3-257 حدثنا أبوالحسن محمد بن علي بن الشاه قال: حدثنا أبوإسحاق الخواص قال: حدثنا محمد بن يونس الكديمي، عن سفيان بن وكيع عن أبيه، عن سفيان الثوري، عن منصور، عن مجاهد، عن كميل بن زياد قال:خرج إلي علي بن أبي طالب عليه السلام فأخذ بيدي وأخرجني إلى الجبان وجلس وجلست،ثم رفع رأسه إلي فقال: ياكميل احفظ عني ما أقول لك: الناس ثلاثة: عالم رباني، ومتعلم على سبيل نجاة، وهمج رعاع، أتباع كل ناعق، يميلون مع كل ريح، لم يستضيئوا بنور العلم، ولم يلجئوا إلى ركن وثيق،يا كميل العلم خير من المال، العلم يحرسك وأنت تحرس المال، والمال تنقصه النفقة، والعلم يزكو على الانفاق، يا كميل محبة العالم دين يدان به تكسبه الطاعة في حياته وجميل الاحدوثة بعد وفاته فمنفعة المال تزول بزواله،يا كميل مات خزان الاموال وهم أحياء والعلماء باقون ما بقي الدهر، أعيانهم مفقودة وأمثالهم في القلوب موجودة هاه [و] إن هاهنا، وأشار بيده إلى صدره، لعلما جما، لو أصبت له حملة، بلى أصبت لقنا غير مأمون، يستعمل آلة الدين في الدنيا ويستظهر بحجج الله على خلقه وبنعمه على عباده ليتخذه الضعفاء وليجة من دون ولي الحق، أو منقادا لحملة العلم لا بصيرة له في أحنائه يقدح الشك في قلبه بأول عارض من شبهة، ألا لاذا ولا ذاك، فمنهوم باللذات، سلس القياد أو مغري بالجمع والادخار، ليسا من رعاة الدين، أقرب شبها بهما الانعام السائمة، كذلك يموت العلم بموت حامليه، اللهم بلى لا تخلو الارض من قائم بحجة ظاهر أو خاف مغمور لئلا تبطل حجج الله وبيناتهوكم وأين؟! أولئك الاقلون عددا الاعظمون خطرا، بهم يحفظ الله حججه حتى يودعوها نظراءهم، ويزرعوها في قلوب أشباههم، هجم بهم العلم على حقائق الامور، فباشروا روح اليقين، واستلانوا ما استوعره المترفون، وأنسوا بما استوحش منه الجاهلون، صحبوا الدنيا بأبدان أرواحها معلقة بالمحل الاعلى، يا كميل اولئك خلفاء الله والدعاة إلى دينه، هاي هاي شوقا إلى رؤيتهم، وأستغفر الله لي ولكمقال مصنف هذا الكتاب رضي الله عنه: قد رويت هذا الخبر من طرق كثيرة، قد أخرجتها في كتاب كمال الدين وتمام النعمة في إثبات الغيبة وكشف الحيرة
Isnād3-257 Nous a rapporté Abu l-Ḥasan Muḥammad b. ʿAlī b. al-Shāh, qui dit : nous a rapporté Abū Isḥāq al-Khawwāṣ, qui dit : nous a rapporté Muḥammad b. Yūnus al-Kudaymī, d'après Sufyān b. Wakīʿ, d'après son père, d'après Sufyān al-Thawrī, d'après Manṣūr, d'après Mujāhid, d'après Kumayl b. Ziyād, qui dit :
ʿAlī b. Abī Ṭālib (que la paix soit sur lui) vint à moi, me prit par la main et me fit sortir vers le cimetière. Il s'assit et je m'assis. Puis il leva la tête vers moi et dit : « Ô Kumayl, retiens de moi ce que je vais te dire : les gens sont de trois sortes : le savant divin (ʿālim rabbānī), l'apprenant sur la voie du salut, et la tourbe ignare (hamaj raʿāʿ), qui suit tout aboyeur, qui penche avec chaque vent, qui ne s'illumine pas par la lumière du savoir et ne se réfugie pas en un pilier solide. Ô Kumayl, le savoir est meilleur que la richesse : le savoir te protège tandis que tu protèges la richesse ; la richesse diminue par la dépense, tandis que le savoir croît par la dépense. Ô Kumayl, l'amour du savant est une religion par laquelle on adore Dieu, qui te vaut l'obéissance de son vivant et un beau souvenir après sa mort ; quant au profit de la richesse, il disparaît avec sa disparition. Ô Kumayl, les gardiens des trésors meurent alors qu'ils sont vivants, tandis que les savants demeurent aussi longtemps que dure le temps : leurs personnes sont absentes, mais leurs exemples sont présents dans les cœurs. Ah ! Ici — et il désigna sa poitrine de la main — il y a une science immense (ʿilman jamm), si je trouvais pour elle des porteurs. Certes j'ai trouvé un homme perspicace (laqinan), mais non fiable : il utilise les instruments de la religion pour [gagner] ce bas monde, et il se prévaut des arguments de Dieu contre Ses créatures et de Ses bienfaits envers Ses serviteurs pour que les faibles fassent de lui un intime en dehors du véritable Allié (walī l-ḥaqq). Ou bien [j'ai trouvé] quelqu'un de soumis aux porteurs du savoir, mais sans perspicacité dans ses subtilités : le doute frappe son cœur au premier incident d'une ambiguïté. Ni l'un ni l'autre ne convient. [Certains] sont avides de plaisirs, dociles au mors ; [d'autres] sont séduits par l'accumulation et l'épargne. Ce ne sont pas des gardiens de la religion ; les bêtes paissant en liberté leur ressemblent davantage. C'est ainsi que le savoir meurt avec la mort de ceux qui le portent. Ô mon Dieu, certes la terre ne reste jamais vide de quelqu'un qui se tient par la preuve (qāʾim bi-ḥujja), manifeste ou caché et ignoré, afin que les arguments et les preuves de Dieu ne soient pas invalidés. Combien sont-ils et où sont-ils ?! Ceux-là sont les plus petits en nombre, mais les plus grands en importance. Par eux Dieu préserve Ses arguments jusqu'à ce qu'ils les confient à leurs semblables et les sèment dans les cœurs de leurs pareils. Le savoir les a fait pénétrer les réalités des choses, ils ont atteint l'esprit de la certitude (rūḥ al-yaqīn), ils ont trouvé facile ce que les débauchés trouvaient pénible, ils se sont familiarisés avec ce dont les ignorants s'effarouchent. Ils ont accompagné ce bas monde avec des corps dont les âmes sont suspendues au séjour très-haut (al-maḥall al-aʿlā). Ô Kumayl, ceux-là sont les lieutenants de Dieu (khulafāʾ Allāh) et les appelants à Sa religion. Ah ! Ah ! que j'aspire à les voir ! Et je demande pardon à Dieu pour moi et pour toi. »

