عَلِيُّ بْنُ الْحُسَيْنِ الْمُؤَدِّبُ وَ غَيْرُهُ عَنْ أَحْمَدَ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ خَالِدٍ عَنْ إِسْمَاعِيلَ بْنِ مِهْرَانَ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي الْحَارِثِ الْهَمْدَانِيِّ عَنْ جَابِرٍ عَنْ أَبِي جَعْفَرٍ (عليه السلام) قَالَ خَطَبَ أَمِيرُ الْمُؤْمِنِينَ (عليه السلام) فَقَالَ الْحَمْدُ لِلَّهِ الْخَافِضِ الرَّافِعِ الضَّارِّ النَّافِعِ الْجَوَادِ الْوَاسِعِ الْجَلِيلِ ثَنَاؤُهُ الصَّادِقَةِ أَسْمَاؤُهُ الْمُحِيطِ بِالْغُيُوبِ وَ مَا يَخْطُرُ عَلَى الْقُلُوبِ الَّذِي جَعَلَ الْمَوْتَ بَيْنَ خَلْقِهِ عَدْلًا وَ أَنْعَمَ بِالْحَيَاةِ عَلَيْهِمْ فَضْلًا فَأَحْيَا وَ أَمَاتَ وَ قَدَّرَ الْأَقْوَاتَ أَحْكَمَهَا بِعِلْمِهِ تَقْدِيراً وَ أَتْقَنَهَا بِحِكْمَتِهِ تَدْبِيراً إِنَّهُ كَانَ خَبِيراً بَصِيراً هُوَ الدَّائِمُ بِلَا فَنَاءٍ وَ الْبَاقِي إِلَى غَيْرِ مُنْتَهًى يَعْلَمُ مَا فِي الْأَرْضِ وَ مَا فِي السَّمَاءِ وَ مَا بَيْنَهُمَا وَ مَا تَحْتَ الثَّرَى أَحْمَدُهُ بِخَالِصِ حَمْدِهِ الْمَخْزُونِ بِمَا حَمِدَهُ بِهِ الْمَلَائِكَةُ وَ النَّبِيُّونَ حَمْداً لَا يُحْصَى لَهُ عَدَدٌ وَ لَا يَتَقَدَّمُهُ أَمَدٌ وَ لَا يَأْتِي بِمِثْلِهِ أَحَدٌ أُومِنُ بِهِ وَ أَتَوَكَّلُ عَلَيْهِ وَ أَسْتَهْدِيهِ وَ أَسْتَكْفِيهِ وَ أَسْتَقْضِيهِ بِخَيْرٍ وَ أَسْتَرْضِيهِ وَ أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ وَ أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَ رَسُولُهُ أَرْسَلَهُ بِالْهُدَى وَ دِينِ الْحَقِّ لِيُظْهِرَهُ عَلَى الدِّينِ كُلِّهِ وَ لَوْ كَرِهَ الْمُشْرِكُونَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَ آلِهِ أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّ الدُّنْيَا لَيْسَتْ لَكُمْ بِدَارٍ وَ لَا قَرَارٍ إِنَّمَا أَنْتُمْ فِيهَا كَرَكْبٍ عَرَّسُوا فَأَنَاخُوا ثُمَّ اسْتَقَلُّوا فَغَدَوْا وَ رَاحُوا دَخَلُوا خِفَافاً وَ رَاحُوا خِفَافاً لَمْ يَجِدُوا عَنْ مُضِيٍّ نُزُوعاً وَ لَا إِلَى مَا تَرَكُوا رُجُوعاً جُدَّ بِهِمْ فَجَدُّوا وَ رَكَنُوا إِلَى الدُّنْيَا فَمَا اسْتَعَدُّوا حَتَّى إِذَا أُخِذَ بِكَظَمِهِمْ وَ خَلَصُوا إِلَى دَارِ قَوْمٍ جَفَّتْ أَقْلَامُهُمْ لَمْ يَبْقَ مِنْ أَكْثَرِهِمْ خَبَرٌ وَ لَا أَثَرٌ قَلَّ فِي الدُّنْيَا لَبْثُهُمْ وَ عُجِّلَ إِلَى الْآخِرَةِ بَعْثُهُمْ فَأَصْبَحْتُمْ حُلُولًا فِي دِيَارِهِمْ ظَاعِنِينَ عَلَى آثَارِهِمْ وَ الْمَطَايَا بِكُمْ تَسِيرُ سَيْراً مَا فِيهِ أَيْنٌ وَ لَا تَفْتِيرٌ نَهَارُكُمْ بِأَنْفُسِكُمْ دَءُوبٌ وَ لَيْلُكُمْ بِأَرْوَاحِكُمْ ذَهُوبٌ فَأَصْبَحْتُمْ تَحْكُونَ مِنْ حَالِهِمْ حَالًا وَ تَحْتَذُونَ مِنْ مَسْلَكِهِمْ مِثَالًا فَلَا تَغُرَّنَّكُمُ الْحَيَاةُ الدُّنْيَا فَإِنَّمَا أَنْتُمْ فِيهَا سَفْرٌ حُلُولٌ الْمَوْتُ بِكُمْ نُزُولٌ تَنْتَضِلُ فِيكُمْ مَنَايَاهُ وَ تَمْضِي بِأَخْبَارِكُمْ مَطَايَاهُ إِلَى دَارِ الثَّوَابِ وَ الْعِقَابِ وَ الْجَزَاءِ وَ الْحِسَابِ فَرَحِمَ اللَّهُ امْرَأً رَاقَبَ رَبَّهُ وَ تَنَكَّبَ ذَنْبَهُ وَ كَابَرَ هَوَاهُ وَ كَذَّبَ مُنَاهُ امْرَأً زَمَّ نَفْسَهُ مِنَ التَّقْوَى بِزِمَامٍ وَ أَلْجَمَهَا مِنْ خَشْيَةِ رَبِّهَا بِلِجَامٍ فَقَادَهَا إِلَى الطَّاعَةِ بِزِمَامِهَا وَ قَدَعَهَا عَنِ الْمَعْصِيَةِ بِلِجَامِهَا رَافِعاً إِلَى الْمَعَادِ طَرْفَهُ مُتَوَقِّعاً فِي كُلِّ أَوَانٍ حَتْفَهُ دَائِمَ الْفِكْرِ طَوِيلَ السَّهَرِ عَزُوفاً عَنِ الدُّنْيَا سَأَماً كَدُوحاً لآِخِرَتِهِ مُتَحَافِظاً امْرَأً جَعَلَ الصَّبْرَ مَطِيَّةَ نَجَاتِهِ وَ التَّقْوَى عُدَّةَ وَفَاتِهِ وَ دَوَاءَ أَجْوَائِهِ فَاعْتَبَرَ وَ قَاسَ وَ تَرَكَ الدُّنْيَا وَ النَّاسَ يَتَعَلَّمُ لِلتَّفَقُّهِ وَ السَّدَادِ وَ قَدْ وَقَّرَ قَلْبَهُ ذِكْرُ الْمَعَادِ وَ طَوَى مِهَادَهُ وَ هَجَرَ وِسَادَهُ مُنْتَصِباً عَلَى أَطْرَافِهِ دَاخِلًا فِي أَعْطَافِهِ خَاشِعاً لِلَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ يُرَاوِحُ بَيْنَ الْوَجْهِ وَ الْكَفَّيْنِ خَشُوعٌ فِي السِّرِّ لِرَبِّهِ لَدَمْعُهُ صَبِيبٌ وَ لَقَلْبُهُ وَجِيبٌ شَدِيدَةٌ أَسْبَالُهُ تَرْتَعِدُ مِنْ خَوْفِ اللَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ أَوْصَالُهُ قَدْ عَظُمَتْ فِيمَا عِنْدَ اللَّهِ رَغْبَتُهُ وَ اشْتَدَّتْ مِنْهُ رَهْبَتُهُ رَاضِياً بِالْكَفَافِ مِنْ أَمْرِهِ يُظْهِرُ دُونَ مَا يَكْتُمُ وَ يَكْتَفِي بِأَقَلَّ مِمَّا يَعْلَمُ أُولَئِكَ وَدَائِعُ اللَّهِ فِي بِلَادِهِ الْمَدْفُوعُ بِهِمْ عَنْ عِبَادِهِ لَوْ أَقْسَمَ أَحَدُهُمْ عَلَى اللَّهِ جَلَّ ذِكْرُهُ لَأَبَرَّهُ أَوْ دَعَا عَلَى أَحَدٍ نَصَرَهُ اللَّهُ يَسْمَعُ إِذَا نَاجَاهُ وَ يَسْتَجِيبُ لَهُ إِذَا دَعَاهُ جَعَلَ اللَّهُ الْعَاقِبَةَ لِلتَّقْوَى وَ الْجَنَّةَ لِأَهْلِهَا مَأْوًى دُعَاؤُهُمْ فِيهَا أَحْسَنُ الدُّعَاءِ سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ دَعَاهُمُ الْمَوْلَى عَلَى مَا آتَاهُمْ وَ آخِرُ دَعْوَاهُمْ أَنِ الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ.
IsnādʿAlī ibn al-Ḥusayn al-Muʾaddib et d’autres, d’après Aḥmad ibn Muḥammad ibn Khālid, d’après Ismāʿīl ibn Mihrān, d’après ʿAbd Allāh ibn Abī al-Ḥārith al-Hamdānī, d’après Jābir, d’après Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui)
Il dit : Le Prince des croyants (que la paix soit sur lui) fit un sermon et dit : Louange à Dieu, Celui qui abaisse et qui élève, qui nuit et qui profite, le Généreux, le Vaste, dont la louange est sublime, dont les noms sont véridiques, qui embrasse les mystères et ce qui traverse les cœurs ; Lui qui a fait de la mort, entre Ses créatures, une justice, et qui a accordé la vie comme une faveur. Il donne la vie et donne la mort, et détermine les subsistances : Il les a établies avec science, par une détermination parfaite, et les a consolidées avec sagesse, par une administration sûre. Il est certes parfaitement Connaisseur et Clairvoyant. Il est l'Éternel sans fin, le Permanent sans terme. Il sait ce qui est dans la terre, dans le ciel, entre eux et sous la poussière. Je Le loue d'une louange pure et secrète, de la louange dont L'ont loué les anges et les prophètes, une louange dont le nombre ne peut être compté, qu'aucune durée ne précède et dont nul ne peut produire l'équivalent. Je crois en Lui, je me confie en Lui, je Lui demande la guidance, je Lui demande la suffisance, je Lui demande de décider par le bien, et je recherche Son agrément. J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu, Seul, sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Il l'a envoyé avec la guidée et la religion de vérité pour la faire triompher sur toute autre religion, en dépit de l'aversion des associateurs. Que Dieu prie sur lui et sur sa Famille. Ô gens ! La vie d'ici-bas n'est pour vous ni une demeure ni un lieu de stabilité. Vous n'y êtes que comme des cavaliers qui ont fait une halte de nuit, ont fait agenouiller leurs montures, puis sont repartis, sont allés et venus. Ils sont entrés légers et repartis légers, sans trouver d'empêchement à leur départ ni de retour vers ce qu'ils ont laissé. Le voyage fut mené pour eux, et ils se sont hâtés ; ils se sont confiés à la vie d'ici-bas sans se préparer, jusqu'à ce que, lorsqu'ils furent saisis à la gorge, ils parvinrent à la demeure d'un peuple dont les calames se sont desséchés. De la plupart d'entre eux il ne reste ni nouvelle ni trace. Court fut leur séjour ici-bas, hâtée fut leur résurrection pour l'au-delà. Vous êtes devenus des occupants dans leurs demeures, vous vous en allez sur leurs traces, et les montures vous portent d'une marche où il n'y a ni lassitude ni relâchement. Votre jour, avec vos personnes, est un labeur incessant ; votre nuit, avec vos esprits, est un voyage. Vous êtes devenus ceux qui imitent leur état et suivent l'exemple de leur voie. Que la vie d'ici-bas ne vous trompe donc pas ! Vous n'y êtes que des voyageurs de passage ; la mort descend sur vous. Ses flèches mortelles vous atteignent et ses montures emportent vos nouvelles vers la demeure de la récompense et du châtiment, de la rétribution et du compte. Que Dieu fasse miséricorde à l'homme qui a craint son Seigneur, s'est détourné de son péché, a maîtrisé sa passion, a démenti ses désirs ; à l'homme qui a bridé son âme par la crainte pieuse (taqwā) et l'a muselée avec le mors de la frayeur de son Seigneur ; qui l'a conduite à l'obéissance par sa bride et l'a retenue de la désobéissance par son mors ; qui lève son regard vers le Retour, attendant à chaque instant sa mort ; dont la pensée est continuelle, les veilles longues, qui se détourne de la vie d'ici-bas avec dégoût, peinant pour son au-delà avec vigilance ; à l'homme qui a fait de la patience la monture de son salut, de la crainte pieuse la provision de sa mort, et le remède de ses maux ; qui a tiré leçon, a mesuré, a abandonné la vie d'ici-bas et les gens, apprenant pour la compréhension profonde (tafaqquh) et la rectitude ; dont le cœur est alourdi par le souvenir du Retour, qui a replié sa couche et délaissé son oreiller, se dressant sur ses extrémités, se plongeant dans ses replis, humble devant Dieu — Puissant et Majestueux —, alternant la face et les paumes, humble dans le secret devant son Seigneur. Sa larme coule abondamment, son cœur palpite violemment, ses paupières sont lourdes, ses membres tremblent de crainte de Dieu — Puissant et Majestueux —. Grand est son désir de ce qui est auprès de Dieu, intense est sa frayeur de Lui. Il se contente du strict nécessaire dans ses affaires, manifeste moins que ce qu'il cache, et se satisfait du peu qu'il sait. Ceux-là sont les dépôts de Dieu dans Ses contrées, ceux par qui est repoussé le mal de Ses serviteurs. Si l'un d'eux jure par Dieu — dont la mention est sublime —, Il exauce son serment ; ou s'il invoque contre quelqu'un, Dieu le secourt. Il l'entend lorsqu'il Lui parle en secret et exauce son appel lorsqu'il L'invoque. Dieu a fait de la fin heureuse la récompense de la crainte pieuse, et du Paradis le refuge de ses gens. Leur invocation y est la plus belle des invocations : « Gloire à Toi, ô Dieu ! » Le Maître les appelle pour ce qu'Il leur a donné, et la fin de leur invocation est : « Louange à Dieu, Seigneur des mondes ! »