IsnādMuhammad b. ʿAbd Allāh et Muhammad b. Yaḥyā, tous deux d’après ʿAbd Allāh b. Jaʿfar al-Ḥimyarī, qui a dit : Moi et le shaykh Abū ʿAmr – que Dieu lui fasse miséricorde – nous étions réunis chez Aḥmad b. Isḥāq. Aḥmad b. Isḥāq me fit un signe pour que je l’interroge au sujet du successeur (al-khalaf). Je lui dis : Ô Abā ʿAmr, je veux te poser une question… Abū ʿAlī Aḥmad b. Isḥāq m’a informé, d’après Abū l-Ḥasan (ʿalayhi al-salām), qu’il l’avait interrogé en ces termes : « Avec qui traiter ? De qui prendre ? La parole de qui suivre ? » Il lui répondit : « Al-ʿAmrī est mon homme de confiance. Ce qu’il te transmet de ma part, c’est de moi qu’il le transmet ; ce qu’il te dit en mon nom, c’est en mon nom qu’il le dit. Écoute-le et obéis-lui ; car il est l’homme de confiance, le digne de foi. » Abū ʿAlī m’a aussi informé qu’il avait posé la même question à Abū Muhammad (ʿalayhi al-salām), qui lui répondit : « Al-ʿAmrī et son fils sont tous deux dignes de confiance. Ce qu’ils te transmettent de ma part, c’est de moi qu’ils le transmettent ; ce qu’ils te disent en mon nom, c’est en mon nom qu’ils le disent. Écoute-les et obéis-leur ; car ils sont les deux hommes de confiance, les dignes de foi. » Telle est donc la parole de deux Imams à ton sujet, qui ont déjà disparu. » [Le narrateur poursuit :] Abū ʿAmr tomba alors prosterné en pleurant, puis dit : « Demande ce dont tu as besoin. » Je dis : « As-tu vu toi-même le successeur après Abū Muhammad (ʿalayhi al-salām) ? » Il répondit : « Oui, par Dieu, et son cou est comme ceci » – et il fit un geste de la main. Je lui dis : « Il ne reste qu’une chose. » Il dit : « Dis-la. » Je dis : « Le nom. » Il répondit : « Il vous est interdit de vous enquérir de cela. Et je ne dis pas cela de mon propre chef – il ne m’appartient ni de déclarer licite ni de déclarer illicite – mais de sa part (ʿalayhi al-salām). Car l’affaire, aux yeux du sultan, est qu’Abū Muhammad soit mort sans avoir laissé de fils ; son héritage a été partagé, et ceux qui n’y ont aucun droit l’ont pris. Et voici que sa parenté erre çà et là. Personne n’ose les approcher ni leur offrir quoi que ce soit. Si le nom vient à être divulgué, la recherche s’ensuivra. Craignez Dieu donc, et retenez-vous. » Al-Kulaynī (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : Un shaykh parmi nos compagnons – dont le nom m’a échappé – m’a rapporté qu’Abū ʿAmr interrogea Aḥmad b. Isḥāq à ce sujet et qu’il reçut la même réponse.