Il dit : J'ai discuté avec un homme de la tribu de Makhzūm à Médine au sujet de l'imamat (autorité spirituelle et temporelle). Il dit : « Qui est l'imam aujourd'hui ? » Je répondis : « Jaʿfar ibn Muḥammad. » Il dit alors : « Par Dieu, je vais le lui dire ! » Hishām dit : Cela m'affligea d'une tristesse intense, craignant qu'Abū ʿAbd Allāh (l'Imam al-Ṣādiq, paix sur lui) ne me maudisse ou ne se désolidarise de moi. Il dit : L'homme de Makhzūm vint le trouver, entra chez lui, et la conversation s'engagea. Il lui rapporta les propos de Hishām. Alors Abū ʿAbd Allāh (paix sur lui) dit : « N'as-tu donc pas considéré sa parole ? Nous sommes dignes de cela. » L'homme resta sans savoir quoi dire, déconcerté. Hishām reçut la parole d'Abū ʿAbd Allāh (paix sur lui), s'en réjouit, et sa peine se dissipa.
Il dit : Nous étions à Médine après la mort d'Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) — moi et Muḥammad ibn al-Nuʿmān Ṣāḥib al-Ṭāq — et les gens s'étaient rassemblés chez ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar, pensant qu'il était le détenteur de l'autorité (amr) après son père. Nous entrâmes chez lui alors que les gens étaient présents, et nous l'interrogeâmes au sujet de l'aumône légale (zakāt) : « À partir de quel montant est-elle obligatoire ? » Il répondit : « Pour deux cents dirhams, cinq dirhams. » Nous dîmes : « Et pour cent dirhams ? » Il répondit : « Deux dirhams et demi. » Nous dîmes : « Par Dieu, les Murji'ites ne disent pas cela ! » Il répliqua : « Par Dieu, je ne sais pas ce que disent les Murji'ites. » Il dit : Alors nous sortîmes égarés, ne sachant vers quoi nous tourner — moi et Abū Jaʿfar al-Aḥwal. Nous nous assîmes dans une ruelle de Médine, la tête baissée, ne sachant où aller ni vers qui nous diriger, en disant : « Vers les Murji'ites ? Vers les Qadarites ? Vers les Muʿtazilites ? Vers les Zaydites ? » Alors que nous étions ainsi, je vis un homme âgé que je ne connaissais pas me faire signe de la main. Je craignis qu'il ne soit un agent d'Abū Jaʿfar al-Manṣūr — car celui-ci avait des espions à Médine surveillant ceux vers qui les gens se rassemblaient après Jaʿfar, afin qu'ils soient arrêtés et décapités. Je redoutai donc qu'il ne soit l'un d'eux et dis à al-Aḥwal : « Éloigne-toi, car je crains pour ma vie et pour la tienne. C'est moi qu'il veut, pas toi. Éloigne-toi de moi, que tu ne périsses et ne deviennes une charge pour toi-même. » Il s'écarta au loin, et je suivis le vieillard, pensant que je ne pourrais lui échapper. Je continuai à le suivre, résigné à la mort, jusqu'à ce qu'il me conduise à la porte d'Abū al-Ḥasan Mūsā (que la paix soit sur lui). Puis il me laissa et s'en alla. Voilà qu'un serviteur se tenait à la porte et me dit : « Entre, que Dieu te fasse miséricorde ! » J'entrai et trouvai Abū al-Ḥasan Mūsā (que la paix soit sur lui), qui me dit, sans que je parle le premier : « Vers moi, vers moi ! Pas vers les Murji'ites, ni vers les Qadarites, ni vers les Muʿtazilites, ni vers les Zaydites, ni vers les Kharijites. » Je dis : « Que je sois rançon pour toi ! Ton père est-il mort ? » Il dit : « Oui. » Je dis : « Mort de cause naturelle ? » Il dit : « Oui. » Je dis : « Qui donc est pour nous après lui ? » Il dit : « Si Dieu Très-Haut veut te guider, Il te guidera. » Je dis : « Que je sois rançon pour toi ! ʿAbd Allāh, ton frère, prétend être l'imam après son père. » Il dit : « ʿAbd Allāh veut ne pas adorer Dieu. » Je dis : « Que je sois rançon pour toi ! Qui donc est pour nous après lui ? » Il dit : « Si Dieu veut te guider, Il te guidera. » Je dis : « Que je sois rançon pour toi ! Est-ce toi ? » Il dit : « Je ne dis pas cela. » Il dit : Alors je me dis en moi-même : je n'ai pas trouvé la bonne manière de poser la question. Puis je lui dis : « Que je sois rançon pour toi ! As-tu un imam au-dessus de toi ? » Il dit : « Non. » Alors une crainte m'envahit, telle que Dieu seul la connaît, par vénération et par crainte révérencielle envers lui. Puis je lui dis : « Que je sois rançon pour toi ! Puis-je t'interroger comme j'interrogeais ton père ? » Il dit : « Interroge : on te répondra, mais ne divulgue pas ; car si tu divulguais, ce serait l'égorgement. » Je l'interrogeai et le trouvai (comme) une mer inépuisable. Je dis : « Que je sois rançon pour toi ! Les partisans de ton père sont égarés. Si je leur transmettais cette affaire et les appelais à toi, alors que tu m'as imposé la discrétion ? » Il dit : « Celui parmi eux en qui tu perçois de la droiture, transmets-lui (l'affaire) et impose-lui la discrétion ; car s'il divulgue, ce sera l'égorgement. » Et il fit signe de la main vers sa gorge. Il dit : Je sortis de chez lui et rencontrai Abū Jaʿfar al-Aḥwal, qui me dit : « Qu'as-tu derrière toi ? » Je répondis : « La guidance ! » et je lui racontai l'histoire. Puis nous rencontrâmes Zurāra et Abū Baṣīr ; ils entrèrent chez lui, entendirent ses paroles, l'interrogèrent et en eurent la certitude. Puis nous rencontrâmes les gens par groupes ; et quiconque entrait chez lui obtenait la certitude, sauf le groupe de ʿAmmār al-Sābāṭī. Quant à ʿAbd Allāh, il ne resta que peu de gens qui entraient chez lui.