IsnādNous a rapporté Muhammad ibn Mūsā ibn al-Mutawakkil – que Dieu l'agrée –, qui dit : nous a rapporté ʿAlī ibn al-Ḥusayn al-Saʿdābādī, d'après Aḥmad ibn Muḥammad ibn Khālid, d'après son père, qui dit : nous a rapporté Abū Aḥmad Muḥammad ibn Ziyād al-Azdī, qui dit : j'ai entendu Mālik ibn Anas, le jurisconsulte de Médine, dire :
J'avais coutume d'entrer chez al-Ṣādiq Jaʿfar ibn Muḥammad – que la paix soit sur eux deux –. Il me faisait apporter un coussin, me témoignait de la considération et me disait : « Ô Mālik, je t'aime. » Je m'en réjouissais et j'en rendais grâce à Dieu. L'Imam – que la paix soit sur lui – ne manquait jamais d'avoir l'une de ces trois qualités : il était soit en jeûne, soit en prière debout, soit en état de remembrance (dhikr). Il comptait parmi les plus grands adorateurs et les plus éminents ascètes, de ceux qui craignent Dieu – Puissant et Majestueux. Il était très prolixe en hadiths, agréable en compagnie et riche en enseignements. Lorsqu'il disait : « Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et sur sa Famille – a dit », il devenait tantôt vert, tantôt jaune, au point que ceux qui le connaissaient ne le reconnaissaient plus. Je fis une année le pèlerinage (ḥajj) en sa compagnie : lorsque sa monture fut en bonne posture au moment de la sacralisation (iḥrām), chaque fois qu'il tentait de prononcer la talbiya (formule rituelle), sa voix s'étranglait dans sa gorge, et peu s'en fallait qu'il ne tombât de sa monture. Je lui dis : « Dis, ô fils du Messager de Dieu, il t'est impératif de la prononcer. » Il dit – que la paix soit sur lui – : « Ô fils d'Abī ʿĀmir, comment oserais-je dire : “Me voici à Toi, ô Dieu, me voici à Toi” alors que je crains que le Puissant et Majestueux ne me réponde [à moi] : “Non, tu n'es pas venu à Moi, et tu n'as pas trouvé le bonheur” ? »