Il naquit (que la paix soit sur lui) au mois de Ramaḍān — et dans une autre copie [manuscrite], au mois de Rabīʿ al-Ākhir — l'an deux cent trente-deux (232 H). Il mourut (que la paix soit sur lui) un vendredi, après huit nuits écoulées du mois de Rabīʿ al-Awwal l'an deux cent soixante (260 H), à l'âge de vingt-huit ans. Il fut enterré dans sa demeure, dans la même pièce où son père avait été enterré à Surra Man Raʾā. Sa mère était une umm walad (concubine mère d'enfant) appelée Ḥudayth — selon d'autres, Sawsan.
IsnādʿAlī, d'après Abū Aḥmad ibn Rāshid, d'après Abū Hāshim al-Jaʿfarī
Il dit : « Je me plaignis à Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui) de mon besoin. Il frotta alors le sol avec son fouet — et je crois qu'il le couvrit d'un mouchoir — puis en sortit cinq cents dînârs et dit : “Ô Abū Hāshim, prends et excuse-nous.” »
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après Abū ʿAbd Allāh ibn Ṣāliḥ, d'après son père, d'après Abū ʿAlī al-Muṭahhar
Il lui écrivit l'année d'al-Qādisiyya pour l'informer du départ des gens et qu'il craignait la soif. Il (l'Imam) — que la paix soit sur lui — écrivit : « Allez, nulle crainte sur vous, si Dieu le veut. » Alors ils partirent sains et saufs. Louange à Dieu, Seigneur des Mondes.
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après ʿAlī ibn al-Ḥasan ibn al-Faḍl al-Yamānī, qui a dit :
Un grand nombre de gens (une armée) déferla sur al-Jaʿfarī (membre de la famille de Jaʿfar). Incapable de leur faire face, il écrivit à Abū Muḥammad [l'Imam al-ʿAskarī] pour se plaindre de cela. Celui-ci lui écrivit en réponse : « Vous en serez débarrassés, si Dieu – qu'Il soit exalté – le veut. » Il sortit donc à leur rencontre avec une petite troupe – les gens (les assaillants) étaient plus de vingt mille, tandis que lui avait moins de mille hommes – et il les anéantit (les mit en déroute / les extermina).
IsnādD'après ʿAlī b. Muḥammad, d'après Muḥammad b. Ismāʿīl al-ʿAlawī, qui dit :
Abū Muḥammad (l'imam al-ʿAskarī) fut emprisonné chez ʿAlī b. Nārmash — qui était l'homme le plus hostile et le plus dur envers les gens de la maison d'Abū Ṭālib (les Alides). On lui dit : « Fais-lui ceci et cela ! » Or il ne resta chez lui qu'un seul jour, puis il posa ses deux joues par terre devant lui (en signe de soumission) ; il ne levait même pas son regard vers lui, par révérence et vénération. Il sortit alors de chez lui avec la meilleure des perspicacités et les plus beaux propos à son sujet.
IsnādʿAlī b. Muḥammad et Muḥammad b. Abī ʿAbd Allāh, d'après Isḥāq b. Muḥammad al-Nakhaʿī, qui dit : Sufyān b. Muḥammad al-Ḍubaʿī m'a raconté, qui dit : J'écrivis à Abū Muḥammad [l'Imam al-Ḥasan al-ʿAskarī] pour l'interroger sur al-walīja (l'allié confidentiel)
IsnādIshāq a dit : Abū Hāshim al-Jaʿfarī m’a rapporté
Abū Hāshim al-Jaʿfarī a dit : Je me plaignis auprès d’Abī Muhammad (que la paix soit sur lui) de l’exiguïté de la prison et de la lourdeur des chaînes. Il m’écrivit : « Tu prieras aujourd’hui la prière de midi (ẓuhr) dans ta maison. » Je fus libéré à l’heure de midi et je priai dans ma maison comme il l’avait dit (que la paix soit sur lui). J’étais dans le besoin et je voulus lui demander des dīnārs (pièces d’or) dans la lettre, mais j’eus honte. Lorsque je fus arrivé chez moi, il m’envoya cent dīnārs et m’écrivit : « Quand tu as un besoin, n’aie pas honte et ne te retiens pas ; demande-le, car tu verras ce que tu aimes, si Dieu le veut. »
IsnādIshâq, d'après Ahmad ibn Muhammad ibn al-Aqraʿ, qui dit : Abû Hamza Nuṣayr le serviteur m'a rapporté, disant : J'ai entendu Abû Muhammad (l'Imâm al-ʿAskarî), plus d'une fois, parler à ses serviteurs dans leurs langues : turc, byzantin et slave.
Il dit : J'écrivis à Abū Muḥammad (l'Imam Hasan al-ʿAskarī) pour l'interroger au sujet de l'Imam : « Éprouve-t-il une pollution nocturne (iḥtilām) ? » Et après avoir expédié la lettre, je me dis en moi-même : « La pollution nocturne est une visitation satanique, et Dieu — béni et exalté soit-Il — a préservé Ses saints (awliyā') de cela. » Alors la réponse parvint : « La condition des Imams pendant le sommeil est la même que leur condition à l'état de veille ; le sommeil ne change rien en eux. Et Dieu a préservé Ses saints de la pulsion satanique (limmat al-shayṭān), comme tu l'as pensé en toi-même. »
IsnādIshāq a dit : Muḥammad b. al-Ḥasan b. Shammūn m’a raconté, d’après Aḥmad b. Muḥammad, qui a dit :
« J’écrivis à Abū Muḥammad (sur lui la paix) quand al-Muhtadī commença à tuer les mawlā (clients / partisans). [Je dis] : “Ô mon maître, louange à Dieu qui l’a occupé loin de nous. Il m’est parvenu qu’il te menace et dit : ‘Par Dieu, je les débusquerai de la surface de la terre.’” Alors Abū Muḥammad (sur lui la paix) écrivit de sa main : “Cela abrégera sa vie. Compte à partir de ce jour cinq jours, et il sera tué le sixième jour, après l’humiliation et le mépris qu’il subira.” Et il en fut comme il (sur lui la paix) l’avait dit. »
IsnādIshâq a dit : m’a raconté Muhammad b. al-Ḥasan b. Shammūn
Il a dit : J’écrivis à Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui), lui demandant d’invoquer Dieu pour moi à cause d’une douleur à mon œil ; l’un de mes yeux était perdu et l’autre sur le point de l’être. Il m’écrivit en réponse : « Que Dieu préserve pour toi ton œil. » Et l’œil sain recouvra la santé. Puis, à la fin de la lettre, il écrivit : « Que Dieu te récompense et t’accorde une belle rétribution. » Je fus attristé par cela, ne sachant personne dans ma famille qui fût mort. Quelques jours plus tard, m’arriva la nouvelle du décès de mon fils Ṭayyib ; je sus alors que ces paroles de condoléances lui étaient destinées.
Isnād20. Isḥāq a dit : Muḥammad b. al-Rabīʿ al-Shāʾī m’a informé :
J’ai débattu avec un homme dualiste à Ahwāz, puis je suis arrivé à Sāmarrā’ alors qu’une partie de son discours s’était accrochée à mon cœur. Alors que j’étais assis à la porte d’Aḥmad b. al-Khaḍīb, voici qu’Abū Muḥammad (la paix soit sur lui) arriva de la maison du gouverneur, se dirigeant vers la procession. Il me regarda, puis fit signe de son index : « Un, Un, Unique ! » Je tombai évanoui.
Il a dit : « Un jour, j’entrai chez Abū Muḥammad (l’imam al-ʿAskarī) alors que je voulais lui demander avec quoi je devais façonner une bague pour chercher la bénédiction par elle. Je m’assis et oubliai la raison de ma venue. Lorsque je pris congé et me levai, il me lança la bague et dit : “Tu voulais de l’argent, mais nous t’avons donné une bague. Tu as gagné le chaton (fass) et la monture (kirā’). Qu’Allāh te l’accorde en joie, ô Abū Hāshim !” Je dis : “Ô mon maître, j’atteste que tu es le walī (représentant) d’Allāh et mon imam envers lequel j’exerce ma religion par l’obéissance.” Il dit : “Qu’Allāh te pardonne, ô Abū Hāshim.” »
IsnādIsḥāq a dit : Muḥammad ibn al-Qāsim Abū al-ʿAynāʾ al-Hāshimī, affranchi par affranchissement de ʿAbd al-Ṣamad ibn ʿAlī, m’a rapporté :
Il a dit : J’entrais chez Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui). J’avais soif en sa présence, mais je le vénérais trop pour demander de l’eau. Alors il disait : « Ô serviteur, donne-lui à boire. » Parfois, je songeais intérieurement à me lever, et je réfléchissais à cela ; alors il disait : « Ô serviteur, (amène) sa monture. »
IsnādʿAlī b. Muḥammad, d’après certains de nos compagnons, a dit :
Muḥammad b. Ḥujr écrivit à Abī Muḥammad (que la paix soit sur lui) en se plaignant de ʿAbd al-ʿAzīz b. Dulf et de Yazīd b. ʿAbd Allāh. Il lui répondit : « Quant à ʿAbd al-ʿAzīz, tu en as été soulagé ; quant à Yazīd, il y aura pour toi et pour lui une comparution devant Dieu. » ʿAbd al-ʿAzīz mourut, et Yazīd tua Muḥammad b. Ḥujr.
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après certains de nos compagnons, qui a dit :
Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui) fut livré à Niḥrīr, qui le traitait avec dureté et lui causait du tort. Sa femme lui dit : « Malheur à toi ! Crains Dieu, tu ne sais pas qui se trouve dans ta maison », et elle l'informa de sa piété. Elle ajouta : « Je crains pour toi à cause de lui. » Il répondit : « Je vais le jeter parmi les fauves. » Puis il agit ainsi. Mais on vit (l’Imam, que la paix soit sur lui) debout en prière, tandis que les fauves l’entouraient.
IsnādAl-Ḥusayn ibn Muḥammad al-Ashʿarī, Muḥammad ibn Yaḥyā et d'autres ont dit :
Aḥmad ibn ʿUbayd Allāh ibn Khāqān était préposé aux domaines fonciers et à l’impôt foncier (kharāj) de Qumm. Un jour, dans son assemblée, on évoqua les ʿAlawites et leurs doctrines — or il professait une hostilité farouche (naṣb) à leur égard. Il dit : « Je n’ai jamais vu ni connu à Sāmarrā’ un homme parmi les ʿAlawites comparable à al-Ḥasan ibn ʿAlī ibn Muḥammad ibn al-Riḍā pour ce qui est de sa conduite, de sa sérénité, de sa chasteté, de sa noblesse et de sa générosité envers les siens et les Banū Hāshim, ni la prééminence que ceux-ci lui accordaient sur les plus âgés et les plus considérables d’entre eux, de même que les chefs militaires (quwwād), les vizirs et le commun des gens. Un jour, je me tenais debout à la tête de mon père — c’était le jour de son audience publique — quand ses chambellans entrèrent auprès de lui et dirent : “Abū Muḥammad ibn al-Riḍā est à la porte.” Il répondit d’une voix forte : “Autorisez-le à entrer.” Je fus stupéfait de ce que j’entendis : ils avaient osé donner le kunya (surnom honorifique) d’un homme devant mon père, en sa présence, alors qu’on ne donnait le kunya devant lui qu’au calife, au prince héritier ou à celui que le souverain ordonnait d’honorer ainsi. Alors un homme entra : brun de teint, de belle stature, au beau visage, bien proportionné, jeune, empreint de dignité et de majesté. Dès que mon père le vit, il se leva et marcha vers lui à grands pas — je ne lui avais jamais vu faire cela pour aucun des Banū Hāshim ni des chefs. Lorsqu’il fut près de lui, il l’étreignit, l’embrassa sur le visage et la poitrine, lui prit la main, l’assit sur le tapis de prière où il se tenait lui-même, puis s’assit à côté de lui, le visage tourné vers lui, et se mit à lui parler en se sacrifiant pour lui. Tandis que je m’étonnais de ce que je voyais, le chambellan entra et dit : “al-Muwaffaq est arrivé.” Or al-Muwaffaq, lorsqu’il venait chez mon père, ses chambellans et ses chefs particuliers se disposaient en deux rangées entre le lieu où se tenait mon père et la porte de la demeure, jusqu’à son entrée et sa sortie. Mon père ne cessa de faire face à Abū Muḥammad et de s’entretenir avec lui jusqu’à ce qu’il aperçût les serviteurs particuliers ; alors il dit : “Si tu le souhaites, que Dieu me fasse rançon pour toi !” Puis il dit à ses chambellans : “Emmenez-le derrière les deux rangées, afin que celui-ci — c’est-à-dire al-Muwaffaq — ne le voie pas.” Il se leva, mon père se leva aussi, l’étreignit et il s’en alla. Je dis aux chambellans de mon père et à ses serviteurs : “Malheur à vous ! Qui est cet homme à qui vous avez donné le kunya devant mon père et pour qui mon père a agi de la sorte ?” Ils répondirent : “C’est un ʿAlawite nommé al-Ḥasan ibn ʿAlī, connu sous le nom d’Ibn al-Riḍā.” Ma stupéfaction s’en accrut. Je restai toute cette journée inquiet, réfléchissant à son sujet et à celui de mon père, et à ce que j’avais vu. Quand vint la nuit — mon père avait coutume de prier la prière du soir (al-ʿatama), puis de s’asseoir pour examiner les affaires dont il avait à traiter et ce qu’il devait soumettre au souverain — lorsqu’il eut prié et se fut assis, je vins m’asseoir devant lui ; il n’y avait personne auprès de lui. Il me dit : “Ô Aḥmad, as-tu un besoin ?” Je répondis : “Oui, père. Si tu m’y autorises, je te poserai une question.” Il dit : “Je t’y autorise, mon fils. Dis ce que tu veux.” Je dis : “Père, quel est l’homme que j’ai vu ce matin, et pour qui tu as montré tant de vénération, d’honneur et de considération, allant jusqu’à te sacrifier pour lui ?” Il répondit : “Mon fils, c’est l’imam des Rāfiḍa (répudiateurs) ; c’est al-Ḥasan ibn ʿAlī, connu sous le nom d’Ibn al-Riḍā.” Il garda le silence un moment, puis dit : “Mon fils, si l’imamat devait quitter les califes abbassides, nul parmi les Banū Hāshim ne le mériterait en dehors de celui-ci. Et il le mérite, en vérité, par son mérite, sa chasteté, sa conduite, sa préservation (du péché), son ascétisme, sa dévotion, la beauté de son caractère et sa piété. Si tu avais vu son père, tu aurais vu un homme généreux, noble et vertueux.” Dès lors, mon inquiétude, ma perplexité et ma colère contre mon père — pour ce que j’avais entendu de lui — ne firent qu’augmenter, et je le pressai d’ajouter encore en paroles et en actes. Après cela, je n’eus d’autre souci que de m’enquérir de son histoire et de rechercher son affaire. Je n’interrogeai personne parmi les Banū Hāshim, les chefs, les secrétaires, les juges, les juristes ni le reste des gens sans le trouver chez eux en butte à la vénération, à la glorification la plus extrême, jouissant d’un rang élevé et de propos élogieux, et placé au-dessus de tous les membres de sa famille et de ses aînés. Sa dignité grandit à mes yeux, car je ne vis ni partisan ni adversaire qui ne tînt sur lui des propos élogieux et ne fît son éloge. » Alors un des Ashʿarites présents à son assemblée lui dit : « Ô Abū Bakr, que sais-tu de son frère Jaʿfar ? » Il répondit : « Qu’est-ce donc que Jaʿfar pour que tu t’enquières de son affaire, ou pour qu’on le mette en parallèle avec al-Ḥasan ? Jaʿfar est un homme qui proclame ouvertement le péché, un pervers, un débauché, un buveur de vin, le moindre des hommes que j’aie vus et le plus impudent envers lui-même ; il est léger et insignifiant. Et il est arrivé au souverain et à ses compagnons, au moment de la mort d’al-Ḥasan ibn ʿAlī, quelque chose dont je fus stupéfait et que je n’aurais jamais cru possible. Voici : Lorsqu’il tomba malade, on fit savoir à mon père qu’Ibn al-Riḍā était souffrant. Il monta aussitôt à cheval et se hâta vers le palais du califat ; puis il revint en toute hâte, accompagné de cinq serviteurs du Commandeur des croyants (Amīr al-muʾminīn), tous parmi ses hommes de confiance et son entourage, parmi lesquels Niḥrīr. Il leur ordonna de se tenir constamment dans la demeure d’al-Ḥasan, de s’informer de son état et de sa situation, et il envoya un groupe de médecins en leur ordonnant de se rendre chez lui chaque matin et chaque soir. Deux ou trois jours plus tard, on l’informa que son état avait empiré ; il ordonna alors aux médecins de demeurer dans sa demeure, et envoya chercher le grand juge (qāḍī al-quḍāt) qu’il fit venir à son conseil, lui ordonnant de choisir parmi ses compagnons dix hommes dignes de confiance par leur religion, leur loyauté et leur piété ; il les fit venir et les envoya chez al-Ḥasan, leur ordonnant de rester auprès de lui nuit et jour. Ils ne cessèrent d’y être jusqu’à ce qu’il mourût (que la paix soit sur lui). Sāmarrā’ tout entière ne fit plus qu’une seule clameur. Le souverain envoya chez lui des gens qui fouillèrent la demeure et les chambres, mirent les scellés sur tout ce qui s’y trouvait, et recherchèrent la trace de son enfant. On amena des femmes qui connaissaient la grossesse ; elles entrèrent auprès de ses concubines pour les examiner. L’une d’elles mentionna qu’il y avait une concubine enceinte. Celle-ci fut placée dans une chambre, et Niḥrīr le serviteur, ses compagnons et des femmes furent commis à sa garde. Ensuite, ils se mirent à la préparation (de sa dépouille) ; les marchés furent fermés, et les Banū Hāshim, les chefs, mon père et tous les gens se rendirent à ses funérailles. Ce jour-là, Sāmarrā’ ressemblait au Jour de la Résurrection. Lorsqu’ils eurent achevé sa préparation, le souverain envoya Abū ʿĪsā ibn al-Mutawakkil et lui ordonna de prier sur lui. Lorsque le cercueil fut déposé pour la prière sur lui, Abū ʿĪsā s’approcha, découvrit son visage, le montra aux Banū Hāshim, tant ʿAlawites qu’Abbassides, aux chefs, aux secrétaires, aux juges et aux témoins officiels (al-muʿaddalūn), et dit : “Voici al-Ḥasan ibn ʿAlī ibn Muḥammad ibn al-Riḍā ; il est mort de mort naturelle, sur sa couche, en présence de tels et tels serviteurs du Commandeur des croyants et de ses hommes de confiance, tels et tels juges, tels et tels médecins.” Puis il lui couvrit le visage, ordonna de le transporter ; on l’emporta du milieu de sa demeure et on l’enterra dans la même pièce que son père. Après l’enterrement, le souverain et les gens se mirent à la recherche de son enfant ; les perquisitions se multiplièrent dans les maisons et les demeures, et on sursit au partage de son héritage. Ceux qui avaient été commis à la garde de la concubine dont on avait suspecté la grossesse ne cessèrent de rester jusqu’à ce que la grossesse se révélât fausse. Lorsqu’il fut établi qu’elle n’était pas enceinte, son héritage fut partagé entre sa mère et son frère Jaʿfar ; sa mère revendiqua l’exécution de son testament (waṣiyya), ce qui fut confirmé devant le juge. Le souverain, quant à lui, continuait à rechercher la trace de son enfant. Par la suite, Jaʿfar vint chez mon père et dit : “Attribue-moi le rang de mon frère, et je te verserai chaque année vingt mille dinars.” Mon père le réprimanda, l’apostropha et lui dit : “Ô sot ! Le souverain a dégainé son épée contre ceux qui prétendent que ton père et ton frère étaient imams, afin de les en détourner, et il n’a pu y parvenir. Si, pour les partisans (shīʿa) de ton père ou de ton frère, tu es un imam, tu n’as nul besoin du souverain pour te conférer leur rang, ni d’aucun autre que le souverain ; et si tu n’es pas à leurs yeux à cette hauteur, tu ne l’obtiendras pas par notre intermédiaire.” Mon père le tint alors pour infime et pour faible, et ordonna qu’on lui interdît l’accès ; il ne l’autorisa plus à entrer chez lui jusqu’à la mort de mon père. Nous partîmes tandis qu’il en était encore à cette situation, le souverain recherchant toujours la trace de l’enfant d’al-Ḥasan ibn ʿAlī.
Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui) écrivit à Abū l-Qāsim Isḥāq ibn Jaʿfar al-Zubayrī environ vingt jours avant la mort d’al-Muʿtazz : « Reste chez toi jusqu’à ce que l’événement (al-ḥādith) se produise. » Lorsque Buraīḥa fut tué, il lui écrivit : « L’événement s’est produit ; que m’ordonnes-tu ? » Il lui répondit : « Ce n’est pas cet événement-ci ; c’est l’autre événement. » Il advint alors ce qui advint au sujet d’al-Muʿtazz. Et d’après lui, il dit : Il écrivit à un autre homme : « ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Dāwūd sera tué », dix jours avant son exécution. Lorsque vint le dixième jour, il fut tué.
IsnādD'après ʿAlī b. Muḥammad, d'après Muḥammad b. Ibrāhīm connu sous le nom d'Ibn al-Kurdī, d'après Muḥammad b. ʿAlī b. Ibrāhīm b. Mūsā b. Jaʿfar, qui a dit :
« La situation devint difficile pour nous. Mon père me dit : "Emmène-moi jusqu'à ce que nous allions voir cet homme – il voulait dire Abū Muḥammad (l'Imam al-ʿAskarī) – car on lui attribue de la générosité." Je demandai : "Le connais-tu ?" Il répondit : "Je ne le connais pas et ne l'ai jamais vu." Il dit : Nous allâmes donc chez lui. En chemin, mon père me dit : "Comme nous aurions besoin qu'il nous ordonne cinq cents dirhams : deux cents pour l'habit, deux cents pour la dette et cent pour la dépense." Je me dis en moi-même : "Si seulement il m'ordonnait trois cents dirhams : cent pour acheter un âne, cent pour la dépense et cent pour l'habit, et je partirais vers la montagne." Il dit : Lorsque nous arrivâmes à la porte, son serviteur sortit vers nous et dit : "Que ʿAlī b. Ibrāhīm et son fils Muḥammad entrent." Une fois entrés et après l'avoir salué, il dit à mon père : "Ô ʿAlī, qu'est-ce qui t'a retenu loin de nous jusqu'à maintenant ?" Il répondit : "Ô mon maître, j'aurais eu honte de me présenter devant toi dans cet état." Lorsque nous sortîmes de chez lui, son serviteur vint à nous et remit à mon père une bourse en disant : "Voici cinq cents dirhams : deux cents pour l'habit, deux cents pour la dette et cent pour la dépense." Il me donna une bourse et dit : "Voici trois cents dirhams : prends cent pour le prix de l'âne, cent pour l'habit et cent pour la dépense ; ne va pas à la montagne, mais va à Sūrā." Il (Muḥammad) se rendit donc à Sūrā, épousa une femme, et aujourd'hui ses revenus sont de mille dīnārs. Malgré cela, il professe la doctrine du waqf (arrêt sur l'Imamat après l'Imam al-ʿAskarī). Muḥammad b. Ibrāhīm dit : Je lui dis : "Malheur à toi ! Veux-tu une preuve plus évidente que celle-ci ?" Il répondit : "C'est une affaire sur laquelle nous avons cheminé."
Isnād4. ʿAlī ibn Muḥammad, d'après Abū ʿAlī Muḥammad ibn ʿAlī ibn Ibrāhīm, qui dit : Aḥmad ibn al-Ḥārith al-Qazwīnī m'a rapporté, disant :
J'étais avec mon père à Sūr man Ra’ā (Samarra). Mon père pratiquait la médecine vétérinaire dans les écuries d’Abū Muḥammad (l’imam al-ʿAskarī). Il dit : Le calife al-Mustaʿīn possédait une mule dont on n’avait jamais vu la pareille en beauté et en taille, mais elle refusait qu’on monte sur son dos, qu’on la bride ou qu’on la selle. On avait rassemblé des dresseurs pour elle, mais ils ne trouvèrent aucun moyen de la monter. Un de ses compagnons de beuverie lui dit : « Ô Commandeur des croyants ! Ne ferais-tu pas venir al-Ḥasan ibn al-Riḍā (l’imam al-ʿAskarī) ? Soit il la monte, soit elle le tue, et tu seras débarrassé de lui. » Il fit donc venir Abū Muḥammad. Mon père l’accompagna. Mon père dit : Quand Abū Muḥammad entra dans la cour, j’étais avec lui. Abū Muḥammad regarda la mule debout dans la cour, se dirigea vers elle et posa sa main sur sa croupe. Je vis alors la mule transpirer abondamment, jusqu’à ce que la sueur coule d’elle. Puis il se rendit auprès d’al-Mustaʿīn, le salua, et celui-ci lui souhaita la bienvenue et l’accueillit chaleureusement. Il dit : « Ô Abā Muḥammad, bride cette mule. » Abū Muḥammad dit à mon père : « Ô jeune homme, bride-la. » Al-Mustaʿīn dit : « Bride-la toi-même. » Il posa alors son ṭaylasān (grand manteau), se leva, la brida, puis retourna à sa place et s’assit. Il lui dit : « Ô Abā Muḥammad, selle-la. » Il dit à mon père : « Ô jeune homme, selle-la. » Il dit : « Selle-la toi-même. » Il se leva une seconde fois, la sella et revint. Il lui dit : « Accepterais-tu de la monter ? » Il répondit : « Oui. » Il la monta sans qu’elle lui résiste, puis la fit galoper dans la cour, puis la fit passer à l’amble, et elle marcha de la plus belle manière qui soit. Puis il revint et descendit. Al-Mustaʿīn lui dit : « Ô Abā Muḥammad, comment l’as-tu trouvée ? » Il dit : « Ô Commandeur des croyants, je n’ai jamais vu pareille beauté et vivacité ; un animal comme celui-ci ne convient qu’au Commandeur des croyants. » Il dit : « Ô Abā Muḥammad, le Commandeur des croyants te la donne. » Alors Abū Muḥammad dit à mon père : « Ô jeune homme, prends-la. » Mon père la prit et la conduisit.
C'est au sujet de la parole de Dieu Très-Haut : « Ils n'ont pas pris, en dehors de Dieu, de Son Messager et des croyants, un allié confidentiel (walīja) ». Je me dis en moi-même, sans l'écrire dans la lettre : « Qui considères-tu comme les croyants ici ? » La réponse revint : « Le walīja (l'allié confidentiel) est celui que l'on établit à la place du détenteur de l'autorité (walī al-amr). Quant à ce que ton âme t'a suggéré au sujet des croyants — qui ils sont dans ce passage — ce sont les Imams (Les Guides divins) qui donnent l'aman (sauvegarde/sécurité) au nom de Dieu, et Dieu agrée leur amān. »
Je m'étonnai de cela et me dis en moi-même : « Celui-ci est né à Médine et ne s'est montré à personne jusqu'à ce qu'Abû al-Hasan (sur lui la paix) soit décédé, et nul ne l'a vu. Comment cela se fait-il ? » Alors il se tourna vers moi et dit : « Certes, Dieu — béni et exalté soit-Il — distingue Sa Preuve (al-ḥujja) parmi le reste de Ses créatures en toute chose : Il lui accorde la connaissance des langues, la connaissance des lignées, des termes fixés (de la vie) et des événements. Sans cela, il n'y aurait aucune différence entre la Preuve (al-ḥujja) et celui qui a besoin de preuve (al-maḥjūj). »
IsnādIsḥāq a dit : al-Ḥasan b. Ẓarīf m'a rapporté
Deux questions s'agitaient dans ma poitrine, que je voulais adresser par écrit à Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui). Je lui écrivis donc pour l'interroger au sujet du Qāʾim (que la paix soit sur lui) : lorsqu'il se lèvera, d'après quoi jugera-t-il, et où se trouvera le siège où il rendra la justice parmi les gens ? Je voulais aussi lui demander quelque chose au sujet de la fièvre quarte, mais j'oubliai la question concernant la fièvre. La réponse arriva : « Tu m'as interrogé au sujet du Qāʾim : lorsqu'il se lèvera, il jugera parmi les gens par sa science, comme le jugement de David (que la paix soit sur lui), sans exiger de preuve. Et tu avais l'intention de m'interroger au sujet de la fièvre quarte, mais tu l'as oublié. Écris donc [ce qui suit] sur une feuille et attache-le au fiévreux : il guérira par la permission de Dieu, si Dieu le veut : “Ô feu, sois fraîcheur et paix pour Abraham !” » Nous attachâmes donc au malade ce qu'Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui) avait mentionné, et il reprit connaissance.
IsnādIshāq a dit : Ismāʿīl ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn Ismāʿīl ibn ʿAlī ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib m’a rapporté [de l’Imam]
Je me suis assis pour attendre Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui) en bordure de route. Lorsqu’il passa près de moi, je me plaignis à lui de mon besoin et jurai devant lui que je ne possédais pas même un dirham ou plus, ni de quoi déjeuner ni dîner. Il dit : « Tu jures par Dieu en mentant, alors que tu as enterré deux cents dīnār. Et ce que je dis n’est pas pour te refuser le don. Donne-lui, ô serviteur, ce que tu as. » Son serviteur me donna alors cent dīnār. Puis il se tourna vers moi et me dit : « Tu seras privé de cet argent (les dīnār que tu avais enterrés) au moment où tu en auras le plus besoin. » Et l’Imam dit vrai, car il en fut comme il l’avait dit : j’avais enterré deux cents dīnār, me disant qu’ils seraient pour nous une réserve et un refuge. Mais je fus contraint par une nécessité pressante à dépenser quelque chose, et les portes de la subsistance se fermèrent devant moi. Je déterrai alors l’endroit, et voilà que mon fils, qui avait reconnu l’emplacement, les avait prises et s’était enfui, et je ne pus rien en récupérer.
IsnādIsḥāq a rapporté : ʿAlī b. Zayd b. ʿAlī b. al-Ḥusayn b. ʿAlī m’a raconté :
J’avais un cheval dont j’étais très fier, et j’en parlais souvent dans les réunions. Un jour, j’entrai chez Abū Muḥammad (l’Imam Ḥasan al-ʿAskarī) ; il me dit : « Qu’est devenu ton cheval ? » Je répondis : « Il est chez moi ; il est même devant ta porte, car je suis descendu de lui. » Il me dit : « Remplace-le avant le soir, si tu trouves un acheteur, et ne tarde pas. » Quelqu’un entra alors auprès de nous, et la conversation s’interrompit. Je me levai, pensif, et je rentrai chez moi. Je racontai l’affaire à mon frère, qui dit : « Je ne sais que dire à ce sujet. » J’hésitai à m’en séparer et j’éprouvai de l’aversion à l’idée de le vendre. Le soir venu, le palefrenier vint à nous alors que nous avions accompli la prière de la nuit (al-ʿatama), et dit : « Ô mon maître, ton cheval est mort. » Je fus attristé et je compris que c’était à cela que faisait allusion cette parole. Il dit : Puis, quelques jours plus tard, j’entrai chez Abū Muḥammad, me disant en moi-même : « Si seulement il me donnait une monture en remplacement, puisque j’ai été attristé par sa parole. » Lorsque je me fus assis, il dit : « Oui, nous te donnerons une monture en remplacement. Ô garçon, donne-lui mon cheval de poste (birdhawn) alezan (kumayt). Celui-ci est meilleur que ton cheval, plus doux à monter et plus longévif. »
Abū Muḥammad (l’Imam al-ʿAskarī) avait un agent (wakīl) qui avait aménagé pour lui-même dans la maison une chambre où se trouvait avec lui un serviteur blanc. L’agent voulut séduire le serviteur, mais celui-ci refusa catégoriquement, exigeant qu’on lui apporte du nabīdh (boisson fermentée). L’agent fit donc en sorte de lui en procurer, puis le fit entrer chez lui, alors qu’entre lui et Abū Muḥammad se trouvaient trois portes verrouillées. L’agent me raconta : « J’étais éveillé, quand voici que les portes s’ouvrirent, jusqu’à ce qu’Il vînt en personne. Il s’arrêta à la porte de la chambre, puis dit : “Ô vous, craignez Dieu ! Redoutez Dieu !” Quand vint le matin, il ordonna que le serviteur soit vendu et que je sois expulsé de la maison. »
IsnādʿAlī b. Muḥammad, d'après Muḥammad b. Ismāʿīl b. Ibrāhīm b. Mūsā b. Jaʿfar b. Muḥammad, d'après ʿAlī b. ʿAbd al-Ghaffār
Il a dit : Les ʿAbbāssides entrèrent chez Ṣāliḥ b. Waṣīf, et Ṣāliḥ b. ʿAlī et d'autres déviants de cette obédience entrèrent également chez Ṣāliḥ b. Waṣīf lorsqu'il emprisonna Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui). Alors Ṣāliḥ leur dit : « Que puis-je faire ? J'ai chargé de lui deux hommes parmi les plus mauvais que j'aie pu trouver, mais ils sont devenus d'une grande dévotion, prière et jeûne. Je leur ai demandé ce qu'il en était, et ils m'ont répondu : “Que dis-tu d'un homme qui jeûne le jour et se tient en prière toute la nuit, ne parlant point et ne s'occupant de rien ? Quand nous le regardons, nos muscles frémissent et nous sommes envahis par ce que nous ne maîtrisons pas de nous-mêmes.” » Lorsqu'ils entendirent cela, ils s'en allèrent déçus.
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après al-Ḥasan ibn al-Ḥusayn, qui dit : Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Makfūf m'a rapporté, qui dit : l'un de nos compagnons m'a rapporté, d'après l'un des phlébotomistes de l'armée parmi les chrétiens,
qu'Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui) m'envoya chercher un jour à l'heure de la prière de midi (ẓuhr) et me dit : « Saigne cette veine. » Il me tendit une veine que je ne reconnaissais pas parmi les veines que l'on saigne. Je me dis en moi-même : « Je n'ai jamais vu chose plus étonnante que celle-ci : il m'ordonne de saigner à l'heure de midi, qui n'est pas un moment pour la saignée, et, deuxièmement, une veine que je ne comprends pas. » Puis il me dit : « Attends, et demeure dans la maison. » Quand vint le soir, il m'appela et me dit : « Laisse couler le sang. » Je laissai couler. Puis il me dit : « Arrête. » J'arrêtai. Puis il me dit : « Demeure dans la maison. » À minuit, il m'envoya chercher et me dit : « Laisse couler le sang. » Je fus encore plus étonné que la première fois, et je répugnais à l'interroger. Je laissai couler, et il en sortit un sang blanc comme du sel. Puis il me dit : « Retiens. » Je retins. Puis il dit : « Demeure dans la maison. » Le matin venu, il ordonna à son intendant (qahramān) de me donner trois dīnārs. Je les pris et sortis, jusqu'à ce que j'arrive chez Ibn Bakhtīshūʿ le chrétien. Je lui racontai l'histoire. Il me dit : « Par Dieu, je ne comprends pas ce que tu dis, je ne le reconnais dans rien de la médecine, je ne l'ai lu dans aucun livre, et je ne connais, à notre époque, personne de plus savant dans les livres chrétiens qu'un tel le Perse. Va donc le trouver. » Je louai une barque jusqu'à Baṣra, puis je me rendis à Ahwāz, puis je parvins en Perse chez cet homme. Je lui racontai l'affaire. Il me dit : « Accorde-moi quelques jours. » Je les lui accordai. Puis je vins le trouver pour le relancer. Il me dit : « Ce que tu racontes au sujet de cet homme, le Messie (al-Masīḥ) l'a fait une fois en son temps. »
Il a dit : J'entrai chez Abū Muḥammad (que la paix soit sur lui) et je lui demandai d'écrire afin de voir son écriture et la reconnaître lorsqu'elle arriverait. Il dit : Oui. Puis il dit : Ô Aḥmad, l'écriture te paraîtra différente, du calame épais au calame fin, alors n'aie aucun doute. Ensuite, il demanda l'encrier et se mit à écrire, puisant l'encre dans le réservoir de l'encrier. Je me dis en moi-même, tandis qu'il écrivait : J'aimerais lui demander en don le calame avec lequel il écrit. Lorsqu'il eut fini d'écrire, il se tourna vers moi en me parlant tout en essuyant le calame avec le tissu de l'encrier pendant un moment, puis il dit : Prends-le, ô Aḥmad, et me le tendit. Je dis : Que je sois ta rançon, je suis affligé à cause d'une chose qui m'atteint en moi-même ; j'avais voulu interroger ton père là-dessus, mais cela ne me fut pas accordé. Il dit : Qu'est-ce donc, ô Aḥmad ? Je dis : Ô mon maître, il nous a été rapporté d'après tes pères que le sommeil des prophètes est sur leurs nuques, le sommeil des croyants sur leur côté droit, le sommeil des hypocrites sur leur côté gauche, et le sommeil des diables sur leurs visages. Il (que la paix soit sur lui) dit : Il en est ainsi. Je dis : Ô mon maître, je m'efforce de dormir sur mon côté droit, mais je n'y parviens pas et le sommeil ne me prend pas dans cette position. Il se tut un moment, puis dit : Ô Aḥmad, approche-toi de moi. Je m'approchai de lui. Il dit : Introduis ta main sous tes vêtements. Je l'introduisis. Il sortit alors sa main de sous ses vêtements, l'introduisit sous mes vêtements, et frotta de sa main droite mon côté gauche et de sa main gauche mon côté droit, trois fois. Aḥmad dit : Depuis qu'il (que la paix soit sur lui) a agi ainsi avec moi, je ne peux plus dormir sur mon côté gauche, et le sommeil ne me prend absolument jamais dans cette position.