Chapitre
حدثنا أبي - رحمه الله - قال: حدثنا سعد بن عبد الله، عن أحمد بن أبي عبد الله، عن أبيه في حديث مرفوع إلى النبي صلى الله عليه وآله قال: جاء جبرئيل عليه السلام إلى النبي صلى الله عليه وآله فقال: يا رسول الله إن الله تبارك وتعالى أرسلني إليك بهدية لم يعطها أحدا قبلك، قال رسول الله صلى الله عليه وآله: قلت: وما هي؟ قال: الصبر وأحسن منه، قلت: وما هو؟ قال: الرضا و أحسن منه، قلت: وما هو؟ قال: الزهد وأحسن منه، قلت: وما هو؟ قال: الاخلاص و أحسن منه، قلت: وما هو؟ قال: اليقين وأحسن منه، قلت: وما هو يا جبرئيل؟ قال: إن مدرجة ذلك التوكل على الله عز وجل، فقلت: وما التوكل على الله عز وجل؟ فقال: العلم بأن المخلوق لا يضر ولا ينفع ولا يعطي ولا يمنع، واستعمال اليأس من الخلق، فإذا كان العبد كذلك لم يعمل لأحد سوى الله ولم يرج ولم يخف سوى الله ولم يطمع في أحد سوى الله فهذا هو التوكل، قال: قلت: يا جبرئيل فما تفسير الصبر؟ قال: تصبر في الضراء كما تصبر في السراء، وفي الفاقة كما تصبر في الغناء،، وفي البلاء كما تصبر في العافية، فلا يشكو حاله عن المخلوق بما يصيبه من البلاء، قلت: وما تفسير القناعة؟ قال: يقنع بما يصيب من الدنيا، يقنع بالقليل ويشكر اليسير. قلت: فما تفسير الرضا؟ قال: الراضي لا يسخط على سيده أصاب من الدنيا أو لم يصب، ولا يرضى لنفسه باليسير من العمل. قلت: يا جبرئيل فما تفسير الزهد؟ قال: الزاهد يحب من يحب خالقه ويبغض من يبغض خالقه ويتحرج من حلال الدنيا ولا يلتفت إلى حرامها فإن حلالها حساب وحرامها عقاب ويرحم جميع المسلمين كما يرحم نفسه، ويتحرج من الكلام كما يتحرج من الميتة التي قد اشتد نتنها، ويتحرج عن حطام الدنيا وزينتها كما يتجنب النار أن تغشاه، وأن يقصر أمله، وكان بين عينيه أجله، قلت: يا جبرئيل فما تفسير الاخلاص؟ قال: المخلص الذي لا يسأل الناس شيئا حتى يجد، وإذا وجد رضي، وإذا بقي عنده شئ أعطاه في الله، فإن من لم يسأل المخلوق فقد أقر لله عز وجل بالعبودية وإذا وجد فرضي فهو عن الله راض والله تبارك وتعالى عنه راض، وإذا أعطى لله عز وجل فهو على حد الثقة بربه عز وجل، قلت: فما تفسير اليقين؟ قال: الموقن يعمل لله كأنه يراه فإن لم يكن يرى الله فإن الله يراه وأن يعلم يقينا أن ما أصابه لم يكن ليخطئه وأن ما أخطأه لم يكن ليصيبه وهذا كله أغصان التوكل ومدرجة الزهد.
IsnādNotre père - que Dieu lui fasse miséricorde - nous a rapporté : Sa'd ibn 'Abd Allah nous a rapporté, d'après Ahmad ibn Abī 'Abd Allāh, d'après son père, dans un hadith remontant au Prophète (que Dieu prie sur lui et sa famille) qui a dit :
Gabriel (que la paix soit sur lui) vint auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et sa famille) et dit : « Ô Messager de Dieu, Dieu — béni et exalté soit-Il — m'a envoyé vers toi avec un don qu'Il n'a accordé à personne avant toi. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) dit : « Je dis : Qu'est-ce donc ? » Il répondit : « La patience (ṣabr) et ce qui est meilleur qu'elle. » Je dis : « Qu'est-ce donc ? » Il répondit : « La satisfaction (riḍā) et ce qui est meilleur qu'elle. » Je dis : « Qu'est-ce donc ? » Il répondit : « Le détachement (zuhd) et ce qui est meilleur que lui. » Je dis : « Qu'est-ce donc ? » Il répondit : « La sincérité (ikhlāṣ) et ce qui est meilleur qu'elle. » Je dis : « Qu'est-ce donc ? » Il répondit : « La certitude (yaqīn) et ce qui est meilleur qu'elle. » Je dis : « Qu'est-ce donc, ô Gabriel ? » Il dit : « Le degré qui mène à tout cela est l'abandon confiant en Dieu (tawakkul) — que Dieu soit exalté et magnifié. » Je dis : « Et qu'est-ce que l'abandon confiant en Dieu — que Dieu soit exalté et magnifié ? » Il répondit : « La science que la créature ne peut ni nuire ni profiter, ni donner ni priver ; et la pratique du désespoir à l'égard des créatures. Lorsque le serviteur est ainsi, il n'agit pour personne d'autre que Dieu, n'espère ni ne craint que Dieu, et ne convoite personne d'autre que Dieu. Voilà l'abandon confiant (tawakkul). » Il dit : Je dis : « Ô Gabriel, quelle est l'explication de la patience (ṣabr) ? » Il répondit : « Être patient dans l'adversité comme on est patient dans la prospérité ; dans l'indigence comme on est patient dans l'opulence ; dans l'épreuve comme on est patient dans la santé ; sans se plaindre de son état à une créature à cause de l'épreuve qui le frappe. » Je dis : « Et quelle est l'explication du contentement (qanāʿa) ? » Il répondit : « Se contenter de ce que l'on obtient de ce bas-monde, se contenter du peu et remercier pour le peu. » Je dis : « Quelle est l'explication de la satisfaction (riḍā) ? » Il répondit : « Celui qui est satisfait ne se fâche pas contre son Seigneur, qu'il obtienne ou non quelque chose de ce bas-monde ; et il n'agrée pas pour lui-même une œuvre insuffisante. » Je dis : « Ô Gabriel, quelle est l'explication du détachement (zuhd) ? » Il répondit : « Le détaché (zāhid) aime celui qui aime son Créateur et hait celui qui hait son Créateur ; il se tient à distance du licite (ḥalāl) de ce bas-monde et ne se tourne pas vers son illicite (ḥarām) — car son licite implique un compte et son illicite un châtiment ; il a compassion de tous les musulmans comme il a compassion de lui-même ; il s'abstient de parler comme il s'abstient de la charogne dont la puanteur est devenue intense ; il se détourne des biens éphémères et des ornements de ce bas-monde comme il évite le feu qui le couvrirait ; il raccourcit son espoir et a sa mort constamment présente devant les yeux. » Je dis : « Ô Gabriel, quelle est l'explication de la sincérité (ikhlāṣ) ? » Il répondit : « L'homme sincère (mukhlis) ne demande rien aux gens jusqu'à ce qu'il trouve ; quand il trouve, il est satisfait ; et s'il lui reste quelque chose en sa possession, il le donne pour Dieu. Car quiconque ne demande pas à la créature a reconnu à Dieu — exalté et magnifié soit-Il — la seigneurie ; lorsqu'il trouve et se satisfait, il est satisfait de Dieu et Dieu — béni et exalté soit-Il — est satisfait de lui ; et lorsqu'il donne pour Dieu — exalté et magnifié soit-Il — il est à la limite de la confiance en son Seigneur — exalté et magnifié soit-Il. » Je dis : « Quelle est l'explication de la certitude (yaqīn) ? » Il répondit : « Celui qui possède la certitude agit pour Dieu comme s'il Le voyait ; s'il ne voit pas Dieu, Dieu le voit ; et il sait avec certitude que ce qui l'a atteint n'aurait pu le manquer, et que ce qui l'a manqué n'aurait pu l'atteindre. Tout cela est un rameau de l'abandon confiant (tawakkul) et un degré menant au détachement (zuhd). »