Il a dit : « Lorsque tu entames la prière, élève tes deux paumes, puis déploie-les largement. Prononce ensuite trois fois le takbīr (Allāhu akbar). Puis dis : “Ô Dieu, Tu es le Roi, la Vérité ; il n'y a de divinité que Toi. Gloire à Toi ! J'ai été injuste envers moi-même ; pardonne donc mon péché, car nul ne pardonne les péchés sinon Toi.” Puis prononce deux takbīr et dis : “Me voici à Ton service et à Ta disposition. Le bien est entre Tes mains, le mal ne vient pas de Toi. Celui qui est guidé est celui que Tu guides. Nul refuge contre Toi si ce n'est auprès de Toi. Gloire à Toi ! Toute tendresse ! Béni et Très-Haut sois-Tu ! Gloire à Toi, Seigneur de la Demeure (la Kaʿba) !” Puis prononce deux takbīr et dis : “Je tourne mon visage vers Celui qui a créé les cieux et la terre, Connaisseur de l'invisible et du visible, en pur monothéiste et soumis, et je ne suis point parmi les associateurs. Certes, ma prière, mon sacrifice, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur des mondes, nul associé à Lui. C'est cela qui m'a été ordonné, et je suis parmi les soumis.” Puis cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le maudit, puis récite la Fātiḥa du Livre. »
Il a dit : Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) me dit un jour : « Ô Ḥammād, sais-tu bien accomplir la prière (ṣalāt) ? » Je répondis : « Ô mon maître, je connais par cœur le livre de Ḥarīz sur la prière. » Il dit : « Cela ne te suffit pas, ô Ḥammād. Lève-toi et prie. » Ḥammād dit : Je me tins donc debout devant lui, tourné vers la qibla (direction de La Mecque), et j'entamai la prière, m'inclinai et me prosternai. Il dit alors : « Ô Ḥammād, tu ne sais pas bien prier. Qu'il est laid qu'un homme parmi vous, après soixante ou soixante-dix ans de vie, n'accomplisse pas une seule prière complète avec ses règles ! » Ḥammād dit : Je me sentis humilié en moi-même et dis : « Que je sois ta rançon ! Enseigne-moi donc la prière. » Alors Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) se leva, face à la qibla, bien droit ; il laissa ses deux mains ensemble retomber sur ses cuisses, les doigts serrés ; il rapprocha ses pieds jusqu'à ce qu'il y ait entre eux l'espace de trois doigts écartés ; il orienta les orteils de ses deux pieds vers la qibla, sans les en détourner ; et il dit, avec recueillement (khushūʿ) : Allāhu Akbar (Dieu est plus grand). Puis il récita al-Ḥamd (la sourate al-Fātiḥa) avec une psalmodie posée (tartīl) et Qul Huwa Llāhu Aḥad (sourate al-Ikhlāṣ). Puis il s'arrêta un instant, le temps d'un souffle, debout ; puis il leva ses mains à la hauteur de son visage et dit : Allāhu Akbar, debout. Ensuite, il s'inclina (rukūʿ), remplit ses deux paumes de ses genoux écartés, repoussa ses genoux en arrière jusqu'à ce que son dos fût parfaitement plat, à tel point que si l'on y versait une goutte d'eau ou d'huile, elle ne coulerait pas tant son dos était droit ; il allongea son cou et ferma les yeux. Puis il glorifia trois fois posément en disant : Subḥāna rabbiya l-ʿaẓīm wa bi-ḥamdih (Gloire à mon Seigneur, l'Immense, et à Sa Louange). Puis il se redressa debout ; lorsqu'il fut bien stable en position debout, il dit : Samiʿa Llāhu li-man ḥamidah (Dieu entend celui qui Le loue). Puis il prononça le takbīr (Allāhu Akbar) debout et leva ses mains à hauteur de son visage. Ensuite, il se prosterna (sajda), étendit ses deux paumes aux doigts serrés devant ses genoux, à hauteur de son visage, et dit : Subḥāna rabbiya l-aʿlā wa bi-ḥamdih (Gloire à mon Seigneur, le Très-Haut, et à Sa Louange) trois fois, sans poser aucune partie de son corps sur une autre. Il se prosterna sur huit os : les deux paumes, les deux genoux, les extrémités des deux gros orteils, le front et le nez. Il dit : « Sept d'entre eux sont obligatoires (farḍ), sur lesquels on se prosterne, et ce sont ceux que Dieu a mentionnés dans Son Livre en disant : “Et que les mosquées (masājid) sont à Dieu : n'invoquez donc personne avec Dieu” (Coran 72:18) : ce sont le front, les deux paumes, les deux genoux et les deux gros orteils (ibhāmān). Poser le nez sur le sol est une pratique recommandée (sunna). » Puis il releva la tête de la prosternation ; lorsqu'il fut assis bien droit, il dit : Allāhu Akbar. Puis il s'assit sur sa cuisse gauche, plaçant le dessus de son pied droit sur la plante de son pied gauche, et dit : Astaghfiru Llāha rabbī wa atūbu ilayh (Je demande pardon à Dieu mon Seigneur et je me repens à Lui). Puis il prononça le takbīr assis et se prosterna une seconde fois, disant comme lors de la première, sans poser aucune partie de son corps sur une autre pendant l'inclinaison (rukūʿ) ou la prosternation (sujūd). Il tenait ses bras écartés (mujanniḥan) et ne posait pas ses avant-bras sur le sol. Il accomplit ainsi deux rakʿas (cycles de prière), les doigts serrés, assis durant le tashahhud (témoignage de foi). Lorsqu'il eut terminé le tashahhud, il prononça la salutation finale (salām). Puis il dit : « Ô Ḥammād, prie ainsi ! »