Il dit : J'entrai chez Abū ʿAbd Allāh (l'Imam Jaʿfar al-Ṣādiq — que la paix soit sur lui). Il me dit : « Si tu étais venu un peu plus tôt, tu aurais rencontré Ḥayyān al-Sarrāj. » Puis il montra un endroit dans la pièce et dit : « Il était assis ici. » Il évoqua Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya, parla de sa vie, se mit à le louer et à faire son éloge. Je lui dis : « Ô Ḥayyān, n'affirmes-tu pas, comme ils affirment, ne rapportes-tu pas, comme ils rapportent, qu'il n'est rien arrivé aux Enfants d'Israël qui n'ait son équivalent dans cette Communauté ? » Il répondit : « Si. » Je dis alors : « Avons-nous vu, ou vous-mêmes, avons-nous entendu dire, ou vous-mêmes, qu'un savant soit mort sous les yeux des gens, que ses épouses aient été épousées et ses biens partagés, alors qu'il était vivant et ne mourait pas ? » Il se leva et ne me répondit rien.
Il a dit : Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) a dit : Un cousin germain vint me voir, me demandant de permettre à Ḥayyān al-Sarrāj [de me rencontrer]. Je le lui permis. Il me dit : « Ô Abā ʿAbd Allāh, je veux te demander quelque chose que je sais bien, mais j'aime te le demander. Informe-moi : ton oncle Muḥammad ibn ʿAlī est-il mort ? » dit-il. Je répondis : « Mon père m'a rapporté qu'il se trouvait dans l'une de ses propriétés. On vint lui dire : “Rejoins ton oncle !” Il s'y rendit ; une syncope l'avait frappé puis il reprit conscience. Il me dit : “Retourne à ta propriété.” Je refusai. Il dit : “Tu dois retourner !” Je partis donc. Je n'étais pas encore arrivé à la propriété qu'on vint me dire : “Rejoins-le !” Je le rejoignis et le trouvai la langue paralysée. Il demanda un bassin et se mit à écrire son testament. Je ne le quittai pas avant de lui avoir fermé les yeux, de l'avoir lavé, enveloppé dans son linceul, prié sur lui et enterré. Si cela s'appelle mourir, alors par Dieu, il est mort. » Il dit : [Abū ʿAbd Allāh] me dit alors : « Que Dieu te fasse miséricorde ! Il y a eu ambiguïté pour ton père. » Je dis : « Gloire à Dieu ! Tu te fermes le cœur [à la vérité]. » Il me dit : « Qu'est-ce que se fermer le cœur ? » Je dis : « Le mensonge. »