Un ami chrétien m’a demandé une fois : « Consentez-vous à donner en mariage votre fille de sept ans à un homme de cinquante ans ? ». Devant mon silence, il a poursuivi : « Si tu ne consens pas à ce mariage pour ta fille, comment donc pouvez-vous approuver le mariage d’une innocente fillette de sept ans, Aïcha, avec votre Prophète ? » Je lui ai dit, tout simplement, que je n’avais pas de réponse à ses questions en ce moment-là. Il m’a souri et m’a quitté en me laissant avec une épine dans le cœur qui bouleversa ma foi. (Shanavas)
La plupart des Musulmans s’imaginent que de tels mariages étaient tolérés par la coutume de l’époque, sinon les gens se seraient opposés au mariage du Prophète avec Aïcha, car une telle pratique aurait contredit l’usage et les convenances en vigueur. Toutefois, une telle explication ne serait crédible que pour ceux qui sont assez naïfs de croire que c’était l’usage et la coutume des Arabes de faire épouser un homme de cinquante ans à une fille de six ou neuf ans. Mais je ne fais pas partie des naïfs pour me contenter d’une réponse aussi farfelue, et je me trouvais donc très insatisfait des réponses « traditionnelles ».
Le Prophète était un homme exemplaire, tous ses actes et ses comportements représentaient l’excellence de la vertu. Il était le modèle à suivre qui doit inspirer la vie et le comportement de tous les Musulmans, qui doivent trouver facilité et sérénité à l’imiter.
Cependant, la plupart des gens de notre « Centre islamique de Tolède », moi y compris, avions du mal à envisager l’hypothèse des fiançailles de l’une de nos filles de sept ans à un homme de cinquante-deux ans. Dans l’éventualité où un père serait consentant à un tel mariage, nous sommes arrivés à la conclusion que la communauté musulmane exprimerait sa désapprobation et montrerait son désaccord en affichant publiquement son mépris tant pour le vieux fiancé que pour le père de la fillette future épousée.
En 1923, les greffiers du mariage en Égypte ont reçu l'ordre de ne pas enregistrer ni de délivrer des certificats officiels du mariage pour les épouses de moins de seize ans et les époux de moins de dix-huit ans. Huit ans plus tard, la loi de l'Organisation et de la procédure des tribunaux de la Charia islamique de 1931 a consolidé la disposition ci-dessus en ne reconnaissant pas le mariage dans les cas litigieux impliquant des épouses de moins de seize ans et des époux de moins de dix-huit ans. John Esposito - dans Femmes, droit de la famille musulmane (1982) - montre que dans les pays à majorité musulmane telle que l'Égypte, les mariages d'enfants sont juridiquement nuls et invalides et socialement inacceptables.
Donc, je suis resté persuadé, eu égard aux plans logique, historique et sociologique, sans preuves solides autres que ma révérence à mon Prophète, que les récits sur son mariage à 50 ans avec Aïcha âgée de 7 ans ne sont que des mythes ou des fabulations. Cependant, ma conviction m’a amené à effectuer une longue quête à la recherche de la vérité sur cette question épineuse et troublante. Cette recherche menée à son terme a confirmé la justesse de mon intuition et l’exactitude de l’image belle que je me faisais de ce noble Prophète. Mon Prophète était un gentleman, et il ne pouvait ni raisonnablement, ni religieusement, ni moralement épouser une jeune fille innocente âgée seulement de sept ou de neuf ans.
L'âge d'Aïcha a été indiqué par erreur dans le hadith rapporté sur son mariage. En outre, j’ai l’intime conviction que les commentaires rapportés sur cet événement sont très peu fiables. Certains des hadiths (traditions du Prophète) concernant l'âge d’Aïcha au moment de son mariage avec le Prophète sont effectivement problématiques quand on les soumet à l’analyse scientifique. Je présente ici les preuves démentant et réfutant l'histoire fictive rapportée par Urwah ibn Hisham, et j’affiche par là mon ambition et mon intention : effacer l’idée fausse et réparer la fabulation mensongère sur mon Prophète présenté outrageusement comme un homme irresponsable et un vieux impudique s'attaquant à une petite fille innocente.
TÉMOIGNAGES 1 : la fiabilité de la source
La plupart des récits imprimés dans les livres de hadiths sur le mariage d’Aïcha ne sont signalés que par Hisham ibn `Urwah, dans le contexte singulier qu’il rapportait non pas des commentaires sur le mariage d’Aïcha, mais des commentaires sur l'autorité de son père. Tout d'abord, plus de personnes que seulement une, deux ou trois devraient logiquement avoir signalé un événement aussi important tant dans la vie du Prophète que dans celui de la communauté musulmane ! Il est étrange que personne de Médine, où Hisham ibn `Urwah vécut les 71 premières années de sa vie, n’ait raconté l'événement, malgré le fait que parmi les érudits de Médine se trouve le très respectable et très respecté illustre Malik ibn Anas. Les sources de la transmission des récits sur cet événement sont les gens de l'Irak, où Hisham se serait installé tard dans sa vie après avoir vécu à Médine pendant la majeure partie de sa longue vie.
Tehzibu'l-Tehzib, l'un des livres les plus connus sur la vie et la fiabilité des narrateurs des traditions du Prophète, rapporte que selon Ibn Yaqub Shaibah : « Il [Hisham] est très fiable, ses récits sont acceptables, à l’exception de ce qu'il a relaté après avoir déménagé plus tard en Irak » (Tehzi'bu'l-tehzi'b, Ibn Hajar Al-`Asqalani, Dar al-Ihya Turath al-Islami, 15e siècle, vol. 11, p. 50). Il précise en outre que Malik ibn Anas fit objection aux récits de Hisham qui ont été rapportés par des gens en Irak : « On m'a dit que Malik s'est opposé à ces récits de Hisham qui ont été signalés par les gens de l'Irak » (Tehzi'b u'l-tehzi'b, Ibn Hajar Al-`Asqalani, Dar al-Ihya Turath al-Islami, vol. 11, p. 50). Mizanu'l-i`tidal, un autre livre sur la vie des chroniqueurs et des narrateurs des traditions du Prophète, rapporte : « Quand il devint vieux, la mémoire de Hisham avait beaucoup souffert » (Mizanu'l-i`tidal, Al-Zahabi, Al-Maktabatu'l-athriyyah, Sheikhupura, Pakistan, vol. 4, p. 301).CONCLUSION :Sur la base de ces références qui font autorité, la mémoire de Hisham a été défaillante et ses récits à un âge sénile, rapportés sans discernement par des sources irakiennes, ne sont pas scientifiquement fiables. Ainsi, son récit tant sur le mariage d’Aïcha que sur l'âge de son mariage n'est pas fiable et ne peut donc constituer une source digne de confiance sur la biographie de notre Prophète.
REPÈRES CHRONOLOGIQUES :
Il est également essentiel de garder à l'esprit certaines dates clés dans l'histoire de l'Islam pour situer la biographie du Prophète et son mariage avec Aïcha, et poursuivre notre recherche avec objectivité et esprit scientifique impartial et rigoureux : · 610 AP-JC : Jahiliya (âge préislamique) avant la Révélation. · 610 AP-JC : Date de la première Révélation. · 610 AP-JC : Abu Bakr se convertit à l’Islam. · 613 AP-JC : Le Prophète (saws) commence à prêcher publiquement. · 615 AP-JC : Émigration en Abyssinie. · 616 AP-JC : Omar ibn Al Khattab se convertit à l’Islam. · 620 AP-JC : Les fiançailles généralement admises d'Aïcha avec le Prophète (saws). · 622 AP-JC : Hijrah (émigration à Yathrib, plus tard rebaptisée Médine). · 623/624 AP-JC : Année généralement admise où Aïcha vivait comme épouse du Prophète (saws).
TÉMOIGNAGES 2 : Les fiançailles
Selon Tabari (selon Urwah ibn Hisham, Ibn Hanbal et Ibn Sa'd), Aïcha a été fiancée à sept ans et a commencé à cohabiter avec le Prophète à l'âge de neuf ans. Toutefois, dans un autre ouvrage, Al-Tabari dit : « Tous les quatre de ses enfants [d’Abu Bakr] [sont nés de ses deux épouses] au cours de la période préislamique » (
Tarikhu'l-Umam wa'l-mamlu'k, Al-Tabari (mort en 922), vol. 4, p. 50, en arabe, Dar al-Fikr, Beyrouth, 1979). Si Aïcha a été fiancée en 620 AP-JC (à l'âge de sept ans) et a commencé à vivre en qualité d’épouse avec le Prophète en 624 AP-JC (à l'âge de neuf ans), alors elle serait née en 613 AP-JC. Par conséquent, sur la base d'un calcul prenant en référence Al-Tabari, les chiffres montrent qu'Aïcha devrait être née en 613 AP-JC, donc trois ans après le début de la révélation (610 AP-JC). Or, le même Tabari déclare également qu’Aïcha est née à l'ère préislamique (en Jahiliya). Ainsi, elle serait née avant l’an 610 de notre ère, et elle aurait été âgée d’au moins 14 ans quand elle a commencé à vivre avec le Prophète. Dans l’essentiel, on voit que Tabari se contredit et semble ne pas se préoccuper de l’exactitude qu’exige la vénération et le respect du Prophète.CONCLUSION : Al-Tabari n'est pas fiable en matière de détermination de l'âge d'Aïcha.
TÉMOIGNAGES 3 : L'âge d'Aïcha en comparaison de l'âge de Fatima, la fille du Prophète
Selon Ibn Hajar : «
Fatima est née au moment où la Ka'bah a été reconstruite, quand le Prophète avait 35 ans... » (Al-isabah fi tamyizi'l-sahabah, Ibn Hajar al-Asqalani, vol. 4, p. 377, Maktabatu'l-Riyadh al-haditha, al-Riyadh, 1978). « Elle avait cinq ans de plus qu'Aïcha » (Al-isabah fi tamyizi'l-Sahaba, Ibn Hajar al-Asqalani, vol. 4, p. 377, Maktabatu'l-Riyadh al-Haditha, al-Riyadh, 1978). Si la déclaration d'Ibn Hajar est vraie, alors Aïcha est née quand le Prophète avait 40 ans. Si Aïcha s'est mariée au Prophète quand il avait 52 ans, l'âge du mariage d’Aïcha avec le Prophète serait donc de 12 ans.CONCLUSION : Ibn Hajar, Tabari, Ibn Hisham et Ibn Hanbal se contredisent. Par conséquent, le mariage d’Aïcha à sept ans est un mythe.
TÉMOIGNAGES 4 : L’âge d’Aïcha par rapport à l'âge d'Asma
Selon Abd al-Rahman ibn Abi Zanna'd :
« Asma avait 10 ans de plus qu'Aïcha » (Siyar A`lam al-Nubala', Al-Zahabi, vol. 2, p. 289, en arabe, Mu'assasatu'l-Risalah, Beyrouth, 1992). Selon Ibn Kathir : « Elle [Asma] avait dix ans de plus que sa sœur [Aïcha] » (Al-Bidayah wa al-Nihayah, Ibn Kathir, vol. 8, p. 371, Dar al-Fikr al-Arabi, Al-Gizeh, 1933). Selon Ibn Kathir : « Elle [Asma] a vu le meurtre de son fils au cours de cette année [73 AH], comme nous l'avons déjà mentionné, et cinq jours plus tard, elle est morte. Selon d'autres récits, elle n'est pas morte au bout de cinq jours, mais 10 ou 20, ou quelques jours de plus, ou 100 jours plus tard. » (Al-Bidayah wa'l-nihayah, Ibn Kathir, vol. 8, p. 372, Dar al-Fikr al-Arabi, Al-Gizeh, 1933). Au moment de sa mort, elle était âgée de 100 ans. (Al-Bidayah wa al-Nihayah, Ibn Kathir, vol. 8, p. 372, Dar al-Fikr al-`Arabi, Al-Gizeh, 1933). Selon Ibn Hajar Al-Asqalani : « Elle [Asma] a vécu 100 ans et est décédée en 73 ou 74 AH » (Taqrib al-Tehzib, Ibn Hajar Al-Asqalani, p. 654, en arabe, Bab fi’l-nisa', harfu’l-alif). Selon la majorité des historiens, Asma, la sœur aînée d’Aïcha, avait 10 ans de plus qu’elle. Si Asma avait 100 ans en 73 AH, elle devait avoir 27 ou 28 ans au moment de la Hijrah. Si Asma avait 27 ou 28 ans au moment de la Hijrah, Aïcha devait donc avoir 17 ou 18 ans. Par conséquent, elle ne pouvait entamer sa vie conjugale avec le Prophète qu’à l’âge de 19 ou 20 ans.CONCLUSION : En se basant sur Ibn Hajar, Ibn Kathir et Abd al-Rahman ibn Abi Zanna'd, l'âge d'Aïcha au moment où elle a commencé à vivre avec le Prophète aurait été de 19 ou 20 ans. Dans le Témoignage n°3, Ibn Hajar suggère qu’Aïcha avait 12 ans, et dans le Témoignage n°4, il se contredit en lui donnant 17 ou 18 ans. Quel est l'âge exact d’Aïcha lorsqu'elle épousa le Prophète : douze ou dix-huit ?
Ibn Hajar est une source non fiable sur l'âge d’Aïcha.
TÉMOIGNAGES 5 : Les batailles de Badr et d'Uhud
Un récit concernant la participation d’Aïcha à la bataille de Badr est mentionné dans le chapitre des hadiths sur le Jihad et le refus de l’alliance des musulmans avec les mécréants (Kitabu'l-jihad wa'l-siyar, Bab karahiyati'l-isti`anah fi'l-ghazwi bikafir). Aïcha, tout en racontant le voyage de Badr et l'un des événements importants qui ont eu lieu dans ce voyage, dit : «
Quand nous avons atteint Shajarah ». De toute évidence, Aïcha a été avec le groupe en expédition vers Badr. Al-Bukhari mentionne la participation d'Aïcha à la bataille d'Uhud dans le chapitre du Jihad et de la participation des femmes au combat aux côtés des hommes (Kitabu'l-jihad wa'l-siyar, Bab Ghazwi'l-nisa' wa qitalihinna ma`a'l-rijal - Hadith 2880) : « Anas annonce que le jour d'Uhud, les gens honteux se cachaient pour ne pas tomber sous le regard du Prophète. [Ce jour-là], j'ai vu Aïcha et Umm Sulaym ; elles avaient tiré leurs robes en haut de leurs pieds [pour éviter n'importe quelle entrave dans leur mouvement]. » De nouveau, cela indique qu'Aïcha était présente à la bataille d'Uhud. Al-Bukhari rapporte dans la bataille du fossé (Kitabu'l-Maghazi, Bab Ghazwati'l-Khandaq wa'l-Ahzab) : « Ibn `Umar raconte : le Prophète ne m'a pas permis de participer à Uhud, car à cette époque j'avais 14 ans. Mais le jour de Khandaq, quand j'avais 15 ans, le Prophète a permis ma participation. » En se basant sur ces récits, on peut conclure que : (a) les enfants de moins de 15 ans ont été renvoyés et n'ont pas eu le droit de participer à la bataille. (b) Aïcha avait participé aux batailles de Badr et d’Uhud, et par conséquent elle avait au moins 15 ans à ce moment-là.CONCLUSION : la participation d'Aïcha aux batailles de Badr et d’Uhud indique clairement qu'elle n'était pas âgée de neuf ans, mais au moins de 15 ans. Nous savons que les femmes musulmanes ont accompagné les hommes aux champs de bataille pour les aider et, le cas échéant, participer au combat, et non pour être un fardeau pour les combattants. Ce mode de calcul de l’âge d’Aïcha confirme une fois de plus la contradiction flagrante concernant l'âge d’Aïcha au moment de son mariage avec le Prophète.
TÉMOIGNAGES 6 : La naissance d'Aïcha et l'Hégire
Selon la tradition généralement reconnue, Aïcha est née environ huit ans avant l'Hégire. Mais selon un autre récit dans Bukhari, Aïcha est censée avoir dit : «
J'étais une jeune fille (jariyah en arabe) » quand la sourate Al-Qamar a été révélée (Sahih Bukhari, kitabu’l-tafsir, Bab Qaulihi Bal al-sa`atu Maw`iduhum wa’l-sa`atu adha’ wa amarr). Le chapitre 54 du Coran a été révélé huit ans avant l'Hégire (Le Coran généreux, M. M. Khatib, 1985), indiquant qu'il a été révélé en 614 de notre ère. Si Aïcha a commencé à vivre avec le Prophète à l'âge de neuf ans en 623 ou 624 de notre ère, elle était une enfant, voire un nourrisson (sibyah en arabe), au moment où la sourate Al-Qamar (la Lune) a été révélée. Selon la tradition ci-dessus, Aïcha était en fait une jeune fille, pas une enfant, l'année de la révélation d'Al-Qamar. Jariyah signifie jeune fille espiègle (Lane, Arabic-English Lexicon). Ainsi, Aïcha, étant une jariyah (jeune fille) entre 14 et 21 ans, mais pas une sibyah (petite enfant) entre 6 et 13 ans à l'époque de la révélation d'Al-Qamar, était, quand elle épousa le Prophète, une jeune fille épousable sur les plans physique, physiologique, affectif et intellectuel.CONCLUSION : Ce témoignage contredit également le mariage d’Aïcha à l'âge de neuf ans.
TÉMOIGNAGES 7 : Terminologie arabe
Selon un récit rapporté par Ahmad ibn Hanbal : après la mort de Khadija, la première épouse du Prophète, Khawlah vint voir le Prophète pour lui conseiller de se marier à nouveau. Le Prophète lui demanda ce qu'elle avait à l'esprit comme choix. Khawlah dit :
« Vous pouvez épouser une vierge (bikr) ou une femme qui a déjà été mariée (thayyib). » Quand le Prophète demanda l'identité de la bikr (vierge), Khawlah mentionna le nom d’Aïcha. Tous ceux qui connaissent un tant soit peu la langue arabe savent que le mot bikr dans la langue arabe n'est pas utilisé pour désigner une fillette de neuf ans ou une fille encore immature. Le mot correct pour une jeune fille enjouée, comme indiqué précédemment, est jariyah. Bikr, d'autre part, est utilisé pour une dame célibataire sans expérience conjugale avant le mariage, ce que nous comprenons par le mot « vierge » en français. Par conséquent, de toute évidence sémantique, une fillette de neuf ans n'est pas une « demoiselle (jeune dame vierge) » (bikr). (Musnad Ahmad ibn Hanbal, vol. 6, p. 210, en arabe, Dar al-Ihya Turath al-`Arabi, Beyrouth)CONCLUSION : Le sens littéral du mot bikr (vierge) dans le hadith ci-dessus est « une femme sans expérience sexuelle avant le mariage ». La langue arabe, très précise, vise par bikr une adulte vierge. Par conséquent, Aïcha était une jeune fille adulte au moment de son mariage.
TÉMOIGNAGES 8 : Le texte coranique
Tous les musulmans sont unanimes sur le Coran en sa qualité de Livre véridique chargé, entre autres, de l'orientation et de la guidance de la vie individuelle et sociale du musulman. Donc, nous avons besoin de solliciter l'avis du Coran pour effacer le brouillard créé par des hommes, fussent-ils éminents, qui ont manqué de rigueur et ont introduit la confusion dans la période classique de l'islam autour des contradictions entretenues sur l'âge d'Aïcha au moment de son mariage avec le Prophète.
Le Coran, source suprême, autorise-t-il ou interdit-il le mariage d'un(e) enfant immature de sept ans ? Il n'y a aucun verset qui autorise explicitement ou implicitement un tel mariage. Cependant, il y a un verset qui exhorte les musulmans à accomplir leur devoir d’élever un enfant resté orphelin. Les conseils du Coran sur ce sujet sont aussi valables pour nos propres enfants. Dans le traitement social, matériel et affectif des enfants qui ont perdu un parent, tout musulman est ordonné de (a) les nourrir, (b) les habiller, (c) les éduquer, et (d) tester leur maturité « jusqu'à l'âge du mariage » avant de leur confier la gestion autonome de leur patrimoine légué par leurs parents décédés. { Restituez aux orphelins leurs biens. Ne remplacez pas le bon par le vilain. Ne vous emparez point de leurs biens en les ajoutant à vos biens. Ce serait un énorme délit. } An Nissa, 2 { Ne confiez pas aux prodigues (immatures) vos biens qu’Allah vous a donnés pour votre existence. Et octroyez-leur de ces subsistances, vêtez-les, et dites-leur des paroles convenables. Éprouvez les orphelins jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge du mariage. Si vous constatez chez eux quelque maturité, alors remettez-leur leurs biens. Ne les dissipez point par prodigalité ou pour précipiter leur majorité. } An Nissa, 5 { Et lorsque vous leur remettrez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre. Qu’il suffise d’Allah, Compensateur. } An Nissa, 7 On remarque comment les versets coraniques exigent des preuves méticuleuses et des garanties magistrales de maturité intellectuelle et physique par des résultats probants après des tests objectifs sur la cognition et le comportement affectif et moral avant l'âge du mariage, afin de leur confier leurs biens sous leur totale propriété et à leur libre disposition. À la lumière des versets susmentionnés, qui ne prêtent à aucune confusion, aucun musulman responsable ne confierait la gestion d’un patrimoine à un ayant droit alors qu’il est immature, tel qu’un enfant de sept ans ou une fille de neuf ans. Si nous ne devons pas faire confiance à une personne de sept ans pour la laisser gérer seule des questions financières, nous sommes tenus à plus d’exigence en matière de mariage, qui engage l’avenir d’une vie. Nous ne pouvons donc demeurer sans vigilance quand on rapporte cette culture de la responsabilité et du sens du devoir coranique au hadith d’Ahmad ibn Hanbal (Musnad, vol. 6, p. 33 et 99) qui déclare qu’Aïcha, à l’âge de neuf ans, a été plus attirée par le jeu que par les tâches d'une femme responsable. Il est difficile de croire, donc, qu'Abou Bakr, un grand partisan parmi les musulmans, fiancerait sa fille immature de sept ans à un homme de 50 ans, même si ce fiancé est le Prophète lui-même. Il est également plus difficile d'imaginer que le Prophète puisse accepter la proposition d’Abu Bakr de le fiancer à sa fille immature, alors qu’il est le récipiendaire de la Révélation qui lui demande d’instruire les musulmans à bien traiter les femmes, les orphelins et les faibles, d’être juste et équitable, et d’être le modèle à suivre. Abu Bakr était un homme plus judicieux que chacun d'entre nous. Donc, il aurait certainement jugé qu’Aïcha (même si physiquement elle était épanouie, comme on tente de l’expliquer maladroitement) était encore une enfant dans son cœur et ne répondait pas de manière satisfaisante aux normes du mariage exigées par le Coran. Tel que le relate le hadith d’Ahmad ibn Hanbal, nul homme sensé ne l’aurait épousée alors qu’elle était enfant immature. Dans l’éventualité de recevoir une proposition d'épouser une enfant qui a besoin d’être encore éduquée et instruite, le Prophète aurait rejeté la proposition comme étant insensée. Jamais, au grand jamais, le Prophète ni Abu Bakr n'auraient violé une clause (un verset) du Coran.CONCLUSION : Le mariage d’Aïcha à l'âge de sept ans violerait la clause de maturité et les autres exigences du Coran. Par conséquent, l'histoire du mariage d’Aïcha immature à l’âge de sept ans est un mythe en contradiction avec l’esprit et la lettre coraniques.
TÉMOIGNAGES 9 : Le consentement au mariage
En islam, une femme doit être consultée pour son mariage. Son consentement est exigé pour la validation du mariage (
Mishkat al-Masabih, traduction par James Robson, vol. 1, p. 665). Islamiquement, l'autorisation préalable et crédible de la femme est une condition préalable pour qu'un mariage soit valide. Quel que soit l'effort d'imagination que nous pouvons invoquer pour justifier l’injustifiable, le fait est devant nos yeux : l’autorisation donnée par une jeune fille immature de sept ans ne peut pas être une autorisation valable pour le mariage islamique. Il est inconcevable que nous puissions imaginer Abu Bakr, un homme d’une grande intelligence, d’une grande sensibilité et d’une probité exemplaire, prendre au sérieux l'autorisation d'une fillette de sept ans à épouser un homme de 50 ans. Il est davantage inconcevable d’imaginer le Prophète accordant crédit à l'autorisation donnée par une jeune fille qui, selon un hadith accepté tel que par les musulmans, a pris ses jouets avec elle quand elle est allée vivre avec le Prophète comme épouse.CONCLUSION : Le Prophète n'a pas pu épouser une fillette de sept ans, Aïcha, parce qu'il aurait manqué à l'obligation de la clause d'autorisation qui rend valide le contrat islamique de mariage. Par conséquent, le Prophète a épousé Aïcha alors qu’elle jouissait de toutes ses facultés intellectuelles et physiques, faisant d’elle une jeune demoiselle d'âge mûr incontestable.
RÉSUMÉ :
Ce n'était ni une tradition arabe que de donner leurs filles en mariage à un âge aussi jeune que sept ou neuf ans, ni une preuve de morale ou d'intelligence du Prophète de se marier avec Aïcha à un si jeune âge. Le peuple (musulman et non musulman) de l'Arabie ne s'est pas opposé à ce mariage, car il ne s'est jamais produit de la manière dont il a été fabuleusement rapporté. Évidemment, le récit du mariage à neuf ans d’Aïcha par Hisham ibn `Urwah ne peut être tenu pour vrai quand il est contredit par de nombreux autres récits rapportés. En outre, il n'y a absolument aucune raison d'accepter le récit de Hisham ibn `Urwah alors que des sommités musulmanes telles que Malik ibn Anas mettent en doute tous ses récits durant la dernière période irakienne de sa vie, où il semble avoir été défaillant. Les citations de Tabari, Boukhari et Muslim montrent des divergences et des contradictions qui témoignent que la version « officielle » sur l'âge du mariage d'Aïcha n'est pas crédible. En outre, bon nombre de ces savants se contredisent dans leurs propres écrits. Ainsi, les récits sur l’âge d’Aïcha au moment du mariage ne sont pas fiables en raison des contradictions flagrantes que chacun peut trouver dans les travaux des savants de l'islam classique. Par conséquent, il n'y a absolument aucune raison de considérer l'information sur l'âge d’Aïcha comme une vérité sacrée quand il y a des motifs suffisants pour la rejeter en tant que mythe. Nous avons vu que le Coran refuse de marier des filles et des garçons immatures, de même qu'il refuse que leur soit confiée toute responsabilité, y compris celle de la gestion de leurs propres biens.
A. Shanavas



