Abū al-Ḥasan al-Riḍā (que la paix soit sur lui) naquit en l’an 148 de l’Hégire et il fut rappelé à Dieu (que la paix soit sur lui) au mois de Ṣafar de l’an 203, à l’âge de cinquante-cinq ans. Il y a divergence sur la date exacte de sa mort, mais cette date est la plus probable, si Dieu le veut. Il mourut (que la paix soit sur lui) à Ṭūs, dans un village appelée Sanābād, relevant de Nūqān, à la suite d’un empoisonnement, et il y fut enterré. Al-Maʾmūn l’avait fait venir de Médine à Marw par la route de Baṣra et du Fārs. Puis, lorsque al-Maʾmūn partit pour Bagdad, il l’emmena avec lui ; il mourut dans ce village. Sa mère était une umm walad (concubine mère d’enfant) nommée Umm al-Banīn.
Isnād2. Muhammad ibn Yaḥyā, d’après Aḥmad ibn Muḥammad, d’après quelqu’un qu’il mentionna, d’après Ṣafwān ibn Yaḥyā
Il dit : « Lorsque Abū Ibrāhīm (que la paix soit sur lui) mourut et qu’Abū al-Ḥasan (que la paix soit sur lui) prit la parole, nous craignîmes pour lui à cause de cela. On lui dit : “Tu as manifesté une affaire immense, et nous craignons pour toi ce tyran (ṭāġiya).” » Il dit : « Alors il répondit : “Qu’il déploie tous ses efforts, il n’aura aucun chemin contre moi.” »
IsnādAḥmad ibn Mihrān (que Dieu lui fasse miséricorde), d’après Muḥammad ibn ʿAlī, d’après al-Ḥasan ibn Manṣūr, d’après son frère, qui a dit :
J’entrai chez ar-Riḍā (que la paix soit sur lui) dans une pièce intérieure située au cœur d’une maison, de nuit. Il leva la main, et il en fut comme s’il y avait dans la pièce dix lampes. Un homme demanda la permission d’entrer auprès de lui ; il relâcha sa main, puis l’autorisa à entrer.
IsnādD'après ʿAlī b. Muḥammad, d'après Sahl b. Ziyād, d'après ʿAlī b. Muḥammad al-Qāsānī, qui dit : un de nos compagnons m'a informé
Il avait apporté à Abū l-Ḥasan al-Riḍā (sur lui la paix) une somme d'argent considérable, mais je ne le vis pas s'en réjouir. [Le narrateur] dit : j'en fus attristé et me dis en moi-même : j'ai apporté cet argent et il ne s'en est pas réjoui. Alors [l'imam] dit : « Ô serviteur, le bassin et l'eau ! » Il s'assit sur un siège, fit un geste de la main et dit au serviteur : « Verse l'eau sur moi. » L'eau se mit à couler entre ses doigts dans le bassin, [se transformant] en or. Puis il se tourna vers moi et me dit : « Celui qui est ainsi ne se soucie pas de ce que tu lui as apporté. »
IsnādSaʿd b. ʿAbd Allāh et ʿAbd Allāh b. Jaʿfar, tous deux d'après Ibrāhīm b. Mahziyār, d'après son frère ʿAlī b. Mahziyār, d'après al-Ḥusayn b. Saʿīd, d'après Muḥammad b. Sinān
Il dit : ʿAlī b. Mūsā (que la paix soit sur lui) mourut à l'âge de quarante-neuf ans et quelques mois, en l'an deux cent deux. Il vécut après Mūsā b. Jaʿfar vingt ans, moins deux ou trois mois.
IsnādMuhammad ibn Yaḥyā, d'après Aḥmad ibn Muḥammad, d'après Ibn Maḥbūb, d'après Hishām ibn Aḥmar
Hishām ibn Aḥmar a dit : Abū al-Ḥasan le Premier (l'imam al-Kāẓim, paix sur lui) me dit : « As-tu appris que quelqu'un des gens du Maghreb est arrivé ? » Je répondis : « Non. » Il dit : « Au contraire, un homme est arrivé ; allons-y. » Il monta et je montai avec lui jusqu'à ce que nous parvenions à l'homme. Et voici qu'il y avait un homme de Médine avec des esclaves. Je lui dis : « Présente-nous (ce que tu as). » Il nous présenta sept servantes (jawārī) : à chaque fois Abū al-Ḥasan (paix sur lui) disait : « Je n'en ai pas besoin. » Puis il dit : « Présente-nous (encore). » Il répondit : « Je n'ai qu'une servante malade. » Il lui dit : « Quel mal y a-t-il à ce que tu la présentes ? » Il refusa. Alors il s'en alla. Puis, le lendemain, il m'envoya et me dit : « Dis-lui : quel était ton prix maximum pour elle ? S'il dit tel et tel montant, dis : je l'ai prise. » Je vins à lui (le marchand). Il dit : « Je ne voulais pas en rabattre de tel et tel montant. » Je dis : « Je l'ai prise. » Il dit : « Elle est à toi ; mais informe-moi : qui était l'homme qui était avec toi hier ? » Je répondis : « Un homme des Banū Hāshim. » Il dit : « Desquels parmi les Banū Hāshim ? » Je dis : « Je n'en sais pas plus. » Il dit : « Je vais t'informer au sujet de cette jeune servante (waṣīfa) : je l'ai achetée de l'extrême Occident (aqṣā al-Maghrib). Une femme des Gens du Livre (ahl al-kitāb) me rencontra et dit : 'Qu'est-ce que cette jeune servante avec toi ?' Je dis : 'Je l'ai achetée pour moi-même.' Elle dit : 'Il ne convient pas que celle-ci soit chez quelqu'un comme toi. En vérité, cette servante doit être chez le meilleur des habitants de la terre ; elle ne demeurera chez lui que peu de temps, jusqu'à ce qu'elle enfante de lui un garçon tel qu'il n'en naîtra aucun d'aussi semblable à lui ni à l'orient de la terre ni à son occident.' » Il (le marchand) dit : « Je la lui ai apportée ; elle ne demeura chez lui que peu de temps jusqu'à ce qu'elle enfanta al-Riḍā (paix sur lui). »
IsnādD'après ʿAlī b. Muḥammad, d'après Ibn Ğumhūr, d'après Ibrāhīm b. ʿAbd Allāh, d'après Aḥmad b. ʿAbd Allāh, d'après al-Ğifārī :
Il (al-Ğifārī) a dit : Un homme de la famille d’Abū Rāfiʿ, affranchi du Prophète (que Dieu prie sur lui et sa famille), nommé Ṭays, avait une créance sur moi. Il me la réclama avec insistance et les gens l’appuyèrent. Quand je vis cela, je priai l’aube (ṣubḥ) dans la mosquée du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille), puis je me dirigeai vers ar-Riḍā (sur lui la paix) – qui se trouvait alors à al-ʿUrayḍ. Lorsque je fus près de sa porte, le voilà qui sortait monté sur un âne, vêtu d’une tunique (qamīṣ) et d’un manteau (ridāʾ). Quand je le vis, j’eus honte de lui. Lorsqu’il me rejoignit, il s’arrêta et me regarda. Je le saluai – c’était le mois de Ramaḍān – et dis : « Que Dieu me fasse sacrifice pour toi ! Ton client Ṭays a une créance sur moi ; par Dieu, il m’a déshonoré publiquement. » Je pensais en moi-même qu’il lui ordonnerait de cesser (ses réclamations). Par Dieu, je ne lui dis ni combien il me devait, ni ne lui précisai quoi que ce soit. Il m’ordonna de m’asseoir jusqu’à son retour. Je restai là jusqu’à ce que j’eusse prié le coucher du soleil (maghrib) alors que je jeûnais. Mon cœur se serra et je voulus partir ; mais le voilà qui arrivait vers moi, entouré de gens. Des mendiants s’étaient assis pour lui et il leur faisait l’aumône. Il passa et entra chez lui, puis ressortit et m’appela. Je me levai et entrai avec lui. Il s’assit et je m’assis. Je me mis à lui parler d’Ibn al-Musayyab, qui était le gouverneur de Médine, et je lui rapportais souvent des choses à son sujet. Quand j’eus fini, il dit : « Je ne pense pas que tu aies encore rompu le jeûne. » Je répondis : « Non. » Il fit apporter de la nourriture pour moi ; on la posa devant moi, et il ordonna au serviteur de manger avec moi. Je mangeai avec le serviteur de cette nourriture. Quand nous eûmes fini, il me dit : « Soulève le coussin et prends ce qui est dessous. » Je le soulevai, et voilà des dīnārs ! Je les pris et les glissai dans ma manche. Il ordonna à quatre de ses esclaves de m’accompagner jusqu’à ce qu’ils me ramènent chez moi. Je dis : « Que je sois sacrifié pour toi ! Ṭāʾif ibn al-Musayyab rôde, et je crains qu’il ne me rencontre avec tes esclaves. » Il me dit : « Tu as bien fait ; que Dieu te guide dans la rectitude ! » Et il leur ordonna de s’en retourner quand je les aurais renvoyés. Quand je fus près de ma demeure et que je me sentis en sécurité, je les renvoyai. Puis j’entrai chez moi, demandai une lampe et examinai les dīnārs : ils étaient quarante-huit dīnārs. La dette de l’homme envers moi était de vingt-huit dīnārs. Parmi eux, un dīnār brillait ; sa beauté me plut, je le pris et l’approchai de la lampe : il portait une inscription claire : « La dette de l’homme est de vingt-huit dīnārs ; ce qui reste est à toi. » Par Dieu, il n’avait pas su (au préalable) ce que cet homme avait sur moi. Louange à Dieu, Seigneur des mondes, qui honore Son allié (walī) !
Il sortit de Médine l'année où Hārūn (al-Rashīd) accomplissait le pèlerinage, désirant lui aussi le pèlerinage. Il arriva à une montagne sur la gauche de la route, lorsque l'on se rend à La Mecque, appelée Fāriʿ. Abū al-Ḥasan la regarda, puis dit : « Celui qui construit Fāriʿ et celui qui la détruit seront tous deux coupés en morceaux. » Nous ne sûmes pas ce que cela signifiait. Puis lorsqu'il s'en alla, Hārūn arriva et campa à cet endroit. Jaʿfar ibn Yaḥyā gravit cette montagne et ordonna qu'on y construisit pour lui une salle d'audience. Lorsqu'il revint de La Mecque, il y monta et ordonna sa destruction. Et lorsqu'il retourna en Iraq, il fut coupé en morceaux.
Il a dit : Je pressai Abū al-Ḥasan ar-Riḍā (sur lui la paix) au sujet d'une chose que je lui demandais ; il me fit une promesse. Un jour, il sortit pour aller à la rencontre du gouverneur de Médine, et j'étais avec lui. Il arriva près du palais d'Untel, puis descendit sous des arbres ; je descendis avec lui, et il n'y avait avec nous aucun tiers. Je dis : « Que je sois ta rançon ! Cette fête (ʿīd) nous a enveloppés ; par Dieu, je ne possède ni un dirham ni quoi que ce soit d'autre. » Il gratta alors violemment le sol avec son fouet, puis frappa de sa main et en retira un lingot d'or. Ensuite il dit : « Fais-en usage, et cache ce que tu as vu. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après Yāsir al-Khādim et al-Rayyān ibn al-Ṣalt, tous deux [rapportent]
Il a dit : Lorsque l'affaire du déposé [al-Amīn] fut terminée et que l'autorité fut consolidée pour al-Ma'mūn, il écrivit à al-Riḍā (que la paix soit sur lui) pour lui demander de venir au Khurāsān. Mais Abū l-Ḥasan (que la paix soit sur lui) s'excusa auprès de lui par divers prétextes. Al-Ma'mūn ne cessa de lui écrire à ce sujet jusqu'à ce qu'il sache qu'il n'avait pas d'échappatoire et qu'il ne pourrait se soustraire [à cette convocation]. Il partit donc (que la paix soit sur lui) — Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) avait alors sept ans. Al-Ma'mūn lui écrivit : « Ne prends pas la route du Jabal ; lève-toi et prends la route de Baṣra, d'al-Ahwāz et du Fārs. » Il arriva ainsi à Marw. Al-Ma'mūn lui proposa d'assumer le commandement et le califat, mais Abū l-Ḥasan (que la paix soit sur lui) refusa. [Al-Ma'mūn] dit : « Alors [accepte] la succession au pouvoir (wilāyat al-ʿahd). » Il répondit : « À certaines conditions que je te demande. » Al-Ma'mūn lui dit : « Demande ce que tu veux. » Al-Riḍā (que la paix soit sur lui) écrivit : « J'entre dans la succession au pouvoir à condition que je n'ordonne rien, que je n'interdise rien, que je n'émette aucun avis juridique, que je ne rende aucun jugement, que je ne nomme personne à un poste, que je ne révoque personne, que je ne change rien de ce qui est établi, et que tu me dispenses de tout cela. » Al-Ma'mūn lui accorda tout cela. [Le narrateur] dit : Yāsir m'a raconté : Lorsque la fête (al-ʿīd) approcha, al-Ma'mūn envoya un message à al-Riḍā (que la paix soit sur lui) pour lui demander de monter à cheval, d'assister à la prière de la fête et de prononcer le sermon. Al-Riḍā (que la paix soit sur lui) lui fit dire : « Tu connais les conditions qui furent établies entre toi et moi concernant cette affaire. » Al-Ma'mūn lui fit dire : « Je veux seulement par cela que les cœurs des gens soient rassurés et qu'ils connaissent ton mérite. » Il ne cessa (que la paix soit sur lui) de discuter avec lui à ce sujet, mais [al-Ma'mūn] insista. Alors il dit : « Ô Commandeur des croyants, si tu me dispenses de cela, cela m'est plus cher ; mais si tu ne m'en dispenses pas, je sortirai comme sortirent l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille) et le Commandeur des croyants (que la paix soit sur lui). » Al-Ma'mūn dit : « Sors comme tu voudras. » Al-Ma'mūn ordonna aux chefs et aux gens de se rendre tôt à la porte d'Abū l-Ḥasan. [Le narrateur] dit : Yāsir al-Khādim m'a raconté que les gens s'étaient postés pour Abū l-Ḥasan (que la paix soit sur lui) dans les rues et sur les toits, hommes, femmes et enfants ; les chefs et les soldats s'étaient rassemblés à la porte d'Abū l-Ḥasan (que la paix soit sur lui). Lorsque le soleil se leva, il se leva (que la paix soit sur lui), se purifia (par le grand lavage rituel), se coiffa d'un turban blanc de coton dont il jeta une extrémité sur sa poitrine et l'autre entre ses épaules, retroussa [ses vêtements], puis dit à tous ses serviteurs : « Faites comme j'ai fait. » Puis il prit en main un bâton et sortit, nous marchant devant lui ; il était nu-pieds, avait retroussé son pantalon jusqu'à mi-mollet, et portait des vêtements retroussés. Lorsqu'il se mit en marche et que nous marchâmes devant lui, il leva la tête vers le ciel et prononça quatre fois le takbīr (Allāhu akbar). Il nous sembla que le ciel et les murs lui répondaient. Les chefs et les gens étaient à la porte, préparés, revêtus de leurs armes et parés de leurs plus beaux atours. Lorsque nous arrivâmes devant eux sous cet aspect et qu'al-Riḍā (que la paix soit sur lui) arriva, il s'arrêta un instant à la porte, puis dit : « Dieu est plus grand, Dieu est plus grand, Dieu est plus grand, Dieu est plus grand pour ce qu'Il nous a guidés ; Dieu est plus grand pour ce qu'Il nous a octroyé comme bétail ; et louange à Dieu pour ce par quoi Il nous a éprouvés ; nous élevons ainsi nos voix. » Yāsir dit : Marw fut ébranlée par les pleurs, les clameurs et les cris lorsqu'ils virent Abū l-Ḥasan (que la paix soit sur lui) ; les chefs tombèrent de leurs montures et jetèrent leurs bottes lorsqu'ils virent Abū l-Ḥasan (que la paix soit sur lui) nu-pieds. Il marchait et s'arrêtait tous les dix pas en prononçant trois fois le takbīr. Yāsir dit : Il nous sembla que le ciel, la terre et les montagnes lui répondaient ; et Marw ne fut plus qu'une seule clameur de pleurs. La nouvelle parvint à al-Ma'mūn. Al-Faḍl ibn Sahl, dit Dhū l-Riyāsatayn (l'homme aux deux directions), lui dit : « Ô Commandeur des croyants, si al-Riḍā atteint le lieu de prière (al-muṣallā) de cette manière, les gens se détourneront vers lui [et seront séduits]. L'avis est que tu lui demandes de rebrousser chemin. » Al-Ma'mūn envoya donc quelqu'un lui demander de revenir. Abū l-Ḥasan (que la paix soit sur lui) demanda ses bottes, les chaussa, monta à cheval et s'en retourna.
Yāsir a dit : « Lorsque al-Ma’mūn sortit du Khurāsān en direction de Bagdad, et que sortit al-Faḍl Dhū al-Ri’āsatayn (le Possesseur des Deux Autorités), et que nous sortîmes avec Abū al-Ḥasan (ʿalayhi al-salām), une lettre parvint à al-Faḍl ibn Sahl Dhū al-Ri’āsatayn, émanant de son frère al-Ḥasan ibn Sahl, alors que nous étions dans l’une des étapes : “J’ai examiné le calcul astrologique du changement de l’année et j’y ai trouvé que, tel mois, le mercredi, tu goûteras la chaleur du fer et la chaleur du feu. Je pense que toi, le Commandeur des croyants et al-Riḍā devriez entrer au bain public ce jour-là, y faire une saignée et verser le sang sur vos mains pour que son influence néfaste s’éloigne de toi.” Alors Dhū al-Ri’āsatayn écrivit cela à al-Ma’mūn et lui demanda de le demander à Abū al-Ḥasan. Al-Ma’mūn écrivit donc à Abū al-Ḥasan pour le lui demander. Abū al-Ḥasan lui répondit : “Je n’entrerai pas au bain public demain, et je ne considère pas qu’il te convienne, ni à al-Faḍl, d’y entrer demain.” Il réitéra le billet à deux reprises, et Abū al-Ḥasan lui écrivit : “Ô Commandeur des croyants, je n’entrerai pas au bain public demain, car j’ai vu l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa Famille) en songe cette nuit, et il m’a dit : ‘Ô ʿAlī, n’entre pas au bain public demain, et je ne considère pas qu’il te convienne, ni à al-Faḍl, d’y entrer demain.’” Al-Ma’mūn lui répondit : “Tu as dit vrai, ô mon maître, et l’Envoyé de Dieu a dit vrai. Je n’entrerai pas au bain public demain, et al-Faḍl en est informé.” »
Yāsir a dit : « Lorsque le soir vint et que le soleil disparut, al-Riḍā (ʿalayhi al-salām) nous dit : “Dites : Nous cherchons refuge auprès de Dieu contre le mal de ce qui descend cette nuit.” Nous ne cessâmes de le dire. Lorsque al-Riḍā (ʿalayhi al-salām) eut prié la prière de l’aube, il me dit : “Monte sur le toit et écoute si tu entends quelque chose.” Lorsque je fus monté, j’entendis le tumulte, qui devint intense et se multiplia. Voici qu’al-Ma’mūn entra par la porte qui donnait de sa demeure sur celle d’Abū al-Ḥasan, en disant : “Ô mon maître, ô Abā al-Ḥasan, que Dieu te récompense pour al-Faḍl ! Car il a refusé [d’écouter] et il était entré au bain public ; des gens sont entrés sur lui avec des épées et l’ont tué. Parmi ceux qui étaient entrés sur lui, trois furent capturés, dont l’un était le fils de son oncle maternel, al-Faḍl ibn Dhī al-Qalamayn (le Possesseur des Deux Plumes).” »
Il [Yāsir] a dit : « Les soldats, les commandants et ceux qui étaient les hommes d’al-Faḍl se rassemblèrent à la porte d’al-Ma’mūn et dirent : “C’est lui qui l’a assassiné et tué” – ils voulaient dire al-Ma’mūn – “et nous vengerons son sang.” Ils apportèrent des feux pour brûler la porte. Al-Ma’mūn dit alors à Abū al-Ḥasan (ʿalayhi al-salām) : “Ô mon maître, vois-tu que tu devrais sortir vers eux et les disperser ?” »
Yāsir a dit : « Abū al-Ḥasan monta à cheval et me dit : “Monte.” Je montai. Lorsque nous fûmes sortis de la porte de la demeure, il regarda les gens qui s’étaient amassés et leur dit de la main : “Dispersez-vous, dispersez-vous.” Par Dieu, les gens se mirent à tomber les uns sur les autres, et il n’indiqua personne sans que celui-ci ne s’enfuie au galop et ne passe. »
IsnādAl-Ḥusayn ibn Muḥammad d'après Muʿallā ibn Muḥammad d'après Musāfir, et d'après Al-Washshā' d'après Musāfir
Il a dit : Lorsque Hārūn ibn al-Musayyab voulut affronter Muḥammad ibn Jaʿfar, Abū al-Ḥasan al-Riḍā (que la paix soit sur lui) me dit : « Va le trouver et dis-lui : “Ne sors pas demain, car si tu sors demain, tu seras mis en déroute et tes compagnons seront tués.” S'il te demande : “D'où sais-tu cela ?”, réponds : “Je l'ai vu en songe.” » Il dit : Je vins donc le trouver et lui dis : « Que je sois ta rançon ! Ne sors pas demain, car si tu sors, tu seras mis en déroute et tes compagnons seront tués. » Il me dit : « D'où sais-tu cela ? » Je répondis : « Je l'ai vu en songe. » Il dit alors : « L'esclave a dormi sans s'être lavé le postérieur ! » Puis il sortit, fut mis en déroute et ses compagnons furent tués. Il dit : Et Musāfir m'a rapporté : J'étais avec Abū al-Ḥasan al-Riḍā (que la paix soit sur lui) à Minā, lorsque Yaḥyā ibn Khālid passa ; il (l'Imam) se couvrit la tête de la poussière, puis dit : « Pauvres gens ! Ils ne savent pas ce qui les frappera cette année. » Ensuite il dit : « Et plus étonnant que cela est Hārūn, et moi (nous sommes) comme ces deux-ci », et il joignit ses deux doigts. Musāfir dit : « Par Dieu, je ne compris le sens de son propos que lorsque nous l'enterrâmes avec lui (l'Imam). »