ابْنُ مَحْبُوبٍ عَنْ جَمِيلِ بْنِ صَالِحٍ عَنْ أَبِي عُبَيْدَةَ قَالَ سَأَلْتُ أَبَا جَعْفَرٍ (عليه السلام) عَنْ قَوْلِ اللَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ الم غُلِبَتِ الرُّومُ فِي أَدْنَى الْأَرْضِ قَالَ فَقَالَ يَا أَبَا عُبَيْدَةَ إِنَّ لِهَذَا تَأْوِيلًا لَا يَعْلَمُهُ إِلَّا اللَّهُ وَ الرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ مِنْ آلِ مُحَمَّدٍ صَلَوَاتُ اللَّهِ عَلَيْهِمْ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ (صلى الله عليه وآله) لَمَّا هَاجَرَ إِلَى الْمَدِينَةِ وَ أَظْهَرَ الْإِسْلَامَ كَتَبَ إِلَى مَلِكِ الرُّومِ كِتَاباً وَ بَعَثَ بِهِ مَعَ رَسُولٍ يَدْعُوهُ إِلَى الْإِسْلَامِ وَ كَتَبَ إِلَى مَلِكِ فَارِسَ كِتَاباً يَدْعُوهُ إِلَى الْإِسْلَامِ وَ بَعَثَهُ إِلَيْهِ مَعَ رَسُولِهِ فَأَمَّا مَلِكُ الرُّومِ فَعَظَّمَ كِتَابَ رَسُولِ اللَّهِ (صلى الله عليه وآله) وَ أَكْرَمَ رَسُولَهُ وَ أَمَّا مَلِكُ فَارِسَ فَإِنَّهُ اسْتَخَفَّ بِكِتَابِ رَسُولِ اللَّهِ (صلى الله عليه وآله) وَ مَزَّقَهُ وَ اسْتَخَفَّ بِرَسُولِهِ وَ كَانَ مَلِكُ فَارِسَ يَوْمَئِذٍ يُقَاتِلُ مَلِكَ الرُّومِ وَ كَانَ الْمُسْلِمُونَ يَهْوَوْنَ أَنْ يَغْلِبَ مَلِكُ الرُّومِ مَلِكَ فَارِسَ وَ كَانُوا لِنَاحِيَتِهِ أَرْجَى مِنْهُمْ لِمَلِكِ فَارِسَ فَلَمَّا غَلَبَ مَلِكُ فَارِسَ مَلِكَ الرُّومِ كَرِهَ ذَلِكَ الْمُسْلِمُونَ وَ اغْتَمُّوا بِهِ فَأَنْزَلَ اللَّهُ عَزَّ وَ جَلَّ بِذَلِكَ كِتَاباً قُرْآناً الم غُلِبَتِ الرُّومُ فِي أَدْنَى الْأَرْضِ يَعْنِي غَلَبَتْهَا فَارِسُ فِي أَدْنَى الْأَرْضِ وَ هِيَ الشَّامَاتُ وَ مَا حَوْلَهَا وَ هُمْ يَعْنِي وَ فَارِسُ مِنْ بَعْدِ غَلَبِهِمْ الرُّومَ سَيَغْلِبُونَ يَعْنِي يَغْلِبُهُمُ الْمُسْلِمُونَ فِي بِضْعِ سِنِينَ لِلَّهِ الْأَمْرُ مِنْ قَبْلُ وَ مِنْ بَعْدُ وَ يَوْمَئِذٍ يَفْرَحُ الْمُؤْمِنُونَ بِنَصْرِ اللَّهِ يَنْصُرُ مَنْ يَشاءُ عَزَّ وَ جَلَّ فَلَمَّا غَزَا الْمُسْلِمُونَ فَارِسَ وَ افْتَتَحُوهَا فَرِحَ الْمُسْلِمُونَ بِنَصْرِ اللَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ قَالَ قُلْتُ أَ لَيْسَ اللَّهُ عَزَّ وَ جَلَّ يَقُولُ فِي بِضْعِ سِنِينَ وَ قَدْ مَضَى لِلْمُؤْمِنِينَ سِنُونَ كَثِيرَةٌ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ (صلى الله عليه وآله) وَ فِي إِمَارَةِ أَبِي بَكْرٍ وَ إِنَّمَا غَلَبَ الْمُؤْمِنُونَ فَارِسَ فِي إِمَارَةِ عُمَرَ فَقَالَ أَ لَمْ أَقُلْ لَكُمْ إِنَّ لِهَذَا تَأْوِيلًا وَ تَفْسِيراً وَ الْقُرْآنُ يَا أَبَا عُبَيْدَةَ نَاسِخٌ وَ مَنْسُوخٌ أَ مَا تَسْمَعُ لِقَوْلِ اللَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ لِلَّهِ الْأَمْرُ مِنْ قَبْلُ وَ مِنْ بَعْدُ يَعْنِي إِلَيْهِ الْمَشِيئَةُ فِي الْقَوْلِ أَنْ يُؤَخِّرَ مَا قَدَّمَ وَ يُقَدِّمَ مَا أَخَّرَ فِي الْقَوْلِ إِلَى يَوْمٍ يَحْتِمُ الْقَضَاءَ بِنُزُولِ النَّصْرِ فِيهِ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ فَذَلِكَ قَوْلُهُ عَزَّ وَ جَلَّ وَ يَوْمَئِذٍ يَفْرَحُ الْمُؤْمِنُونَ بِنَصْرِ اللَّهِ يَنْصُرُ مَنْ يَشاءُ أَيْ يَوْمَ يَحْتِمُ الْقَضَاءَ بِالنَّصْر.
IsnādIbn Maḥbūb, d'après Ǧamīl b. Ṣāliḥ, d'après Abū ʿUbayda
Il dit : J'ai interrogé Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) au sujet de la Parole de Dieu — Puissant et Majestueux : « Alif Lām Mīm. Les Romains ont été vaincus dans la terre la plus proche. » Il dit alors : Ô Abā ʿUbayda, ce verset a une interprétation (taʾwīl) que ne connaissent que Dieu et ceux qui sont enracinés dans la science parmi les gens de la famille de Muḥammad — que les prières de Dieu soient sur eux. Lorsque l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) émigra à Médine et rendit l'islam manifeste, il écrivit une lettre au roi de Rome et l'envoya par un messager, l'invitant à l'islam. Il écrivit également une lettre au roi de Perse, l'invitant à l'islam, et l'envoya par son messager. Quant au roi de Rome, il honora la lettre de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) et traita son messager avec égards. Quant au roi de Perse, il traita avec légèreté la lettre de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille), la déchira et traita son messager avec mépris. Or, à cette époque, le roi de Perse combattait le roi de Rome, et les musulmans souhaitaient que le roi de Rome triomphe du roi de Perse ; ils espéraient davantage de son côté que de celui du roi de Perse. Lorsque le roi de Perse vainquit le roi de Rome, les musulmans le détestèrent et en furent affligés. Dieu — Puissant et Majestueux — révéla alors à ce sujet un Livre, un Coran : « Alif Lām Mīm. Les Romains ont été vaincus dans la terre la plus proche. » Il veut dire : la Perse les a vaincus dans la terre la plus proche, c'est-à-dire la région de Shām (Syrie) et ses environs. « Et eux » — c'est-à-dire les Perses — « après leur défaite des Romains, vaincront », c'est-à-dire : les musulmans les vaincront dans quelques années. « À Dieu appartient le commandement, avant et après ; et ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours de Dieu. Il secourt qui Il veut », Puissant et Majestueux. Puis, lorsque les musulmans envahirent la Perse et la conquirent, ils se réjouirent du secours de Dieu — Puissant et Majestueux. [Abū ʿUbayda] dit : Je dis : Dieu — Puissant et Majestueux — ne dit-Il pas « dans quelques années » ? Or, de nombreuses années s'étaient écoulées pour les croyants avec l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) et sous le califat d'Abū Bakr ; les croyants ne conquirent la Perse que sous le califat de ʿUmar. Il dit : Ne vous ai-je pas dit que ce verset a une interprétation (taʾwīl) et une exégèse (tafsīr) ? Ô Abā ʿUbayda, le Coran comporte de l'abrogeant (nāsikh) et de l'abrogé (mansūkh). N'entends-tu pas la Parole de Dieu — Puissant et Majestueux : « À Dieu appartient le commandement, avant et après » ? Il veut dire : c'est à Lui qu'appartient la volonté (mashīʾa) dans la Parole, de faire reculer ce qu'Il a avancé et d'avancer ce qu'Il a reculé dans la Parole, jusqu'au jour où le décret (qaḍāʾ) décisif s'accomplit avec la descente du secours sur les croyants en ce jour. Telle est Sa Parole — Puissant et Majestueux : « Et ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours de Dieu. Il secourt qui Il veut », c'est-à-dire : le jour où le décret décisif s'accomplit par le secours.