent glacial, ses pluies fines. » Al-shaffān est le vent froid, et al-dhihāb sont les pluies fines et douces. On a donc supprimé « dhāt » (ayant) parce que l'auditeur le sait.
Ô Dieu, une pluie de Ta part par laquelle nos hautes terres verdissent, par laquelle nos vallées coulent, par laquelle notre région devient fertile, par laquelle nos fruits mûrissent, par laquelle nos troupeaux vivent, par laquelle nos confins s'humidifient et par laquelle nos plaines ouvertes trouvent secours, parmi Tes bénédictions vastes et Tes dons abondants, sur Ta créature indigente et Tes bêtes sauvages laissées à l'abandon. Et fais descendre sur nous un ciel abondamment arrosant, d'une pluie torrentielle continue, dont les gouttes se pressent les unes contre les autres et dont les averses se succèdent — dont l'éclair n'est pas trompeur, ni le nuage sans eau, ni les lambeaux de nuage sans pluie fertile, ni les nuées dispersées —, jusqu'à ce que, par ses pâturages, les affamés deviennent prospères et que, par sa bénédiction, ceux qui souffrent de sécheresse retrouvent vie. Car Toi seul fais descendre la pluie après qu'ils ont désespéré, et Tu répands Ta miséricorde. Tu es le Protecteur, le Digne de louange.