قال الشيخ أبو جعفر محمد بن علي مصنف هذا الكتاب - رضي الله عنه -: إن الناس يشبه عليهم أمر معاوية بأن يقولوا كان كاتب الوحي وليس ذلك بموجب له فضيلة، وذلك أنه قرن في ذلك إلى عبد الله بن سعد بن أبي سرح فكانا يكتبان له الوحي وهو الذي قال: " سأنزل مثل ما أنزل الله " وكان النبي صلى الله عليه وآله يملي عليه " والله غفور رحيم " فيكتب " والله عزيز حيكم " ويملي عليه " والله عزيز حكيم " فيكتب " والله عليم حكيم " فيقول له النبي صلى الله عليه وآله: هو واحد هو واحد، فقال عبد الله بن سعد: إن محمد لا يدري ما يقول! إنه يقول وأنا أقول غير ما يقول، فيقول لي: هو واحد هو واحد. وإن جاز هذا فإني سأنزل مثل ما أنزل الله فأنزل الله تبارك وتعالى فيه " ومن قال سأنزل مثل ما أنزل الله " فهرب وهجا النبي صلى الله عليه وآله فقال النبي صلى الله عليه وآله: من وجد عبد الله بن سعد بن أبي سرح ولو كان متعلقا بأستار الكعبة فليقتله. وإنما كان النبي صلى الله عليه وآله يقول له فيما يغيره: " هو واحد هو واحد " لأنه لا ينكتب ما يريده عبد الله إنما كان ينكتب ما كان يمليه عليه السلام فقال: هو واحد غيرت أم لم تغير لم ينكتب ما تكتبه بل ينكتب ما أمليه عن الوحي وجبرئيل عليه السلام يصلحه. وفي ذلك دلالة للنبي صلى الله عليه وآله ووجه الحكمة في استكتاب النبي صلى الله عليه وآله الوحي معاوية وعبد الله بن سعد وهما عدوان هو أن المشركين قالوا: إن محمدا يقول هذا القرآن من تلقاء نفسه ويأتي في كل حادثة بآية يزعم أنها أنزلت عليه، وسبيل من يضع الكلام في حوادث تحدث في الأوقات أن يغير الألفاظ إذا استعيد ذلك الكلام ولا يأتي به في ثاني الامر وبعد مرور الأوقات عليه إلا مغيرا عن حاله الأولى لفظا ومعنى أو لفظا دون معنى، فاستعان في كتب ما ينزل عليه في الحوادث الواقعة بعدوين له في دينه، عدلين عند أدائه ليعلم الكفار والمشركون أن كلامه في ثاني الامر كلامه في الأول غير مغير ولا مزال عن جهته فيكون أبلغ للحجة عليهم، ولو استعان في ذلك بوليين مثل سلمان وأبي ذر وأشباههما لكان الامر عند أعدائه غير واقع هذا الموقع وكان يتخيل فيه التواطؤ والتطابق فهذا وجه الحكمة في استكتابهما واضح بين والحمد لله.
Le cheikh Abū Jaʿfar Muḥammad b. ʿAlī, auteur de ce livre — que Dieu l’agrée — a dit : Les gens s’égarent au sujet de Muʿāwiya en prétendant qu’il fut scribe de la Révélation (kātib al-waḥy), ce qui ne lui confère pourtant aucun mérite. En effet, il fut associé dans cette fonction à ʿAbd Allāh b. Saʿd b. Abī Sarḥ, et tous deux écrivaient la Révélation pour le Prophète. Or c’est ce même ʿAbd Allāh b. Saʿd qui dit : « Je vais faire descendre (c’est-à-dire produire) quelque chose de semblable à ce que Dieu a révélé. » En voici la raison : Le Prophète (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui et sur sa Famille) lui dictait : « Et Dieu est Pardonneur, Miséricordieux » (wa-Allāhu ghafūrun raḥīm), mais lui écrivait : « Et Dieu est Puissant, Sage » (wa-Allāhu ʿazīzun ḥakīm) ; puis Il lui dictait : « Et Dieu est Puissant, Sage » (wa-Allāhu ʿazīzun ḥakīm), et lui écrivait : « Et Dieu est Savant, Sage » (wa-Allāhu ʿalīmun ḥakīm). Alors le Prophète (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui et sur sa Famille) lui disait : « C’est un seul, c’est un seul » (huwa wāḥid, huwa wāḥid). ʿAbd Allāh b. Saʿd dit alors : « Muḥammad ne sait pas ce qu’il dit ! Il dit une chose, et moi j’en dis une autre, et il me répond : “C’est un seul, c’est un seul”. Puisque cela est possible, je vais donc produire quelque chose de semblable à ce que Dieu a révélé. » Alors Dieu — béni et exalté soit-Il — révéla à son sujet : « Et celui qui dit : “Je vais faire descendre quelque chose de semblable à ce que Dieu a fait descendre” » (Coran 6:93). Puis il s’enfuit et insulta le Prophète, et le Prophète (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui et sur sa Famille) dit : « Que celui qui trouve ʿAbd Allāh b. Saʿd b. Abī Sarḥ, même s’il s’accroche aux tentures de la Kaʿba, le mette à mort. » Si le Prophète lui disait, lorsqu’il modifiait : « C’est un seul, c’est un seul », c’est parce que ce que ʿAbd Allāh voulait écrire ne s’inscrivait pas ; s’inscrivait uniquement ce que le Prophète (que la prière et le salut soient sur lui) dictait. Il lui disait donc : « C’est un seul. Que tu changes ou que tu ne changes pas, ce que tu écris ne s’inscrit pas ; s’inscrit seulement ce que je dicte de la Révélation, et Gabriel (que le salut soit sur lui) le rectifie. » Cela constitue une preuve (dalāla) pour le Prophète. Quant à la raison pour laquelle le Prophète prit comme scribes de la Révélation Muʿāwiya et ʿAbd Allāh b. Saʿd — qui étaient tous deux des ennemis —, la voici : Les associateurs (mushrikūn) disaient que Muḥammad récitait le Coran de lui-même, produisant à chaque événement un verset qu’il prétendait révélé. Or quiconque fabrique des paroles pour des événements survenant en divers temps est conduit à modifier les mots lorsqu’on lui redemande cette parole, et ne la répète pas, après un certain temps, sans que son expression ou son sens, ou du moins son expression seule, n’ait changé. Le Prophète, pour écrire ce qui lui était révélé à propos des événements, prit donc comme scribes deux ennemis de sa religion, qui furent néanmoins intègres (ʿadlān) dans leur transcription, afin que les mécréants et les associateurs sachent que sa parole, la seconde fois, est identique à sa parole première, sans altération ni déplacement, ce qui rend l’argument (ḥujja) plus fort contre eux. S’il avait pris pour cela des alliés (waliyyīn) comme Salmān, Abū Dharr ou leurs semblables, la chose n’aurait pas eu, aux yeux de ses ennemis, le même poids, et l’on aurait pu y soupçonner une collusion et une entente préalable. Telle est la raison évidente de cette sagesse dans le choix de ces scribes. Louange à Dieu.