Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) naquit l'an quatre-vingt-trois [83 de l'Hégire]. Il partit [vers l'au-delà] au mois de Shawwāl de l'an cent quarante-huit [148 H], à l'âge de soixante-cinq ans. Il fut enterré à al-Baqīʿ, dans la tombe où furent enterrés son père, son grand-père et al-Ḥasan ibn ʿAlī (que la paix soit sur eux). Sa mère était Umm Farwa bint al-Qāsim ibn Muḥammad ibn Abī Bakr, et la mère de celle-ci était Asmāʾ bint ʿAbd al-Raḥmān ibn Abī Bakr.
IsnādD'après certains de nos compagnons, d'après Ibn Jumhūr, d'après son père, d'après Sulaymān b. Samāʿa, d'après ʿAbd Allāh b. al-Qāsim, d'après al-Mufaḍḍal b. ʿUmar
Il dit : Abū Jaʿfar al-Manṣūr (le calife abbasside) envoya un ordre à al-Ḥasan b. Zayd, qui était son gouverneur des deux villes sacrées (La Mecque et Médine), [lui disant] : « Incendie la maison de Jaʿfar b. Muḥammad (le sixième imam) ! » Alors il mit le feu à la maison d'Abū ʿAbd Allāh (l'imam al-Ṣādiq, que la paix soit sur lui). Le feu saisit la porte et le vestibule. Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) sortit alors, enjambant le feu et marchant dedans, tout en disant : « Je suis le fils des racines de la terre. Je suis le fils d'Ibrāhīm, l'ami intime d'Allāh (que la paix soit sur lui). »
IsnādSaʿd ibn ʿAbd Allāh et ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar, tous deux d'après Ibrāhīm ibn Mahziyār, d'après son frère ʿAlī ibn Mahziyār, d'après al-Ḥusayn ibn Saʿīd, d'après Muḥammad ibn Sinān, d'après Ibn Muskān, d'après Abū Baṣīr.
Il dit : « Abū ʿAbd Allāh Jaʿfar ibn Muḥammad (que la paix soit sur eux deux) mourut à l'âge de soixante-cinq ans, en l'an cent quarante-huit, et il vécut après Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui) trente-quatre ans. »
IsnādSaʿd ibn ʿAbd Allāh, d'après Abū Jaʿfar Muḥammad ibn ʿUmar ibn Saʿīd, d'après Yūnus ibn Yaʿqūb, d'après Abū al-Ḥasan le Premier (que la paix soit sur lui)
Il a dit : « Je l'ai entendu dire : "J'ai enseveli mon père dans deux vêtements de Šaṭawī (tissu fin de Šaṭā, une localité en Irak) dans lesquels il se mettait en état de sacralisation (iḥrām), et dans une de ses chemises, et dans un turban qui appartenait à ʿAlī ibn al-Ḥusayn (que la paix soit sur eux deux), et dans un manteau (burd) qu'il avait acheté quarante dînârs." »
IsnādMuhammad ibn Yaḥyā, d'après Aḥmad ibn Muḥammad, d'après ʿAbd Allāh ibn Aḥmad, d'après Ibrāhīm ibn al-Ḥasan, qui a dit : m'a raconté Wahb ibn Ḥafṣ, d'après Isḥāq ibn Jarīr
Il a dit : Abū ʿAbd Allāh (l'Imam Jaʿfar al-Ṣādiq, sur lui la paix) a dit : Saʿīd ibn al-Musayyab, al-Qāsim ibn Muḥammad ibn Abī Bakr et Abū Khālid al-Kābulī étaient parmi les confidents (thiqqāt) de ʿAlī ibn al-Ḥusayn (l'Imam al-Sajjād, sur eux deux la paix). Il a dit : Et ma mère faisait partie de celles qui ont cru, ont craint Dieu et ont bien agi — et Dieu aime les bienfaisants. Il a dit : Et ma mère a dit : Mon père (l'Imam al-Sajjād) a dit : Ô Umm Farwa, certes j'invoque Dieu pour les pécheurs de notre Shīʿa (partisans), mille fois par jour et par nuit, car nous, face aux calamités qui nous frappent, nous patientons en raison de la récompense que nous connaissons, tandis qu'eux patientent sur ce qu'ils ne connaissent pas.
Isnādal-Husayn ibn Muḥammad, d’après Muʿallā ibn Muḥammad, d’après al-Barqī, d’après son père, d’après quelqu’un qu’il mentionna, d’après Rufayd, affranchi de Yazīd ibn ʿAmr ibn Hubayra,
Il dit : Ibn Hubayra se mit en colère contre moi et jura qu’il me tuerait. Je m’enfuis donc de chez lui et me réfugiai auprès d’Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui). Je l’informai de ma situation. Il me dit : « Retourne, transmets-lui mon salut de ma part, et dis-lui : J’ai accordé ma protection à ton affranchi Rufayd, ne lui fais donc aucun mal. » Je lui dis : « Puisse-je être ta rançon ! C’est un Syrien (Shāmī) à l’opinion perverse (khabīth al-ra’y). » Il dit : « Va le trouver comme je te l’ordonne. » Je partis donc. Lorsque je fus dans l’une des zones désertiques, un bédouin vint à ma rencontre et dit : « Où vas-tu ? Je vois un visage de condamné à mort. » Puis il me dit : « Sors ta main. » Je le fis. Il dit : « Main de condamné à mort. » Il me dit ensuite : « Expose ta jambe. » J’exposai ma jambe. Il dit : « Jambe de condamné à mort. » Puis il me dit : « Expose ton corps. » Je le fis. Il dit : « Corps de condamné à mort. » Puis il me dit : « Tire ta langue. » Je le fis. Il me dit alors : « Va, aucun mal ne t’arrivera, car dans ta langue se trouve un message tel que si tu l’apportais aux montagnes les plus massives, elles s’inclineraient devant toi. » Il dit : Je parvins jusqu’à la porte d’Ibn Hubayra et demandai la permission d’entrer. Lorsque j’entrai chez lui, il dit : « Un traître t’a amené, ses deux pieds ! Ô garçon, le tapis de cuir (al-natʿ) et l’épée ! » Puis il ordonna qu’on me ligote les bras dans le dos et qu’on me serre la tête. Le bourreau (al-sayyāf) se tint au-dessus de moi pour trancher ma nuque. Je dis : « Ô émir, tu ne m’as pas vaincu de force ; en vérité, je suis venu à toi de mon propre gré. J’ai ici une chose à te mentionner, ensuite tu feras ce que tu voudras. » Il dit : « Parle. » Je dis : « Accorde-moi un entretien privé. » Il ordonna alors à ceux qui étaient présents de sortir. Je lui dis : « Jaʿfar ibn Muḥammad te transmet le salut et te dit : J’ai accordé ma protection à ton affranchi Rufayd, ne lui fais donc aucun mal. » Il dit : « Par Dieu, jaʿfar ibn Muḥammad t’a vraiment dit ces paroles et m’a transmis le salut ? » Je le jurai, et il me le répéta trois fois. Puis il défit mes liens, ensuite il dit : « Je ne serai satisfait de toi que si tu fais à mon égard ce que j’ai fait à ton égard. » Je dis : « Ma main ne saurait s’y résoudre et mon âme n’y trouverait aucune satisfaction. » Il dit : « Par Dieu, rien d’autre ne me satisfera. » Je fis donc à son égard comme il avait fait à mon égard, puis je le libérai. Il me tendit son sceau et dit : « Mes affaires sont entre tes mains, administre-les comme tu le souhaites. »
IsnādMuhammad ibn Yaḥyā, d'après Aḥmad ibn Muḥammad, d'après ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, d'après al-Khaybarī, d'après Yūnus ibn Ẓibyān, Mufaḍḍal ibn ʿUmar, Abū Salama al-Sarrāj et al-Ḥusayn ibn Thuwayr ibn Abī Fākhita, qui ont dit :
Nous étions chez Abū ʿAbd Allāh (l'Imam Jaʿfar al-Ṣādiq, sur lui la paix). Il dit : « Nous détenons les trésors de la terre et leurs clefs. Si je voulais dire à l'un de mes pieds : “Sors ce qui est en toi d'or”, il sortirait. » Il dit : Puis il frappa la terre avec l'un de ses pieds en traçant une ligne, et la terre s'ouvrit. Ensuite, il mit sa main et en retira un lingot d'or de la longueur d'un empan. Puis il dit : « Regardez bien. » Nous regardâmes, et voilà de nombreux lingots empilés les uns sur les autres, étincelants. L'un de nous lui dit : « Que je sois ta rançon ! Vous avez reçu ce que vous avez reçu, alors que vos partisans sont dans le besoin. » Il répondit : « Certes, Allah réunira pour nous et pour nos partisans ce monde et l'au-delà ; Il les fera entrer dans les Jardins de la Délice, et Il fera entrer notre ennemi dans la Géhenne. »
IsnādAl-Ḥusayn ibn Muḥammad, d’après al-Muʿallā ibn Muḥammad, d’après l’un de ses compagnons, d’après Abū Baṣīr (que Dieu ait pitié de lui)
J’avais un voisin qui était au service de l’autorité (al-sulṭān) et qui avait acquis des richesses. Il avait préparé des chanteuses (qiyān), rassemblait du monde chez lui, buvait des boissons enivrantes et me causait du tort. Je me suis plaint à lui à plusieurs reprises, mais il n’a pas cessé. Lorsque j’ai insisté, il m’a dit : « Ô toi, je suis un homme éprouvé (mubtalā) et tu es un homme préservé (muʿāfā) ; si tu me présentais à ton compagnon (ṣāḥib), j’espérerais que Dieu me sauve par ton intermédiaire. » Cette parole a laissé une trace dans mon cœur. Quand je me rendis chez Abū ʿAbd Allāh (l’Imam al-Ṣādiq, sur lui la paix), je lui racontai sa situation. Il me dit : « Quand tu retourneras à Kūfa, il viendra te voir. Dis-lui : Jaʿfar ibn Muḥammad te dit : “Abandonne ce que tu fais, et je te garantis le Paradis auprès de Dieu.” » Lorsque je revins à Kūfa, il vint me voir parmi d’autres visiteurs. Je le retins chez moi jusqu’à ce que la maison fût vide, puis je lui dis : « Ô toi, j’ai mentionné ton cas à Abū ʿAbd Allāh Jaʿfar ibn Muḥammad al-Ṣādiq (sur lui la paix), et il m’a dit : “Quand tu retourneras à Kūfa, il viendra te voir. Dis-lui : Jaʿfar ibn Muḥammad te dit : « Abandonne ce que tu fais, et je te garantis le Paradis auprès de Dieu. »” » L’homme se mit à pleurer, puis me dit : « Par Dieu, Abū ʿAbd Allāh t’a-t-il vraiment dit cela ? » Je jurai que c’était bien ce qu’il m’avait dit. Il me dit alors : « Cela me suffit », et il partit. Quelques jours plus tard, il m’envoya un message pour me convoquer ; je le trouvai nu derrière sa maison, et il me dit : « Ô Abā Baṣīr, non par Dieu, il ne reste rien dans ma maison que je n’aie sorti, et me voici tel que tu vois. » Je me rendis chez nos frères (coreligionnaires) et rassemblai de quoi le vêtir. Peu de jours après, il me fit dire : « Je suis malade, viens me voir. » Je continuai à lui rendre visite et à le soigner jusqu’à ce que la mort l’atteignît. J’étais assis près de lui tandis qu’il rendait l’âme ; il eut une syncope, puis reprit connaissance et me dit : « Ô Abā Baṣīr, ton compagnon a tenu sa promesse envers nous. » Puis il rendit l’âme — que Dieu lui fasse miséricorde. Lorsque je partis pour le pèlerinage (ḥajj), je vins chez Abū ʿAbd Allāh (l’Imam al-Ṣādiq, sur lui la paix) et demandai la permission d’entrer. Alors que j’entrais, il me dit, d’emblée, depuis l’intérieur de la maison, alors qu’un de mes pieds était dans la cour et l’autre dans le vestibule : « Ô Abā Baṣīr, nous avons tenu notre promesse envers ton compagnon. »
IsnādAbū ʿAlī al-Ashʿarī, d’après Muḥammad b. ʿAbd al-Jabbār, d’après Ṣafwān b. Yaḥyā, d’après Jaʿfar b. Muḥammad b. al-Ashʿath
Il dit : « Il me dit : “Sais-tu quelle fut la cause de notre entrée dans cette affaire et de notre connaissance à son sujet, alors que nous n’avions de cela aucune mention ni connaissance d’aucune chose de ce que les gens possèdent ?” Il dit : Je lui dis : “Qu’est-ce donc ?” Il dit : “Abū Jaʿfar — c’est-à-dire Abū al-Dawānīq (le père des sous, surnom du calife al-Manṣūr) — dit à mon père Muḥammad b. al-Ashʿath : “Ô Muḥammad, cherche-moi un homme doté d’intellect (ʿaql) qui rapporte de ma part.” Mon père lui dit : “Je l’ai trouvé pour toi : voici un tel, fils de Muhājir, mon oncle maternel.” Il dit : “Amène-le-moi.” Il dit : Je lui amenai donc mon oncle maternel. Abū Jaʿfar lui dit : “Ô fils de Muhājir, prends cet argent, va à Médine, trouve ʿAbd Allāh b. al-Ḥasan b. al-Ḥasan et un certain nombre de gens de sa maison, parmi lesquels Jaʿfar b. Muḥammad, et dis-leur : ‘Je suis un étranger du Khurāsān ; il y a là-bas des partisans (shīʿa) de votre obédience qui vous ont envoyé cet argent.’ Distribue à chacun d’eux sous telle et telle condition ; et lorsqu’ils auront reçu l’argent, dis : ‘Je suis un messager et j’aimerais avoir vos reçus écrits pour ce que vous avez perçu.’” Il prit donc l’argent et se rendit à Médine. Puis il revint chez Abū al-Dawānīq, tandis que Muḥammad b. al-Ashʿath se trouvait auprès de lui. Abū al-Dawānīq lui dit : “Qu’as-tu derrière toi ?” Il dit : “Je suis allé trouver les gens, et voici leurs reçus pour l’argent perçu, sauf pour Jaʿfar b. Muḥammad : je suis allé le trouver alors qu’il priait dans la mosquée du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille). Je m’assis derrière lui et me dis : ‘J’attendrai qu’il termine pour lui mentionner ce que j’ai dit à ses compagnons.’ Mais il se hâta et termina sa prière, puis se tourna vers moi et dit : ‘Ô toi, crains Dieu et ne trompe pas la Famille de Muḥammad : ils sortent à peine de la domination des Banū Marwān et tous sont dans le besoin.’ Je dis : ‘Qu’entends-tu par là, que Dieu te bénisse ?’ Il dit alors : Il rapprocha sa tête de la mienne et m’informa de tout ce qui s’était passé entre toi et moi, comme s’il avait été le troisième d’entre nous.” Abū Jaʿfar lui dit : “Ô fils de Muhājir, sache qu’il n’est aucune maison de prophétie qui ne contienne un muhaddath (inspiré), et que Jaʿfar b. Muḥammad est aujourd’hui notre muhaddath. Et cette preuve (dalāla) fut la cause de notre adoption de cette doctrine.” »