Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) naquit l'an 57 [de l'Hégire] et mourut (que la paix soit sur lui) l'an 114 [de l'Hégire] à l'âge de cinquante-sept ans. Il fut enterré à al-Baqīʿ à Médine, dans la tombe même où fut enterré son père ʿAlī fils de Ḥusayn (que la paix soit sur eux deux). Sa mère était Umm ʿAbd Allāh, fille d'al-Ḥasan fils de ʿAlī fils d'Abī Ṭālib — que la paix soit sur eux et sur leur descendance guidée.
IsnādMuhammad b. Yaḥyā d'après Muhammad b. Aḥmad d'après ʿAbd Allāh b. Aḥmad d'après Ṣāliḥ b. Mazīd d'après ʿAbd Allāh b. al-Mughīra d'après Abī al-Ṣabbāḥ d'après Abī Jaʿfar (que la paix soit sur lui)
IsnādSaʿd b. ʿAbd Allāh et al-Ḥimyarī, tous deux, d'après Ibrāhīm b. Mahziyār, d'après son frère ʿAlī b. Mahziyār, d'après al-Ḥusayn b. Saʿīd, d'après Muḥammad b. Sinān, d'après Ibn Muskān, d'après Abū Baṣīr, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui)
Muḥammad b. ʿAlī al-Bāqir mourut alors qu'il était âgé de cinquante-sept ans, en l'an cent quatorze. Il vécut après ʿAlī b. al-Ḥusayn (que la paix soit sur eux deux) dix-neuf ans et deux mois.
Ma mère était assise près d'un mur ; le mur se fendit et nous entendîmes un grand fracas. Elle dit de sa main : « Non, par le droit du Mustafā (l'Élu) ! Dieu ne t'a pas permis de tomber. » Alors [le mur] resta suspendu en l'air jusqu'à ce qu'elle fût passée. Mon père fit une aumône de cent dinars pour elle. Abū al-Ṣabbāḥ dit : Un jour, Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) évoqua sa grand-mère, la mère de son père, et dit : « Elle était véridique (ṣiddīqa) ; parmi les descendants d'al-Ḥasan, il ne s'est trouvé aucune femme qui lui fût comparable. »
IsnādD'après un groupe de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad, d'après Muḥammad b. Sinān, d'après Abān b. Taghlib, d'après Abū ʿAbd Allāh (al-Ṣādiq) (que la paix soit sur lui)
« Jābir b. ʿAbd Allāh al-Anṣārī était le dernier survivant parmi les compagnons de l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille). C’était un homme dévoué à nous, les Gens de la Maison (Ahl al-Bayt). Il s’asseyait dans la mosquée de l’Envoyé de Dieu, enroulé dans un turban noir, et s’écriait : “Ô Briseur de la science ! Ô Briseur de la science !” (Yā Bāqir al-ʿilm). Les habitants de Médine disaient : “Jābir délire !” Mais il répondait : “Non, par Dieu, je ne délire pas ! Mais j’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire : ‘Tu rencontreras un homme issu de moi, dont le nom sera mon nom et dont les traits seront mes traits, qui déchirera la science comme on déchire (et en perce les secrets).’ Voilà celui qui m’appelle à ce que je dis.” Un jour que Jābir déambulait dans les rues de Médine, il passa par une route où se trouvait une école coranique (kuttāb) et, en elle, Muḥammad b. ʿAlī. Lorsqu’il le regarda, il dit : “Ô jeune garçon, approche !” Il s’approcha, puis il lui dit : “Recule !” Il recula. Ensuite il dit : “Les traits de l’Envoyé de Dieu ! Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, ô jeune garçon, quel est ton nom ?” Il répondit : “Mon nom est Muḥammad b. ʿAlī b. al-Ḥusayn.” Alors Jābir se pencha vers lui, lui baisa la tête et dit : “Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Ton père (l’Envoyé de Dieu) te transmet le salut et dit ceci.” Muḥammad b. ʿAlī b. al-Ḥusayn retourna auprès de son père, effrayé, et lui raconta l’histoire. [Son père] lui dit : “Ô mon fils, Jābir a donc fait cela ?” Il répondit : “Oui.” Il dit : “Ô mon fils, reste à ta maison.” Jābir vint alors le voir aux deux extrémités du jour. Les habitants de Médine disaient : “Quelle merveille ! Jābir, le dernier survivant des compagnons de l’Envoyé de Dieu, vient voir ce jeune garçon aux deux extrémités du jour !” Peu de temps après, ʿAlī b. al-Ḥusayn (que la paix soit sur eux deux) mourut. Alors Muḥammad b. ʿAlī venait chez Jābir en signe d’honneur pour sa compagnie de l’Envoyé de Dieu. Il s’assit pour leur parler de Dieu — béni et exalté soit-Il. Les habitants de Médine dirent : “Nous n’avons jamais vu personne de plus audacieux que celui-ci !” Quand il vit ce qu’ils disaient, il leur parla de l’Envoyé de Dieu. Les Médinois dirent : “Nous n’avons jamais vu personne de plus menteur que celui-ci : il nous parle de quelqu’un qu’il n’a pas vu !” Quand il vit ce qu’ils disaient, il leur parla de Jābir b. ʿAbd Allāh, et ils le crurent. Et Jābir b. ʿAbd Allāh venait à lui et apprenait de lui. »
IsnādD'après plusieurs de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad, d'après ʿAlī b. al-Ḥakam, d'après Muthannā al-Ḥannāṭ, d'après Abū Baṣīr
Il dit : J'entrai chez Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) et je lui dis : « Vous êtes les héritiers du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) ? » Il répondit : « Oui. » Je dis : « Le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) est l'héritier des prophètes ; il a su tout ce qu'ils savaient ? » Il me dit : « Oui. » Je dis : « Pouvez-vous donc ressusciter les morts, guérir l'aveugle-né et le lépreux ? » Il dit : « Oui, avec la permission de Dieu. » Puis il me dit : « Approche-toi de moi, ô Abā Muḥammad. » Je m'approchai de lui ; il passa la main sur mon visage et sur mes yeux, et je vis le soleil, le ciel, la terre, les maisons et chaque chose dans le pays. Puis il me dit : « Préfères-tu rester ainsi, ayant ce que les gens ont et subissant ce qu'ils subissent au Jour de la Résurrection, ou redevenir comme tu étais, avec le Paradis pour toi seul ? » Je dis : « Je redeviens comme j'étais. » Il passa la main sur mes yeux et je redevins comme j'étais. [Abū Baṣīr] dit : Je racontai cela à Ibn Abī ʿUmayr, qui dit : « J'atteste que ceci est vrai, aussi vrai que le jour est vrai. »
IsnādMuhammad ibn Yaḥyā d’après Muḥammad ibn Aḥmad d’après Muḥammad ibn al-Ḥusayn d’après Muḥammad ibn ʿAlī d’après ʿĀṣim ibn Ḥumayd d’après Muḥammad ibn Muslim d’après Abū Jaʿfar (sur lui la paix)
Il dit : « J’étais un jour auprès de lui (Abū Jaʿfar, l’Imam al-Bāqir, sur lui la paix) lorsqu’un couple de tourterelles mâles se posa sur le mur et roucoula leur roucoulement. Abū Jaʿfar (sur lui la paix) leur répondit dans leur langage pendant un moment, puis ils s’envolèrent. Quand ils volèrent au-dessus du mur, le mâle roucoula à la femelle pendant un moment, puis ils s’envolèrent. Je dis : “Que je sois ta rançon, que sont ces oiseaux ?” Il dit : “Ô Ibn Muslim, toute créature qu’Allah a créée, oiseau, bête ou quoi que ce soit qui ait un souffle de vie, nous entend mieux et nous obéit mieux que le fils d’Adam. Cette tourterelle mâle a conçu des soupçons envers sa femelle ; elle a juré qu’elle n’avait pas fait (ce qu’il pensait) et a dit : ‘Acceptes-tu Muhammad ibn ʿAlī comme arbitre ?’ Ils m’ont donc accepté comme arbitre, et je l’ai informé qu’il était injuste envers elle, alors il l’a crue.” »
IsnādAl-Ḥusayn ibn Muḥammad, d'après Muʿallā ibn Muḥammad, d'après ʿAlī ibn Asbāṭ, d'après Ṣāliḥ ibn Ḥamza, d'après son père, d'après Abū Bakr al-Ḥaḍramī
Il a dit : Lorsque Abū Jaʿfar (sur lui la paix) fut emmené en Syrie auprès de Hishām ibn ʿAbd al-Malik et qu'il se tint à sa porte, [Hishām] dit à ses partisans et à ceux des Banū Umayya qui étaient présents : « Quand vous me verrez réprimander Muḥammad ibn ʿAlī et que vous me verrez ensuite me taire, que chacun de vous se tourne vers lui et le réprimande. » Puis il ordonna qu'on lui donne la permission. Lorsque Abū Jaʿfar (sur lui la paix) entra chez lui, il fit de sa main le salut — que la paix soit sur vous — et les inclut tous dans son salut, puis il s'assit. Hishām en conçut une colère encore plus grande, car il n'avait pas salué en reconnaissant le califat et s'était assis sans permission. Il se mit alors à le réprimander et dit, entre autres choses : « Ô Muḥammad ibn ʿAlī, il ne cesse d'y avoir un homme parmi vous qui a brisé le bâton des musulmans, s'est autoproclamé imam par sottise et manque de science. » Et il le réprimanda comme il voulait le faire. Lorsqu'il se tut, les gens se tournèrent vers lui, homme après homme, le réprimandant, jusqu'au dernier d'entre eux. Quand les gens se turent, il se leva debout (sur lui la paix), puis dit : « Ô gens, où allez-vous et où veut-on vous mener ? C'est par nous que Dieu a guidé vos premiers, et par nous qu'Il scellera vos derniers. Si vous avez un royaume immédiat, nous avons, quant à nous, un royaume différé, et après notre royaume il n'y a pas de royaume, car nous sommes les gens de l'issue heureuse. Dieu — Puissant et Majestueux — dit : "L'issue heureuse est pour les pieux" (Coran 7:128). » Alors [Hishām] ordonna de le mettre en prison. Lorsqu'il fut en prison, il parla, et il ne resta personne en prison qui ne fût attiré vers lui et ne lui donnât son affection. Le gardien vint trouver Hishām et dit : « Ô Prince des croyants, je crains pour toi de la part des Syriens, qu'ils ne s'interposent entre toi et ce trône. » Puis il l'informa de la situation. [Hishām] ordonna alors qu'on le transporte par la poste rapide, lui et ses compagnons, pour les ramener à Médine, et ordonna qu'on ne sorte pas les marchés pour eux et qu'on les empêche de se procurer nourriture et boisson. Ils voyagèrent trois jours sans trouver nourriture ni boisson jusqu'à ce qu'ils arrivassent à Madyan. La porte de la ville fut fermée devant eux. Ses compagnons se plaignirent de la faim et de la soif. Il (sur lui la paix) dit : « Il gravit alors une montagne pour les dominer et dit de toute sa voix : "Ô habitants de la ville aux habitants injustes, je suis le survivant (baqiyya) de Dieu. Dieu dit : "Le survivant de Dieu est meilleur pour vous, si vous êtes croyants. Et je ne suis pas un gardien pour vous" (Coran 11:86). » » Il dit : Il y avait parmi eux un vieillard âgé qui vint à eux et leur dit : « Ô mon peuple, par Dieu, voilà l'invocation du prophète Shuʿayb. Par Dieu, si vous ne sortez pas avec les marchés vers cet homme, vous serez saisis d'au-dessus de vous et de dessous vos pieds. Croyez-moi, pour cette fois, et obéissez-moi ; traitez-moi de menteur la prochaine fois, car je vous suis un conseiller sincère. » Il dit : Alors ils se hâtèrent et sortirent les marchés pour Muḥammad ibn ʿAlī et ses compagnons. La nouvelle du vieillard parvint à Hishām ibn ʿAbd al-Malik, qui envoya quelqu'un le chercher et l'emmena, et on ne sut ce qu'il fit de lui.