Il a dit : J'étais assis auprès d'un juge parmi les juges, et Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) était assis avec lui. Deux hommes vinrent à lui. L'un d'eux dit : « J'ai loué les chameaux de cet homme pour transporter ma marchandise vers l'une des mines. J'ai posé comme condition qu'il me fasse entrer à la mine tel jour, car c'est un marché [dont] je crains de manquer. Si je suis retardé par rapport à cela, je déduis du loyer, pour chaque jour de retard, telle et telle somme. Or il m'a retardé par rapport à ce moment de tant et tant de jours. » Le juge dit : « Cette condition est invalide. Paye-lui son loyer en totalité. » Lorsque l'homme se leva, Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) se tourna vers moi et dit : « Sa condition est licite tant qu'elle ne réduit pas la totalité de son loyer. »
6- عِدَّةٌ مِنْ أَصْحَابِنَا عَنْ أَحْمَدَ بْنِ مُحَمَّدٍ عَنِ ابْنِ مَحْبُوبٍ عَنْ أَبِي وَلادٍ الْحَنَّاطِ قَالَ اكْتَرَيْتُ بَغْلا إِلَى قَصْرِ ابْنِ هُبَيْرَةَ ذَاهِباً وَجَائِياً بِكَذَا وَكَذَا وَخَرَجْتُ فِي طَلَبِ غَرِيمٍ لِي فَلَمَّا صِرْتُ قُرْبَ قَنْطَرَةِ الْكُوفَةِ خُبِّرْتُ أَنَّ صَاحِبِي تَوَجَّهَ إِلَى النِّيلِ فَتَوَجَّهْتُ نَحْوَ النِّيلِ فَلَمَّا أَتَيْتُ النِّيلَ خُبِّرْتُ أَنَّ صَاحِبِي تَوَجَّهَ إِلَى بَغْدَادَ فَاتَّبَعْتُهُ وَظَفِرْتُ بِهِ وَفَرَغْتُ مِمَّا بَيْنِي وَبَيْنَهُ وَرَجَعْنَا إِلَى الْكُوفَةِ وَكَانَ ذَهَابِي وَمَجِيئِي خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْماً فَأَخْبَرْتُ صَاحِبَ الْبَغْلِ بِعُذْرِي وَأَرَدْتُ أَنْ أَتَحَلَّلَ مِنْهُ مِمَّا صَنَعْتُ وَأُرْضِيَهُ فَبَذَلْتُ لَهُ خَمْسَةَ عَشَرَ دِرْهَماً فَأَبَى أَنْ يَقْبَلَ فَتَرَاضَيْنَا بِأَبِي حَنِيفَةَ فَأَخْبَرْتُهُ بِالْقِصَّةِ وَأَخْبَرَهُ الرَّجُلُ فَقَالَ لِي وَمَا صَنَعْتَ بِالْبَغْلِ فَقُلْتُ قَدْ دَفَعْتُهُ إِلَيْهِ سَلِيماً قَالَ نَعَمْ بَعْدَ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْماً فَقَالَ مَا تُرِيدُ مِنَ الرَّجُلِ قَالَ أُرِيدُ كِرَى بَغْلِي فَقَدْ حَبَسَهُ عَلَيَّ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْماً فَقَالَ مَا أَرَى لَكَ حَقّاً لأنَّهُ اكْتَرَاهُ إِلَى قَصْرِ ابْنِ هُبَيْرَةَ فَخَالَفَ وَرَكِبَهُ إِلَى النِّيلِ وَإِلَى بَغْدَادَ فَضَمِنَ قِيمَةَ الْبَغْلِ وَسَقَطَ الْكِرَى فَلَمَّا رَدَّ الْبَغْلَ سَلِيماً وَقَبَضْتَهُ لَمْ يَلْزَمْهُ الْكِرَى قَالَ فَخَرَجْنَا مِنْ عِنْدِهِ وَجَعَلَ صَاحِبُ الْبَغْلِ يَسْتَرْجِعُ فَرَحِمْتُهُ مِمَّا أَفْتَى بِهِ أَبُو حَنِيفَةَ فَأَعْطَيْتُهُ شَيْئاً وَتَحَلَّلْتُ مِنْهُ فَحَجَجْتُ تِلْكَ السَّنَةَ فَأَخْبَرْتُ أَبَا عَبْدِ اللهِ (عَلَيْهِ السَّلام) بِمَا أَفْتَى بِهِ أَبُو حَنِيفَةَ فَقَالَ فِي مِثْلِ هَذَا الْقَضَاءِ وَشِبْهِهِ تَحْبِسُ السَّمَاءُ مَاءَهَا وَتَمْنَعُ الأرْضُ بَرَكَتَهَا قَالَ فَقُلْتُ لأبِي عَبْدِ اللهِ (عَلَيْهِ السَّلام) فَمَا تَرَى أَنْتَ قَالَ أَرَى لَهُ عَلَيْكَ مِثْلَ كِرَى بَغْلٍ ذَاهِباً مِنَ الْكُوفَةِ إِلَى النِّيلِ وَمِثْلَ كِرَى بَغْلٍ رَاكِباً مِنَ النِّيلِ إِلَى بَغْدَادَ وَمِثْلَ كِرَى بَغْلٍ مِنْ بَغْدَادَ إِلَى الْكُوفَةِ تُوَفِّيهِ إِيَّاهُ قَالَ فَقُلْتُ جُعِلْتُ فِدَاكَ إِنِّي قَدْ عَلَفْتُهُ بِدَرَاهِمَ فَلِي عَلَيْهِ عَلَفُهُ فَقَالَ لا لأنَّكَ غَاصِبٌ فَقُلْتُ أَرَأَيْتَ لَوْ عَطِبَ الْبَغْلُ وَنَفَقَ أَلَيْسَ كَانَ يَلْزَمُنِي قَالَ نَعَمْ قِيمَةُ بَغْلٍ يَوْمَ خَالَفْتَهُ قُلْتُ فَإِنْ أَصَابَ الْبَغْلَ كَسْرٌ أَوْ دَبَرٌ أَوْ غَمْزٌ فَقَالَ عَلَيْكَ قِيمَةُ مَا بَيْنَ الصِّحَّةِ وَالْعَيْبِ يَوْمَ تَرُدُّهُ عَلَيْهِ قُلْتُ فَمَنْ يَعْرِفُ ذَلِكَ قَالَ أَنْتَ وَهُوَ إِمَّا أَنْ يَحْلِفَ هُوَ عَلَى الْقِيمَةِ فَتَلْزَمَكَ فَإِنْ رَدَّ الْيَمِينَ عَلَيْكَ فَحَلَفْتَ عَلَى الْقِيمَةِ لَزِمَهُ ذَلِكَ أَوْ يَأْتِيَ صَاحِبُ الْبَغْلِ بِشُهُودٍ يَشْهَدُونَ أَنَّ قِيمَةَ الْبَغْلِ حِينَ أَكْرَى كَذَا وَكَذَا فَيَلْزَمَكَ قُلْتُ إِنِّي كُنْتُ أَعْطَيْتُهُ دَرَاهِمَ وَرَضِيَ بِهَا وَحَلَّلَنِي فَقَالَ إِنَّمَا رَضِيَ بِهَا وَحَلَّلَكَ حِينَ قَضَى عَلَيْهِ أَبُو حَنِيفَةَ بِالْجَوْرِ وَالظُّلْمِ وَلَكِنِ ارْجِعْ إِلَيْهِ فَأَخْبِرْهُ بِمَا أَفْتَيْتُكَ بِهِ فَإِنْ جَعَلَكَ فِي حِلٍّ بَعْدَ مَعْرِفَتِهِ فَلا شَيْءَ عَلَيْكَ بَعْدَ ذَلِكَ قَالَ أَبُو وَلادٍ فَلَمَّا انْصَرَفْتُ مِنْ وَجْهِي ذَلِكَ لَقِيتُ الْمُكَارِيَ فَأَخْبَرْتُهُ بِمَا أَفْتَانِي بِهِ أَبُو عَبْدِ اللهِ (عَلَيْهِ السَّلام) وَقُلْتُ لَهُ قُلْ مَا شِئْتَ حَتَّى أُعْطِيَكَهُ فَقَالَ قَدْ حَبَّبْتَ إِلَيَّ جَعْفَرَ بْنَ مُحَمَّدٍ (عَلَيْهِما السَّلام) وَوَقَعَ فِي قَلْبِي لَهُ التَّفْضِيلُ وَأَنْتَ فِي حِلٍّ وَإِنْ أَحْبَبْتَ أَنْ أَرُدَّ عَلَيْكَ الَّذِي أَخَذْتُ مِنْكَ فَعَلْتُ.
Il a dit : J'ai loué une mule pour aller au Qaṣr Ibn Hubayra aller-retour pour tel et tel prix, et je suis parti à la recherche d'un débiteur. Lorsque je fus près du pont de Kūfa, on m'informa que mon homme s'était dirigé vers al-Nīl. Je me dirigeai donc vers al-Nīl. Quand j'arrivai à al-Nīl, on m'informa que mon homme s'était dirigé vers Bagdad. Je le suivis, je l'attrapai, je réglai mes affaires avec lui, et nous revînmes à Kūfa. Mon aller-retour dura quinze jours. J'informai le propriétaire de la mule de mon excuse et je souhaitai obtenir son pardon pour ce que j'avais fait et le satisfaire. Je lui offris quinze dirhams, mais il refusa de les accepter. Nous convînmes tous deux d'aller trouver Abū Ḥanīfa. Je lui racontai l'histoire, et l'homme la lui raconta aussi. Il me dit : « Qu'as-tu fait de la mule ? » Je répondis : « Je la lui ai rendue saine et sauve. » Il dit : « Oui, après quinze jours. » Il dit : « Que veux-tu de cet homme ? » Il répondit : « Je veux le prix de location de ma mule, car il me l'a retenue quinze jours. » Il dit : « Je ne vois aucun droit pour toi, parce qu'il l'a louée pour aller au Qaṣr Ibn Hubayra, mais il a dévié et l'a montée jusqu'à al-Nīl et Bagdad ; il a donc garanti la valeur de la mule et le loyer est tombé. Quand il a rendu la mule saine et sauve et que tu l'as reçue, le loyer ne lui incombe plus. » Abū Walād dit : Nous sortîmes de chez lui, et le propriétaire de la mule se mit à dire « Innā liLlāhi wa innā ilayhi rājiʿūn ». J'eus pitié de lui à cause de la fatwā d'Abū Ḥanīfa, je lui donnai quelque chose et j'obtins son pardon. Cette année-là, j'accomplis le pèlerinage (ḥajj) et j'informai Abū ʿAbd Allāh (sur lui la paix) de la fatwā d'Abū Ḥanīfa. Il (l'Imam) dit : « Pour un jugement comme celui-ci et ses semblables, le ciel retient son eau et la terre refuse sa bénédiction. » Abū Walād dit : Je dis à Abū ʿAbd Allāh (sur lui la paix) : « Que penses-tu, toi ? » Il dit : « Je considère que tu lui dois le prix de location d'une mule pour l'aller de Kūfa à al-Nīl, le prix de location d'une mule pour le trajet d'al-Nīl à Bagdad, et le prix de location d'une mule pour le trajet de Bagdad à Kūfa ; tu dois les lui verser en totalité. » Je dis : « Que je sois sacrifié pour toi ! J'ai dépensé des dirhams pour sa nourriture ; ai-je droit au remboursement de son fourrage ? » Il dit : « Non, car tu es un usurpateur (ghāṣib). » Je dis : « Vois-tu si la mule avait été blessée ou était morte, n'aurais-je pas dû en répondre ? » Il dit : « Oui, la valeur d'une mule au jour où tu as dévié. » Je dis : « Et si la mule avait subi une fracture, une blessure dorsale ou une boiterie ? » Il dit : « Tu dois la différence de valeur entre l'état sain et l'état défectueux au jour où tu la lui rends. » Je dis : « Qui connaît cela ? » Il dit : « Toi et lui : soit il prête serment sur la valeur et elle t'incombe, soit il te renvoie le serment et tu prêtes serment sur la valeur et cela lui incombe, soit le propriétaire de la mule amène des témoins qui attestent que la valeur de la mule au moment de la location était telle et telle, et elle t'incombe. » Je dis : « Je lui ai déjà donné des dirhams, il en a été satisfait et m'a pardonné. » Il dit : « Il n'en a été satisfait et ne t'a pardonné que lorsqu'Abū Ḥanīfa a rendu contre lui un jugement injuste et tyrannique. Mais retourne vers lui, informe-le de la fatwā que je t'ai donnée ; s'il te tient quitte après en avoir eu connaissance, alors il n'y a rien contre toi après cela. » Abū Walād dit : Lorsque je revins de ce voyage, je rencontrai le muletier, je l'informai de la fatwā que m'avait donnée Abū ʿAbd Allāh (sur lui la paix) et je lui dis : « Demande ce que tu veux, je te le donnerai. » Il dit : « Tu m'as rendu aimable Jaʿfar b. Muḥammad (sur eux deux la paix), et la préférence pour lui est tombée dans mon cœur. Tu es quitte [de toute obligation]. Et si tu veux, je te rends ce que j'ai pris de toi, je le ferai. »