Amour humain.

Discussion dans 'Divers' créé par Sasori, 12 Février 2017.

  1. Sasori

    Sasori Membre actif Administration

    Salam alékoum,

    Extrait : "L’amour qui vit de toujours désirer nous laisse, en fin de compte, sur notre faim ; le seul amour capable de nous rassasier est celui qui vit pour se donner.

    Personne n’ignore que l’amour, pour rester en vie, pour ne pas se convertir en habitude, ne pas déboucher sur une dispute opiniâtre, a besoin de purifications parfois cruelles. L’amour juvénile, si enthousiaste et éblouissant, court bientôt le risque de se convertir en une soif vulgaire d’un bonheur superficiel et immédiat, en une divinisation de la sensualité ou en une exaltation de l’égoïsme qui finit par provoquer le dégoût. L’amour de l’âge mûr peut se transformer en une routine stérile, voire dégénérer en un pur formalisme juridique qui cache une symbiose d’égoïsmes, un compromis artificiel entre deux âmes qui en sont arrivées à être étrangères et fermées l’une à l’autre. L’amour de la vieillesse, enfin, soumis aux déceptions et aux échecs qu’engendre le délitement physiologique ainsi qu’aux blessures du ressentiment, peut naufrager dans l’aridité et la frustration. Autour de nous se multiplient les amours mortes ; mais nous connaissons aussi des hommes et des femmes qui ont su s’aimer leur vie durant et faire de leur amour une réalité heureuse et féconde, des hommes et des femmes qui nous enseignent que l’amour qui surmonte tous les obstacles est celui qui vit pour se donner, d’abord avec l’enthousiasme juvénile, puis avec l’abnégation de la maturité, et enfin avec cette joie généreuse qui surmonte les atteintes de l’âge.

    Dans son œuvre L’amour humain, Gustave Thibon affirme avec raison que « seuls les sentiments qui résistent à la destruction de leur composante sentimentale initiale sont destinés à transcender le passage du temps ». Pour cela, il considérait que l’amour doit reposer sur quatre piliers : la passion, l’amitié, le sacrifice et la prière. La passion, car nous ne pouvons concevoir un amour humain sans une attraction sexuelle réciproque, assumée, couronnée et dépassée par l’esprit. Mais pour que l’amour soit durable, il exige une communion beaucoup plus profonde qui dépasse la simple passion. Il doit exister entre les amants une amitié qui leur enseigne à respecter et à admirer l’autre, qui les incite à pénétrer dans l’âme du prochain, qui les remplisse d’une faim jamais rassasiée de se connaître l’un l’autre, et de connaître ensemble le monde toujours changeant.

    Mais l’amour n’est grand et durable que dans la mesure où le nourrissent les déceptions et les douleurs semées en chemin. Découvrir ce qu’il y a de positif et de fécond dans la douleur est la tâche principale de notre génération. L’amour, pour être vraiment grand et durable, doit aussi se nourrir de sacrifices. Il n’y a pas d’amour durable sans sacrifice mutuel, sans effort pour surmonter les déceptions, la monotonie, les égoïsmes respectifs, sans patience pour supporter les misères et les imperfections d’autrui. Et enfin, conclut Thibon, l’amour doit se conjuguer et s’amalgamer à l’amour éternel. Qui aime vraiment accueille l’être aimé non comme un dieu, mais comme un don de Dieu ; il ne le confond jamais avec Dieu, mais il ne le sépare jamais non plus de Dieu. Pour aimer un être fini, avec toutes ses misères et ses imperfections, il faut l’aimer en tant que messager d’une réalité qui le dépasse, d’une plénitude toute divine."

    Comme l’écrivait Dante à propos de Béatrice : « Elle regardait le ciel, et moi, je la regardais. »

    http://lesakerfrancophone.fr/amour-humain

    Barak Allahou fikoum.
     

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