ومن كتاب له (عليه السلام) كتبه لشريح بن الحارث قاضيه
Et parmi les lettres qu'il (que la paix soit sur lui) a écrites à Shuraḥ ibn al-Ḥārith, son juge
Chapitre
ومن كتاب له (عليه السلام) كتبه لشريح بن الحارث قاضيه
Et parmi les lettres qu'il (que la paix soit sur lui) a écrites à Shuraḥ ibn al-Ḥārith, son juge
وَرُوِيَ أَنَّ شُرَيْحَ بْنَ الْحَارِثِ قَاضِيَ أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ (عليه السلام) اشْتَرَى عَلَى عَهْدِهِ دَاراً بِثَمَانِينَ دِينَاراً، فَبَلَغَهُ ذَلِكَ، فَاسْتَدْعَاهُ، وَقَالَ لَهُ :
IsnādIl est rapporté que
Shurayḥ ibn al-Ḥārith, le juge (qāḍī) d'Amīr al-Mu'minīn (que la paix soit sur lui), acheta sous son califat une maison pour quatre-vingts dinars. La nouvelle lui parvint, il le convoqua et lui dit
بَلَغَنِي أَنَّكَ ابْتَعْتَ دَاراً بِثَمانِينَ دِينَاراً، وَكَتَبْتَ لَهَا كِتَاباً، وَأَشْهَدْتَ فِيهِ شُهُوداً؟
Il m'est parvenu que tu as acheté une maison pour quatre-vingts dinars, que tu en as rédigé un acte (écrit) et que tu y as fait témoigner des témoins ?
فَقَالَ لَهُ شُرَيْحٌ : قَدْ كَانَ ذَلِكَ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ، قَالَ: فَنَظَرَ إِلَيْهِ نَظَرَ مُغْضَبٍ، ثُمَّ قَالَ لَهُ :
Alors Shurayḥ lui dit : « Cela a eu lieu, ô Commandeur des croyants. » (Le narrateur) dit : Il (l’Imam) le regarda d’un regard de colère, puis lui dit :
يَا شُرَيْحُ، أَمَا إِنَّهُ سَيَأْتِيكَ مَنْ لَا يَنْظُرُ فِي كِتَابِكَ، وَلَا يَسْأَلُكَ عَنْ بَيِّنَتِكَ، حَتَّى يُخْرِجَكَ مِنْهَا شَاخِصاً، وَيُسْلِمَكَ إلَى قَبْرِكَ خَالِصاً.
Ô Shurayḥ, sache qu'il viendra à toi quelqu'un qui ne regardera pas ton livre, ne t'interrogera pas sur ta preuve, jusqu'à te faire sortir d'ici (de ce monde) en te faisant disparaître, et te livrer à ta tombe dépouillé de tout.
فَانْظُرْ يَا شُرَيْحُ لَا تَكُونُ ابْتَعْتَ هذِهِ الدَّارَ مِنْ غَيْرِ مَالِكَ، أَوْ نَقَدْتَ الَّثمَنَ مِنْ غَيْرِ حَلاَلِكَ! فَإِذَا أَنْتَ قدْ خَسِرْتَ دَارَ الدُّنْيَا وَدَارَ الْآخِرَةِ! أَمَا إِنَّكَ لَوْ كُنْتَ أَتَيْتَنِي عِنْدَ شِرَائِكَ مَا اشْتَرَيْتَ لَكَتَبْتُ لَكَ كِتاباً عَلَى هذِهِ النُّسْخَةِ، فَلَمْ تَرْغَبْ فِي شِرَاءِ هذِهِ الدَّارِ بِدِرْهَم فَمَا فَوْقُ. وَالنُّسْخَةُ هَذِه :
« Veille donc, ô Shurayḥ, à ne pas avoir acheté cette maison sans qu'elle ne soit de son propriétaire légitime, et à ne pas avoir payé le prix avec de l'argent illicite ! Car alors, tu auras perdu la demeure d'ici-bas et la demeure de l'au-delà ! Sache que si tu étais venu à moi au moment de ton achat, je t'aurais rédigé un acte selon ce modèle, et tu n'aurais plus convoité l'achat de cette maison pour un dirham ou plus. Et voici ce modèle : »
هذَا مَا اشْتَرَى عَبْدٌ ذَلِيلٌ، مِنْ مَيِّت قَدْ أُزْعِجَ لِلرحِيلِ، اشْتَرَى مِنْهُ دَاراً مِنْ دَارِ الْغُرُورِ، مِنْ جَانِبِ الْفَانِينَ، وَخِطَّةِ الْهَالِكِينَ، وَتَجْمَعُ هذِهِ الدَّارَ حُدُودٌ أَرْبَعَةٌ:
Voici ce qu’achète un serviteur humilié à un mort qui a été troublé pour le départ. Il achète de lui une demeure de la Demeure de la Tromperie (Dār al-Ghurūr), du côté de ceux qui périssent et du territoire de ceux qui sont anéantis. Et cette demeure est délimitée par quatre limites :
الْحَدُّ الْأَوَّلُ يَنْتَهِي إِلَى دَوَاعِي الْآفَاتِ، وَالْحَدُّ الثَّانِي يَنْتَهِي إِلَى دَوَاعِي الْمُصِيباتِ، وَالْحَدُّ الثَّالِثُ يَنْتَهِي إلَى الْهَوَى الْمُرْدِي، وَالْحَدُّ الرَّابِعُ يَنْتَهِي إِلَى الشَّيْطَانِ الْمُغْوِي، وَفِيهِ يُشْرَعُ بَابُ هذِهِ الدَّارِ.
La première limite aboutit aux causes des fléaux ; la seconde limite aboutit aux causes des malheurs ; la troisième limite aboutit à la passion qui perd ; la quatrième limite aboutit à Satan le séducteur. C’est par cette dernière que s’ouvre la porte de cette demeure.
اشْتَرَى هذَا الْمُغْتَرُّ بِالْأَمَلِ، مِنْ هذَا الْمُزْعَجِ بِالْأَجَلِ، هذِهِ الدَّارَ بِالْخُرُوجِ مِنْ عِزِّ الْقَنَاعَةِ، وَالدُّخُولِ فِي ذُلِّ الطَّلَبِ وَالضَّرَاعَةِ، فَمَا أَدْرَكَ هذَا الْمُشْتَرِي فِيَما اشْتَرَى مِنْهُ مِنْ دَرَك، فَعَلَى مُبَلْبِلِ أَجْسَامِ الْمُلُوكِ، وسَالِبِ نُفُوسِ الْجَبَابِرَةِ، وَمُزِيلِ مُلْكِ الْفَراعِنَةِ، مِثْلِ كِسْرَى وَقَيْصَرَ، وَتُبَّع وَحِمْيَرَ، وَمَنْ جَمَعَ الْمَالَ عَلَى الْمَالِ فَأَكْثَرَ، وَمَنْ بَنَى وَشَيَّدَ، وَزَخْرَفَ وَنَجَّدَ، وَادَّخَرَ واعْتَقَدَ، وَنَظَرَ بِزَعْمِهِ لِلْوَلَدِ، إِشْخَاصُهُمْ جَمِيعاً إِلَى مَوْقِفِ الْعَرْضِ وَالْحِسَابِ، وَمَوْضِعِ الثَّوَابِ وَالْعِقَابِ، إذَا وَقَعَ الْأَمْرُ بِفَصْلِ الْقَضَاءِ، ﴿وَخَسِرَ هُنَالِكَ الْمُبْطِلُونَ﴾
شَهِدَ عَلَى ذلِكَ الْعَقْلُ إِذَا خَرَجَ مِنْ أَسْرِ الْهَوَى، وَسَلِمَ مِنْ عَلاَئِقِ الدُّنْيَا.
L'intellect (al-ʿaql) en témoigne, lorsqu'il sort de la captivité de la passion (al-hawā) et qu'il est préservé des attaches du monde d'ici-bas (ad-dunyā).
Cet homme abusé par l'espoir a acheté — à cet homme tourmenté par le terme (la mort inéluctable) — cette demeure [d'ici-bas] en échange de la sortie de la noblesse du contentement (qanāʿa, suffisance morale) et de l'entrée dans l'humilité de la quête et de l'imploration. Or, tout dommage (darak) que cet acheteur aura subi dans ce qu'il a acquis [repose] sur Celui qui bouleverse les corps des rois, qui ôte les âmes des tyrans, et qui fait disparaître la royauté des pharaons — tels que Kisrā (Chosroès) et Qaysar (César), Tubbaʿ et Himyar, et quiconque a accumulé richesse sur richesse en abondance, a construit et édifié, a orné et décoré, a amassé et thésaurisé, et a prétendu pourvoir à ses enfants — : leur rassemblement à tous dans le lieu de l'exposition [des œuvres] et du Jugement, et dans la station de la rétribution et du châtiment, lorsque l'Ordre se réalisera par la Sentence décisive. « Et c'est là que les fauteurs de mensonge seront perdus » (Coran 40:78).