Il dit : J'étais avec Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) en séjour (mujāwir) à La Mecque. Il me dit : « Ô Ismāʿīl, sors jusqu'à arriver à Marr ou ʿAsfān, et demande s'il s'est produit un événement à Médine. » Il dit : Je sortis donc jusqu'à Marr mais n'y rencontrai personne. Puis je poursuivis jusqu'à ʿAsfān sans y rencontrer personne. Je partis de ʿAsfān et, en en sortant, rencontrai une caravane transportant de l'huile depuis ʿAsfān. Je leur demandai : « S'est-il produit un événement à Médine ? » Ils répondirent : « Non, si ce n'est le meurtre de cet homme d'Irak qu'on appelle al-Muʿallā ibn Khunays. » Il dit : Je revins alors vers Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui). Lorsqu'il me vit, il me dit : « Ô Ismāʿīl, al-Muʿallā ibn Khunays a été tué. » Je répondis : « Oui. » Il dit : Il dit alors : « Eh bien, par Dieu, il est entré au Paradis. »
[2/262] رجال الكشي: ابن أبي نجران، عن حمّاد الناب، عن المسمعى قال: لما أخذ داود بن علي المعلّى بن خنيس حبسه، وأراد قتله، فقال له معلّى بن خنيس: أخرجني إلى الناس، فإنّ لي ديناً كثيراً ومالاً، حتى أشهد بذلك، فأخرجه إلى السوق فلما اجتمع الناس، قال: ياأيها الناس أنا معلّى بن خنيس فمن عرفني فقد عرفنى، اشهدوا أنّ ما تركت من مال، من عين، أو دين، أو أمة، أو عبد، أو دار، أو قليل، أو كثير، فهو لجعفر بن محمد عليه السلام، قال: فشدّ عليه صاحب شرطة داود فقتله. قال: فلما بلغ ذلك أبا عبد اللّه عليه السلام خرج يجرّ ذيله حتى دخل على داود بن على، وإسماعيل ابنه خلفه، فقال: ياداود قتلت مولاي وأخذت مالى. فقال: ما أنا قتلته ولا أخذت مالك. فقال: واللّه لادعون اللّه على من قتل مولاي وأخذ مالى. قال: ما قتلته ولكن قتله صاحب شرطتى. فقال: بإذنك أو بغير أذنك. قال: بغير إذني. فقال: ياإسماعيل شأنك به. قال: فخرج إسماعيل والسيف معه حتى قتله في مجلسه حماد، عن المسمعي، عن معتب قال: فلم يزل أبو عبد الله عليه السلام ليلته ساجدا و قائما، قال: فسمعته في آخر الليل و هو ساجد ينادي: اللهم إني أسألك بقوتك القوية و بمحالك الشديد و بعزتك التي خلقك لها ذليل أن تصلي على محمد و آل محمد و أن تأخذه الساعة، قال: فو الله ما رفع رأسه من سجوده حتى سمعنا الصائحة فقالوا: مات داود بن علي فقال أبو عبد الله عليه السلام: إني دعوت الله عليه بدعوة بعث الله إليه ملكا فضرب رأسه بمرزبة انشقت منها مثانته
Lorsque Dāwūd b. ʿAlī arrêta al-Muʿallā b. Khunays et l'emprisonna, voulant le tuer, al-Muʿallā b. Khunays lui dit : « Fais-moi sortir devant les gens, car j'ai de nombreuses dettes et des biens, afin que je puisse en témoigner. » Il le fit donc sortir au marché. Lorsque les gens se rassemblèrent, il dit : « Ô gens, je suis al-Muʿallā b. Khunays. Que celui qui me connaît sache que je vous prends à témoins que tout ce que je laisse comme biens — en numéraire, en créances, en servante, en esclave, en maison, peu ou beaucoup — revient à Jaʿfar b. Muḥammad (que la paix soit sur lui). » Il dit : Alors le chef de la police de Dāwūd se jeta sur lui et le tua. Il dit : Lorsque Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) apprit cela, il sortit en traînant son vêtement jusqu'à ce qu'il entre chez Dāwūd b. ʿAlī, avec son fils Ismāʿīl derrière lui. Il dit : « Ô Dāwūd, tu as tué mon client (mawlā) et pris mes biens. » Il répondit : « Ce n'est pas moi qui l'ai tué, ni pris tes biens. » Il dit : « Par Dieu, j'invoquerai Dieu contre quiconque a tué mon client et pris mes biens. » Il dit : « Je ne l'ai pas tué, mais c'est mon chef de police qui l'a tué. » Il dit : « Avec ta permission ou sans ta permission ? » Il dit : « Sans ma permission. » Il dit : « Ô Ismāʿīl, occupe-toi de lui. » Il dit : Alors Ismāʿīl sortit, l'épée avec lui, et le tua dans son assemblée. Ḥammād, d'après al-Musmaʿī, d'après Muʿattib, dit : Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) passa sa nuit en prosternation et en station debout. Il dit : Je l'entendis à la fin de la nuit, prosterné, qui s'écriait : « Ô mon Dieu, je Te demande par Ta force puissante, par Ta ruse redoutable et par Ta puissance devant laquelle Tes créatures sont humbles, de prier sur Muḥammad et sur la famille de Muḥammad et de le saisir à l'instant même. » Il dit : Par Dieu, il n'avait pas relevé la tête de sa prosternation que nous entendîmes les cris, et on dit : « Dāwūd b. ʿAlī est mort. » Alors Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) dit : « J'ai invoqué Dieu contre lui par une invocation ; Dieu envoya un ange qui frappa sa tête avec une massue (mirzabba), si bien que sa vessie en fut déchirée. »
Abū Isḥāq (al-Imam al-Ṣādiq, que la paix soit sur lui) arriva de La Mecque. On évoqua devant lui le meurtre d'al-Muʿallā ibn Khunays. Il se leva en colère, traînant son vêtement. Son fils Ismāʿīl lui dit : « Ô mon père, où vas-tu ? » Il répondit : « Si une calamité était arrivée, je m'y serais précipité. » Il alla jusqu'à entrer chez Dāwūd ibn ʿAlī et lui dit : « Ô Dāwūd, tu as commis un péché qu'Allah ne te pardonnera pas. » Il demanda : « Quel est ce péché ? » Il répondit : « Tu as tué un homme qui fait partie des gens du Paradis. » Puis il s'attarda un moment et dit : « Si Allah le veut. » Alors Dāwūd lui dit : « Et toi, tu as commis un péché qu'Allah ne te pardonnera pas. » Il demanda : « Quel est ce péché ? » Il répondit : « Tu as marié ta fille à Untel, l'Umayyade. » Il (l'Imam) répondit : « Si j'ai marié ta fille à Untel l'Umayyade, le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui et sa famille) a bien marié ʿUthmān, et j'ai dans le Messager d'Allah un exemple à suivre. » Dāwūd dit : « Ce n'est pas moi qui l'ai tué. » Il demanda : « Qui donc l'a tué ? » Il répondit : « C'est al-Sayrafī qui l'a tué. » Il dit : « Fais-nous justice en le punissant. » Le lendemain, (l'Imam) se rendit chez al-Sayrafī, le prit et le tua. Il se mit alors à crier : « Ô serviteurs d'Allah, ils m'ordonnent de tuer des gens pour eux, puis ils me tuent ! »