Chapitre
عَلِيُّ بْنُ إِبْرَاهِيمَ عَنْ أَبِيهِ عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ [وَ عَلِيُّ بْنُ مُحَمَّدٍ عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ] عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ دَاوُدَ الْمِنْقَرِيِّ عَنْ حَفْصِ بْنِ غِيَاثٍ عَنْ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ (عليه السلام) قَالَ قَالَ إِنْ قَدَرْتُمْ أَنْ لَا تُعْرَفُوا فَافْعَلُوا وَ مَا عَلَيْكَ إِنْ لَمْ يُثْنِ النَّاسُ عَلَيْكَ وَ مَا عَلَيْكَ أَنْ تَكُونَ مَذْمُوماً عِنْدَ النَّاسِ إِذَا كُنْتَ مَحْمُوداً عِنْدَ اللَّهِ تَبَارَكَ وَ تَعَالَى إِنَّ أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ (عليه السلام) كَانَ يَقُولُ لَا خَيْرَ فِي الدُّنْيَا إِلَّا لِأَحَدِ رَجُلَيْنِ رَجُلٍ يَزْدَادُ فِيهَا كُلَّ يَوْمٍ إِحْسَاناً وَ رَجُلٍ يَتَدَارَكُ مَنِيَّتَهُ بِالتَّوْبَةِ وَ أَنَّى لَهُ بِالتَّوْبَةِ فَوَ اللَّهِ أَنْ لَوْ سَجَدَ حَتَّى يَنْقَطِعَ عُنُقُهُ مَا قَبِلَ اللَّهُ عَزَّ وَ جَلَّ مِنْهُ عَمَلًا إِلَّا بِوَلَايَتِنَا أَهْلَ الْبَيْتِ أَلَا وَ مَنْ عَرَفَ حَقَّنَا أَوْ رَجَا الثَّوَابَ بِنَا وَ رَضِيَ بِقُوتِهِ نِصْفَ مُدٍّ كُلَّ يَوْمٍ وَ مَا يَسْتُرُ بِهِ عَوْرَتَهُ وَ مَا أَكَنَّ بِهِ رَأْسَهُ وَ هُمْ مَعَ ذَلِكَ وَ اللَّهِ خَائِفُونَ وَجِلُونَ وَدُّوا أَنَّهُ حَظُّهُمْ مِنَ الدُّنْيَا وَ كَذَلِكَ وَصَفَهُمُ اللَّهُ عَزَّ وَ جَلَّ حَيْثُ يَقُولُ وَ الَّذِينَ يُؤْتُونَ ما آتَوْا وَ قُلُوبُهُمْ وَجِلَةٌ مَا الَّذِي أَتَوْا بِهِ أَتَوْا وَ اللَّهِ بِالطَّاعَةِ مَعَ الْمَحَبَّةِ وَ الْوَلَايَةِ وَ هُمْ فِي ذَلِكَ خَائِفُونَ أَنْ لَا يُقْبَلَ مِنْهُمْ وَ لَيْسَ وَ اللَّهِ خَوْفُهُمْ خَوْفَ شَكٍّ فِيمَا هُمْ فِيهِ مِنْ إِصَابَةِ الدِّينِ وَ لَكِنَّهُمْ خَافُوا أَنْ يَكُونُوا مُقَصِّرِينَ فِي مَحَبَّتِنَا وَ طَاعَتِنَا ثُمَّ قَالَ إِنْ قَدَرْتَ أَنْ لَا تَخْرُجَ مِنْ بَيْتِكَ فَافْعَلْ فَإِنَّ عَلَيْكَ فِي خُرُوجِكَ أَنْ لَا تَغْتَابَ وَ لَا تَكْذِبَ وَ لَا تَحْسُدَ وَ لَا تُرَائِيَ وَ لَا تَتَصَنَّعَ وَ لَا تُدَاهِنَ ثُمَّ قَالَ نَعَمْ صَوْمَعَةُ الْمُسْلِمِ بَيْتُهُ يَكُفُّ فِيهِ بَصَرَهُ وَ لِسَانَهُ وَ نَفْسَهُ وَ فَرْجَهُ إِنَّ مَنْ عَرَفَ نِعْمَةَ اللَّهِ بِقَلْبِهِ اسْتَوْجَبَ الْمَزِيدَ مِنَ اللَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ قَبْلَ أَنْ يُظْهِرَ شُكْرَهَا عَلَى لِسَانِهِ وَ مَنْ ذَهَبَ يَرَى أَنَّ لَهُ عَلَى الْآخَرِ فَضْلًا فَهُوَ مِنَ الْمُسْتَكْبِرِينَ فَقُلْتُ لَهُ إِنَّمَا يَرَى أَنَّ لَهُ عَلَيْهِ فَضْلًا بِالْعَافِيَةِ إِذَا رَآهُ مُرْتَكِباً لِلْمَعَاصِي فَقَالَ هَيْهَاتَ هَيْهَاتَ فَلَعَلَّهُ أَنْ يَكُونَ قَدْ غُفِرَ لَهُ مَا أَتَى وَ أَنْتَ مَوْقُوفٌ مُحَاسَبٌ أَ مَا تَلَوْتَ قِصَّةَ سَحَرَةِ مُوسَى ( عليه السلام ) ثُمَّ قَالَ كَمْ مِنْ مَغْرُورٍ بِمَا قَدْ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيْهِ وَ كَمْ مِنْ مُسْتَدْرَجٍ بِسَتْرِ اللَّهِ عَلَيْهِ وَ كَمْ مِنْ مَفْتُونٍ بِثَنَاءِ النَّاسِ عَلَيْهِ ثُمَّ قَالَ إِنِّي لَأَرْجُو النَّجَاةَ لِمَنْ عَرَفَ حَقَّنَا مِنْ هَذِهِ الْأُمَّةِ إِلَّا لِأَحَدِ ثَلَاثَةٍ صَاحِبِ سُلْطَانٍ جَائِرٍ وَ صَاحِبِ هَوًى وَ الْفَاسِقِ الْمُعْلِنِ ثُمَّ تَلَا قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللَّهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ ثُمَّ قَالَ يَا حَفْصُ الْحُبُّ أَفْضَلُ مِنَ الْخَوْفِ ثُمَّ قَالَ وَ اللَّهِ مَا أَحَبَّ اللَّهَ مَنْ أَحَبَّ الدُّنْيَا وَ وَالَى غَيْرَنَا وَ مَنْ عَرَفَ حَقَّنَا وَ أَحَبَّنَا فَقَدْ أَحَبَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَ تَعَالَى فَبَكَى رَجُلٌ فَقَالَ أَ تَبْكِي لَوْ أَنَّ أَهْلَ السَّمَاوَاتِ وَ الْأَرْضِ كُلَّهُمُ اجْتَمَعُوا يَتَضَرَّعُونَ إِلَى اللَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ أَنْ يُنْجِيَكَ مِنَ النَّارِ وَ يُدْخِلَكَ الْجَنَّةَ لَمْ يُشَفَّعُوا فِيكَ [ثُمَّ كَانَ لَكَ قَلْبٌ حَيٌّ لَكُنْتَ أَخْوَفَ النَّاسِ لِلَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ فِي تِلْكَ الْحَالِ] ثُمَّ قَالَ لَهُ يَا حَفْصُ كُنْ ذَنَباً وَ لَا تَكُنْ رَأْساً يَا حَفْصُ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ ( صلى الله عليه وآله ) مَنْ خَافَ اللَّهَ كَلَّ لِسَانُهُ ثُمَّ قَالَ بَيْنَا مُوسَى بْنُ عِمْرَانَ ( عليه السلام ) يَعِظُ أَصْحَابَهُ إِذْ قَامَ رَجُلٌ فَشَقَّ قَمِيصَهُ فَأَوْحَى اللَّهُ عَزَّ وَ جَلَّ إِلَيْهِ يَا مُوسَى قُلْ لَهُ لَا تَشُقَّ قَمِيصَكَ وَ لَكِنِ اشْرَحْ لِي عَنْ قَلْبِكَ ثُمَّ قَالَ مَرَّ مُوسَى بْنُ عِمْرَانَ ( عليه السلام ) بِرَجُلٍ مِنْ أَصْحَابِهِ وَ هُوَ سَاجِدٌ فَانْصَرَفَ مِنْ حَاجَتِهِ وَ هُوَ سَاجِدٌ عَلَى حَالِهِ فَقَالَ لَهُ مُوسَى ( عليه السلام ) لَوْ كَانَتْ حَاجَتُكَ بِيَدِي لَقَضَيْتُهَا لَكَ فَأَوْحَى اللَّهُ عَزَّ وَ جَلَّ إِلَيْهِ يَا مُوسَى لَوْ سَجَدَ حَتَّى يَنْقَطِعَ عُنُقُهُ مَا قَبِلْتُهُ حَتَّى يَتَحَوَّلَ عَمَّا أَكْرَهُ إِلَى مَا أُحِبُّ.
IsnādʿAlī ibn Ibrāhīm, d’après son père, d’après al-Qāsim ibn Muḥammad [et ʿAlī ibn Muḥammad, d’après al-Qāsim ibn Muḥammad], d’après Sulaymān ibn Dāwūd al-Minqarī, d’après Ḥafṣ ibn Ghiyāth, d’après Abū ʿAbdillāh (que la paix soit sur lui)
Il (Abū ʿAbdillāh, l’Imam Jaʿfar al-Ṣādiq, paix sur lui) dit : « Si vous pouvez n’être pas connus, faites-le. Que t’importe si les gens ne font pas ton éloge ? Et que t’importe d’être blâmé auprès des gens, si tu es loué auprès d’Allāh, béni et exalté soit-Il ? En vérité, le Prince des croyants (l’Imam ʿAlī, paix sur lui) disait : “Il n’y a de bien en ce monde que pour l’un de deux hommes : un homme qui y accroît chaque jour son bienfait (iḥsān, action vertueuse par excellence), ou un homme qui rattrape sa fin par le repentir.” Mais où trouver le repentir ? Par Allāh ! Même s’il se prosternait jusqu’à ce que son cou se rompe, Allāh, puissant et majestueux, n’accepterait de lui aucune œuvre sans notre walāya (autorité spirituelle et loyauté envers nous), nous, les Gens de la Demeure (Ahl al-Bayt). Certes, celui qui reconnaît notre droit ou espère la récompense par notre intermédiaire, se contente de sa subsistance d’un demi-mudd (environ 250 ml) chaque jour, de quoi couvrir sa nudité et de quoi couvrir sa tête — et ils sont, en plus de cela, par Allāh, craintifs et tremblants ; ils souhaiteraient que ce soit leur lot en ce monde. C’est ainsi qu’Allāh, puissant et majestueux, les a décrits lorsqu’Il dit : “Et ceux qui donnent ce qu’ils donnent, tandis que leurs cœurs sont tremblants.” (Coran 23:60). Qu’ont-ils donc donné ? Par Allāh, ils ont donné l’obéissance accompagnée d’amour (maḥabba) et de walāya, et ils craignent en cela que cela ne soit pas accepté d’eux. Par Allāh, leur crainte n’est pas la crainte d’un doute sur ce en quoi ils sont engagés dans la justesse de la religion, mais ils craignent d’être négligents dans notre amour et notre obéissance. » Puis il dit : « Si tu peux ne pas sortir de ta maison, fais-le, car dans ta sortie, il t’incombe de ne pas médire, de ne pas mentir, de ne pas envier, de ne pas faire l’hypocrisie (riyāʾ, ostentation), de ne pas faire de manières affectées et de ne pas user de flatterie (mudāhana). » Puis il dit : « Oui, la cellule monastique du musulman est sa maison ; il y retient son regard, sa langue, son âme et son sexe. En vérité, celui qui reconnaît le bienfait d’Allāh (niʿma) dans son cœur mérite l’accroissement (mazīd) de la part d’Allāh, puissant et majestueux, avant même d’en exprimer la gratitude par sa langue. Et celui qui s’imagine avoir un mérite sur autrui est du nombre des orgueilleux (mustakbirīn). » Je (Ḥafṣ) lui dis : « Il ne voit pourtant avoir un mérite sur l’autre que par la santé (‘āfiya, préservation des péchés), lorsqu’il le voit commettre des péchés. » Il dit : « Loin de là, loin de là ! Peut-être a-t-on pardonné à l’autre ce qu’il a commis, tandis que toi tu es arrêté et mis en jugement. N’as-tu pas récité l’histoire des magiciens de Moïse (paix sur lui) ? » Puis il dit : « Combien de dupes trompés par ce dont Allāh les a gratifiés ! Combien de gens attirés graduellement vers leur perte par le voile qu’Allāh jette sur eux ! Combien de séduits par l’éloge que les gens font d’eux ! » Puis il dit : « En vérité, j’espère le salut pour quiconque de cette communauté connaît notre droit, sauf pour trois : le partisan d’un souverain tyrannique, l’adepte de ses passions (hawā, désir égoïste), et le pervers (fāsiq, pécheur impénitent) qui s’affiche publiquement. » Puis il récita : « Dis : “Si vous aimez Allāh, suivez-moi, Allāh vous aimera.” (Coran 3:31). » Puis il dit : « Ô Ḥafṣ, l’amour (al-ḥubb) est supérieur à la crainte (al-khawf). » Puis il dit : « Par Allāh, n’aime pas Allāh celui qui aime la vie mondaine (dunyā) et prend pour allié un autre que nous. Celui qui connaît notre droit et nous aime, celui-là aime Allāh, béni et exalté soit-Il. » Un homme pleura. Il dit : « Tu pleures ? Si tous les habitants des cieux et de la terre se rassemblaient en suppliant Allāh, puissant et majestueux, de te sauver du Feu et de te faire entrer au Paradis, ils n’intercéderaient pas en ta faveur ; puis si tu avais un cœur vivant, tu serais, en cet état, le plus craignant d’Allāh, puissant et majestueux, parmi les hommes. » Puis il lui dit : « Ô Ḥafṣ, sois une queue et non une tête. Ô Ḥafṣ, le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui et sur sa famille) a dit : “Celui qui craint Allāh, sa langue devient muette.” » Puis il dit : « Alors que Moïse fils d’ʿImrān (paix sur lui) exhortait ses compagnons, un homme se leva et déchira sa chemise. Allāh, puissant et majestueux, révéla à Moïse : “Ô Moïse, dis-lui : ne déchire pas ta chemise, mais ouvre-moi ton cœur (expose-moi les sentiments de ton cœur).” » Puis il dit : « Moïse fils d’ʿImrān (paix sur lui) passa près d’un de ses compagnons alors qu’il était en prosternation. Il termina son affaire et l’homme était toujours prosterné. Moïse (paix sur lui) lui dit : “Si ton besoin était entre mes mains, je l’aurais exaucé pour toi.” Allāh, puissant et majestueux, révéla à Moïse : “Ô Moïse, même s’il se prosternait jusqu’à ce que son cou se rompe, Je ne l’accepterais pas tant qu’il ne se détourne pas de ce que Je déteste vers ce que J’aime.” »