IsnādD'après Muḥammad ibn Yaḥyā, d'après Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿĪsā, d'après al-Ḥasan ibn Maḥbūb, d'après al-Haytham ibn Wāqid al-Ḥarīrī, d'après Abū ʿAbd Allāh (Que la paix soit sur lui)
Il a dit : « Quiconque se détache (zuhd) du bas monde (dunyā), Dieu établit la sagesse (ḥikma) dans son cœur, en fait parler sa langue, lui fait voir les défauts du bas monde — son mal et son remède — et le fait sortir du bas monde sain et sauf vers la Demeure de la Paix (Dār al-Salām). »
Isnād2. ʿAlī ibn Ibrāhīm, d’après son père et ʿAlī ibn Muḥammad al-Qāsānī, tous deux d’après al-Qāsim ibn Muḥammad, d’après Sulaymān ibn Dāwūd al-Minqarī, d’après Ḥafṣ ibn Ghiyāth, d’après Abū ʿAbdillāh (ṣ) — il dit : je l’ai entendu dire :
« Tout le bien a été placé dans une maison, et sa clé a été constituée par le détachement (zuhd) envers ce bas monde. » Puis il dit : « L’Envoyé de Dieu (ṣ) a dit : “L’homme ne trouvera la douceur de la foi (ḥalāwat al-īmān) dans son cœur qu’au point de ne plus se soucier de ce qu’il consomme de ce bas monde.” » Puis Abū ʿAbdillāh (ṣ) dit : « Il est interdit à vos cœurs de connaître la douceur de la foi tant que vous ne vous êtes pas détachés (zuhd) de ce bas monde. »
Isnād3. ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après Muḥammad ibn ʿĪsā, d'après Yūnus, d'après Abū Ayyūb al-Khazzāz, d'après Abū Ḥamza, d'après Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) qui a dit :
Le Commandeur des croyants (que la paix soit sur lui) a dit : « Parmi les traits de caractère les plus secourables pour la religion se trouve le détachement (zuhd) face à ce bas monde. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après son père et ʿAlī ibn Muḥammad, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad, d'après Sulaymān ibn Dāwūd al-Minqarī, d'après ʿAlī ibn Hāshim ibn al-Barīd, d'après son père
un homme interrogea ʿAlī ibn al-Ḥusayn (que la paix soit sur eux) au sujet du zuhd (ascétisme). Il répondit : « Dix choses. Le plus haut degré du zuhd est le plus bas degré du waraʿ (piété scrupuleuse), le plus haut degré du waraʿ est le plus bas degré du yaqīn (certitude), et le plus haut degré du yaqīn est le plus bas degré du riḍā (contentement). Sache que le zuhd se trouve dans un verset du Livre d'Allah, Puissant et Majestueux : "Afin que vous ne vous affligiez pas de ce qui vous échappe et que vous ne vous réjouissiez pas de ce qu'Il vous donne" (Coran 57:23). »
IsnādPar cette même chaîne, d'après al-Minqarī, d'après Sufyān ibn ʿUyayna
Il a dit : J'ai entendu Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) dire : « Tout cœur dans lequel il y a un doute ou un polythéisme (shirk) est perdu. Ils n'ont voulu par l'ascèse (zuhd) en ce bas monde que pour que leurs cœurs se libèrent pour l'au-delà. »
IsnādʿAlī, d'après son père, d'après Ibn Maḥbūb, d'après al-ʿAlāʾ b. Razīn, d'après Muḥammad b. Muslim, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) qui a dit : « Le Commandeur des croyants (que la paix soit sur lui) a dit : »
« Le signe de celui qui désire la récompense de l’au-delà est son détachement (zuhd) des plaisirs éphémères et trompeurs de ce monde (dunyā). Or, le détachement de l'ascète en ce bas monde ne lui enlève rien de ce que Dieu – Puissant et Majestueux – lui a attribué, même s’il s’en détache ; et la convoitise de l'avide pour les plaisirs fugaces de la vie d’ici-bas ne lui en ajoute rien, même s’il convoite. Ainsi, le dupé est celui qui est privé de sa part de l’au-delà. »
IsnādMuhammad ibn Yaḥyā, d'après Aḥmad ibn Muḥammad, d'après Muḥammad ibn Yaḥyā al-Khathʿamī, d'après Ṭalḥa ibn Zayd, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui)
Il a dit : « Rien de la vie en ce bas monde n'a émerveillé le Messager de Dieu (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille), si ce n'est qu'il y soit affamé et craintif. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après son père, d'après Ibn Abī ʿUmayr, d'après Jamīl ibn Darrāj, d'après Abū ʿAbd Allāh (al-Imām al-Ṣādiq, que la paix soit sur lui)
Il a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa Famille) passa près d'un chevreau sans cornes, jeté sur un tas d'ordures, mort. Il dit à ses Compagnons : “Combien vaut celui-ci ?” Ils dirent : “Peut-être, s'il était vivant, ne vaudrait-il même pas un dirham.” Alors le Prophète (que Dieu prie sur lui et sa Famille) dit : “Par Celui qui tient mon âme en Sa main, la vie d'ici-bas est plus méprisable auprès de Dieu que ne l'est ce chevreau pour sa famille.” »
IsnādʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après son père, d'après Ibn Abī ʿUmayr, d'après Ibn Bukayr, d'après Abū ʿAbd Allāh (al-Ṣādiq, que la paix soit sur lui)
Il a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) a dit : “Certes, dans la quête de ce bas monde (al-dunyā) il y a un préjudice pour l'au-delà (al-ākhira), et dans la quête de l'au-delà un préjudice pour ce bas monde. Donc, causez préjudice à ce bas monde, car il mérite davantage d'être lésé.” »
IsnādMuhammad ibn Yaḥyā, d'après Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿĪsā, d'après ʿAlī ibn al-Ḥakam, d'après Abū Ayyūb al-Khazzāz, d'après Abū ʿUbayda al-Ḥadhdhāʾ
Il a dit : Je dis à Abū Jaʿfar (sur lui la paix) : « Rapporte-moi une chose dont je puisse tirer profit. » Il dit alors : « Ô Abā ʿUbayda, multiplie l'évocation de la mort, car jamais un homme ne multiplie l'évocation de la mort sans devenir ascète en ce bas monde. »
IsnādD'après lui (Aḥmad b. Muḥammad b. ʿĪsā), d'après ʿAlī b. al-Ḥakam, d'après al-Ḥakam b. Ayman, d'après Dāwūd al-Abzārī
Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) a dit : « Un Ange crie chaque jour : “Ô fils d'Adam ! Enfante pour la mort, amasse pour la disparition, et bâtis pour la ruine.” »
IsnādD'après lui (le cheikh), d'après ʿAlī b. al-Ḥakam, d'après Mūsā b. Bakr, d'après Abū Ibrāhīm (al-Kāẓim, que la paix soit sur lui), qui a dit : Abū Dharr — que Dieu lui fasse miséricorde — a dit :
Que Dieu rétribue le bas monde en ce qui me concerne par le blâme, moyennant deux miches d'orge : je déjeune avec l'une et dîne avec l'autre ; et moyennant deux manteaux de laine : je me ceins avec l'un et m'en drape avec l'autre.
IsnādUn groupe de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad b. Khālid, d'après al-Qāsim b. Yaḥyā, d'après son grand-père al-Ḥasan b. Rāshid, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui)
— Il a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille) a dit : “Qu’ai-je à faire avec ce bas monde ? Ma comparaison avec lui est semblable à celle d’un voyageur à qui un arbre est offert par un jour d’été ; il dit : ‘(Je me repose) sous son ombre’, puis il repart et l’abandonne.” »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après son père, d'après ʿAbd Allāh ibn al-Mughīra, d'après Ghiyāth ibn Ibrāhīm, d'après Abū ʿAbd Allāh (la paix soit sur lui)
Il est dans le Livre de ʿAlī (que la bénédiction de Dieu soit sur lui et sur sa Famille) : « La parabole de ce bas-monde est semblable à celle du serpent : combien son toucher est doux, mais dans ses entrailles se trouve le venin mortel ; l'homme doué de raison (al-ʿāqil) s'en garde, tandis que l'enfant ignorant s'y précipite. »
IsnādʿAlī ibn Ibrāhīm, d’après son père, d’après ʿAbd Allāh ibn al-Mughīra et un autre, d’après Talḥa ibn Zayd, d’après Abū ʿAbd Allāh (al-Imām al-Ṣādiq) (que la paix soit sur lui)
Il a dit : « La parabole de ce bas monde (al-dunyā) est semblable à l’eau de la mer : plus l’assoiffé en boit, plus sa soif augmente, jusqu’à ce qu’elle le tue. »
IsnādAl-Ḥusayn b. Muḥammad d'après Muʿallā b. Muḥammad d'après al-Washshā’
J'ai entendu ar-Riḍā (sur lui la paix) dire : « Jésus, fils de Marie (que Dieu prie sur lui et sur sa famille) dit aux apôtres : Ô Fils d'Israël ! Ne vous affligez pas pour ce qui vous échappe du bas monde, comme les gens de ce monde ne s'affligent pas pour ce qui leur échappe de leur religion lorsqu'ils obtiennent leur bas monde. »
IsnādPlusieurs de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad b. Khālid, d'après al-Qāsim b. Yaḥyā, d'après son grand-père al-Ḥasan b. Rāshid, d'après ʿAbd Allāh b. Sinān, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui)
Il a dit : Le Prophète (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille) sortit alors qu'il était triste. Un ange vint à lui, portant les clefs des trésors de la terre, et dit : « Ô Muḥammad, voici les clefs des trésors de la terre. Ton Seigneur te dit : Ouvre et prends-en ce que tu veux, sans que rien n'en soit diminué auprès de Moi. » Le Messager de Dieu (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille) dit alors : « Le bas monde est la demeure de celui qui n'a pas de demeure ; et pour lui amasse celui qui n'a pas d'intellect (ʿaql). » L'ange dit : « Par Celui qui t'a envoyé comme prophète en toute vérité, j'ai entendu cette parole d'un ange qui la disait dans le quatrième ciel au moment où l'on m'a remis les clefs. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après ʿAlī ibn Muḥammad al-Qāsānī, d'après celui qu'il mentionna, d'après ʿAbd Allāh ibn al-Qāsim, d'après Abū ʿAbd Allāh (Jaʿfar al-Ṣādiq, sur lui la paix)
Il a dit : « Lorsque Dieu veut du bien pour un serviteur, Il le détache du bas-monde (zuhd), l’instruit dans la religion et lui fait voir les défauts du monde. Celui qui se voit accorder ces choses a reçu le bien de ce monde-ci et de l’autre. » Il a dit encore : « Jamais personne n’a recherché la vérité par une porte meilleure que le détachement du bas-monde, car cela est l’opposé de ce que recherchent les ennemis de la vérité. » Je dis : « Que je sois ta rançon ! Par rapport à quoi ? » Il répondit : « Par rapport à l’avidité pour ce monde. » Et il dit : « N’y a-t-il pas un endurant généreux ? Ce ne sont que des jours comptés. Sachez qu’il vous est interdit de goûter la saveur de la foi jusqu’à ce que vous vous détachiez du bas-monde. » Il dit : « Et j’ai entendu Abū ʿAbd Allāh (sur lui la paix) dire : “Lorsque le croyant se libère du bas-monde, il s’élève et trouve la douceur de l’amour de Dieu. Aux yeux des gens du monde, il est comme s’il avait perdu l’esprit, alors que c’est la douceur de l’amour de Dieu qui a saisi les gens, les empêchant de s’occuper d’autre chose.” » Il dit : « Et je l’ai entendu dire : “Lorsque le cœur devient pur, la terre lui devient trop étroite jusqu’à ce qu’il s’élève.” »
IsnādʿAlī, d'après son père, d'après ʿAlī b. Muḥammad al-Qāsānī, d'après al-Qāsim b. Muḥammad, d'après Sulaymān b. Dāwūd al-Minqarī, d'après ʿAbd al-Razzāq b. Hammām, d'après Maʿmar b. Rāshid, d'après al-Zuhrī Muḥammad b. Muslim b. Shihāb
Il a dit : ʿAlī b. al-Ḥusayn (sur eux deux la paix) fut interrogé : « Quelle est l'œuvre la plus excellente auprès de Dieu — Puissant et Majestueux ? » Il répondit : « Il n'y a, après la connaissance de Dieu — Glorieux et Puissant — et la connaissance de Son Envoyé (que la prière de Dieu soit sur lui et sa Famille), nulle œuvre plus excellente que la haine de ce monde (al-dunyā). Et certes celle-ci a de nombreuses ramifications, tout comme les péchés ont des ramifications. La première chose par laquelle Dieu fut désobéi est l'orgueil (al-kibr) : c'est la désobéissance d'Iblīs lorsqu'il refusa et s'enfla d'orgueil, et il fut du nombre des mécréants. Puis la convoitise (al-ḥirṣ) : c'est la désobéissance d'Adam et Ève lorsque Dieu — Puissant et Majestueux — leur dit : « Mangez de tout où vous voudrez, et n'approchez point cet arbre, sinon vous seriez du nombre des injustes » ; ils prirent donc ce dont ils n'avaient nul besoin, et cela se transmit à leur descendance jusqu'au Jour de la Résurrection ; en effet, la plupart de ce que recherche le fils d'Adam est ce dont il n'a nul besoin. Puis l'envie (al-ḥasad) : c'est la désobéissance du fils d'Adam lorsqu'il envia son frère et le tua. De là se ramifièrent : l'amour des femmes, l'amour de ce monde, l'amour du commandement, l'amour du repos, l'amour du discours, l'amour de l'élévation et de la richesse ; ainsi devinrent-elles sept qualités qui toutes se rassemblèrent dans l'amour de ce monde. Aussi les prophètes et les savants dirent-ils, après avoir connu cela : « L'amour de ce monde est la tête de tout péché. » Et le monde (al-dunyā) est de deux sortes : un monde de suffisance (dunyā balāgh) et un monde maudit (dunyā malʿūna).
IsnādD'après lui (al‑ʿAllāma al‑Kulaynī), d'après ʿAlī b. al‑Ḥakam, d'après ʿUmar b. Abān, d'après Abū Ḥamza, d'après Abū Jaʿfar (al‑Bāqir) (que la paix soit sur lui) qui a dit : ʿAlī b. al‑Ḥusayn (Zayn al‑ʿĀbidīn) (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) a dit :
« Certes, la vie d'ici‑bas (ad‑dunyā) s'en est allée en tournant le dos, et certes la Vie dernière (al‑ākhira) s'est approchée en venant de face. Chacune des deux a ses enfants. Soyez donc parmi les enfants de la Vie dernière, et ne soyez pas parmi les enfants de la vie d'ici‑bas. Prenez garde ! Soyez parmi ceux qui se détachent (az‑zāhidīn) de la vie d'ici‑bas et désirent ardemment la Vie dernière. Prenez garde ! Ceux qui se détachent de la vie d'ici‑bas ont pris la terre pour tapis, la poussière pour couche et l'eau pour parfum ; ils se sont retranchés de la vie d'ici‑bas en la coupant net. Prenez garde ! Celui qui aspire au Paradis se détache des passions ; celui qui craint le Feu revient sur les choses interdites (al‑muḥarramāt) ; et celui qui se détache de la vie d'ici‑bas, les malheurs lui deviennent faciles à supporter. Prenez garde ! Dieu a des serviteurs qui sont comme s'ils voyaient les gens du Paradis éternellement au Paradis, et comme s'ils voyaient les gens du Feu éternellement tourmentés dans le Feu. Leurs maux sont mis en sécurité (c'est‑à‑dire qu'on est à l'abri de leur mal), leurs cœurs sont tristes, leurs âmes sont chastes, leurs besoins sont légers. Ils ont patienté quelques jours et sont parvenus au résultat d'un long repos. Quant à la nuit, ils alignent leurs pieds (en prière) ; leurs larmes coulent sur leurs joues et ils implorent leur Seigneur à haute voix, s'efforçant d'obtenir l'affranchissement de leurs cous (du Feu). Quant au jour, ce sont des hommes indulgents, savants, pieux, dévots ; on dirait des flèches (bien taillées) que la crainte (de Dieu) a dégrossies par l'adoration. Celui qui les regarde dit : “Sont‑ils malades ?” — alors qu'ils n'ont aucune maladie ; “Ou bien ont‑ils perdu l'esprit ?” — mais ces gens sont atteints d'une chose immense : le souvenir du Feu et de ce qu'il contient. »
IsnādD'après lui (Aḥmad b. Muḥammad al-Barqī), d'après ʿAlī b. al-Ḥakam, d'après Abū ʿAbd Allāh al-Muʾmin, d'après Jābir
Jābir dit : J’entrai chez Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui). Il me dit : « Ô Jābir, par Dieu, je suis triste et mon cœur est occupé. » Je dis : « Que je sois sacrifié pour toi ! Quelle est ton occupation et quelle est la tristesse de ton cœur ? » Il dit : « Ô Jābir, lorsqu’entre dans le cœur la religion pure et sincère de Dieu, elle occupe le cœur de tout ce qui est autre que Lui. Ô Jābir, qu’est-ce que la vie d’ici-bas (dunyā), et que peut-elle être ? N’est-elle que nourriture que tu as mangée, ou vêtement que tu as porté, ou femme que tu as prise ? Ô Jābir, les croyants ne se sont pas rassurés quant à la vie d’ici-bas à cause de leur séjour prolongé en elle, et ils n’ont pas été à l’abri de leur arrivée dans l’au-delà. Ô Jābir, l’au-delà est la demeure permanente, et la vie d’ici-bas est la demeure de l’anéantissement et du dépérissement. Mais les gens de ce monde sont des gens d’insouciance ; les croyants, quant à eux, sont comme les jurisconsultes, gens de réflexion et de leçon : ce qu’ils ont entendu de leurs oreilles ne les a pas rendus sourds au rappel de Dieu — que Son nom soit exalté — et ce qu’ils ont vu des ornements de leurs yeux ne les a pas aveuglés au rappel de Dieu ; ainsi ils ont gagné la récompense de l’au-delà comme ils ont gagné cette science. Sache, ô Jābir, que les gens de piété (taqwā) sont les moins coûteux des gens de ce monde et les plus secourables pour toi : si tu te souviens, ils t’aident ; si tu oublies, ils te rappellent. Ils disent (agissent) par l’ordre de Dieu et se tiennent fermement à l’ordre de Dieu. Ils ont séparé leur amour de l’amour de leur Seigneur et ont rendu ce monde étranger pour obéir à leur Roi. Ils ont regardé vers Dieu — Puissant et Majestueux — et vers Son amour avec leurs cœurs, et ils ont su que c’est Lui qui est regardé en raison de l’immensité de Sa grandeur. Considère donc la vie d’ici-bas comme une demeure où tu t’es installé puis dont tu es reparti, ou comme une richesse que tu as trouvée en rêve puis dont tu t’es réveillé sans rien avoir. Je ne t’ai donné cette parabole que parce qu’auprès des gens doués d’intelligence et de la connaissance de Dieu, elle est comme l’ombre qui décline. Ô Jābir, préserve ce que Dieu — qu’Il soit exalté et magnifié — t’a confié de Sa religion et de Sa sagesse, et ne Lui demande que ce qui correspond à ce qu’Il attend de toi-même. Si la vie d’ici-bas n’est pas comme je te l’ai décrite, alors transfère-toi vers la demeure du repentir (dār al-mustaʿtab). Par ma vie, que d’avides d’une chose ont été malheureux quand elle leur est venue, et que de répugnant une chose ont été heureux quand elle leur est venue. Et c’est la parole de Dieu — Puissant et Majestueux : “Afin que Dieu éprouve ceux qui croient et anéantisse les mécréants.” (Coran 3:141) »
IsnādD'après lui, d'après ʿAlī ibn al-Ḥakam, d'après al-Muthannā, d'après Abū Baṣīr, d'après Abū ʿAbd Allāh (l'Imam Jaʿfar al-Ṣādiq, que la paix soit sur lui)
Il a dit : « Abū Dharr (que Dieu l'agrée) disait dans son sermon : “Ô toi qui recherches la science ! Il semble que rien en ce monde n'ait été quoi que ce soit, sauf ce dont le bien profite et le mal nuit, excepté celui à qui Dieu fait miséricorde. Ô toi qui recherches la science ! Que ni famille ni richesse ne te distraient de toi-même. Le jour où tu les quittes, tu es comme un hôte qui a passé la nuit chez eux, puis qui, au matin, s'en est allé vers d'autres. Le bas monde et l'au-delà sont comme deux demeures : de l'une tu passes à l'autre. Entre la mort et la résurrection, il n'y a rien de plus que le sommeil d'une nuit dont on s'éveille. Ô toi qui recherches la science ! Prépare-toi pour ta station devant Dieu, Puissant et Majestueux, car tu seras récompensé pour ton œuvre : comme tu auras agi, tu seras traité. Ô toi qui recherches la science !” »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après Muḥammad ibn ʿĪsā, d'après Yaḥyā ibn ʿUqba al-Azdī, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) qui a rapporté qu'Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) a dit :
« L'exemple de l'avide pour ce bas-monde est semblable au ver à soie : plus il s'enroule sur lui-même, plus il s'éloigne de la sortie, jusqu'à ce qu'il meure de chagrin. » Il dit : et Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) a dit : « Parmi les exhortations que Luqmān adressa à son fils, il y eut : "Ô mon fils ! Les gens, avant toi, ont amassé [des biens] pour leurs enfants, mais ce qu'ils ont amassé n'a pas duré, et ceux pour qui ils l'ont amassé n'ont pas duré non plus. Tu n'es qu'un serviteur loué : tu as reçu l'ordre d'accomplir une œuvre et on t'a promis un salaire pour elle. Accomplis donc pleinement ton œuvre et perçois intégralement ton salaire. Ne sois pas, en ce bas-monde, tel un mouton qui tombe dans un champ verdoyant : il mange jusqu'à devenir gras, et sa perte survient au moment de son engraissement. Fais plutôt de ce bas-monde tel un pont sur un fleuve : tu le traverses et tu le laisses, sans jamais y revenir jusqu'à la fin des temps. Détruis-le et ne le construis pas, car tu n'as pas reçu l'ordre de le construire. Sache que demain, lorsque tu te tiendras devant Dieu — Puissant et Majestueux —, tu seras interrogé sur quatre choses : ta jeunesse, en quoi tu l'as usée ; ta vie, en quoi tu l'as consumée ; ta richesse, comment tu l'as acquise et en quoi tu l'as dépensée. Prépare-toi donc à cela et prépare-en la réponse. Ne t'afflige pas de ce qui t'a échappé de ce bas-monde, car le peu de ce bas-monde ne dure pas, et l'on n'est pas à l'abri du malheur causé par son abondance. Prends donc garde, sois sérieux dans ton affaire, découvre le voile [de l'insouciance] de ton visage, expose-toi à la bonté de ton Seigneur, renouvelle le repentir dans ton cœur, et agis avec vigueur dans tes moments libres, avant que ta destinée ne soit fixée, que ton arrêt ne soit exécuté, et qu'un obstacle ne se dresse entre toi et ce que tu désires." »
IsnādʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après son père, d'après Ibn Maḥbūb, d'après certains de ses compagnons, d'après Ibn Abī Yaʿfūr
J'ai entendu Abū ʿAbd Allāh (l'Imam Jaʿfar al-Ṣādiq, sur lui la paix) dire, parmi ce par quoi Dieu — Puissant et Majestueux — s'est adressé en secret à Moïse (sur lui la paix) : « Ô Moïse, ne t'appuie pas sur ce bas monde (al-dunyā) comme s'y appuient les injustes et ceux qui en ont fait leur père et leur mère. Ô Moïse, si Je t'abandonnais à toi-même pour que tu te ménages, alors l'amour de ce bas monde et son éclat l'emporteraient sur toi. Ô Moïse, rivalise avec les gens de bien dans le bien et devance-les vers lui, car le bien est comme son nom (bon). Laisse de ce bas monde ce dont tu n'as pas besoin ; que ton œil ne regarde pas tout séduit par lui (ce bas monde) et abandonné à lui-même. Sache que toute tentation (fitna) a pour commencement l'amour de ce bas monde. N'envie personne pour l'abondance des richesses, car avec l'abondance des richesses, les péchés s'accumulent en raison des droits obligatoires. N'envie surtout personne pour la satisfaction des gens à son égard, jusqu'à ce que tu saches que Dieu est satisfait de lui. N'envie surtout aucune créature pour l'obéissance des gens envers elle, car l'obéissance des gens envers lui et leur suite sans vérité est une perdition pour lui et pour ceux qui le suivent. »
IsnādʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après Muḥammad ibn ʿĪsā, d'après Yūnus, d'après Abū Jamīla
Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) a dit : « Le Prince des croyants (que la paix soit sur lui) écrivit à l'un de ses compagnons pour l'exhorter : “Je te recommande, ainsi qu'à moi-même, la piété (taqwā) envers Celui dont la désobéissance n'est pas permise, dont on n'espère nul autre que Lui, et auprès duquel seul se trouve la richesse. Quiconque craint Dieu, Puissant et Majestueux, devient fort, rassasié et désaltéré ; son intellect ('aql) est élevé au-dessus des gens de ce monde. Son corps est avec les gens du monde, mais son cœur et son intellect contemplent l'Au-delà. Par la lumière de son cœur, il éteint ce que ses yeux voient comme amour de ce monde ; il tient pour vil ce qui est illicite (ḥarām) et s'écarte de ses ambiguïtés (shubuhāt). Par Dieu, il se prive même du licite (ḥalāl) pur, sauf de ce qui lui est indispensable : une miche de pain pour soutenir son dos, et un vêtement pour couvrir sa nudité, pris parmi les plus grossiers et les plus frustes qu'il trouve. Il n'a ni confiance ni espoir dans ce qui lui est nécessaire, si bien que sa confiance et son espoir reposent sur le Créateur des choses. Il s'efforce, lutte et fatigue son corps jusqu'à ce que ses côtes apparaissent et que ses yeux se creusent. Alors Dieu lui donne en échange une force dans son corps et une vigueur dans son intellect, et ce qui lui est réservé dans l'Au-delà est plus grand. Abandonne donc ce monde, car l'amour de ce monde rend aveugle, sourd, muet et humilie les nuques. Rattrape donc ce qui te reste de ta vie, et ne dis pas : “Demain, ou après-demain.” Ceux qui t'ont précédé n'ont péri que parce qu'ils persistaient dans les illusions (amānī) et les remises au lendemain (taswīf), jusqu'à ce que l'ordre de Dieu vînt soudainement alors qu'ils étaient insouciants, et ils furent transportés sur leurs planches funèbres vers leurs tombes obscures et étroites, après que leurs enfants et leurs proches les eurent abandonnés. Attache-toi donc à Dieu avec un cœur repentant, par renoncement au monde et par une détermination sans faiblesse ni défaillance. Que Dieu nous aide, toi et moi, à Lui obéir, et qu'Il nous accorde, à toi et à moi, la réussite pour ce qui L'agrée. »”