Il naquit (que la paix soit sur lui) à la mi-dhū l-ḥijja de l'an 212. Et il est rapporté qu'il naquit (que la paix soit sur lui) au mois de rajab de l'an 214 et qu'il décéda le 26 jumādā l-ākhira de l'an 254. Il est également rapporté qu'il fut rappelé (que la paix soit sur lui) au mois de rajab de l'an 254, à l'âge de quarante et un ans et six mois ; ou quarante ans selon l'autre date de naissance qui fut rapportée. Al-Mutawakkil l'avait fait venir de Médine avec Yaḥyā b. Harthama b. Aʿyan à Surra Man Raʾā (Sāmarrā). Il y mourut (que la paix soit sur lui) et fut enterré dans sa demeure. Sa mère était une umm walad (concubine mère d'enfant) nommée Samāna.
IsnādD'après certains de nos compagnons, d'après Muḥammad b. ʿAlī, qui a dit : Zayd b. ʿAlī b. al-Ḥusayn b. Zayd m'a rapporté, qui a dit :
Je tombai malade. Le médecin vint me voir de nuit et me prescrivit un médicament à prendre la nuit pendant tant de jours, mais je ne pus le prendre. Le médecin n'était pas encore sorti de la porte que Naṣr vint à moi avec une fiole contenant ce même médicament. Il me dit : « Abū l-Ḥasan (l'imam ʿAlī al-Hādī) te transmet le salut et te dit : « Prends ce médicament pendant tant de jours. » Je le pris, le bus et guéris. » Muḥammad b. ʿAlī a dit : Zayd b. ʿAlī me dit : « Le contempteur [de l'imam] s'obstine : « Où sont les exagérateurs (ghulāt) ? » au sujet de ce hadith. »
IsnādD'après al-Ḥusayn ibn Muḥammad, d'après Muʿallā ibn Muḥammad, d'après al-Washshāʾ, d'après Khayrān al-Asbāṭī
Il dit : Je suis arrivé à Médine auprès d'Abū al-Ḥasan (que la paix soit sur lui). Il me dit : « Quelle est la nouvelle d'al-Wāthiq chez toi ? » Je répondis : « Que je sois sacrifié pour toi, je l'ai laissé en bonne santé ; je suis parmi les gens les plus proches de lui par le temps, je l'ai vu il y a dix jours. » Il me dit : « Les gens de Médine disent qu'il est mort. » Lorsqu'il me dit « les gens », je sus que c'était lui (l'Imam). Puis il me dit : « Qu'a fait Jaʿfar ? » Je dis : « Je l'ai laissé dans la pire des situations, en prison. » Il dit : « Eh bien, c'est lui le maître de l'affaire. Qu'a fait Ibn al-Zayyāt ? » Je dis : « Que je sois sacrifié pour toi, les gens sont avec lui, et l'ordre est son ordre. » Il dit : « Eh bien, il sera funeste pour lui. » Puis il se tut et me dit : « Il faut que les décrets et les jugements de Dieu Très-Haut s'accomplissent. Ô Khayrān, al-Wāthiq est mort, al-Mutawakkil Jaʿfar a pris le pouvoir, et Ibn al-Zayyāt a été tué. » Je dis : « Quand, que je sois sacrifié pour toi ? » Il dit : « Six jours après ton départ. »
IsnādAl-Ḥusayn ibn Muḥammad, d'après Muʿallā ibn Muḥammad, d'après Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh, d'après Muḥammad ibn Yaḥyā, d'après Ṣāliḥ ibn Saʿīd
Il a dit : J'entrai chez Abū al-Ḥasan (ʿalayhi al-salām) et lui dis : « Que je sois sacrifié pour toi ! En toutes choses, ils ont voulu éteindre ta lumière et te rabaisser, au point de t'avoir fait descendre dans cette auberge infâme, l'auberge des gueux. » Il dit : « Es-tu là, ô Ibn Saʿīd ? » Puis il fit un signe de la main et dit : « Regarde. » Je regardai, et voici que devant moi se trouvaient des jardins délicieux et des jardins verdoyants, où il y avait des femmes bonnes et parfumées, des jeunes gens (enfants du Paradis) pareils à des perles cachées, des oiseaux, des gazelles et des ruisseaux jaillissants. Ma vue fut éblouie et mes yeux s'égarèrent. Il dit alors : « Là où nous sommes, ceci nous est réservé ; nous ne sommes pas dans l'auberge des gueux. »
Isnādal-Ḥusayn ibn Muḥammad, d'après Muʿallā ibn Muḥammad, d'après Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh, d'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après Isḥāq al-Jallāb
J'achetai beaucoup de moutons pour Abū al-Ḥasan (que la paix soit sur lui). Il m'appela, me fit entrer par l'écurie de sa demeure vers un vaste lieu que je ne connaissais pas, puis je me mis à distribuer ces moutons à ceux qu'il m'avait ordonné. Il envoya à Abū Jaʿfar, à sa mère et à d'autres encore parmi ceux qu'il me désigna. Ensuite je lui demandai la permission de retourner à Bagdad auprès de mon père — c'était le jour de Tarwiya (8 Dhū al-Ḥijja). Il m'écrivit : « Reste demain chez nous, puis tu partiras. » Je restai donc. Quand vint le jour de ʿArafa (9 Dhū al-Ḥijja), je demeurai auprès de lui et passai la nuit du ʿAḍḥā (Fête du Sacrifice, 10 Dhū al-Ḥijja) sous un porche lui appartenant. À l'aube, il vint à moi et me dit : « Ô Isḥāq, lève-toi ! » Je me levai donc, j'ouvris les yeux, et voilà que j'étais à la porte de ma maison à Bagdad. J'entrai chez mon père, qui se trouvait parmi mes compagnons, et je leur dis : « J'ai passé ʿArafa à al-ʿAskar (Sāmarrāʾ) et je suis allé à Bagdad pour la Fête (du Sacrifice). »
IsnādʿAlī ibn Muḥammad, d’après Ibrāhīm ibn Muḥammad aṭ-Ṭāhirī, a dit :
Al-Mutawakkil tomba malade à cause d’un abcès qui lui apparut, et il faillit en périr. Personne n’osait le toucher avec un instrument en fer. Sa mère fit le vœu que, s’il guérissait, elle porterait à Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Muḥammad (l’Imam al-Hādī, paix sur lui) une somme considérable de ses biens. Al-Fatḥ ibn Khāqān lui dit : « Si tu envoyais quelqu’un auprès de cet homme pour l’interroger, car il n’est pas impossible qu’il ait un remède pour te soulager. » Il envoya donc quelqu’un auprès de lui et lui décrivit sa maladie. Le messager lui rapporta cette réponse : « Que l’on prenne du marc de mouton, qu’on le dissolve dans de l’eau de rose, et qu’on l’applique sur l’abcès. » Quand le messager revint et les informa, ils se mirent à se moquer de sa parole. Al-Fatḥ lui dit : « Par Dieu, c’est lui qui sait le mieux ce qu’il a dit. » Il fit apporter du marc, agit comme il avait dit, l’appliqua sur l’abcès ; alors le sommeil le gagna, il s’apaisa, puis l’abcès s’ouvrit et ce qui s’y trouva en sortit. Sa mère fut annoncée de sa guérison, et elle porta à l’Imam dix mille dînārs sous son sceau. Ensuite, il se remit complètement de sa maladie. Alors al-Baṭḥā’ī al-ʿAlawī calomnia l’Imam auprès d’al-Mutawakkil, disant que des biens et des armes lui étaient portés. Il dit à Saʿīd al-Ḥājib : « Fonce sur lui de nuit, prends ce que tu trouveras chez lui comme biens et armes, et apporte-les moi. » Ibrāhīm ibn Muḥammad a dit : Saʿīd al-Ḥājib me raconta : « Je me rendis de nuit à sa maison, avec une échelle. Je montai sur le toit, et lorsque je descendis quelques marches dans l’obscurité, je ne sus comment atteindre la maison. Alors il m’appela : “Ô Saʿīd, reste là où tu es jusqu’à ce qu’on t’apporte une chandelle.” Peu de temps après, on m’apporta une chandelle. Je descendis et je le trouvai portant une djubbah (tunique) de laine, un bonnet de laine aussi, et une natte devant lui sur laquelle il priait ; je ne doutai pas qu’il était en prière. Il me dit : “Voici les pièces, fouille-les.” J’y entrai, je les fouillai et n’y trouvai rien. Je trouvai le sac d’argent dans sa propre chambre, scellé du sceau de la mère d’al-Mutawakkil, ainsi qu’un autre sac scellé. Il me dit : “Voici le lieu de prière.” Je le soulevai et trouvai une épée dans un fourreau non recouvert. Je pris cela et allai vers lui (al-Mutawakkil). Lorsqu’il vit le sceau de sa mère sur le sac, il envoya la chercher. Elle vint à lui. Un des domestiques privés m’informa qu’elle lui dit : “J’avais fait un vœu lors de ta maladie, quand je désespérais de toi, que si tu guérissais, je porterais à celui-là (l’Imam) dix mille dînārs de mes biens. Je les lui ai portés, et voici mon sceau sur le sac.” Il ouvrit l’autre sac et voici qu’il contenait quatre cents dînārs. Il ajouta au premier sac un autre sac, et m’ordonna de porter le tout à l’Imam. Je le portai, je rendis l’épée et les deux sacs, et je lui dis : “Ô mon maître, cela a été dur pour moi.” Il me répondit : “Ceux qui ont commis des injustices sauront quel retour ils auront.” »
IsnādAl-Ḥusayn b. Muḥammad, d’après al-Muʿallā b. Muḥammad, d’après Aḥmad b. Muḥammad b. ʿAbd Allāh, d’après ʿAlī b. Muḥammad al-Nawfalī, qui a dit :
Muḥammad b. al-Faraj m’a dit : « Abū al-Ḥasan (l’Imam ʿAlī al-Hādī, sur lui soit la paix) lui avait écrit : “Ô Muḥammad, rassemble tes affaires et prends tes précautions.” Il dit : J’étais en train de rassembler mes affaires sans savoir ce qu’il m’avait écrit, lorsqu’un messager vint me chercher, me transporta d’Égypte enchaîné, et mit la main sur tout ce que je possédais. Je restai en prison huit années. Puis un écrit de lui me parvint en prison, disant : “Ô Muḥammad, ne descends pas dans le secteur du côté occidental.” Je lus l’écrit et dis : “Il m’écrit cela alors que je suis en prison ? C’est bien étonnant !” Peu de temps après, je fus libéré — et louange à Dieu. » Il dit : Muḥammad b. al-Faraj lui écrivit pour l’interroger au sujet de ses domaines. Il lui écrivit en réponse : « Ils te seront bientôt restitués, et si tu ne les récupères pas, cela ne te nuira point. » Lorsque Muḥammad b. al-Faraj partit pour le camp militaire, un ordre de restitution de ses domaines lui fut adressé, mais il mourut avant cela. Il dit : Aḥmad b. al-Khaḍīb écrivit à Muḥammad b. al-Faraj pour lui demander de se rendre au camp. Il écrivit à Abū al-Ḥasan (sur lui soit la paix) pour le consulter. Celui-ci lui écrivit : « Sors, car en cela se trouve ta délivrance, si Dieu Très-Haut le veut. » Il sortit, mais ne resta que peu de temps, puis il mourut.
IsnādAl‑Ḥusayn b. Muḥammad — d’un homme — d’Aḥmad b. Muḥammad qui dit : Abū Yaʿqūb m’a informé, disant : Je l’ai vu — c’est‑à‑dire Muḥammad — avant sa mort à al‑ʿAskar, un soir, alors qu’il était venu à la rencontre d’Abū l‑Ḥasan (que la paix soit sur lui). Il le regarda et tomba malade le lendemain. J’entrai chez lui pour lui rendre visite quelques jours après le début de sa maladie, alors qu’il était gravement atteint. Il m’informa que l’Imam (que la paix soit sur lui) lui avait envoyé un vêtement ; il le prit, le plia et le plaça sous sa tête. Il raconta qu’il en fut revêtu comme linceul. Aḥmad dit : Abū Yaʿqūb a dit : J’ai vu Abū l‑Ḥasan (que la paix soit sur lui) avec Ibn al‑Khaḍīb. Ibn al‑Khaḍīb lui dit : « Avance, que je sois ta rançon. » Il lui répondit : « Toi, tu passes devant. » Il ne s’écoula que quatre jours avant que la couperose ne montât sur la jambe d’Ibn al‑Khaḍīb, puis on annonça sa mort. Il est rapporté de lui que, lorsqu’Ibn al‑Khaḍīb insista auprès de lui au sujet de la maison qu’il lui réclamait, il lui envoya ce message : « Je vais, par Dieu — Puissant et Grand —, te faire occuper une place telle qu’il ne te restera aucun reste. » Dieu — Puissant et Grand — le saisit dans ces jours‑là.
Je l’ai vu — c’est‑à‑dire Muḥammad — avant sa mort à al‑ʿAskar, un soir, alors qu’il était venu à la rencontre d’Abū l‑Ḥasan (que la paix soit sur lui). Il le regarda et tomba malade le lendemain. J’entrai chez lui pour lui rendre visite quelques jours après le début de sa maladie, alors qu’il était gravement atteint. Il m’informa que l’Imam (que la paix soit sur lui) lui avait envoyé un vêtement ; il le prit, le plia et le plaça sous sa tête. Il raconta qu’il en fut revêtu comme linceul. Aḥmad dit : Abū Yaʿqūb a dit : J’ai vu Abū l‑Ḥasan (que la paix soit sur lui) avec Ibn al‑Khaḍīb. Ibn al‑Khaḍīb lui dit : « Avance, que je sois ta rançon. » Il lui répondit : « Toi, tu passes devant. » Il ne s’écoula que quatre jours avant que la couperose ne montât sur la jambe d’Ibn al‑Khaḍīb, puis on annonça sa mort. Il est rapporté de lui que, lorsqu’Ibn al‑Khaḍīb insista auprès de lui au sujet de la maison qu’il lui réclamait, il lui envoya ce message : « Je vais, par Dieu — Puissant et Grand —, te faire occuper une place telle qu’il ne te restera aucun reste. » Dieu — Puissant et Grand — le saisit dans ces jours‑là.
IsnādMuhammad ibn Yaḥyā, d’après certains de nos compagnons, a dit : J’ai pris copie de la lettre d’al-Mutawakkil adressée à Abū al-Ḥasan le troisième (que la paix soit sur lui) de la part de Yaḥyā ibn Harthama, en l’an deux cent quarante-trois ; et en voici la copie
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci dit : Le Prince des croyants connaît ta valeur, prend soin de ta parenté, reconnaît ton droit ; il considère, en ce qui te concerne ainsi que ta famille, ce par quoi Dieu améliorera ta condition et la leur, affermira ta puissance et la leur, et apportera la félicité et la sécurité sur toi et sur eux, cherchant par cela l’agrément de son Seigneur et l’acquittement de ce qui lui est imposé envers toi et envers eux. Or le Prince des croyants a décidé de relever ʿAbd Allāh ibn Muḥammad de ses fonctions de commandement de la guerre et de la prière dans la cité du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille), étant donné, comme tu l’as mentionné, son ignorance de ton droit et sa légèreté envers ta dignité, ainsi que l’accusation qu’il a portée contre toi et ce dont il t’a imputé, alors que le Prince des croyants connaît ton innocence en cela et la sincérité de ton intention à ne pas chercher à l’entreprendre, et que tu ne t’es pas jugé digne de cela. Le Prince des croyants a donc confié ce dont il avait la charge à Muḥammad ibn al-Faḍl, et lui a ordonné de t’honorer, de te vénérer, de se conformer à ton ordre et à ton avis, et de se rapprocher par cela de Dieu et du Prince des croyants. Le Prince des croyants éprouve le désir de te voir, il aime renouveler le lien avec toi et contempler ton visage. Si tu souhaites te rendre auprès de lui et séjourner en sa présence, mets-toi en route quand tu le voudras, avec qui tu aimeras parmi ta famille, tes partisans et tes serviteurs, à ton aise et en toute tranquillité : tu voyageras quand tu voudras, t’arrêteras quand tu voudras, et chemineras comme tu voudras. Et si tu préfères que Yaḥyā ibn Harthama, client du Prince des croyants, et les soldats qui l’accompagnent, t’escortent, partant quand tu partiras et cheminant comme tu chemineras, la décision t’appartient en cela, jusqu’à ce que tu rejoignes le Prince des croyants. Car nul parmi ses frères, ses enfants, sa famille et ses proches n’a auprès de lui une position plus élevée, ni une faveur plus louable, et il n’est pour personne plus prévoyant, plus compatissant, plus bienfaisant et plus rassurant qu’il ne l’est pour toi, si Dieu le Très-Haut le veut. Et que la paix soit sur toi, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. Écrit par Ibrāhīm ibn al-ʿAbbās. Que Dieu prie sur Muḥammad et sa famille et leur accorde la paix.
IsnādAl-Ḥusayn ibn al-Ḥasan al-Ḥasanī a dit : Abū Ṭ-Ṭayyib al-Muthannā Yaʿqūb ibn Yāsir m’a raconté
Il a dit : Al-Mutawakkil disait : « Malheur à vous ! L’affaire d’Ibn ar-Riḍā (l’Imam ʿAlī al-Hādī) m’a épuisé. Il refuse de boire avec moi, de me tenir compagnie lors des beuveries, ou que je trouve une occasion à son encontre en cela. » Ils lui dirent : « Si tu ne trouves rien contre lui, voici son frère Mūsā : un débauché, un joueur de luth, il mange, boit et courtise les femmes. » Il dit : « Envoyez-lui un message et amenez-le, afin que nous jetions le doute sur les gens et que nous disions : “Voici Ibn ar-Riḍā” ». Il lui écrivit donc, et on le fit venir en lui rendant les honneurs. Tous les Banū Hāshim, les chefs militaires et les gens vinrent à sa rencontre, avec la promesse qu’à son arrivée, on lui donnerait un fief, on y bâtirait pour lui, on y installerait des marchands de vin et des chanteuses, on le comblerait de cadeaux et de bienfaits, et on lui aménagerait une demeure privée où le calife lui-même lui rendrait visite. Lorsque Mūsā arriva, Abū l-Ḥasan (l’Imam ʿAlī al-Hādī) vint à sa rencontre au pont de Waṣīf, lieu où l’on accueille les arrivants. Il le salua et lui rendit tous les honneurs, puis lui dit : « Cet homme t’a fait venir pour te déshonorer et te rabaisser. Ne lui avoue jamais que tu as bu du nabīdh (boisson fermentée). » Mūsā lui dit : « S’il m’a convoqué pour cela, que puis-je faire ? » Il dit : « Ne rabaisse pas ta dignité, ne le fais pas ; il ne veut que ton déshonneur. » Mais Mūsā refusa (d’obéir) ; l’Imam répéta ses conseils, et voyant qu’il ne répondait pas, dit : « Sache que ceci est une assemblée où jamais vous ne serez réunis, toi et lui. » Mūsā resta trois ans ; chaque matin il se rendait (au palais) et on lui disait : « Aujourd’hui il est occupé, reviens. » Il repartait, puis on disait : « Il est ivre ; reviens demain matin. » Il revenait le matin et on disait : « Il a pris un médicament. » Il resta ainsi trois ans, jusqu’à ce que al-Mutawakkil fût tué, sans qu’ils ne se soient jamais rencontrés en sa présence.